‹ Lois générales de l'action des diastasesChapitre 18 sur 35 · THÉORIE DE L'ACTION DE LTNVERTINE · texte numérisé non relu

THÉORIE DE L'ACTION DE LTNVERTINE

25. Théorie de faction de l’inveiTI ne. — J’ai repris l’étude de l’action de Tinvertine sur le saccharose en prenant comme point de départ un certain nombre d’hypothèses qui peuvent être justifiées par des expériences.

On sait que Emit Fischer (*) a montré qu’entre l’action d’une diastase et la constitution stéréochimique d’un corps sur lequel elle agit existe une relation très étroite, de sorte que l’on peut prévoir d’avance si un ferment donné pourra hydrolyser un corps déterminé ou bien s’il restera sans action sur ce corps. Et, inversement, lorsqu’on trouve qu’un certain corps est hydrolysé par un ferment, on peut affirmer que la constitution chimique de ce corps a une forme déterminée.

Ce résultat capital a été confirmé depuis par plusieurs auteurs. C’est ainsi que nous savons, d’après les recherches de E. Fischer, que l’invertine agit sur les sucres qui donnent le lévulose par hydrolyse (saccharose, raffinose,

(‘) E. Fischer, Z eit. f. physiol. Chem., 16,

— 8 fi —

gentiobiose) ; que l’émulsine agit sur les sucres et les glycosides qui donnent du galactose et ainsi de suite.

Fischer a conclu de ses recherches sur les diastases que le ferment formait avec le corps à transformer une combinaison chimique intermédiaire, laquelle se décomposait ensuite en régénérant le ferment primitif.

L’étude de la vitesse d’inversion du saccharose, et surtout l’étude de l'influence de la concentration du sucre, montre que cette inversion suit des lois complexes qui rappellent celles que nous avons rencontrées en étudiant les réactions catalytiques, dans lesquelles il y avait formation de combinaisons intermédiaires. 11 est donc naturel de chercher à expliquer Faction de Finvertine sur le saccharose en supposant qu’il y a formation de combinaisons intermédiaires.

Mais, d’autre part, nous avons vu que le sucre interverti exerçait également une action sur la vitesse de la réaction, donc pour expliquer cette action nous ferons l’hypothèse de l’existence d’une combinaison intermédiaire entre le ferment et le sucre interverti. On pourrait même dire que cette combinaison intermédiaire a lieu entre le ferment et le lévulose, puisque nous avons vu dans le § 20 que Faction retardatrice du sucre interverti était due presque uniquement au lévulose. De cette façon Faction des produits de la réaction se trouve rapprochée du résultat de E. Fischer, d’après lequel Finvertine hydrolyse les sucres qui donnent du lévulose par dédoublement.

Dans la classification générale des actions catalytiques, nous avons vu que l'on pouvait soit admettre la formation de combinaisons intermédiaires complètes, soit, au con-

traire, supposer la formation de combinaisonsincomplètes avec existence d'un certain état d 'équilibre entre le catalysateur et le corps à transformer.

L’hypothèse de combinaisons complètes conduisait à

* • doc

une équation de la vitesse ayant pour expression — K,

la courbe serait donc dans ce cas une ligne droite.

Ces considérations théoriques nous conduisent donc à supposer que les combinaisons intermédiaires entre le ferment et le saccharose, ainsi que entre le ferment et le sucre interverti, sont incomplètes et donnent lieu à des états d’équibre.

Enfin, si nous admettons que ces combinaisons sont incomplètes, il en résulte qu’une certaine partie du ferment restera non combinée ; deux suppositions se présentent donc à l’esprit : 1° On pourra supposer que la partie de ferment non combinée agit sur le saccharose et le transforme. 2° On pourra, au contraire, supposer que c’est la combinaison entre le ferment et le saccharose qui se décompose et produit ainsi l’hydrolyse du saccharose.

Quelle devrait être la loi d’action du ferment s’il obéissait aux différentes hypothèses que nous venons d’indiquer ? Telle est la question qu’il s’agit d’examiner maintenant.

Supposons que nous ayons une solution contenant la quantité a de saccharose et que nous ajoutions la quantité $ de ferment: au bout d’un temps égal à t minutes nous voyons qu’il y a dans la solution a — x saccharose et x sucre interverti.

D’après les hypothèses indiquées plus haut, nous supposons que le ferment est réparti entre le saccharose et le

sucre interverti et qu’une partie du ferment reste non combinée. Soit donc X la quantité de ferment qui n’est pas combinée, s la quantité qui est combinée au moment t avec le saccharose et y la quantité combinée avec le sucre interverti. Nous supposons, en plus, que ces combinaisons présentent des états d’équilibre, c’est-à-dire qu’elles suivent laioi de l’action des masses.

Ecrivons donc les équations qui expriment les conditions d’équilibre. Nous avons pour l’équilibre entre le ferment et le saccharose dont la quantité est« — x :

pour l’équilibre entre le ferment et le sucre interverti :

??i et n sont les deux constantes d’équilibre; enfin écrivons que la quantité totale de ferment combiné et libre est égal à O :

Ces trois équations permettent de calculer la quantité x de ferment non combiné et la quantité s de la combinaison entre le saccharose et le ferment. Nous obtenons en effet:

et

Page 1