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CHAPITRE VIII

ENTRETIEN DE LA MAISON ET DU MOBILIER

E.NTnETIEN DE L.V MAISON.

Encaustique pour les parquets et les carreaux.

Quand on veut mettre à la cire un parquet ou des carreaux mis préalablement en couleur, on se sert de la (jréparation suivante :

On fait fondre à chaud, dans cinq litres d’eau, 125 grammes de savon; on y ajoute 500 grammes de cire jaune coupée en petits morceaux ; on fait chauffer. On ajoute à ce mélange GO

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grammes de potasse blanche, en agitant sans interruption. Pendant que cette préparation refroidit, on la remue encore par intervalles, pour bien diviser la cire et former une espèce de lait.

On étend cette composition sur le plancher, avec un gros pinceau, en couche très-mince. Les quantités que j’ai indiquées peuvent suffire pour 50 mètres carrés environ. On laisse sécher, puis on frotte.

Siccatif brillant.

L’e.xpérience a démontré que la mise en couleur des parquets et du carrelage au moyen du siccatif brillant donne des résultats assez bons pour que nous puissions la recommander.

Ce vernis se trouve maintenant dans un grand nombre de dépôts, à Paris et dans les départements.

Lavage des chambres carrelées.

Lorsqu’on veut laver une chambre carrelée, il ne faut pas commencer par y jeter des flots d’eau; il faut procéder avec ordre. Après avoir enlevé tous les meubles, ou au moins après les avoir entassés sur un point de la chambre, on verse quelques litres d’eau sur le carreau, puis on le frotte avec un balai ou une brosse en chiendent. On pousse cette eau un peu plus loin, et on en jette de nouvelle pour rincer la place lavée. On pousse aussi cette eau, qui sert au premier lavage d’une autre partie des carreaux; on rince également cette partie, et on continue à procéder ainsi jusqu’à ce que toute la chambre soit propre. Il n’y a aucun avantage à inonder à la fois toute la chambre qu’on veut laver. Lorsqu’elle est bien nettoyée, on enlève à l’aide d’une éponge l’eau qui peut rester dans les fissures des carreaux ou du plancher.

Si l’on procède autrement, une grande quantité d’humidité pénètre dans le sol entre les carreaux, ce qu’il faut éviter avec soin, car elle peut y séjourner longtemps.

Nettoyage des vitres et des glaces.

Vitres. — On met du blanc de Meudon dans un petit plat creux ; on le mouille assez pour qu’il baigne dans l’eau ; bientôt il fond et forme une espèce de lait. On y trempe un petit linge dont on forme un tampon avec lequel on frotte la vitre qu’on veut nettoyer ; 011 essuie sur-le-champ avec un linge bien sec;

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I puis on achève le nettoyage avec un autre linge doux et égale- I ment très-sec, en ne négligeant pas les coins, clans lesquels on pénètre au moyen d’un petit morceau de bois qu’on entoure de linge.

Il faut bien se garder de couvrir d’une couche de blanc toutes les vitres d’une fenêtre avant de commeneer à les essuyer ; le blanc sèche, et on a alors une peine extrême à l’enlever ; il ne faut jamais opérer que sur une vitre à la fois.

La lessive et l’eau-de-vie nettoient aussi assez bien les vitres; mais, lorsqu’on les a lavées ainsi, il est difficile de les sécher, et le nettoyage est moins complet.

Glaces. — On nettoie les grandes glaces par parties, parce que si on les couvre entièrement de blanc, il sèche, et il est difficile de l’enlever. Il faut éviter de toucher avec le bla,nc la baguette dorée qui entoure la glace : la dorure en serait altérée. L’eau-de-vie et l’esprit de vin conviennent mieux que le blanc pour le nettoyage des glaces; mais il faut éviter avec le même soin de toucher à la dorure. Lorsqu’une dorure de ce genre a été salie d’une manière c[uelconque , il est difficile de faire disparaître la tache, parce que la dorure est ordinairement si légère que le plus petit frottement l’enlève; cependant on peut essayer de l’enlever en la touchant légèrement avec une éponge très-fine et mouillée.

Désinfection des appartements.

Le meilleur moyen de désinfecter les appartements est de les ventiler énergiquement en laissant les portes et les fenêtres ou- I vertes pendant plusieurs jours et plusieurs nuits de suite. Si la I rigueur de la saison ou les circonstances ne permettent pas de ! recourir à ce moyen, il faut faire dans la cheminée des feux claii's I qui déterminent un grand courant d’air. On a soin qu’au moins une porte soit constamment ouverte, pour fournir pendant ce I temps de l’air nouveau et pur. Ce procédé simple doit être I employé même lorsqu’il fait chaud. Si l’on ne peut pas faire de I feu, on fait évaporer du vinaigi’e sur une pelle rouge.

I S’il s’agit de purifier l’air et même les murs, les meubles, i les rideaux d’une chambre dans laquelle a séjourné un malade, on commence par enlever tous les objets argentés ou dorés, on étale les couvertures, les matelas, sur des dossiers de chaises, on renouvelle l’air en ouvrant les fenêtres, puis on enne avec

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soin les portes et les fenêtres, et on fait brûler quelques pincées de soufre sur un fourneau portatif, en quittant la chambre au plus tôt pour éviter les effets des gaz suffocants qui se dégagent du soufre en combustion. On peut aussi mettre une poignée de chlorure de chaux avec de l’eau dans un ou plusieurs plats qu’on dépose à terre. Il suffit que l’on sente l’odeur du chlore pour qu’on soit certain que le but est atteint.

Destruction des mouches, poux, puces et punaises.

Mouches. — Les mouches envahissent parfois en si grand nombre les cuisines, surtout à la campagne qu’elles deviennent un véritable fléau. Lorsqu’on emploie la mort-aux-mouches ordinaire, outre le danger réel qui peut en résulter, puisque c’est une préparation arsénicale, elle a encore l’inconvénient de faire tomber partout les mouches mortes. Voici un procédé aussi efficace et qui n’a pas ces inconvénients ; on met dans un verre à boire, jusqu’à moitié de sa hauteur, de l’eau dans laquelle on a lait dissoudre du savon ; on taille une tranche de mie de pain de l’épaisseur de 0“02 environ, de façon qu’elle puisse boucher complètement le verre ; on perce au milieu un petit trou évasé en entonnoir en dessous, on étend sur la partie de cette tranche qui est tournée du côté de l’eau savonneuse, du miel, des confitures ou toute autre chose dont les mouches sont friandes; bientôt les mouches, attirées par cet appât, s’introduisent dans la petite ouverture pour arriver aux confitures, et elles y sont asphyxiées en un instant. On peut placer dans la cuisine plusieurs verres ainsi préparés : s’il y a beaucoup de mouches, le soir tous les verres en sont remplis; le lendemain on les vide et on y remet de nouvelle eau de savon. Je garantis l’efficacité de ce procédé.

On peut employer dans les appartements le papier tuemouches; le meilleur est celui de Moure, de Bordeaux. Dans l’instruction sur la manière de s’en servir, il est dit qu’il faut qu’il soit constamment humecté : la meilleure manière d’obtenir ce résultat est d’employer un verre plein d’eau sur lequel on place le papier, puis une assiette; quand on renverse le tout et qu’on tient le verre serré sur l’assiette, l’eau reste dans le verre et s’en échappe peu à peu assez jiour tenir le papier constamment humecté.

Poux. — Les enfants qu’on tient proprement, et dont on

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nettoie cliaque jour la tête n’ont pas de poux. Si, malgré ces soins, les j)oux envahissaient leur tête, on peut avoir recours à I la poudre insecticide. Tout à fait inoffensive pour les hommes et ' pour les animaux, cette jjoudre peut être employée sans incon- I vénicnt ; on en répand sur la tête de l’enfant, en écartant les ! cheveux, soit avec les doigts, soit au moyen d’un petit soufflet ! destiné à cet usage; on renouvelle l’opération quelques jours I après , lorsque les lentes sont écloses.

Les bœufs et les vaches sont quelquefois cruellement tourmentés I par ces insectes ; on les en délivre en saupoudrant légèrement 1 avec cette poudre la tête, le cou et les reins de l’animal, qui sont I les parties le plus ordinairement envahies

Pour détruire la vermine des volailles, on saisit par les pattes I l’animal qu’on veut en débarrasser; on le tient suspendu de telle 1 sorte qu’il soit maintenu renversé, les pattes en haut et la tête I en bas. Dans cette position, les plumes de la volaille s’écartent, et il est facile d’insuffler légèrement la poudre insecticide entre : I ces plumes au moyen d’un petit soufflet fait exprès pour cet I I usage.

Puces. — Au printemps et à l’automne, on est parfois envahi I par des myriades de puces ; une extrême propreté n’en exempte , I pas toujours : d’ailleurs, les chiens et les chats en apportent ^ (dans la maison. La poudre insecticide agit sur les puces aussi I efficacement que sur les autres insectes.

' Punaises. — Dans une maison neuve, où les murs ne présentent que peu ou- point de fissures, des soins et un peu de persévérance suffisent pour ([u’on parvienne à se déharrasser ' des punaises. Dans une habitation vieille, jileine de lézardes,

■ où les boisei'ies sont en mauvais état et les papiers de tenture I accumulés les uns sur les autres, on ne parvient pas facilement à faire périr les punaises. Voici le moyen le plus efficace de les détruire :

On fait préparer chez un pharmacien une houteille d’eau à laquelle il mêle 20 grammes de deuto-chlonirc de mercure (sublimé corrosif) dissous dans de l’alcool. On conserve dans une armoire fermée celte liqueur, soigneusement étiquetée,

I car c’est un poison très-violent, et l’on no peut prendre trop de i>récautions pour se mettre à l’abri d’une méprise.

Au printemps, avant l’éclosion des punaises, on fait enlever dans la pièce infestée tous les vieux pai>iers de tenture. Ensuite on visite avec soin tout l’aiipartement, et, au moyen d’un lùn-

ceau, on introduit de la liqueur pure dans toutes les fentes ou cavités quelconques des boiseries, des meubles et des murs. On en fait autant pour les lits, dont toutes les mortaises ou joints doivent être soigneusement enduits de liqueur à l’aide du pinceau. La liqueur préservatrice ne gâte rien de ce qu’elle touche à moins que ce ne soit du métal.

On fait coller sur le mur un papier gris, en ayant soin de mêler à chaque seau de colle délayée qu’emploie le peintre environ un demi-litre de la liqueur préparée. Si le papier gris est collé avec soin, il détruit pour longtemps toutes les punaises qui pourraient exister encore dans les fissures ou les trous de la muraille ; par-dessus ce papier gris, on pose celui qui doit décorer la pièce. Je puis garantir l’efficacité de ce moyen de destruction des punaises, pourvu qu’il soit appliqué avec soin et intelligence.

Un moyen de destruction non moins efficace et sans aucun danger pour la santé des hommes et des animaux est, à l’aide d’un petit soufflet spécial, d’insuffler de la poudre insecticide dans les fissures des murs, les mortaises des meubles, les coutures des matelas, les sangles des lits, les plis des rideaux, où peuvent se réfugier les punaises. Cette poudre détruit presque , instantanément tous les insectes, elle est sans action directe sur leurs œufs ; mais ne s’évaporant pas comme les liquides et restant là où on la place, aussitôt que le petit insecte sort de l’œuf il est détruit par la poudre ; il faudrait donc l’employer même sur les œufs.

Foudre insecticide. — La poudre insecticide est faite avec une plante appelée pyrcthre du Caucase, que l’on a fait sécher et que l’on a ensuite pulvérisée; elle est surtout efficace contre les' punaises, les puces, les poux, les fourmis, les pucerons, et on l’emploie dans les appartements. On conserve cette poudre dans des boîtes ou dans des bocaux qu’on a soin de placer dans un lieu sec : on la répandrait difficilement si elle était humide. Le dépôt central de cette poudre, à Paris,'] est chez M. Villemot, rue Vieille-du-Temple, 34. Aujourd’hui que l’efficacité en est bien constatée, on en trouve des dépôts dans presque toutes les villes de France. Elle se vend au poids et ne revient pas cher, attendu le peu qu’on emploie.

Lieux d’aisances et vidange.

Censtruction. — ^.es lieux d’aisance doivent être construits

KNTHKTIKN DH DA MAIfiON HT DU MOlillJER. lit)

riiii(^luisiï t;t |)lacAb île Iclle rai;oii iiit’oii luiibse h’y i iiiiiirii &aiis l^iabbiü- |iar mie l'iiaiiilee lialiilée; il laiil iiii’iU buiiml iinl6|ienillaiib lie tiHite ehaniDre lialiiU^e, liait eu allyiiaiit à la inaisiai. le lililâiiie alibulmaeiit leur eiai.slrueliiiii ilaiis im jarilin eu une ciair, i-e i|jiii leb relui iiialmnlaliles [lar les luauvaib leiaiib, el les met eu vue lie la l'aeuu la |ilus iucuuveuaule. Ils iluiveul, iMre spacieux, jlliieu érlaii'As, liieu aArAs, et luaiuteuus ilaiis la plus scrupuleuse IpriipretiD (tu y |ilace une |ietite l'uutaiue à laver les mains,

I plusieurs serviettes, îles Drues eu ziuc ou îles cruclies jileiiies ilil’eau, une lioite pleine île papier, un ou ileux vases île nuit ■iilispostts sur nue laDletle, îles Dalais île cliieiiileiil ipii servent au nettoyage, el eiitiu île t^ros liouipiels île lavauile, ilouiroilciir ipéuétraiile el agn^alile ilomiue toute autre oileur, si les lieux sont maiuleuus dans une proprelA irréprocliahle. ,1e crois ipi’fi lia campagne le uelloyage au moyeu des cruches d’eau est prdli'érahle aux réservoirs, dont la hascule se dérange souvent, et jipi’il e.-,t ddiieile de l'aire réjiarer par des ouvrieis de village.

iwsiitfiictiiiH et vidamje. — Lorsque les lieux ne sont pas coiis- Itruits à /’a/ii//iii'se, c'est-à-dii'e avec cuvette el réservoir d’eau, ils • exhalent paii'uis une mauvaise odeur. Du les désinfecte eu versant une dissolution d’un Kilogramme de sulfate de fer dans vingt lilitres d’eau. Si la fosse est Irés-graude, ou verse nue plus forte Ipi'opuiiiou de la même dissolution. Ou l’euouvelle cette opéialiou chaque fuis que le hesuiu s’eu fait sentir ; elle u’uffre aucun inconvénient el n’est qu’une faillie dépense. Dépendant si rôdeur ipersisle malgré les moyens i[ue j'indique, il faut placer un tuyau de, poterie qui parle de la fosse jusqu’à l’air exlérieni' pour étahlir un Courant d’air.

Lorsqu’on vent vider une fosse d'aisances, il faut d’ahord déssinfecler, à l’aide du sulfate de zinc, les matières que la fosse con- Itient. Un Kilogiamme de ce sulfate, dissous dans un seau d’eau suf- ItU, pour désinfecter une fosse d’un mètre euhe. On verse ce liquide ■ ilans la fusse douze heures avant de procéder à la vidange, et on agite avec une perche. Si les premières matières exli aites répandent encore heaucoup d’odeur, on augmente la dose de sulfate. ILe sulfate de fer. Dieu que moins eflicace, peut remplacer le •sulfate de zinc ; mais il faut douhler les doses.

L’enqiloi des sulfates de zinc ou do fer ne nuit eu rien à la qualité de l’engrais fourni par le curage de la fosse.

Hi/qdii( des vidaiKjes. — Les matières solides sont déposées dans une fo.->se à engrais, et mélangées, en proportions à peu piès

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égales, avec de la terre argilo-siliceuse sèche qui absorbe les gaz fertilisants des matières et en empêche la déperdition. Au bout de quelques mois, ces matières peuvent être extraites de la fosse et mêlées au fumier ordinaire, ou être employées seules comme engrais à la même dose que le fumier de mouton. Elles sont surtout efficaces pour les récoltes sarclées, les racines fourragères et les prairies artificielles.

Quant aux matières liquides, on les fait répandre sur un tas de fumier, ou on les fait absorber par des terres sèches ; on peut aussi les transporter sur les terres en culture, et sur les près naturels et artificiels dont la végétation est peu avancée. Dans ce cas, il faut les étendre de deux fois leur volume d’eau.

11 faut avoir grand soin que les produits de vidange ne soient pas trop exposés aux pluies, qui si elles étaient abondantes, entraîneraient une grande partie des principes fertilisants de ces matières.

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