L'église dt)snabrùck , la première qui ait été
et des cours d'eau. Nos paysans picards, à l'époque de la Jacquerie niettaieut aussi cette raiâon en avant pour justifier leur rébellion contre l'autorité des seigneurs. Les habitants de Corbie, accusés d'avoir profité de cette occasion pour ravager les domaines de l'abbaye, en coupant les arbres, arrachant les vignes et enlevant le poisson de ses rivières, se défendaient en soutenant que celle-ci faisait faucher les prés et tourber les marais, au mépris des droits d'usage qu'ils avaient toujours exercés. {Ârch. de la Somme, Corbie, arm. 1'*, liasse 23, n' 18). Ce qui n'empêcha pas que la ville fût condamnée, en 1360, à payer une indemnité de 300 liv. d'or et à remettre l'abbaye en possession de sa justice par signe, et des profits réels de ses domaines, par une boite, par un poisson et par une botte d'herbes. (Ibid, n» 19).
(1) Othonis II prœceptum ann. 975:..., cum curtilibus, aedificiis, mancipiis, terris cultis et ineultis, viis et inviis, exitibus, redditibus quaesitis et acquh-andis, pratis, pascuis, silvis, acquarumve decursibus, molendinis, piscationibus, locis prsescriptis adjacentibus. { MUser Osnab. gesch. Doc. xv).
— Du même, ann. 977 ; (Ibid. Doc. xvii).
— Henrici II, ann. 1023 ; (Ibid. Doc. xix).
— Henrici IV, and. 1057 ; (Ibid. Doc.xxiv).
(2) BeiDionis epi. ann. 1085 : insuper et forestum in bis tribus viliis D. T. et S. in porcis videlicet silvaticis, cervis, capreolis, castoribus, leporibus, piscibus, omnique venatione quse sub bauno usuadi ad forestum deputatur (Ibid. Doc. xxxiii).
Dotation
de l'église
d'Osnabrûck.
conslruile dans la Saxe soumise, fui dolée en 804 avec les revenus d'une forcH considérable que Cbarlemagnc concéda à l'évèque Wihon, en toute propriété, afin de subvenir à ronlrelicn de deux écoles qu'il y fonda dans le but d'encourager l'enseignement des langues grecque et latine (1).
Celte concession, à vrai dire, a moins pour objet le très-fonds que la seigneurie de la propriété. Cbarlemagne ne cède à l'église d'Osnabriick que des droits fiscaux analogues à ceux qui lui appartiennent dans sa forêt d'Aix-la-Cbapelle, et qui consistent, indépendamment de la chasse et de la pèche, dans les dimes en nature qu'il prélève sur les usagers. Par le fait, il n'aliène qu'un droit de seigneurie lo:l-à-fait distinct de la jouissance des communautés limitrophes de la forêt d'Osning, que les privilèges attribués, par la coutume, au protecteur de la marche. L'intérêt qui pouvait motiver la destruction ou la restriction des droits d'usage, ne devait naître que beaucoup plus tard, dans un pays auquel une guerre terrible avait enlevé plus du tiers de sa population, et
(1) Privilegium Caroli Magni. anrt. 804 ; Not im sit omuibus dei sanclai ecclesiaûdelibus, quoJ...nos, ob nostrae mercedis iT^smentum, Wihoni osnab. epis(;opo, suaeque ecclesiae quam nos primam omnium iii Saxonia... construxinius, quoddam uemus vel forestum infra liiEc loca situm, F, R, A, 0, S, H, D. E, D, cum omiii intefrritate... in porcis videlicet silvaticis alque cerv-is, avibiis et pisfibus, omnique venatione qu£e sub banno usuali ad forestum deputatur, ad similitudinem foicslt Dostri Aquisgranorum pertinentis in silva Osning, in perpetuum UBum proprietatis donavimus.... et hoc ea de causa statuimus, quia in codera loco, grecas et latiiias scbolas in jicrpetuum nianerc, ordiiia- Timus, et numquam clericos utriusque lingua; gnaros ibidem déesse, la dei misericordia con&dimus. {Moser, Und, Doc. u.)
qui n'avait résisté, pendant 33 ans, à la puissance de l'empire carlovingien, que pour se soustraire à l'obligation de payer la dime au clergé. L'idée de défricher les forêts, et d'assujettir les possesseurs des terrains mis en culture, au sacrifice du dixième des fruits, ne pouvait pas venir à l'esprit du conquérant. Il savait qu'un peuple exclusivement pasteur, comme la nation saxonne, ne consentirait pas facilement à voir disparaître les forêts nourricières de ses troupeaux et protectrices de ses vieilles libertés, pour accepter, avec la gène des labeurs incessants qu'exige la conduite d'une exploitation agricole, l'ennui d'attendre que le bon plaisir d'un décimateur lui permit d'enlever ses récoltes. Le moment n'est pas encore venu où les seigneurs laïques et ecclésiastiques s'intituleront seigneurs très-fonciers, et se feront, du mensonge de leur propre déclaration, un titre pour consommer à leur profit l'usurp^ition du bien des communes.