Bibliogr., n° XVII), p
2. Zur Geschichte der Idee der intern. Arbeiterschutzes (Bibl., XVI, n° 1), p. 4.
Le rôle de l'État n’est pas d'intervenir dans les contrats entre patrons et ouvriers et de porter atteinte, sans nécessité absolue et bien démontrée, à la liberté du travail. Si donc, en France même, le gouvernement se montre très peu disposé à entrer dans cette voie, il serait encore bien moins enclin à se lier les mains par voie internationale sur cette matière.
Néanmoins, l’idée ne disparut plus; elle fut reprise par l'Association ouvrière suisse à tendances socialistes appelée « Le Grütli », qui, en 1886, réclama des démarches pour l'établissement d'une législation internationale. A la suite de ce mouvement, deux députés, MM. Decurtins, catholique social, et Favon, socialiste, présentèrent au Conseil national une nouvelle motion qui priait le Conseil fédéral d'ouvrir des pourparlers en vue de faire soit par des traités, soit par une loi adoptée simultanément dans plusieurs nations, quatre réformes déterminées, savoir : ;
La protection des mineurs;
La limitation du travail des femmes ;
Le repos hebdomadaire ;
La fixation d’une journée normale de travail.
En juin 1888, la motion fut adoptée, et le Conseil fédéral, averti par l'expérience de 1881, se contenta’ d'inviter les puissances à une conférence Préparaloire qui devait se tenir au mois de sep-
PREMIÈRES TENTATIVES 5 tembre 1899, afin d'examiner si une entente internationale serait possible *.
Pour attirer toutes les bonnes volontés, le Conseil indique des raisons de morale générale; il veut, dit-il, « que la famille ne soit pas livrée à la dépravation physique et morale, et ruinée par le fait d’une exploitation trop considérable, trop précoce, des forces de l’ouvrier ».
Limitant le programme déjà arrêté, il le borne presque entièrement au repos hebdomadaire et au travail des enfants et des femmes dans les établissements industriels.
Avec beaucoup de réserves, il propose simplement un programme de discussion, et le rédige sous la forme d’un questionnaire portant sur six ordres de faits :
Interdiction du travail du dimanche;
Fixation d’un âge minimum pour l'admission des enfants dans les fabriques ;
Fixation d’une durée maximum de la journée pour les jeunes ouvriers;
Interdiction d'occuper des jeunes gens et des femmes dans des exploitations particulièrement nuisibles à la santé ou dangereuses ;
1. Min. des Aff. étrangères, Conférence internationale de Berlin,
15-29 mars 1890, Paris, I. N., 1890, in-4. (Bibliog., V), pp. 1-10, Correspondance offic., 27 mars 1887, 27 février 1890.
Restriction du travail de nuit pour les jeunes gens et les femmes;
Exécution des dispositions adoptées ‘.
La limitation du travail des adultes avait été supprimée de l’ordre du jour, parce qu'elle aurait exigé des lois nouvelles dans presque tous les États, sauf en Autriche, en France et en Suisse, et que la plupart des gouvernements auraient refusé de prendre une initiative si nouvelle.
La réponse de la France marquait un changement d’attitude. On y trouvait cette déclaration :
Le Gouvernement de la République porte un trop vif intérêt à toutes les questions sociales, particulièrement à celles qui concernent la production industrielle et l’amélioration des conditions de la vie de l’ouvrier pour ne pas avoir accueilli avec une sympathie particulière les ouvertures du Conseil fédéral 2.
Plusieurs autres États parurent prêts à se rendre à l'invitation du Conseil fédéral.
1. Conf. intern. de Berlin (Bibliogr., V), pp. 7-9 (Annexe à la . note circulaire du 28 janvier 1890). | 2. Ibid., p. 4.