‹ Les substances alimentairesChapitre 25 sur 33 · Voy. t V du L'ouïe i igriculfure de M. de Ca?parin · texte numérisé non relu

Voy. t V du L'ouïe i igriculfure de M. de Ca?parin

Toutes les données que nous avons exposées plus haut, dans la première partie de ce chapitre , coucordantes entre elles , se trouvent donc encore confirmées par Texa*

men des rations adoptées en plusieurs pays pour les soldats , les marins , les ouvriers » etc. C'est ce dont il est facile de s*as8urer en jetant un coup d'œil tant soit peu attentif sur les tableaux que nous venons de donner.

Ainsi, on voit par ces tableaux que la ration journalière du marin français (page 322) doit satisfaire largement k tous les besoins alimentaires des hommes de nos équipages. Elle comprend les améliorations qui ont été introduites après une étude approfondie de la question, et par suite de laquelle la dose journalière de viande fraîche (ou Féquivalent en viande salée) a été portée de 250 à 300 grammes. Quant à l'augmentation de pain, dont la ration a été élevée de 750 grammes à 4000 en campagne, ou à D3T dans le purt, elle serait théoriquement trop forte d*un cinquième « en ayant égard aux

quantités de carbone que fournissent les autres aliments. 11 paraît que la mise en pratique des rations nouvelles a confirmé ces vues; car le règlement du 14 octobre 1848 a réduit la ration de pain a 7:)0 grammes ou à son équivalent en biscuit y 550 grammes, de telle sorte que ie ré* gime alimentaire a^est trouvé présenter les meilleures conditions d'après la théorie, les expériences et la pratique, lorsque la ration journalière totale, y compris 37,5 de matière grasse , est arrivée à contenir 25,57 d'azote et 365 de carbone.

La ration alimentaire d'un ouvrier des fermes de Vaucluse (page 323) représente, comme on peut le voir, y compris la matière grasse, les doses utiles de carbone et d'azole avec un excédant d'un quart environ sur la quan^ tité de carbone; il y aurait donc tout avantage à remplacer led 90 kilogrammes de pommes de terre par i 5 kilo;grammes de viande qui , au cours actuel , ne coûteraient pas davantage, augmenteraient de 2 pour iOO la dose d'azote qui est un peu faible, et diminueraient de 4 pour iOO le carbone , qui se trouve en excès.

Sous le rapport de la variété des aliments, ainsi que des doses d'azote et de carbone, le régime d'un ouvrier suisse , indiqué d'après M. de Gasparin (page 324) , me paraît préférable. On y remarque encore un excès sensible de carbone, qui permettrait de diminuer un peu les aliments farineux.

Cet excès de farines et de pommes de terre est beaucoup plus considérable parmi nos ouvriers du Nord , de la Gorrèze et de plusieurs autres départements. Dans la ration alimentaire des ouvriers laboureurs du Nord (page 325), la dose de substances azotées est large sans dépasser des limites convenables , mais les aliments féculents surabondent et doiyent amoindrir sensiblement les forces disponibles en surchargeant les organes digestifs.

SaO D£S SUE6ÏÂrsCËS ALIMENTAIRES.

Toutefois cette nourriture est bien préférable au régime alimentaire des ouvrira de la Corrèse (page 326), qui doit être iniaiffisaiit qnant à la sufastance aaolée» et qui présente un excès de substance farineuse.

Le régime alimentaire des travailleurs eu Lombardia (p^ 3â7) est iomttaant d'une minière plus notable encore : car le défaut de variété dans les aliments, l'alvsence de viande et Feicès de aubstauce amylacée ne peufeni manqanr da le rendre débilitant Le carbone 8*y trouve contenu en excès ; mais ce qui , outre le défaut de variété, doit fatiguer les organes digestiiâ, c'eat le grand volume de la ration de maîa : coite dans cinq Ibis son poids d'eau, elle remplit une capaeilé de 6 litres enTinNa.

Dans la pauvre nourriture de l'ouvrier irlandais (page 317), la proportion de substance azotée est insuffrsanté; le carbone se trouve m excès; la yariété manque, et le volume considérable doit évidemment surcharger les intestins ou foarcer ceux qui sont soumis kce réginia de multiplier leurs repas*

Les ouvriers placés dans ces conditions défavorables ne peuvent, on le comprend bien, accomplir un travail productif : à la quantité d'ouvrage qu'ils exécutent, en pourrait croire qu'ils ont moitié moins de force que les ouvriers anglais; mais ce qui prouve qu'il n'en est pas ainsi , et que la nourriture seule est cause de cette inÎGé^ riorité apparente, c'est que, lorsqu'ils ont changé de régime et se sont habitués à consommer dans une ration moins vdumineuse une dose convenable de viande, de façon k ce que la ration timme plus hmgtemps à teêiomac, nourrisse mieux et plus uniformément dans l'intervaii^ des repas^ alera ils deviennent capable de doubler lewr travail effiselif en amfliarant lenr santé.

Les entrepreneurs des travaux importants Font tellement reconnu y qu'ils imposent comme une condition dn

DES SIIBSïAiN€£S ÀUJIENXÀiii£S. 331

Fouvrage qu'il^^ accordent aux ouvriers mal nourru de riiiaade , el même parfois à ceux du coaUnent» miô aiimenlation analogue à celte qui iiennel «ax ouvriers anglais, soit chez eux, soit en pays étranger, d'employer ieur force tout en réparant largemeol les déperdiuouâ que le travail occaaieime.

Le régime alimentaire f^tifiant fénéralemeiil urili od Angleterre (page 328) sauf quelques légères modifications, difière beattooup, comme on peal le voir, de la débilitante noarriture dee Irlandais* Dans ce régime pariai tement approprié au travail énergique de très-forts ouvriers terrassiers, on remarquera que Tazote de la viande représente près des deux tiers de Fasete total, et celui-ei, fins

de moitié en sus de la quantité contenue dans la ration irlandaise; enfin , que le volume des aliments est presque trois fim moindre que celui de la ration d*un ouvrier irlandais ou d'un ouvrier lombard.

Wké^me alimentaire de» hommes d'étude, des Jeune* fiens et de» enfants des Ireées de Paris*

Il faut se garder de croire que les hommes adonnés aux travaux de Tintelligence, lors même qu'ils se permettent à peine l'exercice utile à la santé , soient exempts de

s'astreindre aux régimes, variés d'ailleurs, qui réunissent dans une juste mesure les nibtiamês féeuietUes ou mêerieM , les fnai4èr9» fmses éi oaoMss, en comprenant

toujours la viande parmi ces dernières. Que la ration totale diminue en raison même de ce que les déperditions sont moindres » on le conçoit ; maïs la nature même de ces déperditions, ainsi que les besoins de la respiration, exigent que toutes ces pertes soient joumeliement répa- * rées , et que dans cette vue Ton maintienne entre les aliments organiques des trois ordres les relations que Ton trouve dans les bonnes rations alimentaires du marin

332 DËS SUBSTANCES ÂLI11£NTÂIR£S.

français et des ouvriers anglais grands travailleurs. Ce que la science conseille à cet égard, rintérétbien entendu du travail et de la aanté de Thomme le réclame , rinstinct naturel le demande, et la pratique éclairée qui le réalise en obtient toujours les plus heureux résultats.

Parmi lesexempleaque ces résultats ont signalés à Tatlention des administrateurs philanthropes, nous citerons:

1* Le régime alimentaire des élèves adultes d*Alfort, dans lequel la viande est comprise au déjeuner pour iSTs'yS et au dîner pour Zi^^,^ représentant par jour 500 gr. de viande à l'état brut , ou de 375 à 400 gr. de viande désossée, et de 250 k 300 gr. de viande cuite;

2* La nourriture salubre et fortifiante des élèves de l'École normale , qui reçoivent par jour de 200 k 300 grammes de viande cuite, représentant de 320 à 350 de viande désossée ou de 400 à 450 de viande brute, os compris ;

3 ' Le régime alimentaire observé dans un des meilleurs hôpitaux, où Ton donne par jour 140 grammes de viande cuite à un enfant en pleine convalescence.

Ce fut en s' appuyant sur ces exemples et sur les coniàidératiOQs théoriques du genre de celles que nous avons exposées au commencement de ce chapitre , que la commission spéciale composée de MM. Bérard, inspecteur général de la médecine , président, Gilette, Levraud et Alibert, médecins, proposa, dans un remarquable rapport rédigé par son président, d'augmenter de 30 ou 33 pour 100 les doses de viande distribuées aux élèves dans les lycées de Paris , en tenant compte des exigences particulières de la croissance aux différents ftges. Ces utiles

propositions, adoptées par M. le minisire de rinstruction publique avec un léger surcroît d'amélioration, ont modifié le régime de la façon la plus heureuse.

Voici le tableau cornparâlif des rations journalières de viande d* après l'ancien et d'après le nouveau système*

334 MES SUfiSTANCËS ALI1I£MTA1E£&.

Parmi les intéressants détails que renferme le rapport, nous extrairons encore deux prescriptions utiles que V(m ne saurait trop vivement recommander à la sollicitude des parents jaloux de réunir les conditions les plus favorables k la santé de leurs enfants.

« Tenir deux fois par an note exacte de la taille de chacun des élèves internes, et prescrire une alimentation plus copieuse pour les enfants dont la croissance rapide exigerait cette précaution importante.

« Éviter que les écoliers ne mangent avec une précipitation contraire à la bonne tenue comme à rentretien normal des organes de la digestion. » ^

Après ce que nous avons dit de l'utilité de la viande introduite dans le régime alimentaire, de son influence démontrée par la théorie et par la pratique pour dév^

lopper les forces de Vhomme, il semblerait superflu de discuter les effets d'une alimentation qui ne compren* drait que des produits végétaux ; on pourrait croire que

personne ne songe aujourd'hui à préconiser un pareil système.

Cependant en Angleterre, ce pays des excentricités,

où Ton voit une belle et progressive civilisation marcher dans presque toutes les directions avec quelque accompagnement de barbarie , une secte nombreuse tend à exclure la chair des animaux du régime alimentaire de la population ; elle prêche d'exemple et fait des prosélytes.

Ses fervents adeptes prétendent agir dans Tintérét de

la morale et de Véconomie publiques, en protégeant la vie des animaux et en appliquant aux hommes une ali*» meotation purement végétale , plus économique. Ils ne

SES SUBSTANCES ALlMfiHTjUESS. 335

s'aperçoivent pas sans doute que, s'ils parvenaient à généraliser léur croyance et leurs pratiques , leur but, une fois atteint , serait bientôt après dépassé, et qu'il resterait, à la place d'une théorie sédui&anle peut-être, une triste réalité.

Ne yoit-on pas, en effet» que Ton serait conduit à supprimer rélerage du plus grand nombre des animaux et de la totalité des carnivores, que Ton marcherait ainsi droit à la destnction des raoes !

Ifun autre côté / il faudrait bien exclure des cultures Tiabîtuelles une grande partie des plantes fourragères : dès lors aussi la succession des récoites serait troublée, les prairies artificielles devraient disparaître ; la sura- ^ «

bondaiice des pailles et des détritus végétaux, coïncidant avec la pénurie des fumiers » concourrait à diminuer la fécondité du sol.

A toutes ces causes tendant aux mêmes effets viendrait se jomdre encore T affaiblissement des forces de Thomme, qui amènerait le renchérissement des subsistances et la dégénérescence des races humaines. Et comment alors riiomme conserverait-il des animaux qu'il ne pou i rait plus nourrir ï il serait bien forcé de les laisser par degrés disparaître de sa demeure, et s'apercevrait enfin qu'en voulant les ménager il n'est parvenu qu'à les détruire ; qu'en essayant de se révolter contre les lois divines et naturelles 9 il a marché vers sa ruina.

Nous n^insi^ons pas davantage sur les inconvénients de ce système; son adoption générale ne nous paraît nullement à craindre : les vaines tentatives de aes partisans n*empécfaeront pas le peuple anglais d'être le plus fort consommateur de viande parmi les nations du monde; encore moins parviendraient-ils à troubler sérieusen^ni les harmonies de la nature.

336 DES SUBSTANCES ALUfENTAlRES.

XYII.

ALIMENTS DB I4IXB.

Bacahout des Arabes; palamoud des Turcs. — Pâte nutritive; sirop nutritif: pastilles d'osmazome. — Ervalenta WartCMi. — Revalenta arabica du docteur Barry. — Revalenta concentrée. — Procès entre les héritiers des inventeurs de l'ervalenta Warton et de la revalenta arabica. — Revalescière Du Barry. ~ Semoule d'igrinme; soknta. — Fécule, trésor de l'estomac, — Chocolat bmulnul.

On peut donner à toutes les préparations que nous

venons d'énumérer le nom d'aliments de luxe , en raison du prix qu'elles coûtent et en même temps de la part très-légère qu^elles prennent à la nourriture des hommes, en raison aussi des doses auxquelles on les emploie généralement , et de la composition de quelques-unes d'entre elles.

Il aurait donc pu paraître inutile de s'en occuper ; car les personnes qui les achètent cherchent à satisiaire une fantaisie qui ne leur impose aucun sacrifice important pour elles quant à la dépense : elles ne s'attendent pas à y trouver un aliment économique. A ce point de vue, il n'y aurait rien à en dire ; mais , sous un autre rapport, il est plus d*un avertissement «utile à donner , d'abord parce qu'il est impossible au consommateur de deviner la nature, ni la composition, ni les propriétés de Tune quelconque de ces substances en en lisant le nom , encore moins après avoir lu les commentaires contenus dans les prospectus.

Or, c'est toujours une chose iîcheuse que les mar-* chandises en général, et plus particulièrement encore les substances alimentaires ,* ne soient pas vendues

DES SUBSTANCES ALlMEISTAlREi:. 337

soui les dénominations qui leur eonviennent le mieux ,

et à plus forte raison qu'elles le soient sous des indications toutes contraires : le consommateur ne sait pas ce qu'il achète , le praticien ne connaît pas ce qu'il pourrait prescrire; l'analyste, ne sachant pas non plus ce que ces noms mystiques veulent dire, ne parvient jamais à vérifier l'identité de produits aussi variables dans leur composition , s'il ne peut les comparer avec ceux qui ont été précédemment livrés.

Enfin , et c'est ici la conséquence la plus fâcheuse à mon avis , on pourrait croire , d*après le prix élevé de ces produits alimentaires, d'après les prospectus qui exaltent leurs propriétés y qu en etlet ils nourrissent inieux ou plus complètement que les aliments usuels et plus écono-» miques; dans cette confiance on pourrait être porté à en faire un usage trop exclusif; au lieu de hâter, dans une convalescence » le retour à la santé « on prolongerait la faiblesse par une nourriture incomplète , qui ramènerait au contraire un état maladif, li était utile de prémunir le public contre ces inconvénients, qui peuvent, en certains cas, acquérir les proportions d*un véritable danger. Je devais donc essayer de déterminer , autant que cela est possible pour des mélanges irréguliers, la nature, les propriétés et la valeur vénale de ces préparations.

£t d'abord , afin de rendre plus facile à comprendre tout ce qui va suivre, je suis contraint de répéter encore une fois qu'aucune ration alimentaire n'est complète, salubre, m capable de développer ou de ramener les forces dans une pleine convalescence, si elle ne contient, dans les proportions indiquées au commencement de ce chapitre, des substances féculentes, farineuses ou sucrées, des matières grasses , les principes minéraux de l'économie animale et des substances azotées : encore, parmi

95 it

3M BES SUBSTANCES ALIM1IITA1SE&

Wilde précitées

Unô bonne ration alimentaire est doue toujours une duoêe compiese, qu'il mt iiiqMnsible de smpHfiêr mi de concentrer au-dessous d'un certain volume.

K#tts ajottlaronê qu'aucune fécule seule ou sucrée ue peut eoratituer m alisMiiit complet, €t que Taddilîm de gélatine , d'une trop faible Aoae de légomineoees^ de céréales ou de chocolat» ne sufErail pas pour con^ét^ M pvopnété autritiva.

ExamîMiis meiiileMni, ea peu de leels, chaoHn des aliments de luxe dits très-mitriuis.»

Ce ncea de raoÊAoïU^ qù ne peut iadiqner ni plante, ni ankMl , ni loceKfté d*oà Fee tire ee léeUté eette aob-

stanœ^ s'applique en effet à un mélange vaiicLbie de

1. Cette quantité de viande, d'après ce qui précède, et en tenant compte du nombre des enfants depuis leur naissance, des adultes et des vieillards , serait en moyenne, par individu, de \:u> grammes à 160 grammes par jour, ou de 56 kilograramci, 570 grammes à o8 kilo^ammes U) i^rammes par an. Nous avons vu (chap. i") qu'en France chaque individu , en moyenne , ne peut se promrer au delà de 28 kilogrammes : ce serait donc 28 ou 30 kilogrammai qui joanqueraient, et, pour combler ce déficit, il faudrait doubler notre produo* tion en substances alimentairM proTomat du règne animal. On ne doit pas désespéier de parfanir à TéaHaer œtte migmiÉMUm : dès que les consommatettis eux-pâmeS) comprenant mieux leurs intérêts ^ emploieront pour se nourrir une plus fbrte dose de nande ou de MbMnoes snmiales, le» agriculteitiis ateipresseront de satisfais awL dfTntiP**' iv ce peint; ear ils y gagneront de leur côté de pou. Toîr entretenir et engraisser un plus grand nombre de tètes de bes* tianx , et d^obtenir , outre îc bénéfice de la vente des an'ramx • emgîmftff^i le précieux ayaatlaga d*accn^ leurs re^ources en engrais, c'est-à-dire les moyens de développer la puissance du sol en culture ) et d'élargir ainsi la base même de toute production agricisfte.

SUBSTANCES ALlMEMTÀlKES. SaU

glndt don torréfié» légèmment «t dt fiaiUes quaatiiés

de sucre ei de chocolat. Ge dernier e^t ^iuppnmé dan» le têcaiïMl dit san^ odeur.

SftM douta la racahoot pent éire ajouté aana incoiiaé-

niciU à loate alimentation complète, à quelques centièmes près y mais on ne gauraû admeUre en lui d'éminentes propriétés nutritives.

So^s le nom de palammd on potage dm suHmm , aassi peu signiiicatii que le précédent, et iguoré sans doute des Tuacs eamoM le premier l'esl des Arabaa, on tfouia m mélange analogue, qui oontieiit en outre de la Ci» riiie de maïs ou blé de Turqnie (c'est peutHHre Wi l'origiue de sou nom). U a une saveur partAupaol dus quatre matières et une légère odeur également mmte;. Ses prupi'iétés diii'èrent peu d'aiileui'b de celles du racahout. . ^

La fécule de paiamoid offre lu même oomfcmtimi qua la précédente, sauf la petite quantité de chocolat, sup^ primée sans doute en raison de l'emploi de celte féaUc pMt co&feationuer des pnÉagifi au bouillou*

La pâte nutritive, recommandée sur les prospectai aiHt

orateurs , aux ^irotciseuis , aux voyageurs, aux enfants et aux personnes convalescentes , comme une nourriture légère ^ fortifiante, est un mélange de gélatîna» de ci e, de gomme, qui n'a rien dUnsalubre, mais qui^tiffière lieaucoup d'un allaient complet.

Le airop nutritif est une aoa^^oeiiion analagya» muia liquide et sirupeuse.

Les pastilles d'osmazume, capables, dit-on , de réparer les forces durant les voyages, après les maladies, eie., sont formées d*une sorte de pftte translucide composée

JF'

340 DES SUBSTANCES ALIMENTAIR'ks.

de sucre, de gélatine , d'un peu d*extrait de bouillon.

On peut les considérer plutôt comme un bonbon que comme un véritable aliment, tant à cause de leur composition trop simple que des faibles doses que l'on en prend

Très-nutritive et rafraichissante, capable, à ce que disent les prospectus , de guérir certaines maladies tout en soutenant et en développant les forces, cette préparation parait nous être Tenue de Londres. £Ue est fort simple , car elle se compose uniquement de lentilles décortiquées mises en poudre. Son nom se rapporte d'ailleurs à cette origine jusqu'à un certain point; le nom botanique de la plante est Ervnm km ; de là sans doute le nom composé Erva-lenta, Il est douteux que la plupart des consommateurs devinent cette étymologie. Le nom de farine de lentilles serait mieux compris ; mais peut*étre irait-on l'acheter ailleurs.

Nous devons ajouter toutefois que cette simple préparation n*a même pas toutes les propriétés des lentilles ; en effet rarome spécial et une certaine action rafraîchissante résident dans les pellicules que la décortication enlève.

1« Sans doute t ces préparations gélatineuses sucrées pourraient, en certains cas de diète plus ou moins sévère, être admises en doses légères; mais on devrait 8*abstemr d'y avoir recours sans Tavis du médecin.

Il est encore des circonstances l'on comprendrait leur utilité : c'est lorsque Tappétit, cbez les personnes bien portantes, devance trop rheure des repas. Chacun alors peut apprécier sans inconyé>

nient, par sa propre expérience, les effets plus ou moins favorables obtenus de ces préparations , et juj^er sni-m?mc de leur ijtililé spéciale. Sous ce point de vue elles peasent entrer pour une léq-ère part dans k régime alimentaire; mais nen ne peut faire croire iii autoriser à dire que ce soieut là des aliments complets^ qui puissent dispenser des autres.

D£S SUBSTANCES ALIMENTAIAES. 341

C'est encore ane substance alimentaire dont nous sommes redevables à un docteur anglais ; il la désigne souft la dénomination de délicieuse farine reslauratiTe , provenant, dit-il , d*ane plante étrangère qui ressemble au chèvrefeuille. Il lui attribue les plus merveilleuses propriétés curatives dans une foule de maladies. La commission sanitaire de Londres s*en est préoccupée , et Ta soumise à un examen attentif, soit sous le microscope, soit à Taide des procédés dont la chimie dispose* En Peitaminanl de mon côté par les mêmes moyens , je suis

anivt* à des résultats semblables. On peut en conclure (|ue cette préparation a pour base, comme la précédente» la farine de lentilles décortiquées; mais on y rencontre de plus, en proportions variables, des farines de pois^ de maïs y de sorgho, qui ont un peu moins de valeur; enfin du «gruau d'avoine et d'orge, le tout additionné d*un centième de sel marin. Il est inutile d'ajouter que toutes les propriétés merveilleuses qu on aunbue à ce mélange sont imaginaires.

Revalenta eonecntrée*

Cependant on est parvenu à les exagérer encore par un procédé facile , qui consistait h vendre le mélange sous le

nom de revalenla doublement rutUnée et concentrée; et sans doute, pour donner plus de créance à Futilité du prétendu raffinage , on a doublé le prix du produit , que

l'on peut se procurer, comme le piécédent, à Londres et à Paris.

341 IBM WMTANCXS AUllËilTAIR£ft«

Il nê Anit p» ermn» que la poblieatioB dcfs iiiiigiii-- *

fiantes recettes des divers alimeiïts de luxe ait pu se ré* pndf» tm foi m de déeottt ager uae spécolaikm qti refme mut Ui «iédvlîlé poUHriié.

Plusieurs faits, constatés depuis la première édition de cet ouYfi^^ iMoIreol qu'il n'esl noikœeat m»lile de repcodoîre les premièm iadicationa et de les

compléter.

Un des faits les phi» curieux et les |Aus récents (il date du mois de mars 1954 ) , cfeat, eans contredit, le pcocèa

intetï^ par une héritière de Tinventeur de VErvalmta à Théritier de Tauteur de la RePtUmia oivMm, pour obte- Bir la suppression de ce dernier titre mtt les bottée, loi

paquets et les prospectus, attendu qu'il constituait une imitation déguisée, mais évidente, du nom antérieure aient sarenté à'efvatenta.

L*hériticie gagna ce sinaulicr procès et fit supprimer les étiquettes de son compétiteur, U est vrai qu'Ole se garda bien de dire que le premier nom d'eroefenlai et le dernier de revalenta ne servaient, l'un comme l'autre, qu'à déguiser une substance commune, dont on n'aurait pu faire accepter les propriétés merveilleuses si on l'eût présentée sous son nom véritable de farine de lentilles.

Au reste , Tauteur du procès profita peu de sa victoire : car le résultat le plus net fut d'obliger le contrefacteur à

chercher une dénoiiiiuation nouvelle tout aubsi peu sincère, mais du moins aussi engageante pour le public, grâce aux vignettes représentant une culture tropicale effectuée par des nègres travaillant à Tumbre des pal-

KS SUESTAN€£S ALiMËNTAia£S. S43

miers. 11 a désigné (depuis Famiée dernière, 18S5)son produit sous le nom de révaleseière Du Barry^ cmservaiii ainsi mi mit MrfBsanf de parsoté aivee la mraleiila , et assez bien pulvérisé pour qvLon ne puisse y reconnaître nos simples lentilles.

L'aatevr; plus fertile qae ses prMéceaseiifft en iuva»-

lions de propriétés doiil il a Joué la substance, nourri» ture délieieuse^ réparatrice et ewrative , assure dans son prospectas qu'elle guérit en pm de tempe fouies les maladies provenarit d'une mauvaise digestion et dans la longue énuméraùa& qu ii en fait ou rencontre plusieurs affections organiques.... les bronchites , les eatar* rhes^,. EIW aurait une telle puissance qu'elle remplacerait avec avantage le lait pour la nourriture dâ& enfants; avSok m la prépÊire.... pour d^ernmr, iinmr et sùuper; mn repas reftiemi à ein^ Mit....

Or d'après le pnx, qu'il fixe à ± francs la demi-livre anglaise ou lû fr. 60 c le kilogr., oan'aurait, moyennant 35 centimes , que 23 graaauBaa et àtsau Ga aérait «ne bien maigre ration , et aucun consommateur ayant Tâge de raison ne serait disposé k s'en comenter : car il lui faudrait par jour de 4# k 80 rqpas amssi fuiàfimsis pour r^rer, incomplètement encore, les déperditions habî* tuelLes de Torganisme.

lei le nom indique clairemrat Tarigine ; on sait que rigname {dioseorea àUUa) est use plante dont la ra*

cine tuberculeuse, souvent très-grosse, est très-abondante en fécule , et forme la base de la nourriture des Indiens 9 des habitants de plusieura eontrëea d'Amérique, des colons dans les Antilles, etc.; mais l'inventeur a simpiiiié son industrie en prenant pour matière

344 D£S SUBSTANCES ALIMENTiURES

première un tubercule moins coAteux et plus commun

chez nous.

Le nom de solanta est aussi une allusion transparente pour qui se rappelle le nom botanique de la plante , le solanum tuberoaum^ qui produit ce tubercule ; probablement tous ne l'ont pas présent à l'esprit, lorsqu'ils payent ce produit quatre fois plus cher que s'ils Tachetaient ail* leurs sous le nom moins sonore mais plus exact de fécule de pommes de terre.

véeale» trésor de VemtmuMe»

Enfin , on trouve encore un produit doué des meilleures qualités digestives, nutritives , potage de santé pour tous les âges , suivant le prospectus; son nom résume toutes ses propriétés : c'est la fécule^ trésor de l'estofmc, La découverte étant brevetée, il était facile de connaître la recette, sauf à la vérifier ensuite. Voici la formule , toutefois sans proportions fixes : salep de Perse, quantité suffisante; maïs, orge perlé , pain de gruâu. Ces trois derniers épurés et torréfiés, dit la recette.

On remarquera tout d'abord que le nom de fécule ne peut convenir 'à un pareil mélange; eu second lieu, l'orge perlé s'y trouve remplacé par la farine d'orge. Le pain de gruau devant être séché et broyé, on a pu le prendre en morceaux irréguliers : c'est une sorte de résidu des repas, peu dispendieux à acquérir chez les res* taurateurs. Quant au salep de Perse, on ne pouvait se le procurer à si bon marché; mais la dose n'en étant pas indiquée, j'ai cherché à la déterminer k Taide de la magnésie , et il m'a été facile de voir qu'à l'égard de ce produit réellement exotique , féculent et mucilagineux , on avait poussé Féconomie à ses limites extrêmes en le sup* primant tout à fait.

DKS SUBSTAxNCES AUMKiNTÂIRËS.

Le chocolat binutritif a reçu ce nom parce qu'il contient des aliments alibiles empruntés au jus de poulet , etc.» dit le prospectas.

Ce produit breveté n'aurait pas évidemment une propriété nutritive double parce qu'il contiendrait du jus quelconque, et, en supposant même que ee jus n*eAt pas étë partiellement privé de ses facultés alimentaires par les procédés particuliers qui , suivant l'annonce» lui âtent toute odeur, rien d'ailleurs ne garantit jusqu'à ce jour la pré* sence, que je n'ai pu y découvrir moi-même, du jus de poulet dans cet aliment. Si un mélange semblable était conseillé par nos habiles praticiens , le plus sûr moyen et le plus économique serait de le préparer soi-même avec du bouillon de poulet non privé de son arôme spécial et avec du chocolat de bonne qualité; entons cas, il n'aurait point, à poids égal, une propriété nutritive double.

n manquait sur toutes ces substances alimentaires un

dernier renseignement : c'était de savoir à quel ])rlx revenait, aux cours portés sur les prospectus, la portion de

nourriture à laquelle ils pouvaient subvenir. Afin d'obtenir ceUe donnée, j'ai pesé le contenu des boites et des paquets , et, par une simple proportion, j'en ai déduit le prix du kilogramme; et comme ce poids représente h peine, pour la plupart, la ration journalière qu'un homme trouverait dans ces aliments en consommant J kilogramme et demi ou 2 kilogrammes de pain coAtant, année commune , de 80 centimes à 1 franc 20 centimes , on verra du même coup d'œil , sur le tableau ci-après, à quel prix reviendrait cet équivalent.

aM DES SUBSTANCES ALIMENTAIRES.

Tableau des prix comfmim 4m kilognMM des diTen alimoits de luxe dits très^nutritifii , ete.

PRTX

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