ACTION DE L’AMYLASE SUD L'AMIDON
33. Méthode. Recherches «le II. Brown et Glendïnnitig. — L’étude des lois de l’action de l’amylase sur l’amidon a préoccupé plusieurs auteurs. On s’est surtout occupé de la question de l’influence de la concentration du ferment et de l’amidon, la limite d’hydrolyse qui pouvait être obtenue, de l’action de la température et de différentes substances chimiques. Pour ce qui concerne la loi suivant laquelle se produit la marche de l’hydrolyse, il existe très peu de recherches faites jusqu’ici. Signalons celles de Wroblewsky, mais les conditions n’étaient pas suffisamment précises pour que nous puissions en tirer des conclusions quelconques.
II. Brown et Glcndinning ont publié, au mois d’avril 1902, un mémoire sur la loi de l’action de l’amylase du malt sur l’amidon soluble. Ils trouvent que la vitesse de formation du maltose suit une loi qui est en général plus rapide que la loi logarithmique des acides. L’expression
Iv = ~ log — — - , dans laquelle a représente la quantité de
maltose obtenue à la fin de la réaction et x celle que l’on
trouve au moment t, augmente en général depuis le début de l’hydrolyse jusqu’à la fin. Mais cette variation ne s’observe pas toujours, ainsi nous voyons que sur quatre séries publiées par les auteurs, dans deux cas l’augmentation est très nette et, au contraire, dans les deux autres séries il n’y a pas de variation aussi notable.
J’ai repris l’étude de la loi d’action de l’amylase sur l’amidon soluble en me servant de diastases diverses : 1° Amylase du malt prise chez Merck ; 2* Amylase du malt prise chez Grübler ; 3° Amylase contenue dans le suc pancréatique de chien obtenu pa'’ fistule temporaire après injection de secrétine ; ce suc pancréatique a été desséché et conservé pendant deux mois à l’état sec ; 4° Amylase du suc pancréatique de chien utilisé à l’état frais.
Ces expériences ont été faites au laboratoire du professeur Ostwald à Leipzig.
L’amidon soluble qui a servi à ces expériences donnait une solution stable contenant 3 0/0 d’amidon; cet amidon réduisait un peu la liqueur de Fehling, ce pouvoir réducteur initial était déterminé avant chaque expérience.
Les mesures ont été faites avec la liqueur de Fehling. Toutes les expériences ont été faites à la température de 25°. Les précautions pour la préparation des solutions étaient les mêmes que celles que nous avons décrites à propos de l’invertine et de l’émulsine.
34. Loi de la marche de l’hydrolyse de l’amidon par l’amylase. — Il faut avant tout insister sur un point essentiel qui n’a pas été remarqué par plusieurs auteurs dans la discussion des lois d’action de l’amylase.
Dans la formule logarithmique K = ^ log---^-- relative à l’action de l’acide sur le saccharose, a désigne la quantité de saccharose existant au début et x la quantité do saccharose transforme au moment t , cette dernière quantité est ici égale à la quantité de sucre interverti qui est dans la solution.
Si on voulait appliquer la même loi à l’hydrolyse de l’amidon, on devrait désigner par a la quantité d’amidon existant au début et par x la quantité d’amidon hydrolysé au moment t. Or, ce que l’on mesure c’est la quantité de maltose produit, et on sait qu’il existe dans la solution des corps intermédiaires entre le stade amidon et le stade maltose, de sorte que l’on ne mesure pas du tout la valeur de x. On se trouve donc dans l’impossibilité de pouvoir vérifier directement si la loi des acides est applicable â l’hydrolyse de l’amidon par la diastase. On est donc amené à étudier cette question par un chemin détourné.
Je ne m’arrêterai pas sur la discussion théorique du problème, elle est assez compliquée, meme si l’on ne suppose l’existence que d’un seul corps intermédiaire entre l’amidon et le maltose. Cette discussion mathématique conduit à des formules assez compliquées contenant autant de constantes qu’il y a de stades intermédiaires. Or, comme nous ne connaissons pas leur nombre, nous ne pouvons pas nous servir des résultats qui seraient fournis par cette étude mathématique. Disons seulement que si l'on suppose l’existence d’un seul corps intermédiaire, d’une seule dextrine, et si l’on trouve que la vitesse d’apparition du maltose se produit suivant la loi logarithmique des acides, nécessairement la vitesse de transformation de l’amidon
en dextrine et de la dextrine en maltose se produit également suivant la loi logarithmique des acides.
L'étude des lois suivant lesquelles se produit l’hydrolyse de l’amidon ne peut donc pas être rattachée directement aux lois delà chimie générale, il faudrait faire des analyses chimiques très compliquées pour avoir les éléments nécessaires à ces discussions.
Aussi est-on conduit à étudier non pas la vitesse de transformation de l’amidon, mais la vitesse d’apparition du maltose, ce qui n’est pas la même chose, quoique cela ait été confondu par plusieurs auteurs. C’est donc de ce résultat pour ainsi dire empirique qu’il s’agira dans les expériences qui suivent.
Si l’on désigne par a la quantité de maltose obtenue lorsque l’hydrolyse est terminée, par x la quantité de maltose obtenue au moment t, on trouve que l’expression
K = \ log — - — reste constante depuis le début de la réact Cl oc
tion jusqu’à la fin. Voici (p. 117) plusieurs exemples numériques qui montrent le degré de constance de cette valeur de K.
On voit que les nombres de la dernière colonne varient autour d’une certaine moyenne ; la loi de formation du maltose est donc bien une loi logarithmique.
Je me trouve donc sur ce point en désaccord avec H. Brown et Glendinning ; il est difficile de dire à quoi peut tenir cette divergence, peut-être est-elle due à la manière dont ces auteurs déterminaient la valeur limite de l’hydrolyse ; ou bien y a-t-il une différence de ferment, ou enfin une différence de température.
H septembre 1902.
Durées
Quantité de maltose obtenue
Valeur
OC
du rapport -