CHAMBRE DE BAINS
des inégalités sociales qui force ses semblables à devenir ses serviteurs. Si elle veut gagner leur allection et leur dévouement, il faut qu’ils trouvent en elle une bienveillance en quelque sorte alTectueuse, le seul lien intime qui puisse exister entre une maîtresse de maison et ses serviteurs. Quelles doivent être les réllexions d’un pauvre domestique mal couché, soufl’rantdu froid, en pensant aux lits douillets qu’il a faits le matin pour ses maîtres ! 11 faut éviter toutes les occasions de faire naître ces ])ensées fatales au repos de la société.
Baignoire. — Une chambre de bains est presque indispensable ; si l’on a un local convenable , l’organisation n’en est jias coiiteuse; .si l’on ne veut pas faire monter une chaudière et un réservoir à eau froide , il faut tâcher, au moins , de placer dans cette chambre une baignoire avec ses accessoires. Enfin, si l’économie et la distribution de la maison, forcent à y renoncer, il on doit au moins avoir une baignoire portative et un cylindre, à || moins qu’on n’ait une buanderie baignoire (voir l’article Bmnde-
)rie) dont je recommande l’usage. Pour ne pas avoir une aussi gi'ande quantité d’eau à chaufiér et à transporter péniblement, il faut que la baignoire soit très-creuse et étroite, surtout à la partie où le baigneur place ses pieds. Mais dans ce cas, il faut entretenir de l’eau chaude pour réchaulfer le bain, car il se refroidit d’autant plus vite que la baignoire contient une moindre «luantilé d’eau.
! La baignoire doit être en cuivre étamé ou en zinc, et avoir
[ trois roulettes , une à la partie cjui correspond aux pieds du
baigneur, deux à la partie qui coi'i-espond à ses épaules. Les baignoires en cuivre sont sans contredit les meilleures. Pour I les bains sulfureux ou de liaréges, il est nécessaire d’avoir une baignoire en bois ou en zinc, parce que le sulfure de potasse', qui * I est la base de ces bains , altère tous les métaux, excepté le zinc.
I Une baignoire d’enfant est indispensable, cai- les bains fréquents J, I sont plus néce.ssaires encore aux enfants qu’aux adultes. Elle peut être en zinc; l’eau de cette petite baignoire sera tout simplement chauffée dans un chaudron.
Cylindre — Si l’on n’a ]>as une chaudière montée exprès ou ' un appareil à lessive baignoire ou tout simplement un grand chaudi-on, un cylindre est un bon moyen de chauffer rapidement
Chambre de bains et son mobilier.
TENUE DU MÉNAGE
un grand bain; mais je veux dire tout de suite que ce' moyen nedoit pas être employé sans les précautions d’aérage indispensables que j’indiquerai tout à l’heure. Il faudia de plus avoir un chaudron sur le feu pour y faire chauffer l’eau destinée à entretenir la chaleur du bain. Lorsqu’on doit chauffer ainsi un bain, il faut renverser le cylindre pour en faire sortir la cendre, qui obstruerait la grille sur laquelle les charbons reposent et gênerait la circulation de l’air. On remplit ensuite le cylindre de charbon, en laissant seulement à la partie supérieure l’espace nécessaire pour qu’on puisse y placer une couche de charbons bien allumés. Le feu se communique ainsi plus vite que s’il avait été mis à la base de l’appareil. On plonge alors le cylindre dans le bain, en ayant soin que sa partie supérieure dépasse le niveau de l’eau, et, après une heure de cette immersion, le bain est ordinairement suffisamrùent chaud. Dix minutes avant de retirer le cylindre del’eau, on le ferme hermétiquement, ce qui éteint le charbon : sans cette précaution, le cylindre, hors de l’eau, se dessouderait.
Le cylindre est susceptible d’un perfectionnement très-important, que la gravure 31, repi’ésentant une coupe de l'apiiareil , fera comprendre. Il consiste en un ou deux tuyaux de 0™,04 de diamètre, AB, qui traversent le cylindre à quelque distance au-dessus de la grille. Ces tuyaux sont inclinés et ouverts par les tVeux bouts. L’eau dans laquelle le cylindre est plongé pénètre dans ces tuyaux, s’échauffe, devient plus légère et s’échappe par le bout A, le plus élevé du tuyau. De là un cou- />. r. V A * l’ant continu qui hâte beaucoup le
Grav. 31. — Cylindre a tuyaux. , 1 '
chauffage du bam. Ces tuyaux doivent être en cuivre. On peut en faire- adapter deux à tous les cylindres ordinaires.
.le ne puis trop recommander de prendre toutes les précautions imaginables pour éviter les accidents produits par les gaz qui se dégagent du charbon. Il faut tenir une porte, et même aussi une fenêtre , ouverte dans la pièce où se trouve placée la baignoire, et ne fermer cette porte et fenêtre que lorsqu’on a retiré le cylindre de l’eau et qu’on l’a emporté au dehors. Il serait encore mieux de cliaulfer le bain en dehors et de ne
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J'iimul i< huili: l'Uiti fiiiii iluiiilli.i II Innji: Il y a un inuynu
|iiUlUll lin l.iu i: nlliinlli'l II lliuin |Milii In liiiin lln lii.'.i.n: il l.liiunji:. ul tliUI.'i il iinll n.i |ii,l.t II ilua iiiinli'l .1 i n |iilllln i nnlnn ni lanilnliiln jiiij llun liiuU'ina llll lllli. • lln. nliilliilt,illi:i lyinv. .1.1), iilii.il i|ii'iiii litll In. UU lin . iliUn. ntnliiiin, |<iiy.> II., .annl Ininm. nniln.aoii.i jiiii un i un \Olilu Uo>lluillUlll un |iililln ni i|iil nillin iliilic In jninlni , lil Itii.'ii: VU ual Ull iilln ni il U il jiii.i lln liniil A nmllln nnvii un iln la Ininlnili Ù lu |i>UllU lu l'Illb lillljl! llll iMllIni , .,1 linliui lui ^illla^n nn i/itlii bUt Uh(UuI uu iln.|i|i.-ui lu llil^n ijll un inill iliilllllui, ul i|lli, lnibi|lli: lu nuuu'unlu n.',! iu|ilunù, i,u Imiiw: nulniiiin il.uib In jianlni i)n ^i|unv> A (unu uu |iulil luiiiiiuuii ^aiiii ilu Inaibn alliiuiAn, ni uu |>i.ibU In. iMUlui |iui ilu.-ibiib. I .Il liiuiiiuiiii aiiibi jilai binib lu (iiil lu^u vliuultu lu liu^u jiui liiiluuiuiil ul li ùb vilu. Maib |iniii Avilui i|Uu lu Hui Uu|i unluul uu lu lubbii miibbii, im a biiiii il’nlnuilin
|<UlulUbbuUb uu UUUI'.UilU llll UUlU llll^U.
^1 l uu uu |>UUl bll |i|liniliui lu |lliuiul' ijlIU |li vinllb lln ilAul il'U, uu lu nuui|ilun.u |iui iiiiu Imilu uu Imi.i, i n|n l'i.-tnuli'u i^i av. ilij SsUUb bii piu'ul uului luui'ii, iillii ijii nu jiiii.ibu iiiiuiu ianu|n uinli u aun
iliin |ilaiin|iu nnililln ijili .'ini I
TENUE DU MÉNAGE
dispositions intérieures , qui sont exactement les mêmes ([ue celles du panier. Cette boîte est carrée et de forme conique ; elle est sans fond, et son couvercle emboîte bien la partie supé-
Giut. 33. — Panier ixmr faire Grav. 34. — Boite pour faire chauffer le linge, chauffer le linge.
rieure. On y place aussi, vers le milieu, un petit grillage en bois, et dessous, un fourneau. Cette boîte n’est pas aussi commode que le panier, mais elle est préférable aux autres moyens qu’on emploie pour chauffer le linge.
Demi-baignoire, vase à bains de pieds. — Il convient d’avoir une dembbaignoire en zinc pour les bains de siège. Cette baignoire est circulaire et à dossier. Un vase en zinc à bords arrondis, ou en faïence, pour les bains de pieds, est indispensable.
Grenier.
Garde-meuble. — A la campagne, il est encore idus difficile qu’à la ville de se passer de grenier. Une iiartie du grenier doit être employée comme garde-meuble et être fermée à clef : on y renferme les meubles inutiles et une foule d'objets dont on ne fait pas habituellement usage, mais qu’on est cependant bien aise de conserver. En maintenant ce garde-meuble en bon ordre, on y retrouve, facilement au besoin, les objets qu’on y a déposés. Il no faut donc pas, comme on le fait fro]i souvent, les laisser jiéi’ir de vétusté en les y entassant pêle-mêle; mieux vaut les vendre ou les donner sur-le-champ.
Voric-Unge sale. — On établit dans un autre grenier des tra-
CUISINE
Iver&cs en bois, qu’on peut fixer à la cliarpente au moyen de deux montants , ou suspendre par deux fils de fer, ou enfin monter en forme de chevalet sur des pieds écartés. On dépose le linge sale sur ces traverses. Les unes sont destinées au linge de cuisine; les autres au linge de la table ou des lits ; ca;il est important de soustraire le linge aux souris, et de ne j>as l’entasser dans un grenier où, pendant l’hiver surtout, il peut moisir et pourrir.
I Cordes. — On doit placer dans ces greniers des cordes ten- .1 dues, espacées convenablement, pour faire sécher le linge quand
I le temps est pluvieux. On étend aussi le linge sur ces cordes
'! lorsque le soleil est trop ardent, car il lui enlève l’éclat que
Il donne le bleu.
Coffre à linge sale. — On dispose aussi, dans ce grenier, t un coffre dans lequel on renferme le linge sale de corps. Ce
coffre doit être divisé en trois compartiments : l’un pour le linge blanc, l’autre pour le linge de couleur, le troisième pour le linge fin, qui ne doit jias être mêlé avec le gros linge. Le couj vercle de ce coffre doit être formé d’une toile métallique, afin
I que l’air y pénètre. Le linge sale, s’il est longtemps enfermé,
contracte une fort mauvaise odeur, qu’on évite à l’aide de ce iouvercle.
Si le linge ne doit être lessivé qu’à une époque éloignée, il 1 faut lui faire subir un lavage préalable, qu’on nomme essan-
1 goage, mais que l’emploi des appareils de lessive à la vapeur,
^ dont je parlerai plus loin, rend inutile.
Cuisine, fourneau, batterie de cuisine et accessoires.
La cuisine doit être grande, aérée, claire et saine, et avoir, y attenant, un cabinet éclairé où se trouvent l’éviei-, le panier à vaisselle, un chevalet pour étendre les torchons humides, avant de les mettre au linge sale, et où l’on dépose le bois et tous les objets qui nuisent à l’aspect de propreté que doit avoir une cuisine. Elle doit être carrelée, et le carrelage aura une très-légère pente qui conduira les eaux , quand on la lavera, vers une petite ouverture appelée gargouille, donnant au dehors, et par laquelle elles s’écouleront. La gargouille devra être bouchée au moyen <- un bouchon de bois mobile , afin d’empêcher l’introduction des petits animaux et de l’air froid.
■le commencerai par donner sur la cheminée et les fourneaux
TENUE DU MENAGE
de la cuisine, toutes les indications qui me paraissent utiles j)our arriver aux meilleures conditions de commodité et d’économie , et je passerai successivement en revue tout ce qui compose la batterie de cuisine, ainsi que tous les ustensiles accessoires. La liste en sera longue et peut-être on m’objectera cfue cette manière de meubler une cuisine est coûteuse , et que toutes les bourses ne peuvent y suffire. Je réponds qu’il n’est pas indispensable d’avoir un attirail de cuisine aussi complet que celui que je vais énumérer. Je cherche à donner à mes lectrices une idée de tous les bons ustensiles qu’on doit réunir dans la cuisine d’une maison confortable; mais je n’ai pas besoin de dire qu’une maîtresse de maison fera son choix dans cette nomenclature. J’insiste sur un seul point : si la modicité de la somme qu’on destine au mobilier de la cuisine ne permet pas d’acheter tous les ustensiles solides et durables, il vaut mieux en acheter d’aboi'd une pai’tie seulement, se gêner, et attendre le moment de pouvoir acheter le reste. Dix ans sont peu de chose pour la durée de bons ustensiles de cuivre et de fonte ; cependant on peut se convaincre par un calcul comparatif, qu’au bout de cette période leur i)rix de revient sera bien moindre que celui des ustensiles communs mais bon marché, quoique le premier déboui’sé ait été bien plus considérable.
Cheminée. — Son importance est bien diminuée par l’emploi des fourneaux économiques en fonte dont je parlerai plus loin; mais il est bien des circonstances où elle peut être d’une grande utilité , surtout à la campagne. On peut avoir souvent des choses à faire sécher ou chauffer devant un feu clair, ou avoir besoin d’y placer un grand chaudron qui ne saurait être posé sur le fourneau, soit pour y faire cuire certaines préparations, soit pour chauffer un bain. Les domestiques, souvent plus nombreux à la campagne qu’à la ville , peuvent rentrer mouillés et froids, et le fourneau ne saurait remplacer le feu brillant de la cheminée, autour de laquelle ils se mettent aussi pendant les longues veillées d’hiver ; enfin c’est dans la cheminée qu’il convient de placer le- gril sur lequel on fait griller les viandes, poissons, etc., ce qui ne saurait être fait sur le fourneau économique sans répandre une odeur affreuse. Il ne faut donc pas faire la faute que certaines personnes ont faite , de supprimer la cheminée de la cuisine en la bouchant, parce qu’elles avaient fait l’acquisition d’un fourneau économique.
J’insiste donc beaucoup sur la nécessité de la conserver, par les raisons ci-dessus énoncées, et, de plus, parce qu’il ést telle-
CUISINE
ment clans les habitudes d’une grande partie de la France d’avoii' une cheminée dans sa cuisine, que ce serait une vraie privation de s’en passer.
La cheminée doit avoir son àtre élevé de 0“10 au-dessus du carrelage de la cuisine, ce qui suffit pour empêcher les pieds d’entraîner la cendre hors du foyer, et n’a pas l’inconvénient des cheminées élevées, devant lesc[uelles les domestiques ont le buste brûlé et les jambes glacées. Son manteau doit avoir environ 0"‘r)0 de plus en hauteur, et son ouverture 0'"30 de plus en largeur c[ue les cheminées ordinaires , et elle sera munie d’une crémaillère mobile, c’est-cà-dire dont l’anneau du haut est passé dans une barre de fer transversale posée sur des pitons. A ce moyen , la crémaillère peut aller et venir dans toute la largeur de la chenîinée et s’ûter facilement. On doit y placer des chenets •en fer, peu élevés, mais solides, et la garnir d’une pelle et de pincettes d’assez fortes dimensions.
Fourneau en brique. — Bien que je considère l’emploi des fourneaux économiques en fonte comme une grande amélioration dans l’art culinaire, il est des cas où ils pourraient être insuffisants; aussi je conseille d’établir dans la cuisine, près d’une fenêtre, un petit fourneau en brique ou en pierre, ayant deux ou trois trous de grandeur différente; sa surface doit être recouverte de carreaux de faïence; on en ])Ose aussi deux rangs sur le mur le long duquel il est i)lacé : c’est le moyen le plus facile d’entretenir la propreté; il suffit d’y jiasser une éponge avec de l’eau pour le nettoyer. Les trous doivent avoir des couvercles en tôle, et le cendrier doit avoir une porte. On j>eut placer à côté des fourneaux une boîte munie d’une anse en forme de panier, pour y déposer le cbarbon de bois.
Fourneau porta/ if. — Un ou deux fourneaux portatifs, en tôle et fonte ou en terre, de différentes dimensions, sont très-utiles. Les grav. 35 et 3G représentent un de ces fourneaux de 0“‘20 de diamètre et de 0“22 de hauteur, dont l’extérieur est en tôle forte vernissée, pour empêcher l’oxydation.
Fourneau économique en fonte. — Aujoui'd’hui que l’usage des fourneaux économiques en fonte se répand rapidement, ayant rexjjérience de leur excellence , je dois engager fortement mes lectrices à en faire l’ac([uisition ; il y a des fouimeaux de toutes les dimensions, depuis les plus grands, nécessaires aux hôtels ou aux maisons très-nombreuses, jusqu’aux plus petits, (|ui peuvent suffire, tout en consommant très-peu de combustible, à la cuisine du mê-
TENUE DU MÉNAGE
nage le plus modeste , en servant d’appareils de chauffage ; mais, avant tout, il faut que je prémunisse mes chères lectrices contre la faute que font beaucoup de ménagères, habiles cependant, d’acheter des fourneaux de trop grande dimension, ce qui rend illusoire l’économie qu’ils doivent procurer sur le combustible ; de plus, ils causent par leur grandeur une véritable gêne dans la cuisine, et forcent quelquefois même à boucher la cheminée, que l’usage de ces fourneaux ne saurait remplacer de tous points. Dans un ménage ordinaire un fourneau de moyenne dimension peut suffire, c’est-à-dire ayant 0“83 dans la plus grande longueur, 0'«4i de largeur, 0">31 d’épaisseur. Il est du prix de 52 fr. sans les tuyaux, mais muni de pelle, pincettes, fourgon et crochet.
Grar. 35. — Fourneau portatü'.
Grav. 36. — Coupe du fourneau portatif.
Si le fourneau de cette dimension ne suffit pas en certaines circonstances , on y sujiplée par un ou deux fourneaux de fonte portatifs; enfin, si la fariiille était nombreuse, il conviendrait de prendre le numéro plus grand.
Un fourneau en fonte peut occuper n’importe quelle place dans une cuisine, il suffit qu'il soit bien éclairé ; on dirige son tuyau de façon qu’il ait issue dans la cheminée , auprès de laquelle il l)eut, sans inconvénient, être placé de façon que le tuyau y arrive facilement, et que le fourneau n’obstrue pas entièrement l’àtre; d’ailleurs, on le recule ou on l’avance selon le besoin, l)ourvu qu’on ne change })as l’issue du tuyau.
Les fourneaux en fonte procurent une grande économie de combustible, ils peuvent être chauffés au bois, au charbon de terre ou de bois, ou au coke. Ils facilitent beaucoup l’exécution
CUISINE
(le la cuisine, permellent de conserver cliaude la desserte de la laide, ce (jui doit être coiisoininé par les domestiques, et jamais aucun animal ne peut touclier aux mets qu’on y prêjjare , jiarce ((ue la fonte y est toujours trop chaude pour qu’ils i)uissciit y poseï' les j)attes.
Ils n’ont qu’un foyer à entretenir, tandis que pour faire cuire la même (piaiilitê de préparations sur un fourneau ordinaire, il faudrait garnir de feu plusieurs trous, et, déplus, entretenir le feu de la cheminée, qui, outre sa destination habituelle, doit aussi suffire à fournir de la braise aux couvercles de casseroles.
'fous ont une chaudi(';re (dus ou moins grande , selon leur dimension, et dans laquelle on a toujours de l’eau chaude , que l’on doit renouveler à mesure qu’elle est employée pour les besoins du service. Cette chaudière est munie d’un robinet et fermée d’un couvercle mobile , compo.sé de disques, ce qui permet de faire cuire ou chauffer au bain-marie certaines préparations culinaires.
Ils ont un ou plusieurs fours, où l’on peut faire rôtir Jes viandes avec une grande perfection, et faire cuire des pâtisseries de toutes e.spèces. Leur table supérieure est percée de plusieurs trous garnis do disques concentricjues et mobiles, qu’on enlève et ([u’on replace , â volonté, à l’aide d’un crochet en fer, selon la dimension des ca.sseroles , des marmites ou des plats qu’on veut faii’e chauffer à fer nu. Le trou placé directement au-dessus du foyer est celui avec lef[uel on obtient la plus forte et la plus prompte chaleur. Quand les mets c[u’on veut faire cuire demandent une chaleur moins forte , on replace les disques et on pose la casserole, marmite ou plat (jui les contient , sur la table même, en les rapprochant plus ou. moins de la partie qui correspond au foyer, pour obtenir des degrés différents de cuisson. C’est là un des grands avantages de ces fourneaux , c’est (jue sans toucher au feu , mais en éloignant ou en rai)prochant un j)eu du foyer la ca.sserole ou le plat, on diminue ou l’on augmente la rapidité de la cuisson avec la plus grande facilité.
On fait des fourneaux de diverses formes : les grands ont leur foyer au centre; ceux de moyenne et de petite dimension l’ont â gauche. Celui dont je donne le dessin (grav. 37) a sa table percée de ])lusieurs trous; la chaudière, placée â droite, contient huit litres d’eau ; à gauche se trouve le foyer avec son cenilrier, en forme de tiroir; sur la paroi de gauche du foyer, une
82 TENUE DU MÉNAGE
poi te s abaisse horizontalement et laisse voir le feu à ti’avers une grille; sur cette porte peut se placer une rôtissoire, et les viandes y cuisent alors comme devant le feu d’une cheminée, ou bien des fers à repasser ou toute autre chose qu’on voudrait faire chauffer.
Entre la chaudière et le foyer, au milieu, se trouve le four; il est assez grand pour y faire rôtir une forte pièce de viande ou un dindon de grosseur ordinaire. Ce four se divise dans sa hauteur au moyen d’une plaque de fonte mobile percée de trous , ou d’une plaque de tôle pleine, ce qui permet d’y placer deux plats.
GraT. 37. — Fourneau économique.
OU de rapprocher plus ou moins ce qu’on veut y faire cuire de la table supérieure du fourneau qui est la partie la plus chaude.
En résumant ce qu’on peut obtenir de ce fourneau, nous voyons (ju’on peut y faire cuire deux rôtis, un dans le four, un autre au feu du foyer dans une rôtissoire, ou un rôti au feu du foyer et dans le four un ou deux entremets ou plats gratinés. Une forte mannite sur le trou au-dessus du foyer, une autre marmite plus petite ou une assez grande casserole sur l’autre trou où la flamme du foyer arrive , une ou deux casseroles plus petites sur la table; quelques autres vases, soit plongés dans l’eau en ébul-
CUISINE
litioii, soit posés au-dessus de la chaudière où ils sont presque toujours bouillants, huit litres d’eau de la chaudière constamment en ébullition; enfin, sur la table du fourneau il reste encore assez de place pour faire chauffer des assiettes.
Je vais maintenant ajouter aux avantages que j’ai déjà signalés sur les fourneaux économiques d’autres détails pratiques ([ue mes lecti'ices seront peut-être bien aises de trouver consignés ici.
Pour allumer le fourneau , on met des copeaux ou du menu bois bien sec dans le foyer. On place par-dessus de petites bûches , du coke ou du charbon de terre sans i)oussier, et on allume; on entretient le feu, qu’on règle avec la petite porte placée à l’intérieur du fourneau au-dessous du tuyau et appelée retour à feu. On l’ouvre et on la ferme au moyen du crochet après avoir enlevé les disques du trou du milieu du fourneau. Lorsqu’elle est ouverte, le courant d’air s’établit directement du foyer au tuyau et facilite la prise du combustible. Lorsqu’elle est fermée, la flamme et la fumée sont forcées de faire le tour du four avant de s’échapper, alors le four et le vase placé sur le trou du milieu et la bouilloire s’échauffent plus vite et plus fort. J1 est presque indispensable de ne pas la fermer lorsqu’on veut mettre une pièce de viande rôtir dans le four, un mots iju’on veut faire gratiner, ou qu’il faille activer la cuisson du vase placé sur le trou du milieu. On modère l’activité du feu en fermant la petite porte placée au-dessous du foyer, cela diminiu' le tirage. Lorsque avec le fourneau économique on brûle du bois, il est utile d’avoir à la cuisine une petite scie ordinaire de menuisier, (jui sort à couper, à l’occasion, quelques petits morceaux de bois dont on pourrait manquer.
Les fourneaux de fonte sont très-dangereux pour les petits enfants, qui peuvent venir poser la main ou s’appuyer contre le fourneau lorsqu il est allumé, et se faire de graves brûlures; il faut donc les en éloigner avec soin.
Lorsqu’on veut faire cuire un rôti dans le four, il faut i[ue le fourneau soit chauffé à l’avance, et alors la p;iroi du four, du coté du foyer, est assez chaude pour permettre de donner aux viandes ceUe belle et appétissante coloration dorée qu’on exige d un rôti bien fait. Il n’en est pas de même pour les autres prépaiations. Aussitôt que le feu est allumé, on peut commencer la cuisine. G est une erreur de beaucoup de cuisinières de croire qu’il aille que le fourneau soit chaud pour commencer à y poser les casseroles; ceci n’est nécessaire que pour le rôti ou les pâtisseries.
TENUE DU MÉNAGE
Dans le four, les pâtisseries ou les plats gratinés cuisent plus vite dessus qu’en dessous ; pour éviter cet inconvénient , on se sert du retour à feu, mais si ce moyen ne suffisait pas, on placerait le mets à faire cuire sur la plaque trouée de séparation dont nous avons parlé, et on mettrait des charbons ardents pris dans le foyer,, en dessous de cette plaque, ou bien l’on placerait simplement le plat sur la table du fourneau, lorsque le dessus du mets serait assez rissolé et qu’il n’y aurait plus que le dessous à finir de cuire.
Les fruits entiers, tels que poires, pommes etc., cuisent parfaitement dans le four. Les marrons et les pommes de terre pelées y rôtissent ou y grillent très-bien. Les crèmes et les œufs au lait y prennent facilement ; on peut y faire cuire un pâté en croûte ou en terrine ; il faut avoir soin de tourner la plaque sur laquelle il se trouve , afin qu’il cuise bien dans toutes ses parties. On peut même enlever le moule à charnière , dans un pâté en croûte , après un certain temps , comme trois quarts d’heure environ ; alors la croûte se colore quand on la présente successivement du côté du foyer dans tout son pourtour.
Sur la table du fourneau , les fers à repasser chauffent parfaitement si on les place sur le disque au-dessus du foyer.
On peut , en enlevant tous les disques d’un des trous , poser un chaudron ou une bassine d’assez grande dimension pour y faire fondre des graisses , du beurre , cuire des conserves par le procédé Appert ou faire des confitures. On y fait aussi les fritures parfaitement en mettant la poêle sur le trou placé audessus du foyer, on ne gêne en rien la cuisson des autres mets et des rôtis.
Le fourneau a besoin d’être nettoyé tous les vingt à trente jours, selon le feu qu’on a fait et le combustible qu’on a brûlé; le charbon de terre salit plus que le bois. Cette opération est fort simple. On enlève tous les disqi»es; on dévisse avec soin, au moyen d’un petit morceau de bois tendre qu’on engage à la place de sa clef, le robinet de la chaudière, pour ensuite retirer cette dernière de l’intérieur du fourneau : on démonte le tuyau , on enlève la sole du four, qui est mobile, puis, au moyen d’une balayette ou d’un plumasseau, on fait tomber toute la suie, qu’on retire avec une petite pelle. On nettoie la chaudière par dessus et en dedans, on fait tomber la suie des tuyaux, puis on remet tout en place. Afin que le robinet de la chaudière ne perde pas , on a soin de regarnir l’épaulement de la vis avec un peu de
CDTSINE.
chanvre avant de le revisser. L’extérieur du fourneau doit aussi recevoir sa toilette; toute la fonte doit, après avoir été nettoyée avec une brosse , être enduite avec de la mine de plomb délayée avec de l’eau, puis frottée avec une brosse sèche jusqu’à ce qu’elle reluise bien ; cette espèce de cirage doit être renouvelé pour ([ue le fourneau soit toujours brillant; les poignées et le robinet, qui sont en cuivre, doivent être’ fourbis.
Au premier moment qu’on établit un fourneau en fonte dans la cuisine, on trouve presque toujours une vive résistance de la part de la cuisinière qui n’en a pas l’habitude, mais bientôt elle apprend à s’en servir, et y trouve une telle facilité qu’elle l’adopto avec plaisir.
L’adoption du fourneau en fonte apporte une grande économie dans l’achat de la batterie de cuisine. Un peut, et cela est préférable, remplacer les casseroles de cuivre et de fer battu par celles de fonte et de terre , qui chauffent plus vite sur le fourneau , et pour lesquelles ce n’est pas un inconvénient , comme pour les premières, de noircir lorsqu’elles ont été à feu nu, c’està-dire lorsqu’on les a mises directement en contact avec le feu en enlevant un ou plusieurs disques de la table du fourneau. On peut employer des casseroles de cuivre ; mais, comme elles ne peuvent être placées à feu nu , parce que cela les salirait outre mesure , il faut que la tablette du fourneau sur laquelle on les pose soit chauffée jusqu’au rouge.
Placard et buffet. — Il est indispensable d’avoir dans une cuisine un ou deux placards et un buffet sans dressoir, le tout fermant à clef. Je bannis le dressoir au-dessus du buffet, parce (jue, l’été , tout ce qu’on y dépose est trop sali par les mouches pour pouvoir servir sans être nettoyé.
Évier. — La pierre à laver, ou évier, doit être bien blanche, afin que toute malpropreté y soit apparente et qu’on puisse l’enlever immédiatement. Cette pierre doit être scellée avec soin au mur, et placée devant ou près d’une fenêtre; dans ce dernier cas , le mur doit être revêtu de carreaux de faïence jusqu’à 0"'4t) au-dessus de l’évier; la pierre est un peu creusée et entourée par un rebord de 0“03 de hauteur environ ; la partie la plus déclive est percée d’un trou correspondant à un conduit par lequel s’écoule l’eau qu’on jette sans cesse sur l’évier.
On fait aujourd’hui des éviers en fonte émaillée ; ils sont légers, 'solides, et coûtent bon marché. Il est très-facile, à l’aide d’une éponge mouillée, de les maintenir dans une parfaite propreté.
«6 TENUE DU MÉNAGE
Fontaine à laver les mains. — Il est indispensable d’avoir, dans une cuisine , une fontaine à laver les mains , à côté de laquelle on suspend un essuie-mains; c’est le moyen le plus facile pour que les domestiques aient les mains propres. On dispose audessus de la fontaine une petite tablette pour y mettre un morceau de savon.
Panier à vaisselle. — Près de la pierre à laver, on place le panier destiné à recevoir et à laisser égoutter la vaisselle , qu’on y dépose à mesure qu’on la lave. Je ne puis trop blâmer l’habitude de poser la vaisselle à terre : cette habitude est dégoûtante et incommode.
Je ne saurais trop recommander à la m.aîtresse de maison de veiller à ce que le panier à vaisselle soit tenu avec une extrême ])ropreté ; il suffit pour cela de faire dissoudre une petite quantité de cristaux de soude dans de l’eau chaude, et au moyen d’une brosse de chiendent employer cette dissolution à nettoyer le panier qui doit être rincé à l’eau claire. Il est convenable de poser sur le panier à vaisselle un couvercle à claire-voie pour empêcher les animaux domestiques de s’y introduire lorsqu’on y a déposé de la vaisselle sale.
Râtelier à vaisselle (grav. 38). — Au lieu de panier à vaisselle,
Grav. 38. — RâteUer à vaisselle.
qui, dans une petite cuisine, est toujours un meuble gênant, on peut se servir d’un râtelier qu’on accroche à la muraille audessus de l’évier, et dans lequel on place la vaisselle pour qu’elle égoutte. L’eau qui s’en écoule tombe sur l’évier, tandis que.
CUISlNIi.
lorsqu’on se sert du panier à vaisselle, l’eau tombe à terre et I salit la cuisine.
Table. — On met ordinairement la table au milieu de la cuisine ; elle doit former un carré long de 0'"80 de largeur sur deux mètres ou plus de longueur et être faite en madriers do 0“10 d’épaisseur. Le bois de hêtre est celui qui convient le mieux poulies tables de cuisine, parce qu’il conserve sa blancheur lorsqu’on le lave parfaitement. La table est garnie de tiroirs qu’on doit pouvoir tirer de chaque côté.
Billot. — Un billot sur trois pieds sera placé au bout de la i table ou dans un coin de la cuisine; il faut qu’il soit lait d’un morceau de bois debout d’environ 0“75 de hauteur. Le bois sur plat no convient pas; il s’écaille et éclate en parcelles lorsqu’on
I y coiqie ou (ju’on y hache de la viande; il peut être du même bois que la table, ou en ormeau.
Tablettes. — Pour suspendre les casseroles de cuivre ou de t fer-blanc dans la cuisine, on fixe à plat sur le mur, à 1"'30 de
II terre, dans un endroit clair et apparent, une planche de 0“02 i d’épaisseur, peinte à l’huile , d’une couleur claire et différente de ! celle des murs de la cuisine. Cette planche doit avoir 0“30 de ! largeur sur une longueur indéterminée. A 0“10 au-dessus, on
pose une traverse de 0“i2 do hauteur, de 0'»04 d’épaisseur, et i de la même longueur que la planche ; sur cette traverse , on I plante des clous à crochet destinés à recevoir les casseroles et I autres ustensiles à manche. Les extrémités de ces ustensiles sus-
I! pendus viennent ainsi reposer sur la planche. On pose, à 1"'80 du ‘ sol, des tablettes soutenues par des tasseaux ; on y place les pots, i les rôtissoires, les cafetières et les différents objets qui ne peuj venLêtre suspendus. Lorsqu’on emploie un fourneau économi- I <iue, on doit po.ser à un mètre du sol une tablette de 0»'4Ü de I largeur pour recevoir les casseroles, jilats et marmites à l’usage du fourneau. Cette tablette devra être recouverte d’une feuille de Il zinc; cette précaution est nécessaii'e pour faciliter son nettoyage, car elle sera très-vite et très-souvent salie par les ustensiles tic I fonte qu’on y déposera et qui vont à nu sur le feu.
Casseroles. — Dans une cuisine ordinaire , j’engage fortement à faire usage des casseroles de cuivre, qui n’offrent jias plus de tlanger que celles de fer battu ou de terre lorsqu’on a le soin de les tenir propres et bien étamées. Elles ont l’inconvénient de coûter plus cher; mais ces désavantages sont largement compensés par la bonté des mets qu’on y pi éiiare, et par la longue
TENUE DU MENAGE
durée des casseroles; de plus, lorsqu’elles sont tenues avec une grande propreté, elles font l’ornement d’une cuisine.
Il vient en France des casseroles, des marmites et des plats de Belgique qui sont d’une solidité et d’une propreté parfaites et peuvent facilement être chauffés sur la table du fourneau garnie de ses disques, parce qu’ils ne sont pas épais. Ils sont bleus en dessus et blancs en dedans. Leur émail est tellement solide que non-seulement il ne s’altère pas après un long usage mais que de plus , si par malheur, on a laissé dans le plat un mets brûlé, après l’avoir nettoyé, l’émail n’en est point altéré. Je recommande beaucoup l’usage de ces ustensiles ; leur prix est assez élevé mais grandement compensé par leur solidité.
L’usage du fourneau économique exige des casseroles et des plats à feu en fonte; quelques-uns de ces ustensiles seront émaillés pour y préparer les mets qui noirciraient dans la fonte. Je recommande aussi l’usage de plats en fer battu ou en tôle vernissée à l’extérieur et émaillée intérieurement. Une casserole ovale pour préparer certains mets, et un ou deux plats longs pour faire rôtir certaines pièces dans le four ou pour y faire gratiner des poissons, sont fort utiles. On peut encore employer quelques vases en terre n’ayant pas de pieds. Il faut avoir aussi une petite casserole en fer battu, en ruolz ou en porcelaine ; on s’en sert exclusivement pour faire chauffer le lait.
Marmites en fonte. — Autrefois on se servait toujours de pots de terre pour faire la soupe, et même pour faire cuire les légumes. Maintenant les marmites en fonte sont employées à ces usages, et sont très-commodes, à cause de la facilité avec laquelle l’eau y bout ; on peut les pendre à la crémaillère et dégager ainsi le devant du feu. Certains légumes oxydent les marmites.et y deviennent noirs ; dans ce cas, il faut employer les marmites émaillées, des pots en terre ou de Belgique. Mais on fait une soupe grasse excellente dans les marmites de fonte. Leur prix est très-modique, et leur durée serait pour ainsi dire éternelle, si quelque choc violent ne venait à les casser ; encore trouve-t-on des ouvriers qui se chargent de les réparer. Il faut avoir un crochet ou main de fer, pour mettre sur le feu, et surtout en ôter les marmites et les chaudières. Ce crochet consiste en une barre de fer cylindrique, renflée à son milieu et dont les deux extrémités ont la forme d’un crochet (grav. 39).
Grav. 39. — Crochet à marmite.
CUISINE
j Avec les foui’neaux économiques, les marmites sont employées 1 exactement aux mêmes usages qu’avec la cheminée ; leur forme 1 n’est pas la même; elles n’ont pas de pieds, pour pouvoir être i ■ placées à feu nu sur les trous de la table du fourneau. On devra I I en avoir une série de diverses grandeurs, dont quel((ues-unes