DU RÉGIME MUNICIPAL GAULOIS
157. Les Romains n'ont point créé le régime municipal ^'j^'^^ rEtat" dans les Gaules où il a existé de toute antiquité. Chaque
cité avait, pour administrer ses affaires communes, un sénat qui se rattachait à celui des autres cités, par une sorte de lien fédératif. Deux ordres de citoyens distingués, par leur fortune ou leur rang, avaient seuls accès dans les conseils ; et le droit d'élire les magistrats appartenait aux druides et aux équités. Le peuple n'était compté pour rien. Le plus grand nombre, dit César, accablés d'impôts s'attachent à quelque puissant personnage et se font les instruments dociles de toutes ses volontés; celuici leur promet en retour de les protéger contre la violence des autres.
158. Les Druides président aux sacrifices, dirigent Les Druides, l'éducation de la jeunesse, expliquent ce qui a rapport à
la religion dont ils sont les prêtres, à la connaissance des lois dont ils enseignent les préceptes ou interprètent le sens. Ils jugent toutes les questions litigieuses
qui intéressent les particuliers, tous les crimes et délits qui touchent à l'intérêt public. L'une des peines les plus graves qu'ils prononcent, comme organes de la juslice, est celle de la mise hors la loi. Quiconque en est frappé, est regardé comme atteint d'un mal contagieux qu'il communique à ceux qui ont commerce avec lui. Tous les ans, ils convoquent une assemblée générale qui se réunit sur les confins du pays de Chartres, dans un lieu consacré à cet usage et qu'ils considèrent comme le centre de la Gaule. Là se rendent, de toutes parts, ceux qui ont quelque difficulté, quelque différent à soumettre à leur jugement (1).
Les Druides jouissent aussi de plusieurs immunités. Ils ne vont point à la guerre, ils ne paient pas d'impôts. Ces privilèges engagent beaucoup de personnes à se faire affilier à leur ordre, et des pères de famille leur confient l'instruction de leurs enfants, auxquels on fait faire un
(1) In omni Gallia, eorum hominum qui aliquo sunt munere atque honore, gênera sunt duo: uam plebs peuè servorum habetur loco; quae per se nihil audet, et nulli adbibetur consilio. Plerique, cum aut eere aliène, aut magnitudine tributorum, aut alla injuria potentiorum, premuntur, sese in servitudinem dicant nobilibus ; in hos eadem omnia sunt jura, quae dominis in servos. Sed de bis duobus geueribus, alterum est druidum, alterum equitum. Illi rébus divinis intersunt, sacrificia
publica ac privata procurant, religiones interpretantur fere de
omnibus controversiis publicis, privatisve constituunt; et si quod est admissum facinus, si csedes facta, si de finibus controversia est, iidem decernuut... . Si quis aut privatus aut publicus, eorum decreto non Btetit, aacrificiis interdicunt. Haec paeua apud eos gravissima : quibus ita est iuterdictum, ii numéro impiorum ac sceleratorurababentur; iis omnes deceduut, aditum eorum, sermonemque defugiunt, ne quid ex contagions incommodi accipiant. {Coesar, de hell. gall. lib. VI, 13)
long noviciat, et apprendre par cœur une quantité de vers ou de maximes qu'il n'est point permis de mettre par écrit. On les initie, par le travail de la mémoire, à des secrets qui doivent rester ignorés du vulgaire (1).
159. Les Equités font du métier des armes leur unique Les Equités. occupation et mettent toute leur gloire à être suivis d'un
grand nombre de clients sur lesquels ils ont la même autorité qu'un maître sur ses esclaves (2).