EAU, FONTAINE, FILTRE
Buanderie.
La buanderie est le lieu où l’on fait la lessive. Depuis que l’usage des aiipareils à vapeur poui faire la lessive s’est généralisé, et ont remplacé l’ancien système de lessive à la cendre, un local spécial pour la buanderie n’est plus maintenant indispensable dans une maison. Les buanderies à vapeur peuvent se placer dans toute pièce, pourvu qu’elle ait une cheminée, ou même dans une cour ou un jardin quand il fait beau. (Voir Lessive.)
Eau, fontaine, filtre.
Qualité des eaux. — La bonne eau est limpide, incolore, inodore, d’une saveur fraîche, sans être fade ni salée; elle dissout facilement le savon sans former de grumeaux ; elle cnit bien la viande et les légumes frais ou secs.
A moins de circonstances exceptionnelles, les meilleures eaux .sont :
1° Les eaux de source ;
2“ Les eaux de fleuves ;
3“ Les eaux de rivières ;
4° Les eaux de ruisseaux ;
5° Les eaux de pluie;
6“ Les eaux de puits artésiens ;
T"” Les eaux de puits non séléniteuses.
L’eau des étangs, la plupart des eaux de puits, les eaux non courantes, sont généralement moins propres aux usages domestiques. Cependant l’eau des étangs convient beaucoup au lavage du linge.
Fontaine à filtre. — C’est un appareil qui clarifie les eaux. Comme les meilleures eaux sont souvent chargées d’impuretés, ([u’elles ne déposent qu’imparfaitement et après 20 ou 30 heures de repos, une fontaine à filtre est indispensable. Il y en a de plusieurs espèces; celles en poterie sont les meilleures, et pour 25 à 30 francs on en a une très-suffisante j)our un ménage. Si l’on ne peut s’en procurer, on y supplée en disposant à la partie moyenne de la fontaine non filtrante une couche de gros sable, au-dessus du sable une couche de charbon concassé et bien lavé, et au-dessus du charbon une seconde couche de gros sable. L’eau versée à la partie supérieure de la fontaine traverse lentement les couches de sable et de charbon, et tombe clarifiée à la i)artie inférieure, d’où on la tire à volonté à Laide d’un robinet. Mais il ne faut pas oublier ([ue l’infiltration déj)ouille seulement l’eau des iiiqiuretés qui étaient en susiiension, et qu’elle ne modifie
TENUE DU MÉNAGE
pas certaines qualités de l’eau dépendant des matières qui y sont dissoutes : par exemple, l’eau salée est tout aussi salée en sortant du filtre. Les filtres doivent être nettoyés deux ou trois fois par an, et plus souvent, lorsqu’on s’aperçoit que l’eau a contracté une odeur ou une saveur désagréable. On les nettoie avec de l’eau chaude au moyen d’une brosse et d’une éponge.
'Fontaine à laver les mains. — Elle est indispensable. On la place dans le vestibule ou l’antichambre. On en fait en tôle, en cuivre , en zinc et en faïence ; celles en cuivre sont les plus durables; on peut les faire étamer en dedans et peindre en dehors. On suspend l’essuie-mains à côté de la fontaine. Au-dessus on pose une petite planche destinée à recevoir un morceau de savon. La cuvette et la fontaine doivent être tenues dans un état parfait de propreté.
Outils nécessaires à la campagne.
Bien que ce livre soit destiné aux femmes, on ne trouvera pas mauvais que j’y traite quelques questions spécialement du ressort des hommes. Ces questions seraient sans doute étrangères à une femme de la ville, mais elles intéressent une ménagère agricole, qui est souvent obligée de remplacer son mari dans la conduite de l’exploitation. Et qui sait si le mari lui-même ne pourra point parfois trouver ici quelques avis utiles !
Il est indispensable, à la campagne, d’avoir quelques outils. A chaque instant, il se présente une légère réparation à faire, et il est souvent difficile de se procurer un ouvrier. Quelquefois aussi on ne peut se décider à appeler un ouvrier, parce que la réparation à faire est peu importante, et cependant, sans un entretien assidu, il y a une foule d’objets utiles qu’on ne peut consei-ver dans un ménage. Un travail urgent peut être forcément suspendu, faute d’un outil pour réparer un instrument aratoire ; enfin, l’occasion d’employer certains outils se présente sans cesse. Voici le nom de ceux dont l’emploi est le plus fréquent :
Un établi d’abord : il est fort utile aux gens de la maison, et comme il n’est pas facile à transporter et qu’il est indispensable au travail d’un ouvrier, celui-ci vient beaucoup plus volontiers quand il n’a pas à déplacer son établi. A cet établi il faut ajouter :
Bois d’ouvrage bien sec, comme Boîte compartiments pour mettre cbênc, frêne, ormeau, noyer, les clous, pointes et vis; peuplier, sapin, etc. ; Ciseaux (un assortiment) ;
ENTRETIEN DE EA MAISON ET DU MOBILIER
Clef anglaise ;
Clous et pointes (un assortiment); Cognée et coins à fendre le bois; Colle forte (un pot) ; Emporte-pièce pour faire des trous aux courroies ;
Enclume une (petite) ;
Equerre;
Étau ;
Hache et hachereau ;
Maillet ;
Marteaux (un petit et un gros) ; Mèches (un assortiment) ;
Mètre ;
Niveau à air ;
Papier verre;
Pinceaux (deux ou trois) ;
Plane ;
Poinçon ;
Presse et sergents;
Rabot ;
Riflard ;
Scies (une petite et une grande) ; Scie et chevalet pour le bois à brûler; TenaiUes (une petite et une grande) ; Tranchet pour couper le cuir ; Valet ;
Varlope;
Vilebrequin ;
Vis (un assortiment) et toume-vis ; VriUes (un assortiment) et tarière.
Avec ces outils, un ouvrier n’est jamais embarrassé pour faire une réparation, et, comme la nécessité rend ingénieux, il est rare qu’il ne se trouve pas à la ferme quelque homme assez intelligent pour se servir, dans un moment pressant, des outils mis à sa disposition. Le maître même peut en tirer un très-bon parti et y trouver ce vrai plaisir que causent les récréations utiles.