LE TRAVAIL DE NUIT DES FEMMES
Sur la deuxième question, un mémoire dressé par l'Association internationale et adressé aux divers Gouvernements en même temps que celui où la question du phosphore est traitée offrait un raccourci de la situation présente *.
D'après ce document, le travail de nuit des femmes est interdit par des lois en Allemagne, en Autriche, en France, en Grande-Bretagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Suisse, en Russie, mais, en ce dernier pays, avec des dérogations qui rendent la mesure presque illusoire *.
Il ne l’est qu'aux femmes au-dessous de vingt et un ans en Belgique, Portugal; de dix-huit ans en Danemark, Norvège, Suède, Finlande; de seize ans en Hongrie et Luxembourg.
La statistique dressée par l'Association pour les pays hors d'Europe est incomplète. De plus elle
1.2° Mémoire explicatif (Bibliogr, X, n° 4), p. 9. 2. Ibid., p. 20.
CONFÉRENCE POUR LA PROTECTION OUVRIÈRE 449 s'arrête à la lettre de la loi, laissant parmi les pays qui n'interdisent pas le travail nocturne des ouvrières, des colonies comme Sud-Australie, où la journée de huit heures s’est établie en pratique et où l'usage s'oppose au travail de nuit. Le mémoire reconnaît d’ailleurs cette situation‘. Parmi les pays hors d'Europe où les ouvrières travaillent, en fait, la nuit, est cité le Japon qui occupe environ 250 000 ouvrières.
Avec les restrictions données, on peut admettre comme approximatif, pour l'univers, le chiffre d’un million d'ouvrières dans les pays sans protection, et de 350 000 pour les pays qui protègent seulement les mineures ?.
La réglementation de la durée du travail des femmes est donc admise par la plupart des États de l’Europe occidentale, tandis qu'aucun, sauf l’Autriche, la France et la Suisse, ne réglemente le travail des hommes. Compléter et égaliser cette législation paraît donc le meilleur point de départ pour une première entente internationale *.
L'expérience a prouvé que l'interdiction fait augmenter le nombre des ouvriers, n'abaisse pas