‹ Les sources du droit rural cherchés dans l'histoire des communaux et des communesChapitre 9 sur 89 · LA FORÊT · texte numérisé non relu

LA FORÊT

Section I. — La Forêt jusqu'aux défrichements.

32. Dans la transition de la vie sauvage à la vie civilisée, la forêt est la cause essentielle delà réunion en société des hommes qui commencent à comprendre le besoin d'en conserver les fruits et d'en ménager les ressources pour l'avenir. La forêt nourrit le bétail, le bétail procure la nourriture et le vêtement à la peuplade qui y établit ses cantonnements. Celle-ci trouve sa distraction et son plaisir dans la chasse des bêtes fauves, dans la pêche des étangs et des rivières, en même temps qu'elle exerce son industrie à façonner, pour toutes sortes d'usages, le bois que lui offre la forèl. Les gros arbres lui servent à construire des maisons, des instruments aratoires, des meubles et des ustensiles de ménage. Le menu bois» les

La forêt fondement

de la commune.

copeaux, les branches et les feuilles sèches à alimenter la flamme du foyer domestique, à préparer les aliments et à cuire le pain quotidien ; les sarments dcï^ plantes résineuses à éclairer le travail des longues nuits d'hiver. La forèl, par la seule terreur qu'elle inspire à ceux qui, n'en ayant jamais pénétré les mystérieuses retraites, ne connaissent pas les dangers qu'elle peut renfermer, tient, par cela même, l'ennemi à distance; en même temps, elle offre une ressource pour éviter une surprise et résister à l'impétuosité de ses attaques, au moyen de retranchements et de barricades dont elle fournit les matériaux en abondance.

Protection 33. La forèt a donc été le fondement de Tassociation

des avoués. , , . ,

communale, et c est précisément a cause de tous ces avantages, qu'elle n'a pas tardé à être l'objet de la convoitise des chefs ou protecteurs de la communauté. Toute protection s'achetant par des sacrifices, celle des hauts seigneurs avoués de la marche, a été payée par l'abandon, à leur profit, du revenu que les communes se faisaient avec la perception des amendes, avec la dîme payée par les non-marchiens, et avec le produit éventuel des confiscations prononcées. Et c'est ainsi qu'insensiblement, le droit de propriété des communes, s'est trouvé, avec le temps, réduit à un simple droit d'usage. Quoiqu'il ne soit pas facile de distinguer, dans les weisthiimer, les dispositions qui se réfèrent à l'organisation primitive de la marche, de celles qui sont le résultat de circonstances ou d'événements d'une date plus récente, on y trouve cependant la preuve que le droit des communes a précédé le droit des seigneurs.

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