‹ Maison rustique des damesChapitre 33 sur 170 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

TRAVAUX D’AIGUILLE. — PETIT MOBILIER

Une bonne ménagère, qui sait manier habilement l’aiguille, condition si importante de l’éducation d’une femme, peut en grande partie entretenir en bon état les vêtements de sa famille j et le linge de la maison. La couture est un travail si amusant | pour une femme qui en a l’habitude, qu’elle le préfère à tout : autre travail, et qu’elle éprouve un véritable plaisir lorsqu’elle a ) confectionné ou raccommodé une pièce de linge ou un vêtement. | Ce plaisir est plus vif que ne pourraient le sui)poser les femmes i qui n’emploient leur adre.sse qu’à des choses futiles.

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Machine à coudre.

Si la maîtresse de maison a plusieurs enfants , je avoir une machine à coudre. Ces machines sont très-perfectionnées à présent et rendent de très-grands services. C’est une assez forte dépense, mais dont les frais sont bientôt couverts par les services qu’elle rend, car la maîtresse de maison pourra I faire elle-même des objets de lingerie et autres, dont la façon, avec l’aiguille, demande beaucoup de temps, ou coûte fort cher lorsqu’on les fait faire au dehors.

Il n’est jiersonne, aujourd’hui, qui n’apprécie hautement la I couture mécanique, mais on ignore généralement que le mérite de cette utile invention revient à un Français , Barthélemy Thimon- I nier, né à l’Arbresle (Rhône) en 1793. Comme la plupart des inven- I leurs, Thimonnier, après avoir consacré sa vie à son œuvre, mou- I rut dans la pauvreté en 1857. Depuis cette époque , les inventions se sont succédé, et chaque année nous amène des systèmes et des combinaisons variées.

Les machines à coudre appartiennent à des systèmes diffé- I rents suivant leur consti'uction et leur emploi spécial. — R Les I machines à point da chainette ou machines à un fil produisent un I point de piqûre d’un côté de l’étoffe et une chaîne de l’autre ;

I mais leur couture jieu solide se défait en tirant le fil; ce jioint, à cause de son élasticité, s’emploie dans certains cas, jiour la 1 bonneterie, et l’ornementation. 2“ Les machines à point noué ou : double chaîne dans lesquelles les boucles successives du fil siqié- : rieur sont traversées et embrassées par celles que forme le fil i inférieur do manière à unir solidement les deux pièces d’étoffe.

( Ce jioiiit est plus solide, mais ces machines exigeant six mètres . de til ou de soie pour un mètre de couture ne sont guère eiii- 1 ployées que pour la confection. 3" Les machines à navette jirodui- ' sent un point de piqûre des deux côtés de l’étoffe et tout à fait I irréprochable. Une aiguille verticale, percée près de la pointe, est alimentée par une bobine; l’aiguille descend, perce l’étoffe ■et forme en dessous, avec son fil, une boucle que traverse un autre fil d’une petite navette placée inférieurement et animée d’un I mouvement de va-et-vient horizontal. L’aiguille se relève en tirant •son fil, et serre la boucle avec le fil de la navette. Cette opération • se répétant sur cha(|ue point de la couture, le travail représente (Celui que donnerait le point arrière ou (licjûre à la main. On ]ieut ■ dire que les vêtements faits au point de navette sont mdccousables, I. I •! ; 3

LLlüS

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suivant le terme consacré pour exprimer l’extrême solidité d’une couture.

Nous avons tenu à honneur de revendiquer pour noti-e }>ays l'invention de la machine à coudre; mais les premiers perlec-

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lioiiiieinents nous sont venus d’Ainéi'ique et jtendant long;teinps les nuiclnnes américaines ont eu une incontestable supériorité. Aujourd'hui nos constructeurs de Paris luttent avantageusement ■contre les Américains par la perfection, la solidité et le bon marché, jiour tous les systèmes de maebines à coudi'e. Il y a donc beaucouj) de machines à coudre dont la j)luj)art domient d’e.xcellcnts résultats, mais nous pognons recommander en toute conliance celles que fabriquent et vendent MM. llurtu et llautin , A3, boulevard de Sébastopol. La grav. 1 représente une de ces machines.

h’AheiUe, tant par sa forme gracieuse que par le peu de bi'uit ([u’elle fait en fonctionnant, est un ty])c de machines destinées aux familles; elle fait le j)oint de navette et l’envers est comme l’endroit; avec elle, au moyen de guides divers, on peut border, ganser, ouater, ourler, rabattre, biaiser, soutacher, plisser, froncer; etc. Son prix, avec tous les guides néces.saires et des accessoires tels ([ue bobines, aiguilles, tourne-vis, etc., est de 180 fr.

Cette machine ainsi que rindi([ue la gravure fonctionne à la main ou au pied indistinctement : avantage précieux pour les personnes qui ont à se déj)lacer et veulent emi)orter la machine sans s’embarrasser de sa table et de son pied.

La même machine se vend aussi sans table ni pied, avec tous les mêmes accessoires ou guides qui accompagnent la )nachine conqilète : son jn-ix est de 150 fr.

.le ne donne ))as la ilescription de cette maebine parce qu’aucune machine à coudre n’est vendue sans être accompagnée d’une instruction spéciale qui explique la manière de s’en servir assez clairement pour n’avoir j)as besoin de recourir à d’autres indications. Nous renvoyons donc à cette insti'uction et aux catalogues de MM. llurtu et llautin dans lesquels nos lectiàces trouveront tous les types de machines ])Our les différentes industries de la couture soit à point de chaînette, soit ù point de navette.

Comme conseils absolument généraux, j’ajouterai que la machine à coudre doit être toujours entretenue avec propreté et graissée de temps en tenqjs ; il est bon de la couvi'ir quand elle ne fonctionne pas, pour la metti e à l’abri de la poussièi'e.

Une machine à coudre remplace facilement le travail de ([uaire personnes ; c’est, on le voit, un meuble indispensable pour les familles nombreuses.

TENUE DU MENAGE

Boîte de mercerie.

A la campagne, il est difficile de se procurer certaines merceries au moment où l’on en a besoin ; puis, la mercerie achetée eu gi’os coûte moins ; une boîte à ouvrage , ou , pour mieux dire , un petit magasin de mercerie , est donc indispensable. La boîte de mercerie doit fermer à clef, parce que rien ne tente autant les filles dé service, même fidèles, que ces petites provisions qui sont du domaine de la femme. Cette boîte doit avoir un double fond, divisé en plusieurs cases, afin qu’on puisse séparer et retrouver facilement les objets qu’on y place.

Fü et coton. — Chaque espèce de fil doit être rangée par numéros, de telle sorte que, lorsqu’il en manque une espèce, on puisse la remplacer exactement et avoir toujours un assortiment complet. Il suffit alors de désigner au marchand le numéro dufil qu’on désire, et lorsqu’on veut coudre , on sait, avec un peu d’habitude, quel est le numéro du fil qui convient à l’ouvrage qu’on entreprend. Les cotons à coudre, à broder ou à faire des reprises, doivent aussi être rangés dans la boîte à mercerie par ordre de grosseur. On trouve aujourd’hui, dans le commerce, des fils de lin en petites pelotes, numérotés par degrés de grosseur, qui sont d’excellente qualité. Les cotons dits à ta o’ofx, et qui portent une croix sur l’étiquette, sont les meilleurs.

Les pelotes de coton doivent occuper une case particulière , et ne point être confondues avec les pelotes de fil.

Bobines. — Pour dévider facilement du fil ou du coton, il faut se munir de bobines en bois, qui permettent d’arrêter le bout du fil au moyen d’une fente faite dans le rebord, ce qui empêche le fil de se dérouler et de se salir. Les étoiles de carte sont aussi assez convenables ; tandis qu’un peloton rond , fait sur papier se déroule et se mêle facilement.

B.ubans de fil et de coton. — Les rubans seront achetés à la pièce ; il faut les choisir de diverses largeurs , afin que l’assortiment soit complet. . Avant d’être placés dans la boîte à ouvrage, ils doivent être enroulés à plat sur de petits carrés longs, en carton mince et ferme. Les lacets doivent être rangés de même.

Soie. La soie noire à coudre et le cordonnet à faire des

boutonnières, qui est de qualité supérieure , peuvent etre achetés en provision 5 et, lorsqu’on emploie de la soie de couleui, si elle n’est pas en pelote, comme dans beaucoup de pays, il faut cou-

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j)cr ce qui reste en aiguillées que l’on dispose une à une dans un parchemin destiné à les recevoir; de telle sorte que, lorsqu’on a besoin d’un peu de soie de couleur, on en trouve dans sa l éserve. Les restes de soie ainsi rangés ne se mêlent pas.

Aiguilles. — La provision d’aiguilles, toujours de première (jualité (car c’est un moyen de bien coudre et d’abréger le travail), doit être faite par paquets. Des numéros indiquent aussi la grosseur des aiguilles; les plus grosses portent le numéro le plus bas. Une femme peut, dans son étui, mais là seulement, mêler les aiguilles de dilférentes grosseurs. Cet étui doit être en bois, car tous les autres étuis épointent les aiguilles.

Épingles. — Les épingles doivent être achetées au poids, au mille ou à la boîte, et non au quarteron. On peut les faire assortir de différentes grosseurs. Les épingles dites anglaises ou à tête plate sont les meilleures , mais elles coûtent plus cher que les autres.

• Agrafes. — Les agrafes, achetées au poids, sont renfermées dans une boîte, ainsi que les boutons, qu’on doit achètera la grosse ou à la plaque.

Planche à tailler.

Il faut se munir d’une planche à tailler, en bois blanc mince, de 50 centimètres de largeur sur 75 de longueur, avec un petit encadrement en chêne aux deux extrémités, et échancrée en rond de manière à emboîter la taille. On la place sur les genoux lorsqu’on veut tailler tous les petits objets de couture.

Patrons.

Un grand carton, en forme de portefeuille , est nécessaire pour y Tanger les patrons de papier qu’on doit conserver de tous les objets d’babillement qu’on confectionne, afin de pouvoir en tailler de semblables sans courir le riscjue de gaspiller de l’étoffe. Je blâme tout à fait les personnes qui taillent sans patron ; elles s’exposent à manquer ce qu’elles veulent faire. Avec un patron, on combine bien mieux aussi l’emploi économique de la jiièce d’étoffe dont on dispose. Chaque patron doit porter une inscription désignant son usage et sa confection.

Table à ouvrage.

Une petite table à ouvrage (grav. 2), ayant un tiroir fermant à

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clof, est un meuble parfaitement commode pour remplacer une boîte à ouvrage, toujours trop petite. Un couvercle à charnières , orné d’une glace à l’intérieur, se rabat sur un casier divisé en plusieurs compartiments destinés à contenir différents objets de

Grav. 2. — Table à ouvrage.

mercerie. Le compartiment central, beaucoup plus grand et plus profond que les autres, est destiné à renfermer les petits ouvrages en cours d’exécution. Cette table doit avoir des roulettes et être assez solide pour supporter une lampe.

Corbeille à ouvrage.

Une corbeille à ouvrage , doublée ou non de soie et garnie de poches (grav. 3), est commode, surtout à la campagne, on y place tous les objets nécessaires au travail du moment , et les petits ustensiles les plus usuels de la couture. Si l’on change d’appartement ou si l’on va travailler au jardin, on emporte la

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corbeille, dans laquelle on trouve tout ce dont on a besoin poulies travaux du moment.

Grav. 3. — Corbeilltî ouvrage.

Nécessaire portatif.

Un nécessaire (grav. 4) , beaucoup plus portatif que la corbeille, garni de ciseaux, dé, étui etc., est indispensable. Bien

Grav. 4. — Xêcessnirc portatif.

qu’il puisse contenir une broderie ou un tricot , il ne peut tenir lieu d’une corbeille.

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Quand on cesse de tricoter, pour éviter que les aiguilles piquent ou s’échappent du réseau de mailles qui les contient, on réunit leurs extrémités dans une paire d’affiquets , double étui en métal ou en ivoire ; les deux étuis sont reliés par des cordons en caoutchouc disposés dans des coulisses.

Poche mobile.

Lorsqu’on tricote souvent il est indispensable d’avoir une poche mobile qu’on suspend à la ceinture au moyen d’une forte agrafe et dans laquelle on dépose la pelotte pendant qu’on travaille et le tricot quand on cesse de tricoter. Le dessus de cette poche peut être en tapisserie à dessins variés, en drap, ou en toute autre étoffe un peu épaisse , doublée d’une étoffe plus mince ; le dessous en étoffe légère doit être plus large que le dessus de 7 centimètres et avoir 0“40 de hauteur : le dessus est de la dimension de 0"’20 de largeur et 0“20 de hauteur. On fixe le dessous hutour de la poche en faisant un pli creux à la base du dessus de la poche. Ce pli est répété au sommet du dessous et on y place l’agrafe; puis on coupe de biais les deux côtés qui dépassent la poche et on ourle.

Pour orner la poche, on peut la gai’nir d’un galon façonné ou d’une petite ruche en lacet de laine de couleur assortie à la poche : ce lacet qui est ferme ne se chiffonne pas par le toucher du bras qui porte sur la poche, qui est jolie et commode.

Armoire à ouvrage.

Une maîtresse de maison doit avoir une armoire à ouvrage, c’est-à-dire une armoire où elle réunit chaque pièce de linge ou chaque vêtement qui a besoin d’une réparation, ainsi que les objets neufs qu’elle veuf confectionner et qu’elle a soin de tailler à l’avance, afin que son ouvrage soit prêt à être mis en œuvre aussitôt qu’elle a le temps de coudre ou de faire coudre. Elle y joindra les paquets de restes d’étoffe et les morceaux provenant d’objets usés, qui peuvent encore être employés à certains usages. Au moyen de cette armoire, elle est certaine de ne pas confondre les objets à raccommoder avec ceux qui n’ont pas besoin de réparations, et de retrouver chaque objet le jour où elle en aura besoin. Elle peut, de plus, avoir une grande corbeille destinée à contenir les objets d’un gros volume, qu’elle est occupée à réparer : elle évitera ainsi de les poser sur des meubles autour d’elle, ce qui donnerait à sa chambre un aspect de désordre.

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