‹ Maison rustique des damesChapitre 44 sur 170 · I: seront émaillées · texte numérisé non relu

I: seront émaillées

Avant de commencer à employer une marmite ou une casse-

Irole en fonte non émaillée, il faut avoir le soin de la faire chauffer assez fortement et de parfaitement la graisser intérieurement ; : sans cette précaution, ces deux ustensiles noirciraient fort longi I temps les mets qu’on y préparerait.

Bassine et ‘poélette ou capsule. — Une bassine et une poélette en cuivre rouge non étamées sont fort utiles pour faire les confitures, les cornichons, etc. La bassine (grav. 40) est peu

Gray. 40. — Bassine en cuivre.

creuse, large et munie de deux anses. On l’emploie à d’autres usages : comme elle est large et plate, on peut y faire cuire de grands poissons plats, tels que turbots, barbues, etc.

La poélette ou capsule (grav. 41), au contraire, est creuse et arrondie du fond, munie de deux anses.

Grav. 41. — Capsuio eu cuivre.

Ces deux ustensiles sont d’un prix assez élc\é; mais, comme ils ne sont pas d’un usage journalier, leur durée est indéfinie. Poissonnières. — La cuisine doit être pourvue de poisson-

TENUE DU MÉNAGE

nières de diverses grandeurs et de diverses formes; celles dont l’usage est le plus fréquent sont d’un ovale très-allongé; mais il est bon de se pourvoir aussi de poissonnières plates, dont la forme rappelle celle d’un losange, et qui sont destinées à la cuisson des barbues, des turbots, des soles, etc. Les poissonnières doivent être étamées avec soin et être garnies d’un double fond percé de trous et muni, à chacune des deux extrémités, de poignées à l’aide desquelles on enlève facilement 1e double fond et le poisson qu’on y a fait cuire. Elles peuvent se placer parfaitement sur le fourneau économique en fonte.

Rôtissoire, tour ne-broche. — Je préfère la rôtissoire (grav. 412) au tourne-broche, bien qu’il soit adopté dans beaucoup de maisons : les viandes cuissent mieux et plus vite dans la rôtissoire ; puis on peut exposer plus longtemps au feu les parties charnues de la pièce de viande, sans dessécher celles qui sont moins garnies de chair.

Grav. 42. — Rûtissoire et sa coquille.

J’ai VU pratiquer dans le mur des cuisines un enfoncement ayant intérieurement la forme d’une rôtissoire. Il est garni en avant, jusqu’à moitié de sa hauteur, d’une petite grille de fer qu’on remplit de charbon ; on accroche la rôtissoire devant l’enfoncement. 11 est préférable d’avoir une coquille en fonte mobile flevant laquelle on place la rôtissoire (grav. 42). Ce mode de cuisson est commode, prompt et économique ; et comme on peut placer la coquille sur un point quelconque de la cuisine, l’iitre de la cheminée en est débarrassé; mais, à la campagne, on a souvent le bois en abondance, tandis que le charbon est toujours

CUISINE

id’iin ])ri.\ assez élevé; dans ce cas, l’emploi de la coquille n’est I plus une économie, car on peut faire cuire le rôti au feu ou dans I le fourneau économique qui sert en même temps à la cuisson • des autres parties du dîner.

On fabrique maintenant des rôtissoires en fer battu étamé dis- ) posées de manière à ce qu’il y ait moins de chaleur perdue. La I rôtissoire employée avec le fourneau économique ne doit pas avoir I de ])ieds ni de tablier en tôle, pour pouvoir se placer sur la porte idu foui'ueau, qui s’abaisse horizontalement pour la recevoir.

Rùlissoive automatique. — Enlin je signalerai un appareil tout I nouveau dans lequel les pièces à rôtir sont placées et tournent ver- I ticalement au lieu d’être placées horizontalement, comme dans les rôtis-soires ordinaires. On place l’appareil d’aplomb devant sa •gi’ille bien embrasée et on accroche la pièce à rôtir de façon que la partie la plus grosse soit en bas, l’action seule de la chaleui' produit le mouvement de rotation. J’ai entendu faire l’éloge de cette nouvelle rôtissoire, mais je ne l’ai pas expérimentée.

liijule à riz. — C’est une sphère en toile métallique galvanisée qui s’ouvre en deux hémisphères par une charnière. On y introduit le riz ou les pâtes, on referme et on met à cuire dans la marmite où se fait le bouillon ; il'n’en faut mettre c(ue la quantité suffisante pour qu’après parfaite cuisson la boule ne soit pas trop pleine.

Chaudrons. — Deux chaudrons, de dimensions différentes, sont aussi fort utiles pour faire cuire les légumes verts, et pour un^ foule d’autres usages; il faut qu’ils soient en cuivre étamé; les chaudières en fonte ne peuvent les remplacer.

Grils, chevrettes, fours de camixujne, étouffoirs , j)oéIes. — Il faut aussi deux grils de différentes grandeurs, ([u’on conserve propres et biillants en les récurant avec soin; des chevrettes en fer sur lesquelles on place les casseroles pour leur épargner le contact immédiat du charbon qui les chauffe ; deux ou trois couvercles en tôle, bombés et garnis d’un rebord, de manière qu’on puisse y mettre de la cendre chaude et de la braise; un four de campagne, sorte de cloche en tôle à poignée et à re- I bord supérieur assez élevé pour contenir la braise ; on le place sur \ les mets que la cuisson fait monter, c’est-à-dire dont elle augmente tellement le volume, qu’ils débordent du vase dans lequel on les I prépare et surtout aussi pour gratiner ; un élotiffoir en forte tôle 1 pour éteindre la braise surabondante de la cheminée et le charbon qui reste souvent dans les fourneaux au moment où la cuisson est

TEÎfUE DU MÉNAGE.

terminée. Cet étouffoir peut être remplacé avec avantage par une grande marmite en fonte, fermant bien, et capable de résister longtemps à l’action du feu. Il faut aussi des poêles à frire et un porte-poêle. Avec le fourneau économique, les chevrettes, l’étouffoir et le porte-poêle deviennent inutiles. Les poêles à frire ne doivent pas avoir de grand manche.

Gril incliné. — La gravure 43 représente un nouveau gril divisé en deux parties : un porte-braise en tôle, et un gril dont la disposition rend impossible l’odeur si désagréable de graillon (graisse brûlée). Après avoir garni de charbons allumés le portebraise, on y dépose le gril garni des viandes ou des poissons qu’on veut griller. Le gril étant incliné, le jus et la graisse ne tombent pas directement sur les charbons , comme à l’ordinaire : ils s’écoulent dans une petite lèchefrite qui entoure le gril et y est adhérente.

La gravure 43 représente les deux parties de cet ustensile à ([uelque distance l’une de l’autre, c’est-à-dire comme elles se

trouvent quand on enlève le gril de dessus le porte-braise ; mais , dans la position normale, le gril doit reposer sur les deux traverses de tôle, aux deux extrémités du porte-bi-aise.

Entonnoir. — 11 est bon d’en avoir de plusieurs sortes, en fer-blanc, en gutta-percha et en verre.

Tamis. — On fait aujourd’hui des tamis en fer-blanc et en tissu métallique qui sont préférables, pour beaucoup d’usages, aux tamis en crin, et durent davantage; mais les tamis en crin

CUISINE

^ Kont giinéi'alenient préférés pour passer les sauces tomates, les jjus de IVuits, etc.

^ Mortier. — Les mortiers en mai'bre sont préférables au.\ ' mortiers en i)icrrc ou en bois dur. Le pilon doit être en buis ou * en cormier.

Passoires. — 11 convient d’avoir des passoires de dilférentes '■(: : gi'andeui's, iiercées de trous plus ou moins grands (grav. 4'i), Lf: selon l’u.sagc auquel on les destine; elles ])euvent être en fer- I I blanc, ou en fer battu étamé; les passoires à grands trous.

Grav. 41. — Po-ssoirc.

Il I pour pas.scr les purées, doivent être po.sées sur un support li on bois percé d’un large trou (grav. AO), ou sur un vase des- Jl I tiné à recevoir la passoire, qui s’y trouve soutenue par son i'ircbord, ce qui facilite le travail. Un plat, posé sous le siqiport, I reçoit ce qui s’écbappe de la passoire. On passe ainsi avec faci-

lité les jmrées les plus épaisses, surtout lorsqu’on les presse avec un pilon en bois ayant exactement la forme d’un cbamiii- - gnon (grav. ■'l.'j).

Ecumoires. — 11 est indispensable d’avoir plusieurs écumoires I dont une eu fil de fer étamé poui‘ les fritures.^

Grnv. 43. — Pilon A passoire.

Grav. 46. — Support A piussoiro.

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Cafetières, 'poterie. — J’ai remplacé depuis longtemps mes cafetières de terre par des cafetières en cuivre étamé, dites du Levant, qui sont bien préférables et par des cafetières de Belgique, bleues à l’extérieur, blanches à l’intérieur. On peut avoir aussi une série de petits pots en porcelaine ordinaire, allant au feu, ou en terre de bonne qualité; le lait y chauffe très-bien, s’y • maintient chaud assez longtemps. Quelques plats en porcelaine de couleur ou en terre de Sarreguemines sont aussi commodes ‘ pour faire cuire des œufs ou réchaulfev un mets , et peuvent être servis sur la table lorsqu’on est en famille. Ces ustensiles peuvent tous servir sur le fourneau économique; les plats en porcelaine ou en terre de Sarreguemines vont parfaitement dans le four pour faire des mets gratinés.

Assiettes. — Une cuisine doit être munie d’assiettes ^exclusivement destinées aux domestiques; elles peuvent être en faïence ou en terre de Creil très-solide et à bas prix. Il faut aussi des plats, un saladier, une soupière. Si l’on peut se procurer ces objets en porcelaine de rebut, c’est-à-dire en porcelaine présentant quelques défectuosités, ce sera bien préférable , car elle est beaucoup plus belle, plus solide, et ne coûte pas plus que la terre de Creil. La faïence anglaise dite terre de fer, est très-solide et relativement peu coûteuse.

Couverts. — Pour le service des casseroles, les cuillers doivent être en bois et non en métal; mais il faut avoir quelques couverts en métal destinés aux domestiques et à différents usages.

Scies, couteaux, couperets, hachoirs, ciseaux. — Afin d’éviter les esquilles dans la division des gros os et de ceux qui résistent au couperet, on doit employer une scie. Les instruments tranchants de la cuisine sont : deux couteaux, l’un pointu, effilé, pour peler les légumes, vider les volailles etc. ; l’autre, long de 0m40 , porte une lame flexible , large à la base , trèspointue au sommet , pour découper les viandes, les lardons , hacher les fines herbes; un hachoir composé simplement d’une lame fort large montée sur deux manches (les meilleurs hachoirs sont formés de plusieurs lames circulaires montés aux extrémités sur deux manches); enfin, un couperet pour couper les gi’os morceaux de viande et les os, pour séparer les côtelettes, etc. ; il doit être lourd, pour que l’effet en soit plus sûr. Il ne faut rien économiser sur l’achat de ces instruments, qui sont de longue durée et facilitent beaucoup le travail de-

CÜISKB.

1.1a cuisinière lorsqu’ils sont bons. Une paire de ciseaux est inildispensable.

Vide-pommes. — Petit cylindre creux en fer blanc qui sert à (■enlever le cœur des pommes sans les couper, lorsqu’on veut les [faire cuire entières.

Lardoires. — Elles doivent être de diverses grosseurs, pour ipiquer les viandes qui doivent être lardées.

Aiguilles à brider. — Il faut en avoir deux ou trois de diflerrentes longueurs pour dresser les volailles , le gibier ou certains nmorceaux de viande.

Planche à couteaux. — Une plancbe à nettoyer les couteaux eest le seul moyen de les avoir toujours' propres. Elle se compose Hd’une j)lancbe de 0'"10 de large sur 0"’80 de long, sur laquelle eest collé , sur une étendue de 0'“30 à 0"'40 , un morceau de ipeau de buffle. A l’une des extrémités de la planche est une [■petite boîte en forme de poche, dans laquelle on place la brique .là nettoyer les couteaux. Cette brique est de mfmie nature que ■ celle que les soldats emploient pour nettoyer leurs armes ; on [frotte la brique sur la peau de buffle, qui se trouve ainsi cou- \ verte de poussière de brique; puis, en tenant le couteau par le nmanche et appuyant sur la lame avec le doigt de la main i-gauche, on la frotte dans toutes ses jiarties en la tenant bien (Carrément par rapport à la planche sur la peau de buffle. En [peu de temps, la lame est brillante et légèrement aiguisée. On liait, pour les maisons nombreuses, des instruments appelés po/f- •couteaux, mais ils sont chers.

Brûloir à café. — 11 est indispensable d’avoir, pour le café, un [ fourneau et un brfiloir en t(‘de, qui coûtent peu et ont une très- Hongue durée. Le café, brûlé de toute autre façon, pei'd beaucoup :de sa qualité ; il ne peut l’(Hre uniformément, condition essentielle ) ppour qu’il soit bon. Une boîte pour le café brûlé en grains, et une [i aautre boîte pour le café moulu, sont nécessaires; ces boîtes sont ■■ ordinairement en fer-blanc, mais il est préférable, pour mieux conserver l’arome, de mettre le café brûlé dans une bouteille à Il .goulot un peu large ou dans un bocal fermant bien.

■ Moulin à café. — Le moulin à café n’est pas moins utile que '■ Me brûloir, car le café fraîchement moulu est très-préférable. Il 1' 'y a plusieurs sortes de moulins ; les meilleurs et les plus simples ’■ ssont ceux en bois et à tiroir.

Bouille-lait. — C’est un petit instrument en fer-blanc (grav. 47) : • qu’on pose dans la casserole qui contient le lait, et qui l’em-

SG TENUE DU MÉNAGE

pêche de déborber lorsqu’il bout. Lorsque le lait est en ébullition, il monte par l’intérieur du bouille-lait, et retombe dans la casserole par les rebords supérieurs, comme le représente

Grav. 47. — BoniUe-lait. Grav. 48. — Coupe du bouiUe-lait

placé dans la casserole.

la coupe du bouille-lait placé dans la casserole (grav. 48).

Ce bouille-lait coûte 1 franc; il convient aussi parfaitement pour empêcher le beurre qu’on fait fondre de déboi'der au dessus de la casserole lorsqu’il commence à bouillir.

Balais à fouetter les œufs et la crème.

— On réunit et on attache ensemble de petites baguettes d’osier, pelées, fines, en assez grand nombre pour former une espèce de balai de 0“’35 de longueur et de la grosseur d’un goulot de J bouteille. On s’en sert pour j battre des œufs en neige ou pour , fouetter de la crème ; on peut le remplacer tout simplement par une fourchette.

Il existe aussi de petits balais en lil

de fer, commodes et peu coûteux ; on a

même inventé de petites machines très-

ingénieuses au moyen desquelles des

œufs sont instantanément battus en Grav. 49. — Chassc-noyaus. . . t ^ ■

neige. Je crois que les balais en osier

ou en fil de fer sont très-suffisants.

Chasse-noyaux. — Le chasse-noyaux (grav. 49) sert à enlever

CUISINE

rapidement les noyaux des olives, en laissant la i)ulpe j>res(iiu' entière; il suffit de placer l’olive dans le trou pratiqué à la base de l’appareil : un coup sec , donné avec la paume de la main, fiiit descendre sur l’olive une tige à ressort qui la traverse et en chasse le noyau. Il est important de donner un coup très-sec : sans cela on déchire seulement la pulpe sans chasser le noyau. Ce jietil instrument très-commode sert aussi à enlever rapidement et proprement les noyaux de tous les fruits avec lesquels on veut faire des confitures.

Coquetier, moUeteur. — Un coquetier en fil de fer (grav. 50) , ou en fer-blanc verni, est très-utile pour faire cuire à point dos oeufs à la coque et surtout pour ne courir aucun risque de casser

i(uelques œufs, ce qui arrive très-fréquemment quand on se contente de mettre les œufs dans une casserole.

Le molletcur (grav. 51) sert à faire cuire les œufs à la coqno • l’une manière parfaite. Il se place dans une casserole quelcon (ue que l’on met sur le feu avec de l’eau froide; le thermomètre indique le degré de cuisson des œufs : au n» 1 , le blanc de l’œuf est encore li^juide ; au n" 2 , une grande partie est à l’état laiteux ; au II" 3, tout l’œuf est à l’état laiteux.

Le mollcteur pour G œufs coûte 2 fr. 50; celui de 12 œufs est du prix de 3 fr. 50. (Manière de se servir du moUeteur, voir LEufs à la coque.)

Fourchette à cjrillcr le pain. — La longueur de celte Iburcbelto, que la gravure 52 représente déployée et ([ue la gravure .53 ro-

TENUE DU MENAGE

présente rentrée dans le manche, comme les tubes d’une lorgnette fermée, permet de griller les tartines sans se brûler les doigts.

Cette fourchette peut être remplacée par un petit gril en fd de fer qui se place devant le feu.

Planche et rouleau à pâtisserie et accessoires. — Il est nécessaire d’avoir à la campagne une planche et un rouleau à pâtisserie : cela permet à la maîtresse de maison de faire manger, à peu de frais , à sa famille et à ses amis, des pâtisseries de sa façon, simples et excellentes. Cette planche , en bois blanc, doit avoir 0"’80 dans un sens et 0"’60 dans l’autre, et être garnie, de deux côtés , d’un rebord de 0“05 à 0™06 de hauteur : chacun des rebords est en saillie de chaque côté de la planche , de telle sorte que lorsqu’on l’a posée sur la table pour y travailler la pâtisserie , l’un des rebords porte sur le côté de la table et lui sert de point d’arrêt pour qu’elle ne glisse pas

fi ^ pendant qu’on pétrit la pâtisserie; le rouleau est en i S bois dur, comme le cormier, le buis ou le frêne.

-g La planche à pâtisserie devra être accompagnée d’emporte-pièces de divers dessins pour découper les pâtes, d’une pince pour souder deux bords de pâte ensemble, d’un petit phvceau en crin pour dorer, de moules de différentes formes dont quelques-uns à charnières pour les pâtés, enfin de plaques en tôle de plusieurs grandeurs pour faire cuire au four certaines pâtisseries.

Boîte à épices et moulin à poivre. — Une boîte en fer-blanc pour les épices est fort commode (grav. 54) ; elle doit être ronde et d ivisée en quatre compartiments : on y place le poivre ordinaire , la mignonnette, les épices et les clous de girofle. Le centre de cette boîte contient la noix muscade et la râpe cylindrique avec laquelle on la divise pour l’employer. 11 faut que son couvercle ferme bien ; on ne court pas le risque de renverser ce qu’elle contient , et on le conserve mieux que dans tout autre vase.

CUISINE

On fabi’ique de petits moulins à poivre qui ne sont (lu’une réduction du moulin ù café. On achète le poivre en grains et on le moud comme le café ; on évite ainsi d’acheter du poivre en j)Oudre, presque toujours falsifié.

Grav. 64. — Boite à épices.

Boite ('( sd. — Une boîte en bois et à couvercle à charnières est destinée à contenir une petite provision de sel gris , dit sel de cuisine , \)Ouv la. consommation journalière. On suspend cette boîte auprès du fourneau. La provision de sel du ménage est renfermée dans une jilus grande boîte fermant de la même manière et déposée sur la cheminée. Dans certaines conti’ées, ces boîtes sont montées sur des [)ieds et sont placées piès du foyer; elles servent de siège au.v domesticjues.

Boites à farine, à riz, etc. — J’ai aussi dans ma cuisine plu- •sieui's boîtes en fer-blanc avec couvercle à charnières; j’y consei’ve la farine en consommation pour la cuisine, la chapelure, le riz, la semoule, etc. Ces boîtes sont carrées et ont environ <)™lû de haut; elles coûtent peu ; on les range facilement dans une armoii’C ou sur une planche, et les substances (|u’on y renferme sont à l’abri de la j)oussière, de l’humidité et des animaux destructeurs. Ces boîtes valent donc infiniment mieux que les sacs <le papier dans lesquels on conserve ordinaii’ement ces provisions.

Sébillcs, terrines. — On doit éviter de laver la vaisselle dans des vases de terre : elle s’y ébrècbe facilement, et l’argenteiâe .s’y use et s’y raie. On trouve pinscpie partout de gi’andcs sébiles en bois, qui sont solides et fort commodes; mais, comme la

TE^^UE DU MENAGE

graisse s’y attache facilement, il faut les entretenir avec un soin particulier. On les nettoie à l’aide d’une brosse de chiendent et d’un peu d’eau chaude dans laquelle on a fait dissoudre quel- (jues cristaux de soude. Je préfère toutefois une espèce de terrine en zinc; elle dure très-longtemps , coûte peu, et l’entretien en est facile. Dans le cas où l’évier n’est pas placé d’une manière convenable, on peut la placer sur un pied en bois mobile dans le genre de celui du i^asse-purée mais de hauteur convenable pour la personne qui lave la vaisselle.

Brosses, balais, tête- de-loup. — Les brosses sont très-utiles pour laver les tables , l’évier, le fourneau etc. On peut remplacer avec avantage par des brosses de chiendent celles de crin, qui sont trop molles et trop serrées ; la graisse et les autres résidus restent dans les crins , et elles deviennent promptement infectes. De petits balais en chiendent sont très-commodes pour nettoyer les casseroles et les pots gratinés.

Les balais pour nettoyer le carrelage sont en sorgho ou en crin. Lorsqu’on lave le carrelage , on peut aussi le frotter avec une brosse à parquet emmanchée de biais dans un manche de ln'20. On éponge ensuite avec une éponge grossière.

On enlève les toiles d’araignée à l’aide d’une tête-de-loup, sorte de brosse convexe et en crin fixée à l’extrémité d’un long manche.

Éponges. — Les éponges servent à une foule d’usages , comme à laver le fourneau et la table , à étancher l’eau tombée à terre etc. Il faut y passer une ficelle pour les suspendre, après les avoir bien pressées ; on ne doit jamais les tordre, car on les déchirerait.

Pelle à charbon. — On doit trouver dans la cuisine une grande

Grav. 85. — Pelle à charbon, ouverte.

CUISINE

pcllo ù charbon en tôle pour transporter le feu d'une pièce'dans une autre ; il y en a qui ont un couvercle à jour (grav. 55) ; elles sont préférables, car, lorsqu’elles sont fei-mées (grav.'5G),

Grav. 50. — Pelle /i charbon, fermée.

elles ne laissent jamais échapper ni étincelle ni le moindre morceau de braise allumée.

Brocs, cruches. — Un ou deux brocs en zinc sont très-utiles et bien préférables à des cruches de grès, qui coûtent presque aussi cher et sont très-fragiles ; de i)lus, ces brocs sont légers et d’une forme commode. Cependant, dans des cruches, l’eau reste plus fraîche.

Lampes et bougeoirs de cuisine. — La cuisine doit être munie de chandeliers de cuivre et de fer et de lampes montées sur un pied, ou mieux, pouvant être placées sur un flambeau ordinaire et dans le.squelles on brûle de l’essence d’huile de pétrole appelée aussi gaz Mil; on devra aussi avoir un ou deux bougeoirs du même procédé, ils sont très-commodes pour aller et venir, ils n’ont pas l’inconvénient de la bougie et de la chandelle de faire facilement des taches (voir l’article Éclairage).

Grar. 57. — Balance Eoljerval.

lialances et lilre. — Des balances à l’aide desquelles on [misse

TENUE DU MÉNAGE

vérifier le poids des denrées envoyées par les fournisseurs , el les proportions des ingrédients qu’on emploie dans certaines préparations, comme les confitures, les pâtisseries etc., sont indispensables dans une cuisine. Les meilleures sont celles de Roberval (grav. 57), à plateau mobile, dont le point d’appui est plus bas que le niveau des plateaux en équilibre. Elles sont d’une utilité fréquente , ainsi qu’un litre en étain ou en fer-blanc avec ses subdivisions jusqu’au décilitre.

Horloge. — Une horloge est indispensable dans une cuisine : c’est le seul moyen d’obtenir de la régularité et de l’exactitude dans le service des domestiques; de plus, elle leur épargne la peine , ou leur enlève le prétexte , d’aller voir l’heure aux pendules des appartements.

Office et son mobilier.

Le long des murs de l’office seront placées de nombreuses tablettes en étagères pour recevoir la desserte de la table ainsi que la vaisselle , la verrerie et diverses provisions qu’on y dépose. La fenêtre sera garnie d’un treillage en gros fil de fer, recouvert d’une toile métallique , pour éviter l’introduction des chats , des rats , des souris et même des mouches ; car elle doit être presque constamment ouverte, excepté pendant les grandes chaleurs, pendant lesquelles il faut la fermer le matin et l’ouvrir le soir pour y laisser circuler l’air frais de la nuit. Il faut que l’office ait une bonne aération , et il serait avantageux de pouvoir y établir un courant d’air; si le soleil peut y pénétrer, la fenêtre sera garnie d’un rideau blanc et épais.

Le sol doit en être carrelé et souvent lavé. Lorsqu’elle est au rez-de-chaussée , une petite ouverture ou gargouille pratiquée au niveau du carrelage dans l’épaisseur du mur facilite beaucoup le lavage en permettant de faire échapper l’eau.

La nature des provisions déposées dans l’office y attire beaucoup les souris. Il faut visiter avec soin tous les trous, toutes les issues qu’elles peuvent pratiquer dans les murs, et les boucher avec du plâtre délayé dans lequel on peut mélanger du verre pilé.

La porte de l’office doit fermer hermétiquement, afin de ne laissc'i- passage â aucun animal ou insecte. On dispose en dehors de l’office, â côté de la porte, à I^IO environ de hauteur, une tablette sur laquelle , pendant qu’on ouvre ou qu’on ferme la

OFFICE

j)orte, on dépose les objets qu’on transporte; cette disposition est très-commode ; par elle, on évite une foule d’inconvénients, comme de laisser la porte ouverte parce qu’on a les mains embarrassées, ou de renverser ce qu’on tient lorsqu’on fait des efj forts pour l’ouvrir ou la fermer.

I Vaisselle. — La vaisselle fait partie du mobilier de l’office ;

I I c’est un objet assez important dans un ménage, et l’entretien I I en est coûteu-v lorsqu’on a des domestiques j)eu soigneux. 11 est I I donc utile de faire un inventaire de tout ce qui compose la

I vaisselle et la verrerie, et de le vérifier tous les trois mois. Il faut Il . alors remplacer les objets cassés. Si on néglige ce soin, on eni ■ courage l'incurie et le désordre , et on est obligé plus tai d de

dépenser une somme 'considérable; en attendant, le ménage se dégarnit , et on peut se trouver pris au dépourvu dans un moment pressant. D’ailleurs, cette revue trimestrielle est un puis- : sant stimulant pour les domestiques; ils prendront plus de pré- |i cautions, ils casseront moins, dans la pensée qu’on le saura;

I mais je ne crois pas qu’il soit juste de leur faire payer la vaisselle j I brisée par des accidents indépendants de leur volonté.

! La porcelaine est à si bas prix aujourd’hui qu’on doit lui donner

I I la préférence sur tous les autres genres de vaisselle. Elle est l|plus propre et supporte, sans se casser, un choc infiniment plus il fort que toute autre terre cuite; elle ne se raie pas, et son vernis U est assez dur pour résister à un service de plusieurs années. Je j ■ suis donc convaincu qu’il y a économie h employer la porcelaine,

1 même dans le ménage le [dus modeste. Quand on est forcé à l’économie, au lieu d’acheter des objets de premier eboix , on ■se contente de ceux de troisième choix, et même de rebut; on 1 peut choisir certaines pièces dont les défauts sont placés de manière à n’élrc pas aperçus , ce qui ne les empêche jias d’être très-présentables en famille.

La principale fabrication de porcelaine est à Limoges. Celle (lue l’on fabrique à 'Vierzon, dans le dé[>artement du Cher, a de l’éclat, et peut-être môme plus de transparence que celle de Liimoges, mais elle n’a pas la même solidité, elle suppoide moins Ibien l’eau bouillante et un choc, tandis que celle de Limoges I résiste même au feu. On fait aujourd’hui une foule de potedes ■ et de vaisselles fort jolies avec diflérentes terres d’excellente quallité; elles sont généralement décorées de fleurs peintes. Celle de (Creil atteint presque la qualité de la porcelaine.

Je puis aussi recommander à mes lectrices la faïence anglaise ,

ajipelée aussi terre de fer. En général les services en faïence anglaise sont moins beaux comme dessins et comme couleurs que les services de Creil, mais ils sont d’une solidité et par suite d’une durée vraiment remarquable. Il faut un choc assez fort pour l’ébrécher et j’ai vu des assiettes tomber sur le carreau de la cuisine sans ce casser. Le prix de cette faïence est relativement modéré. Le service de table de 12 couverts comprenant 4 douzaines d’assiettes plates , 1 douzaines d’assiettes creuses , 1 soupière , 1 saladier, 1 saucière, 1 légumier, 4 raviers, 2 plats ronds d’entrées, 2 plats ronds d’entremets , 1 plat ovale grand, 1 petit plat, coûte 105 francs.

Le service à dessert pour 12 couverts, comprenants douzaines d’assiettes, 2 compotiers hauts, 2 compotiers bas, 1 jatte, 1 sucrier ovale, coûte 55 francs.

Assiettes. — Pour un dîner de cérémonie, il faut douze assiettes, deux cuillers et six fourchettes par convive. On peut faire le service avec un bien plus petit nombre d’assiettes et de couverts; mais, dans ce cas, il faut laver la vaisselle pendant de dîner pour la servir de nouveau vers la fin du repas ; c’est alors , plus que jamais, qu’après l’avoir lavée dans l’eau chaude il faut la plonger dans l’eau froide et claire, pour la rincer et la refroidir, comme je l’indiciue plus loin; car, vers la fin du repas, une assiette chaude n’est pas présentable , et il est très-désagréable d’y manger certains entremets froids ou du dessert. L’usage des assiettes chaudes doit être réservé pour, les mets chauds. Il faut avoir pour le dessert de petites assiettes ; on les met à part', et on a soin de ne jamais les confondre dans les piles avec les autres, car on les casserait très-facilement , à cause de la différence de dimension.

Compotiers et corbeilles. — La modicité du prix de la porcelaine permet d’avoir quelques ornements de table, comme compotiei’S montés, pots à crème, corbeilles à fruits, corbeilles à fleurs, etc.

Saucier gras et maigre (grav. 58 et 59). — Comme la graisse surnage et que le jus reste au fond, on a imaginé de pratiquer un petit conduit qui prend au fond du saucier (grav. 59) et arrive à une de ses extrémités. C’est par ce conduit qu’on verse le jus dépouillé de graisse tandis que par l’autre extrémité on fait écouler la graisse.

Huilier. — Il peut être en bois ou en tôle vernie ; ceux en métal argenté coûtent un peu plus cher, mais sont plus élégants et durent plus longtemps.

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Services pour le café et pour le thé. — Un Service jnodeste ipour le café et un autre pour le tlié sont aussi indispensables, ' |,iaujourd’hui ([ue l’on fait un si grand usagé de ces boissons. Des jltasses blanches , avec des filets étroits de couleur ou d’or, sont jttoujours de mode et surtout de bon goût.

Ces services ne doivent point être placés dans le salon, comme on le voit souvent : ils seraient trop e.vposés à être cassés, sur- Itout quand on a des enfants; il ne faut pas, lorsqu’on peut l’é- ^ éviter, se mettre dans la nécessité de gronder pour une mala-

I dresse. A la campagne, les enfants entrent dans le salon avec 1 leurs jouets, qui sont souvent des bâtons, des balles, des baillons, etc., el un malheur est bientôt arrivé. .T’engage en conséquence mes lectrices à placer les services pour le café et le thé Il dans un buffet de l’office.

Grav. 58. — Snnder gras Gray. 59. — Conpo du saucier gras

et maigre. et maigre.

I Couverts. — Les couverts unis ou à filets sont ordinairement I I en argent; le pri.v de chaque couvert d’argent est de 40 à 45 fr.

. I Dans une grande partie de la France, et surtout à Paris, on emploie les couverts argentés électrii[uemcnt par la maison Christofle, d’après le procédé Elkington ; ils ne coûtent que ü I fr., ressemblent à s’y méprendre aux couverts en argent, résistent sans altération pendant cinq ou six ans à un usage fréquent, et peuvent être réargentés partiellement ou en totalité à très-peu de frais. On économise ainsi la rente d’un capital assez impor- ,r tant c[uand on a beaucoup d’argenterie.

J Couteaux de table. — Ils doivent être à pointe ronde , à manche noir ou blanc avec virole en argent, et à bascule. Leur lame doit être flexible et assez mince pour qu’on puisse l’affûter |) en la passant sur le cuir à polir. Les couteaux à dessert seront

ii plus petits que les couteaux de table ; les couteaux destinés aux . fruits devront avoir la lame en argent, et pointue, ceux destinés ; au fromage seront semblables aux couteaux de table, mais plus t j petits.

TENUE DU MÉNAGE

Porte-couteaux. — On place à droite de l’assiette un portecouteau en cristal ou en ruolz , destiné à recevoir le couteau et la fourchette afin qu’ils ne salissent pas la nappe.

Couteau à découper. — La lame doit en être mince et flexible, très-pointue et étroite à la pointe, large et forte au talon.

11 doit être aussi, lui, à bascule; la fourchette qui l’accompagne ordinairement est à trois dents en fer : elle aura une garde à ressort, qui se relève de manière à éviter une coupure à la main qui la tient, dans le cas où le couteau viendrait à glisser sur la pièce qu’on découpe. Les couteaux devront toujours être entretenus dans un état parfait de propreté, au moyen du cuir de la planche à couteau, et ne seront jamais lavés à l’eau chauAe, ce qui les ferait se démancher.

Manche à gigot. — 11 sert à tenir, sans se In’ùler ni salir les doigts, le gigot que l’on veut découper. 11 est creux ; on y introduit le manche du gigot, que l’on assujettit au moyen d’une vis de pression. Il est ordinairement en métal argenté ou en forme de pince en acier avec un manche en ébène.

Verres, carafes. — La verrerie doit être en cristal. Le verre coûte moins cher que le cristal, mais il casse avec une bien plus grande facilité : ce n’est donc pas une économie. Les verres et jes carafes en cristal, uni ou légèrement taillé, sont aujourd’hui à bas prix. Beaucoup de cristaux ne sont pas bien limpides, ou ont une teinte violacée ou verdâtre , désagréable à voir, et qui leur donne l’air malpropre ; il faut bien se garder de les acheter, car leur prix est aussi élevé que celui de beaux cristaux brillants et incolores. Le cristal coulé est quelquefois assez joli ; mais ses moulures sont en général trop profondes ; elles s’encrassent vite, et on les nettoie difficilement, même en se servant d’une ~ brosse et de savon. Il est facile de distinguer le cristal coulé du cristal taillé : dans le premier, les angles sont arrondis , tandis que dans le second ils sont à arêtes vives. Bien qu’on puisse j avoir, pour le même prix, des cristaux coulés beaucoup plus ornés que des cristaux taillés , je préfère ceux qui sont taillés ■< simplement ou même unis ; ils sont de bien meilleur goût.

On peut se servir de verres à pied pour les vins fins et même ^ pour boire le vin et l’eau ; cette forme donne de l’élégance au service ; mais cette verrei'ie de choix doit être réservée pour les jours où l’on a des invités. En famille, je conseille les verres ordinaires ; ils sont j)lus faciles à laver, et par conséquent moins sujets à être cassés. On doit avoir un panier à verres pour les

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ll)lacer, renversés, quand ils sont propres , ou un plateau verni.

Quelques carafons de cristal, pour contenir le vin ordinaire, ■’ornent aussi fort agréablement la table.

Bouchons. — 11 est souvent difficile de remettre sur une bou- Iteille le bouchon qu’on a retiré, et alors le vin est mal bouché. [Les bouchons surmontés d’un bouton en métal argenté ou en tbois sont propres , commodes et à bas prix.

Tire-bouchon à levier. — Ce tire-bouchon (grav. 60) est très- -simple , facile à manœuvrer, et permet de tirer un bouchon -sans bruit, sans effort, et ])ar conséquent sans remuer la bou-

Grav. 60. — Tire-boucliou à levier.

teille, sans troubler ni agiter le vin; il nous vient d’Angleterre et son emploi est très -commode.

Plateaux à bouteilles et à carafes. — 11 est nécessaire d’avoir ide petits plateaux sur lesquels on met les bouteilles et les cairafes lorsqu’on les place sur les tables à manger. On en fait en ccuir bouilli , qui sont fort solides , élégants et à bon marché. iPour les dîners de cérémonie , on peut en avoir en métal ar- -genté.

Plateaux. — Il convient d’avoir deux ou trois plateaux de ^différentes dimensions pour servir les rafraîchissements ou le thé.

Porte-liqueurs. — Un porte-liqueurs, à pied ou dans une Iboîte appelée cave, est un meuble d’un prix peu élevé et qui est «aussi commode que joli.

Appareil gazogène. — Il sert à fabriquer de l’eau de Seltz à t très-bas prix. Il consiste en deux globes de verre inégaux et

TENUE DU MENAGE

ti'ès-épais, superposés et recouverts d’un treillage en jonc ou en laiton. (Voir Eau de Seltz.)

Théière anglaise. — Si l’on fait un usage fréquent du thé, il faut se munir d’une bouilloire russe et d’une théière en métal anglais qui conserve l’arome du thé et a , en outre , l’avantage d’être solide et facile à tenir pro-

„ „ pre quand on la nettoie avec du blanc

Grav. Cl. — Tîiéière anglaise. i n/r ^ , r*tx

° de Meudon (grav. 61).

Bouilloire russe. — La bouilloire russe (grav. 62) est d’un usage très-commode ; elle est propre, élégante. La gi'avure 63, représentant la coupe de cette bouilloire, montre un tuyau intérieur A

Grav. 63. — Profil et coupe de la Ijonilloire russe.

traversant verticalement le centre de l’appareil et garni de char- | bons ardents. Deux couronnes de trous disposées à la base et au I sommet de la bouilloire donnent passage à un courant d’air suffisant pour entretenir le feu. Ce tuyau est surmonté d’un cou- ! vercle spécial B, qu’on enlève ou qu’on met en place, selon qu’on 1 veut laisser brûler ou qu’on veut éteindre les cliarbons. Un ' autre couvercle G est destiné à fermer la bouilloire.

Lorsqu’on veut faire usage de cette bouilloire , on enlève les deux couvercles; on la remplit d’eau, qui peut être froide, car la chaleur du tuyau, à moitié plein de charbons ardents, suffit pour la faire bouillir; on replace le couvercle C, et on met dans

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le tuyau, sur une grille placée ù sa base des charbons allumés, afin qu’ils ne dégagent pas de gaz malsains. Le robinet donne passage à l’eau chaude. La seule précaution qu’on ait à prendre est de veiller à ce ([u’il y ait de l’eau dans la bouilloire pendant tout le temps qu’elle contient du feu; sans cette précaution, la chaleur en ferait dessouder quelques parties.

Lorsqu’on n’a plus besoin d’eau chaude, on ferme le couvercle C pour éteindre le charbon , on vide l’eau par le robinet , et on renverse l’appareil pour faire sortir du cylindre le charbon qui y l'este encore. La cendre qui, pendant la combustion, est tombée dans un cendrier placé sous le foyer, y est maintenue par une porte à charnières E, ouvrant par en bas. Pour vider ce cendrier, on n’a qu’à ouvrir la porte et à frapper avec la main quelques coups sur le pied de la bouilloire , afin de faire sortir la cendre.

Cafetière èi café. — On doit préférer les cafetières en porcelaine , en terre vernie , en argent ou môme en Ruolz, à celles en fer-blanc, qui donnent toujours mauvais goût au café. Il est nécessaire d’en avoir de deux dimensions, parce qu’il est difficile de faire peu de café dans une grande cafetière. Il y a plusieurs systèmes de cafetières; mais les plus simples et les meilleures sont celles à filtre. Celles où l’on fait le meilleur café sont celles à bascule et à esprit de vin. (Voir Vréparation du café.)

Lampe à esprit de vin ou alcool. — Cette petite lampe (grav. 64) est indispensable dans un ménage; elle se compose d’un récipient à alcool en fer-blanc, rond, beaucoup plus large que haut, afiu([u’il ne puisse se renverser que difficilement. Au milieu de la surface supérieure se tiouve un orifice par lequel on introduit l'alcool. Cet orifice a dans son poui'tour un petit rebord sur lequel on i)lace le i)orte-mèche , qui n’est autre qu’une petite, calotte en cuivre recouvrant l’orifice en prenant trèsjuste sur son rebord. La mèche est en coton et ronde, non tissée; elle est placée au milieu du porte-mèche, en passant par un petit tube en fer-blanc qu’on y a soudé; sur le portemèche, on place un petit couvercle en cuivre qui prend trèsjuste, alin d’éviter l’évaporation de l’alcool, quand la lampe n’est l>as allumée. Autour du récipient se trouvent soudés trois petits tuyaux en fer-blanc, dans chacun desijuels entre un peu à foi ce un gros fil de fer dont la longueur dépasse en hauteur de trois centimètres la mèche , et dont le bout du bas descend au niveau du fond du récipient. Ces fils de fer sont contournés de.

TENUE DU MÉNAGE

telle sorte qu’ils présentent deux branches, dont l’une passe par le petit tuyau, comme il est dit plus haut, et l’autre reste libre de manière à pouvoir tourner autom’ de la première , qui lui sert de pivot; par ce moyen, ces fils de fer forment une sorte de trépied qui s’élargit ou se rétrécit à volonté , de manière à pouvoir y placer un plus ou moins grand vase que l’on veut faire chauffer sur la flamme de la lampe. La nature du liquide qu’on brûle dans cette lampe fait qu’elle s’allume à la moindre approche d’une flamme et qu’on l’éteint avec rapidité en souf-

Grav. C4. — Lampe à esprit de vin ouverte.

fiant, sans jamais répandre la moindre odeur. Elle est de la plus grande utilité dans la chambre d’un malade , surtout quand il fait chaud , car elle dispense d’avoir du feu. On peut y faire chauffer très-promptement une tasse de tisane, un bouillon, une tasse de café, du thé, etc., y faire une petite soupe, un cataplasme , et sa disposition permet d’y placer un vase de la dimension d’une timbale , ou une casserole de métal ou de terre pouvant contenir au moins un demi-litre. Elle chauffe si vite que la consommation de l’alcool est presque insignifiante. Enfin, elle est très-solide , et son prix est d’environ 1 fr. 25 c. à 1 fr. 50 c.

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Il y a une autre espèce de lampe ou petit réchaud à esprit de vin (jui chauffe d’une manière beaucoup j)lus énergique sans consommer beaucoup d’alcool. C’est le réchaud Lang à flamme forcée, il est breveté. Il y en a de plusieurs dimensions ; les prix varient entre 4 francs et 5 fi'. 75. Cette lami)e est excellente et consomme peu d’alcool.

liéchauds. — Quelques réchauds en cuivre bronzé , ou argentés par le procédé Elkington , sont fort utiles. Pendant l’hiver, c’est le meilleur moyen de conserver les mets chauds sur la table; lorsqu’on a des convives, de jolis réchauds sont un ornement, et ce n’est pas une grande dépense.

Chauffe-assiettes. — On chauffe les assiettes à l’aide d’une espèce de petit poêle rond fermé par deux battants, comme une armoire, et qu’on nomme chauffeassiettes (grav. G5). On le pose, pendant le repas, soit sur la bouche d’un calorifère, soit sur un poêle, sur un fourneau ou sur de la braise.

Il est divisé dans sa hauteur en trois compartiments par deux tablettes.

Le fond est percé de trous par les- ([uels pénètre la chaleur. On pose les piles d’assiettes sur le fond comme sur les tablettes. A défaut de chauffeassiettes, on ])lace les assiettes sur un poêle, ou bien, au moment de s’en servir, on les trempe dans de l’eau chaude. Rien n’est plus facile et plus prompt que d’essuyer des assiettes chauffées. Le fourneau économique en fonte peut servir de chauffe-assiettes lors([u’on n’n (|u'un petit nombre de convives.

Bassinoire, moine. — Lors([ue, pour chauffer un lit, on eni[)loie une bassinoire en cuivre, il faut y mettre de la braise, et surtout de la cendre rouge, et laisser la bassinoire s’échauffer avant d’en faire usage : sans cela, le feu serait promptement étouffé et le lit ne serait pas suffisamment chauffé. Il faut promener sans cesse la bassinoire dans le lit : sans cette précaution, son contact prolongé avec le même point du drap le ferait roussii- ou brider. Le cruchon d’eau bouillante, dont J’ai parlé au chapitre Lits, peut suppléer la bassinoire.

Le moine est un des meilleurs moyens de chauffer un lit. La

Lraise qu’on place dans le petit réchaud doit être accompagnée de cendre chaude, afin de rester allumée le plus longtempspossible; avec un moine on chauffe un lit très-profondément; c’est là le plus grand avantage que cet ustensile a sur la bassinoire, qui n’en chauffe que la superficie ; mais, pour en atteindre tous les bons effets, il faut que le moine reste assez longtemps sous les couvertures, une demi-heure environ.

Balais, brosses, goupillon, éponges, plumeaux. — Il faut se défier de la qualité des balais en crin. Le crin d’un balai est bon s’il résiste à la main qui veut le comprimer, et s’il reprend vite sa position lorsqu’on la retire. On a trouvé le moyen de remplacer le crin par de la baleine très-divisée qui l’imite, mais qui se casse promptement. Il y a des balais qui portent sur leur manche un n° 1,2 ou 3, qui indique leur qualité; le n° 1 est le meilleur, d’un prix plus élevé parce qu’il est le plus fourni en crin. Plus le crin est épais et plus il dure et balaye bien. 11 faut se servir d’un balai en chiendent pour balayer les tapis. Ces deux espèces de balais doivent être emmanchés de biais (grav. C6), afin de porter mieux à plat par terre quand on balaye. Des balais en bouleau, en bruyère ou en sorgho, sont nécessaires pour balayer les cours, la cuisine, etc.

Il faut préférer les brosses en chiendent pour brosser les meubles en velours; celles en crin sont préférables pour les autres usages ; mais il faut bien examiner ces brosses avant de les acheter, car il est difficile de reconnaître s’il y a de la baleine mêlée au crin.

Un goupillon en crin, une brosse de crin et une de chiendent, des éponges, des bouchons portant des chaînes pour laver les bouteilles, sont très-commodes pour entretenir la propreté de la vaisselle et de la verrerie. Les éponges un peu fines coûtent plus que les éponges molles et à gros trous, mais elles sont meilleures, et leur durée compense la différence du prix.

'• Les plumeaux en plumes de coq sont plus durables que les autres; la flexibilité de ces plumes les empêche de casser. Une inénagèrc économe, en examinant la manière dont les ])himes sont fixées au manche préparé |)Our les recevoir, peut regarnir un }ilumcau usé.

11 y a de jielits plumeaux très-commodes et fort employés dans les pays où l’on élève des oies : ce sont les deux dernières phalanges de l’aile de ces volailles. On les leur enlève avant de les plumer lorsiiu’elles viennent d’être tuées. Ce petit plumeau eit.

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appelé on l’emploie pour épousseter; il est facile de

l’introduire dans une foule de petits coins où un gros plumeau ne 'peut pénétrer.

Gniv. CC. — Servante balayant.

Garde-manger.

Garde-manger carré à châssis de bois. — Les parois du garde-manger seront en toile mélalliquc, à mailles assez serrées pour que les mouches ne puissent les traverser; son jilalond et son plancher seront en Lois ou en tôle. Dans la partie supérieure, on fixe une roulette horizontale C ( grav. ü7 ) dont l’axe passe dans la traverse du plafond et est retenu en A par une

lU

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cheville; par ce moyen, la roulette est tournante; on en garnit la circonférence de clous à crochets et pointus auxquels on suspend la viande et les volailles. Il peut y avoir sur les côtés intérieurs du garde-manger une traverse garnie aussi de clous employés au même usage. Dans sa hauteur, on met une planche B, afin d’avoir plus de place pour ranger les différents mets qu’on y renferme.

Garde-mamjer en tôle ou en toile métallique. — Ils sont plus légers, plus élégants et occupent moins de place que ceux en bois ; mais ils coûtent

Grav. 07. — Garde-manger carré à châssis en hois.

Grav. 08. — Garde-manger cylindrique en toile métallique.

plus cher, et, à cause de leur forme arrondie, on ne peut y déposer autant d’objets (grav. G8).

P/flce du garde-manger. — Autant que possible, on doit le placer dehors à l’ahri de la pluie, dans un courant d air, a l’ombre et au nord. On peut le mettre aussi dans 1 office. On ne le place dans une cave que s’il y régne une ventilation énergique; sans cela, la viande contracte une odeur désagréable qu’on appelle éventée , ou se gâte vite.

Le garde-manger doit être maintenu dans l’air à une certaine hauteur. Pour celui en tissu métallique , on le suspend par 1 an-

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neau qui le surmonte au moyen d’une corde qui y est attachée et qui va passer dans une poulie fixée dans le plafond ou dans une traverse de bois au-dessus de lui. On suspend de même le garde-manger en bois en fixant à ses montants quatre cordes solides qu’on réunit à une certaine hauteur au-dessus de son milieu. Au point de réunion, on attache une corde plus grosse qui va passer dans la poulie fixée au-dessus de lui ; pour l’un et l’autre îles garde-manger , la corde est terminée par un nœud en forme de boucle qu’on accroche dans un clou à crochet scellé dans le mur le plus voisin, afin de maintenir le garde-manger à une hauteur convenable pour y prendre ce qu’il contient ; une seconde boucle placée plus haut sur la corde permet de le remonter et de l’arrêter à une hauteur convenable pour qu’il soit à l’abri de tous les animaux destructeurs.

Boîte pour conserver les provisions.

Il est très-utile de placer dans la chambre aux provisions une boîte (grav. G9), dans laquelle on conserve les légumes secs, le riz, les diverses pâtes dont on fait habituellement usage, ainsi que le café et le sucre, etc. Cette boîte est divisée en comparti-

ments et en tiroirs; elle doit avoir à la base de grandes cases A lermées par un couvercle en pente et surmontées de tiroirs plus étroits B. Les épiciers ont des boîtes semblables dans leurs boutiques. On dépose dans les grandes cases A certains légumes

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secs dont on fait provision en grande quantité, comme les haricots, les lentilles, les pois. Chaque case du bas présente en avant une petite trappe à coulisse G, par laquelle, en balayant l’intérieur de la case, on peut facilement faire sortir la moindre poussière ou graine qui resterait au fond. On conserve aussi dans cette boîte les graines des gros légumes pour semence.

Dans les tiroirs supérieurs B , on met les pâtes, le café , le thé , le chocolat, la bougie, le savon, le pain de sucre en consommation, etc.

Dans cette boîte, les provisions sont à l’abri des animaux ou des insectes qui les attaquent ; elles y sont aussi préservées de l’humidité ; de plus, on est sûr que tout ce qui y est renfermé ne sera ni égaré, ni détérioré, ni livré aux mains des gens qui pourraient en abuser ou n’en pas prendre le soin nécessaire.

Charbonnier.

On appelle charbonnier un lieu destiné à contenir la provision de charbon ; un petit cabinet suffit. On place souvent le charbon dans le bûcher ou dans une cave sèche et aérée. S’il est humide, il brûle mal. Il est dangereux de pénétrer dans le charbonnier avec une chandelle allumée. Quand on veut l’approvisionner, il faut commencer à vider les sacs de charbon dans le fond de la pièce, en finissant par la partie la plus rapprochée de la porte d’entrée. Sans cette précaution, à mesure qu’on avance pour vider de nouveaux sacs, on écrase le charbon déjà déposé près de la porte d’entrée.

La porte et les issues du charbonnier doivent être fermées de façon à empêcher l’introduction des chats, qui y déposent volontiers leurs ordures, ce qui répand une odeur affreuse lorsque le charbon brûle.

Boulangerie.

On appelle boulangerie ou fournil le lieu où l’on fait le pain. La boulangerie doit être située au rez-de-chaussée et dans la cour de la maison d’habitation, dont elle doit toujours être indépendante. Il est nécessaire qu’elle soit saine, bien aérée, a l’abri de toute humidité, et qu’elle contienne un ou deux fours, un pétrin, une chaudière et tous les ustensiles nécessaires pour la confection du pain. On la garnit de tablettes. (Voir Confection du pain.)

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