CI AT
TRAITEMENT DU JUS
p;)rtie de la chaleur du combustible et des parois du fourneau chaque fois que Ton cesse oV rutr^-qu>nfin^ et par suite des 2 K" avantaees, les sirops moins altérés cristallisent mieux et plus abondamment.
3* Âppanil d^Howard.
Le procédé d*HowABD, évaporant aussi vite à une température plus basse, ainsi que les ooiiYeaux systèmes précités, sont sous ces rapports préférables encore.
Le procédé d'HowARD exige un appareil composé de 3 pièces principales : lo une chaudière d'évaporation chaufrée par la vapeur; jo un réfrigérant; 3o une pompe à faire le vide. Il est fondé sur les mêmes principes qae ceux de Roth et de Degkand. Nous Dous attacherons plus particulièrement à décrire ces derniers, qui, moins dispendieux de W établissement, nous paraissent mériter la préférence, en France surtout, où ils ont déjà préseaté de très bons résultats.
40 Appareil de Roth et Bayvet.
L'appareil Roth ( f ) dispense de l'emploi d'un moteur, le vide étant produit constamment de 31 à 23 pouces de mercure par une très petite portion de la vapeur servant au chauffa^. Il se compose d^une chaudière k double fond en cuivre , assemblée avec un dôme ou coupole de même métal ^ hermétiquement fermée. L'espace compris entre les deux fonds est chauffe par la vapeur provenant d*un générateur qui la distribue aussi à volonté dans l'espace sous le dôme et dans le réfrigérant , pour produire le vide ; enfin , dans un serpentin ou tuyau contourné en spirale , placé sur le fond intérieur, où elle circule constamment pour activer la cuisson du sirop.
Aussitôt que, par une forte injection de vapeur, la àiaiidière et le tambour réfrigérant sont purgés d*air, et oue le vide y est ét^li par la condensation, la claircc à, rapprocher, contenue dans une bassine contiguë, s'y précipite.
A mesure que la vapeur est produite dans la chaudière, elle passe dans un réservoir réfrigérant, dont Tair a d*abord été chassé, puis où elle est condensée par un courant aeau froide , qui se répand en pluie dans Tintérieur dn vase. L'eau de condensation, dont la température est élevée de 40 k 45» par le calorique enlevé à la vapeur, peut être quelquefois utilisée pour divers usages. La preme ou d^ré de cuite se prend au filet ou crochet; une sonde très simple et d'un usage commode, adaptée sur la chaudière , permet de retirer une petite portion du sirop sans laisser entrer Tair.
Des que le sirop est cuit au degré ordinaire, en tournant un robinet on le fait écouler daus QD rafralchissoir placé au-dessous ou à côté de la chaudière. On peut à volonté réchauffer dans la chaudière ou dans le rafralchissoir pour faciliter le commencement de la cristallisation.
Voici les avantages principaux qu'offre cet appareil :
10 II opère avec une grande célérité: un appareil dont la chaudière a 6 pieds de diamètre f>eut suffire à une raffinerie qui fond 2.S miliers de sucre par jour, comme à une fabrique où l'on évaporerait journellement 300 hectolitres de jus. Si Ton ajoute une 2« chaudière semblable de 4 pieds de diamètre, la totalité de révaporation , à partir de la 1" filtration, pourra se Caire dans les 2 chaudières ; la plus petite ne servant qu'aux sirops clarifiés.
3« La durée d'une cuite est de 20 minutes; elle représente 30 pains relativement au grand inodèle de 6 pieds de diamètre.
3* Tii température à laquelle s'opère la cuite des sirops, pour des charges moyennes, est de 55 à 600 R. On pourrait opérer au-dessous de ce degré , mais ce serait sans avantage bien marqué , puisqu'il faudrait diminuer Ta charge, augmenter la proportion d'eau de condensation , et employer plus de vapeur pour former le vide.
40 Dans ce système on ne fait pas habituellement usage de réchauffoirs^ comme dans l'appareil d'HowARD; et après chaque opération on se contente de laisser la cuite quelques minutes dans le rafralchissoir avant de porter dans les formes, et le grainage commençant rapidement, on opale dans le rafralchissoir seulement, et l'on ne mouve plus dans les formes , même dans le raffinage.
5o Le nouvel appareil peut /bfu^ftonti^ par la vapeur à la pression atmosphérique ordinaire , et éviter ainsi les inconveniens attachés h l'emploi de la vapeur à haute pression. Toutefois, cette disposition n'est que facultative; l'appareil marche à moyenne et même à hautn pression, sans qu'il en résulte aucun changement dans les conditions essentielles du système. Une tension plus élevée dans la vapeur chauffante accélère la vitesse des opérations.
60 On peut rapprocher dans la chaudière de Roth des sirops qui, à raison de leur qualité inférieui*e, présentaient des difficultés insurmontables pendant la cuite à l'air libre. Elle permet aussi d'extraire du sucre cristallisé de quelques mélasses qui ne sont pas susceptibles d'en donner lorsqu'on évapore dans les chaudières à l'air libre. La consommation du combustible est dans ce système à peu près la même que dans celui de Tatlor.
7o Toutes les vapeurs étant condensées dans cet appareil facilitent dans l'usine une grande propreté; de plus, en faisant disparaître cette masse de vapeurs qui inonde ordinairement les raffineries et les sucreries de betteraves , on préserve les bAtimeus d'une détérioration notable.
8o Le nouvel appareil, appliqué au raffinage, ne nécessite pas de nettoyer les ehaudiires intérieurement, et après le rappi*ochement des sirops dans la fabrication de sucre de betteraves les nettovagcs sont très faciles , car la température à laquelle la cuisson s'opère habituellement ne fait pas adhérer les corps
(I) M. Battbt, no de nos raffinenn les plot éclairés, n a fait ofsee depuis plasîears années daot sa raffioerie de Paris, et a indiqué quelques perfeclionnemens ; le plus notable est le chauffage 8ÎmtiUnn<^ en dedans et en dehors, enfin MM. Rotb et Batvbt viennent d'ajouter un réfrigérant qui supprime la ptus grande |>artie de la déi^ense de Teau dans les lootliics où Ton a peine à t'en procurer. Ce réfrigérant est dâBrit^las loin.
294 ARTS AGRICOLES : FABRICATION DU SUCRE DE BETTERAVES, liv.iv.
étrangers aux surfaces chauffantes en contact avec le liquide.
90 Enfin , l'avantage principal qui résulte du système évaporatoire de M. Roth appliqué aux usines à sucre, c'est que tous les produits qu'on obtient sont d'une nuance moins foncée et de meilleur roi^t; que la quantité des sirops incristallisables est diminuée dans une proportion sensible, si on le compare aux appareils précédemment construits. Quant à ceux établis plus récemment encore , notamment ceux de MM. BRAME-CnEVALLiER, Degra^îd , Chamro\Nois , ils présentent à un degré plus ou moins élevé les mêmes avantages.
La quantité d'eau nécessaire dans le travail est de .5 hectolitres par hectolitre de sirop à
cuire, mais on peut réduire de plus des 9 dixièmes cette quantité d'eau à l'aide d'uo réfrigérant.
Les figures 305 à 313 feront conoaitre les détails de la construction et la manœuvre de cet appareil, ainsi que le réfrigérant nouveau ; il est indispensable que les ajustemens et toutes les clouùres tiennent parfaitement levide.Fig. 305. Elévation latérale de l'appareil et coupe du récipient de condensation des vapeurs. Fig. 306. Vue en-dessus de l'appareil. Fig. 307. Tuyau tourné en spirale et placé au-dessus et près du fond supérieur de la chaudière. Fî^.308. Plan et coupe verticale du récipient par l'axe ^,j^. Fig. 309. Coupe de la sonde à prendre les preuves du liquide.
Fig. 309.
Fi-. 311.
Fig. 306.
Fijg, 810. Le piston de la sonde vu séparément. Fig. 811. Coupe du tube dans lequel passe le piston. Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
A, chaudière évaporatoire en cuivre; elle est formée des pièces suivantes : a ^ a , fond intérieur, b, b, deuxième fond ou fond extérieur. Les deux fonds sont bombés en sens inverse l'un de l'autre, et réunis au centre: c, coupole ou dôme de la chaudière. Ces trois parties ftont assemblées par un joint commun: d est un chapiteau muni d'un obturateur Dieu ajusté. Dans Tintérieur de la chaudière est puce un serpentin formé d'un tuyau en cuivre/, tourné en spirale {/ig. 807).
B, récipient eu tôle ou fer laminé; f, chapiteau du récifpienl fi; g, g {fig. 305 et 308), espèce
rig.808. Fig. 807.
de passoire formée d'un cylindre en cuivre percé de trous sur toute sa surface; dans sou intériejir on voit une série de plateaux ou diaphragmes superposés les uns aux autres, et également cribles d'un grand nombre de trous; J , tube indicateur du niveau de l'eau; un manomètre à air libre, dans lequel uje tige mobile en bois repose sur la surface àa mercure indique les variations de hauteur du liquide; C, boule en cuivre; à gauche est un réservoir ou bassin à clairce, dont tout ou i^rlje de la capacité iaugée est égale à la charge de la chaudière; à droite le réservoir k eau froide; G , bâti en bois servant de support à la chaudière et portant sur une maçonnerie : I tujau à triple embranchement pour radmission dans l'appareil, de la vapeur venant dun
TRAITEMENT DU JUS
générateur; J, tuyau conduisant la vapeur de la chaudière A dans le récipient B ; K , tuyau plongeant dans un bassin; L, tuyau descendant dans le réservoir; M, therniomèlre qui ; entre dans la chaudière A; N, soude pour prendre des vreuves du sirop en ébulHtion; 0, tuyau de aécharge de Teau de condensation; Tappareil porte en outre un robinet pour ' Tadmission de la vapeur dans la chaudière; un robinet pour la sortie de Feau cj^ui a servi ^ à la condensation, et ensuite de Fair, et oui se manœuvre avec une clé à levier n; un roni- ' net pour radmissiou du sirop dans la chaudière, et un robinet pour 1 introduction de la vapeur entre les fonds ; un autre robinet introduit la vapeur dans le tuyau en spirale e; r, I, robinets de retour {fig. 306); U robinet d'aspiration ; u, robinet pour la rentrée de l'air; v, robinet pour vider la chaudière.
MaruBuvre de l'appareil. On commence par expulser Pair. A cet effet, on injecte la vapeur dans la chaudière en ouvrant le robinet /; l'air sort par le robinet du tambour ; son expulsion est complète après une ou deux minutes. On reconnaît que le vide est formé lorsque , touchant la partie inférieure du récipient B, on n'y peut plus tenir la main ; on ferme alors le robinet I, et 1*od ouvre le robinet O; le sirop du bass'm est attiré rapidement dans la chaudière sous l'influence du vide qui se forme par la condensation de la vapeur. On referme le robinet avant que le niveau du liquide dans le bassin ait mis à découvert Forifice du tuyau plongeur K, afin qu'il ne puisse pas aspirer d'air. £n ce moment il ne reste qu'à introduire la vapeur dans le double fond et dans le tuyau spiral e, an moyen des robinets p et q, et à ouvrir les robinets de retour r, 9[fig. 806). Ces robinets ramènent au générateur Teau provenant des vapeurs coadensées; ils ont chacun un embranchement latéral muni d'un petit robinet à air.
Quelques secondes api'ès Fintroduction de la vapeur dans le tuyau spiral et dans le double fond^ on voit remonter le flotteur du manomètre qui était descendu au moment où le sirop est entré dans la chaudière; c'est l'indice
Sue le sirop a atteint le degré d'ébullition. )n ouvre alors le robinet d aspiration pour laisser arriver l'eau du réservoir et Ton régie son admission de manière à maintenir le flotteur du manomètre dans les limites déterminées.
Quand on juge l'opération près de son terme, ou prend la preuve au moyen de la sonde N. Ot instrument consiste en un corps de pompe ou cylindreX en cuivre (/îflr.309et310), présentante l'extérieur une entrée conique; il reçoit un piston %X) de même métal. La tige de ce piston porte au-dessous de la poignée un cône w, ajusté dans la douille qui ferme l'entrée du corps de pompe. Une petite cavité creusée dans le piston répond à une ouverture a, percée dans le corps de pompe. Lorsque le piston est descenclu au tond , et tourné de manière que les ouvertures coïncident, le H* inide pénètre dans la cavité. La manœuvre le cet instrument consiste à tourner le piston d'un demi-tour, en appuyant sur la poignée de manière à amener sa cavité en -dessus. Dans ce mouvement d'un demi-tour, le piston
ferme le robinet cylindrique; on retire alors le piston, et, a^ant pris la preuve dans la cavité pleine de sirop, on le replace dans sa première position.
Le sirop étant jugé cuit, l'ouvrier ferme les robinets p, g, r, «, t, et, ayant laissé rentrer l'air par le robinet w, il vide simultanément la chaudière par un robinet , et le récipient B par un autre robinet, pour recommencer une autre opération.
La boule C sert à opérer instantanément la condensation d'une partie des vapeurs qui remplissent l'appareil immédiatement après l'expulsion de 1 air, et à provoquer la prompte aspiration du sirop dans la chaudière; elle est surtout utile lorsque le bassin est éloigné de la chaudière , et que le sirop , pour y arriver, est obligé de monter à une certaine hauteur.
La hauteur de l'aspiration de l'eau ne doit pas dépasser 5 mètres. Les/îy .3 12 et 3 1 3 montrent le
Fig. 313.
Fig. 318.
réfrigérant qui permet de faire toujours servir la même eau, et d'y ajouter l'eau de condensation que fourni» Ta vaneur des sirops ; la \^ est la coupe vert., aie ae l'appareil, et la 2* la vue en dessus du plateau supérieur. Ce réfrigérant se compose donc d'un plateau à rebords A A, élevé à 15 pieds au-dessus du sol ; son fond est percé de trous garnis par le bout de tubes d6 oe 15 pieds de haut et de 6 pouces de diamètre en toile forte et claire, soutenue par des cercles en plomb c, qui les maintiennent verticalement au-dessus d'un bassin inférieur dans lequel se rassemble toute l'eau qui s'écoule sur les tubes et a iervi à la cond^ngation de la vapeur dans le grand cylindre à concentrer. L'eau chaude est montée à l'aide d'une pompe «, et de son tuyau /", (j, ft, sur le plateau A, d'où elle se distribue le long des tubes &&, et les rafraîchit par suite de l'évaporation. La même pompe peut reprendre l'eau recueillie dans le bassm, afin de lui faire subir un nouveau refroidissement en le reportant une 2e fois sur le plateau supérieur. Il est convenable d'avoir à proximité 2 grands réservoirs capables de contenir chacun la
MO ARTS AGRICOLES : FABRICATION DU SUCRE DE BETTERAVES- uv. iv.
quantité d'eau nécessaire au travail d'une joiu'uéc , afin que le refroidissement s'y continue de manière à ce qu'il suffise de faire monter une ou 2 fois au plus l'eau sur l'appareil réfrigérant.
50 Appareil Degrand.
Les détails minutieux dans lesquels nous sommes entrés relativement à l'appareil Roth et Bayvet nous permettront d'être brefs dans la description du système Degrand. On remarquera d'abord que la chaudière est k double enveloppe et serpentin intérieur , au'elle porte en outre une sonde d'épreuve, aes jours fermés |>ar des verres pour ooserver le travail à l'intérieur, un thermomètre, un robinet d'épreuve, un robinet à huile en tout semblables à ceux de la chaudière Roth, et qui n'ont pas été figurés pour ne pas compliquer le dessin ; les autres parties de l'appareil vont être décrites en expliquant la manière de conduire les opérations.
Confite de l'opération dam l'appareil Degrand. C'est dans la chaudière A fig, 314 et 3 15 qu'on évapoi*e les dissolutions sucrées. La vapeur chaufrante est introduite dans le double fond h et circule dans le serpentin k\ L*expulsion de l'air s'effectue dès qu'on ou-
Fig. 314.
vre les robinets m' et j; la vapeur en efîet s'introduit alors dans la chaudière close et sort dans l'atmosphère en /, après avoir parcouru cette chaudière, le condensateur C, et le cylindre D qui le termine, entraînant avec elle, au dehors, l'air qui y était contenu.
L'air étant ainsi chasse , on ferme les robinets m, y, et l'on ouvre b; alors le liquide (jus déféqué et filtré au noir) contenu eo a commence à s'écouler sur le condensateur C, et produit le vide. Bientôt après on aspire dans la chaudière A la charge du jus à concentrer ou de sirop à cuire ; à cet effet , on ouvre le robinet j, qui permet de puiser à volonté dans le réservoir fou dans le résenoir G ; et quand le niveau, placé sur la chaudière. indique que la charge est complète, on arrête l'écoulement du jus ou du sirop , en fermint le robinet j. Mais un instant même avant qx la charge soit complète , on ouvre les robinets m, m', pour introduire la vapeur chaufEanlt dans le système de chauffage ; Tébullition du jus ou du sirop contenu dans la chaudière se manifeste bientôt.
La vapeur que ce jus produit est conduite au condensa teur-évaporateur C par les tuyaui 1 1. Ce condensateur, ajouté par M. Dbioski, se compose de deux séries de tubes horizon-
Fig. 815.
taux, assemblés dans nn plan vertical, au moyen de coudes creux qui établissent une libre communication d'un tube à l'autre. Dans ces tuyaux circulent la vapeur qui se génère dans la chaudière close, et c'est sur leurs parois intérieures que s'opèrent la li-
3uéfaction et le refroidissement. De là le nom e condensateur, par lequel on désigne lesdils assemblages de tuyaux. On l'appelle aussi éoaporaieur, parce quMl accomplit une autre fonction simultanée, ci-après indiauée.
En a est nn réservoir qu'on alimente de jus déféqué ; le tuyau ft, par lequel ce jus s'écoule dans les deux trémies c, est muni d'un robinet qui gradue l'écoulement.
Au-dessus de chacun des assemblages de tubes condensateurs-évaporateurs est placée une des trémies c, qui sert à distribuer d'une manière uniforme , sur toute la surface du
Î^remiiu' tuyau de sa série, le jus qiie lui ounût le réservoir a. Du 1" tujjau le jus tombe sur le *2«', ot en mouille aussi la surface externe; de là il tombe sur le 3« tube, puis
sur le 4«, et ainsi de suite, jusqu'au tube le plus bas , en sorte que tons les tubes sont constammment mouillés de jus sur toute la surface extérieure, pendant que la chaudière close lance dans leur intérieur la vapeur qu'elle génère , et dont la liquéfaction détermine sur leur face externe une évaporaûon qui extrait du jus un poids d'eau presque égal a celui des vapeurs liquéfiées et refroidies au dedans. Cette récente combinaison double à
Eeu près l'effet utile, sans augmentation de i dépense en combustible.
Après avoir subi , sur le condensateur-évaporateur, un commencement de concentration, *le jus est reçu sur un plan incliDé, aboutissant au tuyau «, qui le verse dans le réservoir /T, et c'est dans ce réservoir qu'on le puise pour alimenter la chaudière close.
Le tuyau le plus bas du condensateurévaporateur étant en communication avec le c;flindre D , l'eau de condensation est recueillie dans ce cylindre. On évacue cette eau à volonté sans laisser l'air s'introduire dans tout
TRAITEMENT DU JUS
Tappareil et sans suspendre le travail de la faporisation dans la chaudière close et sur le condensateur C Pour cela, après avoir ferme le robinet d, on projette dans le cylindre D de la vapeur fournie par le générateur, et Ton ouvre le robinet de décharge j de ce cylindre, comme si on voulait le purger d'air. Lorsque Feau qu'il contenait est évacuée, on ferme les jTobinets de décharge et de vapeur, et Ton ouvre ^de nouveau le robmet d.
I Dans le cas où le cuiseur aurait négligé d'intixxluire, au moment opportun, du beurre ou tout autre corpsgras dans le liquide soumis à révaporation , ou bien si ce liquide recelait ! beaucoup de gaz, et qu'il s'y prononçât ime
\ ébuilition tumultueuse qu'on ne put mal- ( triser eu y introduisant un corps gras ou en \ modérant la chauffe, il y aurait projection de i sirop hors de la chaudière; mais ce sirop i serait recueilli dans le cylindre D, allongé de : très peu d'eau. Ce cylindre sert d'ailleurs à i un autre usage ; si , durant une opération , il i s'introduit im peu d'air dans l'appareil, la capacité du cylindre étant une fraction notable de la capacité totale de l'appareil , il est évident qu'en le purgeant d'air on amoindrit > très sensiblement la quantité totale de l'air qu'on veut expulser; on pourrait, en répétant cette opération plusieurs fois de suite, rétablir le vide sans suspendre la vaporisation.
Au-dessous de la chaudière A est un cylindre B , destiné à recevoir le sirop dès au on a opéré une concentration suffisante aans la chaudière évaporatoire , ou la clairce, après qu'on l'y a portée au degré de cuite. Un robinet Il est établi sur le tuyau qui unit la chaudière au cylindre, en sorte qu on peut à volonté ouvrir ou fermer la communication entre ces deux vases clos. Le robinet n est fermé quand on purge d'air tout l'appareil; par conséquent, le cylindre B ne se vide pas d'air par la même opération , mais il est muni d'un robinet qui lance à volonté de la vapeur fournie par le générateur, et d'un robinet de décharge; on peut donc à volonté expulser l'air du récipient B, sans interrompre le travail de la chaudière évaporatoire, et lorsque celle-ci doit être déchargée, on ferme les ixh biuets m, m', et l'on ouvre le robinet n; en même temps, que pour établir un éauilibre de * tension dans la chaudière et le cylindre, on ouvre le robinet adapté sur un tube de com- Tnunication entre ces deux vases. C'est ainsi q^'oQ décharge la chaudière sans laisser l'air s'introduire dans tout l'appareil. Il en résulte qu'aussitôt qu'elle est déchargée on peut aspirer une nouvelle charge, et les opérations se succèdent ainsi rapidement.
L'appareil ci-dessus décrit convient aux fabriques de sucre de betteraves. Les deux systèmes de tuyaux condeiisateurs-évaporateurs étant accessibles de tous les côtes , le fabricant peut conduire à son gré la première croncentratioii du jus. Tout nouvellement monté dans la belle fabrique de Melun, il y a déjà produit les résultats remarquables, ci-dessus indiqués. Dans les raffineries, on verse de l'eau sur le condensateur, et l'on n'est pas astreint à la même nécessité. Aussi les appareils que M. Dbgkand a fait construire pour cette destination ont -ils pour condensateur un serpentin enveloppé dans
un grand tonneau ouvert des deux bouts , haut et bas, qui accélère le tirage d'air et l'évaporation, en économisant l'eau. £n effet, on n'emploie h la condensation, dans ces établissemeus , que l'eau provenant de l'évaporation des sirops dans la chaudière close.
6*» Appareil à colonnes de MM. Martin et Chatnponnoii.
L'un des appareils à vapeur les plus simples de construction est, sans contredit, celui de MM. Mabtin et Champonnois. On voit par la /Sj^. 316 qu'il se compose de 8 ou d'un plus
Flg. 316.
grand nombre de colonnes AAA, de 8 pîëds de iamètre sur 15 pieds de haut, en tôle de cuivre épaisse d'une ligne. Chacune de celles-ci est à nu, ou recouverte extérieurement d'une toile métallique claire; une galerie circulaire B, crénelée, reçoit d'un réservoir D, par des robinets c c, le sirop qui se distribue ensuite sur toute la surface de la colonne , et s'évapore en coulant en couche mince, sous la double influence de l'air extérieur et de la température élevée par la vapeur qu'envoie continuellement à l'intérieur le tube L d'une chaudière disposée à cet effet.
Le sirop rapproché se rassemble dans la gorge inférieure f, et coule par un tuyau à robinet g dans un réservoir à proximité H; on l'y reprend à l'aide d'une pompe I . afin de le reporter sur la colonne; 8 voyages de ce genre suffisent pour achever la concentration au degré de 28 à 30, où la dernièf e filtration doit avoir lieu ; et l'on conçoit que chaque particule de sirop ne se trouve soumise que 2 ou 3 minutes a la température de l'ébullition. On voit à la partie mférieure des colonnes des tubes k, pour le retour au générateur de l'eau condensée , et à la partie supérieure un robinet e pour l'introduction de l'air au moment où l'on cesse les opérations, pour que In pression atmosphérique ne comprime et ne déforme pas les colonnes.
Cet appareil fonctionne donc dans des circonstances très favorables; il faut le nettoyer assez fréquemment. Plusieurs manufactu-
ARTS AGRICOLES : FABRICATION DU SUCRE DE BETTERAVES. u?.>.
riers , autant pour faciliter le nettoyage que mieux répartir le sirop sur les colonnes , ont supprime les toiles métalliques , et chargent un ouvrier de passer continuellement une brosse courbe emmanchée d'une longue tige, sur toute la superficie extérieure.
On pourrait sans doute étaler plus uniformément encore le sirop qui s'écoule en déterminant une légère friction continue par des brosses qu'un mouvement circulaire dirigerait mécaniquement autour des parois extérieures.
?• Appareil de M. Brame-Chevallier.
L'appareil de M. Bramb-Cjibv allier, qu'on voit représenté en coupe par le milieu dans la fig.dn^ et par-dessus daus la fig. 320, secom-
Fig. 317.
pose 1^ de 2 chaudières contenant laclairceoa le suc, 2« d'un cAouifotr où l'air prend la température utile, et 3" d une machine soufflante qui lauce dans le chauffoir , puis dans le double fond des chaudières , la quantité d'air Décèssaire pour opérer la coucentration en quelques minutes.
Le sirop contenu dans chaque chaudière est chauffé à la vapeur, au mo^en d'une double grille composée de tubes en cuivre rouge; la vapeur entre par une des extrémités de>
§rilles et sort par l'autre exli*émité avec l'eau e condensation , qui est ramenée à la chaudière par un retour d'eau.
Le chauffoir a l'apparence extérieure d'un grand cylindre, dont la base supérieure «resente la forme d'une calotte bombée; dans Tintérieur de ce cylindre se trouvent, près de*
Fig. 318.
extrémités, 2 bases planes portant un grand nombre de trous correspondans , dans lesquels sont soudés des tubes ouverts par les 2 bouts ; les espaces compris entre ces bases intérieures et les extrémités du cylindre sont donc en communication par le moyen des tubes; c'est là le chemin que parcourt la vapeur. Tandis que l'air est jeté par la machine soufflante dans le corps du même cylindre, entre les tubes qui réchauffent par leur contact, au sortir du chauffoir, il arrive dans les 3 colonnes qui s'élèvent verticalement au-dessus du fond supérieur de chaque chaudière, pour se répandre ensuite dans rintervalle qui a été ménagé entre ce fond supérieur et le fond inférieur ; arrivé là avec l'augmentation de pression qu'il a reçue de la machine soufflante, l'air est forcé de s'échapper par une foule de trous très fins , dont est percé le fond de la chaudière sur lequel repose le sirop ; il se divise donc en bulles très petites pour traverser de bas en haut l'épaisseur du liquide, et se trouve ainsi dans des conditions favorables pour se saturer de vapeur autant que le permet la nature de la dissolution.
La machine soufflante est mise en mouvement par une machine à vapeur osciliaote, dont la disposition bien connue nous dispensa d'en donner la description. Les cylinares à air DD de cette macninc soufflante sont à double effet; l'air est aspiré par des ouvertures, et refoulé par des ouvertures analogues situées de l'autre côté des cylindres, et qui viennent aboutir à un conduit; c'est dans ce dernier conduit que les tuyaux D prenûeul l'air pour le porter au chauffoir.
Le chauffoir est un grand faisceau de tubes e, ouverts par les 2 bouts; très près de leurs extrémités , ces tubes traversent des espèces de plaques ou platines E, dans lesquelles ils sont exactement soudés (Jig. 317); à la partie supérieure du faisceau , un peu au-dessous de la platine supérieure, se trouve encore un diaphragme, percé d'un çrand nombre de petits trous, et destiné seulement à dévier le mouvement de l'air pour le mettre mieux en contact avec les tubes du faisceau qu'il enveloppe de toutes parts ; ime enveloppe cylindrique F , exactement fixée sur le pourtour des 2 platines E, vient clore hermétiquement
CBAF. Wm
THJLITBMINT DU JUS.
Tespace qui reste libre entre les tubes h vapeur $, et c*est dans cet espace que les U grands tubes à air D introduisent Tair pousse par la machine soufflante; les espaces réserves aux 2 eitrémitës du chauffoir sont destinés, Tun à douner la vapeur aux tubes $, Tautre à recevoir Teau de condensation de la vapeur qui a servi.
L'air convenablement chauffé dans cet appareil eu sortj vers la partie supérieure, par les2 tubes horizontaux G (/îflf. 320) pour se rendre dans le tube G', qui n'en est que le prolongement, et ensuite dans G", aussi horizontal, mais perpendiculaire à G'. A chacune de ses extrémités le tube G" se recourbe de haut en bas, comme on le voit dans la âg. 319, et se termine par une boîte destinée à recevoir les 2 tubes coudés H, qui doivent être mobiles dans cette boite, de manière à y prendre au besoin un mouvement de rotation autour du boulon gg , qui les tient serrés pour qu'il n'y ait pas de fuite d'air; les tubes H sont pareillement coudés à leur partie inférieure pour s'adapter dans une 2* boUe h, semblable k la frv^, et dans laquelle ils peuvent aussi tourner. L'écarlement des tubes M est empêché par la pince h' h'; la boîte h porte un robinet H' {fig. 317) qui arrête l'air quand il est fermé, et qui lui permet de passer dans le P^ï'and tube H; Fair descend par les 3 colonnes [ 1 pour se ropaudre dans l'espace conjpris en- ' tre les 2 fonds L et L', d'où il ne peut plus l
échapper que par la multitude de petits trous dont le fond supérieur se trouve percé, comme nous allons le voir.
Les deux chaudières étant tout-à-fait pareilles, nous décrirons seulement Tune d'entre elles ; le plan {fig. 320) en fait voir la forme extérieure, et, pour avoir une idée de son ajustement, il suffit de jeter les yeux sur la coupe (jfig, 317). On voit qu'elle se compose du fotid inférieur L', du fond supérieur L , criblé ci'une foule de trous très petits , et
d'un rebord d'environ 15 pouces de hauteur, qui porte une large bride d'assemblage à sa partie inférieure; on réunit solidement ces 3 pièces après avoir séparé les 2 fonds sur leur pourtour par une épaisseur convenable. La fig. 317 montre clairement aussi la disposition du robinet de vidange J , qui se manœuvre au moyen de la clef 7.
La chaudière étant à bascule, il importe d'indiquer comment ellepeutse mouvoir. A cet effet elle est entourée par un bâlià4 pieds M, liés entre eux par des traverses diagonales dans le sens de la longueur de la chauaière, et par des traverses horizontales dans le sens de sa largeur; les deux pieds qui sont opmjsés au robinet de vidante se hifurquent vei's lehaut, et donnent naissance à des appendices sur les- 3uels reposent les 2 extrémités arrondies 'un axe m', solidement boulonné sur le bord de la chaudière ; cet axe seul porte le bout dont il s'agit; l'autre bout, celui du robinet de vidange , est porté par une traverse semblable n', par 2 tiges verticales , et par le double levier N, mobile autour de l'axe n' N'; chacune des tiges est articulée à l'une des extrémités de la traverse n", et à l'extrémité de l'un des leviers N ; les axes n* de rotation du levier sont fixés sur les pieds correspondans du bâti. Le poids de la chaudière et du sirop tend à faire descendre le petit bras du levier N et à relever le grand bras du même levier, mais inae traverse, qui s'ajuste dans la rainure m des pieds du bâti, arrête le mouvement^ et permet par la même raison de niveler exactement le tond L de la chaudière.
Quand la cuite est finie, on soulève cette traverse; le double levier N la suit, et la chaudière s'incline du côté du robinet de vidange, que Ton ouvr«* en même temps pour donner issue au liquide. Ce mouvement de bascule fait bien comprendre les motifs d'ajustement des tuyaux H dans les bottes g" et h p
MO ARtS AGRICOLES : FABRICATION DU SUCRE DE BETTERAVES, ut. n.
car il est évident que les coloaoes I, boulonnées sur le fond L, se déplacent avec lui, et entraînent par conséquent le tube H", qui ne peut suivre qu*en déplaçant les tuyaux H, et en les faisant tourner d*abord dans la boite hy et ensuite dans la botte g".
Comme les grilles à vapeur ne pourraient participer au mouvement de bascule de la chaudière sans une assez grande complication d*ajustemens , on a préféré les laisser immobiles; elles sont soutenues à 3 pouces du fond L par des tiees t (fig, 317), qui sont ellesmêmes attachées aux 3 grandes et fortes traverses TT (fig. 317 et 320); les extrémités de ces traverses reposent sur les sommets des pieds M du bâti; on peut donc, sans faire éprouver h la grille le moindre dérangement , manœuvrer la chaudière au moyeu du levier N, et la faire tourner autour de son axe m' jusqu'à ce que le fond L vienne rencontrer le fond des bottes S.
On peut remarquer que, pour laisser voir plus complètement le fond L et la disposition des trous , on a enlevé sur Tune des chaudières de la fig. 320 le système des grilles et des tuyaux qui conduisent la vapeur.
Jeu de VappareiL La chaudière étant rem-
8 lie, le sirop, même peu concentré et très uide, ne peut pas couler par les trous du fond L; ces trous, qui sont assez grands pour laisser passer l'air, sont trop petits pour laisser passer le sirop, à moins qu'il ny ait une aspiration entre les 2 fonds , ce qui n'arrive pas; le liquide est donc à peu près comme s'il était sur une toile sans pouvoir passer au travers. On donne à la fois la chaleur et l'air pour coûcentrer; la vapeur, en se condensant, communique au travers des parois des grilles tubulaires sa chaleur constituante, qui, échauffée ainsi en faveur de l'eau du sirop , transforme celle-ci eu vapeur, et l'air, arrivant au travers des trous , et se formant en bulles qui se renouvellent sans cesse, ouvre dans la masse sinipeuse des espaces ou la vapeur se répand et s'exhale librement. Le sirop lui-même, recevant par les grilles , intérieurement chauffées k 150* , autant de chaleur qu'il en perd par l'évaporation , reste à la température de 75 ou 80^ centésimaux. On conçoit que , physiquement 2 il serait facile de révaporer à 50 ou 60* ; mais en pratique il n'y a pas d'avantage à le faire.
$ VII. ^- De la crîsUilliBation et de la recaite des sirops.
Les appareils de cuite que nous venons de décrire sont nombreux , tous sont employés dans des fabriques différentes, et il n'est pas impossible que de la comparaison de leurs effets il ne naisse encore quelque nouvelle combinaison plus avantageuse.
Les degrés de rapprochement que nous avons indiqués s'appliquent au mode de cristallisation dite confuse, ou en masse; c'est celui dont nous allons d'abord nous occuper. Nous donnerons ensuite la description de la cuite applicable à la cristallisation régulière ou lente, afin de compléter la description de ce mode d'opérer jusqu'à la confection du sucre brut livrable au commerce.
Empli. On désigne sous ce nom là pièce où
sont contenus les rafralchissoirs et les cristallîsoirs ; cette pièce doit être à pi*oximité des chaudières k cuire , et entretenue à une température douce , afin que le sirop conserve la fluidité utile à la cristallisation.
Cristallieoirê. Lorsque les diverses cnites opérées au nombre de 6, 8 ou 10, sont réunies comme nous l'avons dit dans les rafraîchissoirs, on laisse leur température s'abaisser jusqu'à 50 à 55° ; alors la cristallisation commence à s'opérer lorsque le jus étant d'ailleurs d'une bonne qualité, toutes les opérations ont été bien conduites.
On agite avec une grande spatule en bois , en raclant les parois afin d'en détacher Iw cristaux adhérens et de les répandre dans la masse ; on porte aussitôt après tout ce sirop cuit dans les cristallisoirs, a l'aide de puisoin (pucheux) et de bassins à anses. Les cristallisoirs peuvent avoir différentes formes. Lorv qu'ils présentent le sirop sur une assez grande surface , en contact avec l'air atmosphérique, la cristallisation marche plus vite. Cest en effet ordinairement à cette superficie qu'elle commence. Il semble que l'action de l'air ait une influence marquée dans cet effet; toute* fois, on se contente des grandes formée, dites bâtardes^ dans la plupart des fabriques. La
g. 321 indique ces vases eu terre cuite; on uche avec un linge tamponné le trou dont leur fond est percé, et on le pose sur ce foud pour les emplir, et, lorsque la cristallisatioo est achevée , on les délK>uche , puis on les phice sur des pots {fig. 322). J'ai employé ayec succès des cristallisoirs en forme de trémies en bois doublé de cuivre ou de plomb. Les fig. 328 et 324 montrent ces vases. Une lameou
Fig. 321. Fig. 324.
Fig. 323.
-tnw
Fig. 322.
faux-fond mobile en cuivre, perforée comme une écumoire, est posée en A avant d'emplir; elle sert à soutenir les cristaux.
Quelle aue soit la forme des cristallisoirs, il convienarait que le sirop non cristallisé pût s'en écouler dans un réservoir commun. Trois dispositions concourent à faciliter cet effet.
1° Les cristallisoirs précités ont, à la partie basse et antérieure, un ajutage B, ou bout de tuyau que l'on débouche lorsque la cristallisation est achevée. On facilite encore l'écoulement, s'il s'arrête, en enfonçant une broche ou tarrière dans Tépaisseur des cristaux , et jusqu'au bout de la ngole, sous le feux-fond.
2° Les cristallisoirs sont posés sur 3 chantiers, en sorte que celui de l'un des bout*
JKAP 15'.
TRAITEMENT DU JUS
sot
étant enleTë, le cristallisoîr bascule sur le chantier du milieu ; c'est dans cette position qu'on place chacun d*eux pour achcfver Tëgouttage.
3« Une rigole ou gouttière en cuivre étanié Ct disposée sous les ajutages de tous les cristallisoirs , conduit par une pente suffisante le sirop qui y tombe jusoue dans un réservoir inféneur. On obtient des résultats analogues en implantant les anciennes formes bâtardes dans les trous, sur un plancher percé, sous lequel des gouttières en cuivre etamé reçoivent le sirop et le conduisent vers un réservoir commun.
Recuite des f* siraps. Les sirops égouttés et rassemblés en quantité suffisante pour emplir nn cristallisoîr, peuvent quelquefois être rapprochés, afin de produire une 2*, et même une 3* cristallisation.
Ainsi, l'on obtient iusqu'à 4 cristallisations des jos traités sans clarification et par 3 filtrations; les recuites n'offrent rien de particulier, si ce n'est qu'elles exigent plus de précautions encore pour éviter d'altérer le sucre cristal lisable qui y existe en moindre proportion; les mêmes procédés lui sont applicables , et ceux qui opèrent le plus rapidement présentent , pour ces sirops de qualité inférieure, des avantages bien plus maraués encore. En effet , on parvient a rapprocner et à faire cristalliser ensuite des sirops trop vis- ({uenx pour être rapprochés dans la chaudière à bascule sans une forte altération , en se servant des chaudières Rotv, Degrand, ou des appareils d'insufflation de M. Brame-Cbe- VALLiER. Ces derniers ont surtout une grande efficacité lorsqu'il s'agit de sirops trop alcalins qui éprouvent difficilement l'ébullition et au on nomme pour cette raison immobiles.
Cuite relative a la cristallisation lente. Ce procédé, d'abord le plus généralement suivi, d'après M. Crsspel de l'Isle , et qui a rendu (les services signalés à cette industrie, est à son tour remplacé peu à peu flans les fabriques, et fort avantageusement, par la cristallisation en masse; il pourra cependant encore être utile relativement aux sirops de 2« ou 3* cuites , trop impurs pour cristalliser promptcmcnt.
Les sirops que Ton veut faire cristalliser à Téluve ne doivent être rapprochés que jusqu'à 32'' Baume environ; on peut les obtenir amsi directement, en clarifiant et filtrant à ce degré, qui a été reconnu le plus convenable pour soumettre les sirops h l'étuve; au-dessous, ils resteraient assez long-temps étendus d'eau pour s'altérer sensiblement et perdre en partie la propriété de cristalliser; au-dessus de ce terme, le sirop est plus coloré, la cristallisation se fait plus confusément ; par suite , les cristaux sont plus petits, la mélasse plus adhérente, plus épaisse, et difficile à expulser.
Cristallisation lente. Lorsque le sirop à 32^ aréométriques est refroidi à 55 ou 60** cenlésiïnaux, il est porté à l'étuve, où des cristallisoirs eu tôle étamée, ayant environ 22 po. de long, 14 po. de large et 4 po. de profondeur, contenant environ 20 litres, sont disposés pour le recevoir sur des bâtis régnant autour de la pièce.
L'étuve est ordinairement construite en maçonnerie de moellons durs ou briques bien
cuites, et voûtée, afin de mieux résister à l'action constante de l'air chaud, chargé d'humidité; elle a de 9 à 10 pieds de hauteur. Dans la partie supérieure, sous les voûtes, sout pratiqués plusieurs vasistas que Ton ouvre à volonté, afin de laisser des issues à la vapeur dont se charge l'air en passant sur les sirops. Le poêle ou calorifère en fonte , placé au bas de l'étuve , doit suffire pour y entretenir, à 430 environ dans le bas et 50* dans le haut , la température de l'air qui s'y renou* velle constamment , et d'autant plus lentement que les sirops très rapproches sont en plus grande proportion. Le calorifère doit être revêtu d une double enveloppe en briques qui, laissant circuler l'air, s'oppose cependant au rayonnement direct des surfaces métalliques sur les cristallisoirs les plus rapprochés , et par conséquent prévient un échauffement trop fort, capable de s'opposer à la cristallisation.
Tous les jours on casse avec un outil en bois la croûte cristalline formée à la superficie, qui s'opposerait à l'évaporation ultérieure. Peut-être aussi que la petite quantité de potasse libre retenue dans le sirop, soit par suite de l'action de la chaux sur le malate de potasse, soit parce que le lait de chaux employé à la défécation en contenait , se carbonatanl à l'air, s'oppose moins à la cristallisation; le développement remarquable que prend toujours la cristallisation , dans les surfaces en contact avec l'air, permet de le supposer.
J VIIL — ÉgoalUge da sucre.
Les sucres cristallisés à l'étuve exigent, pour être mis sous la forme commerciale de sucre brut y quelques manipulations particulières. Lorsque la plus grande partie ( de 50 à 60 centièmes) de la masse est cristallisée , et en suivant l'ordre de la plus grande ancienneté des cristallisoirs placés à l'étuve, on porte ceux-ci dans la chambre à égoutter; on les renverse sur les trémies, oii ils s'égouttent, et toute la portion fluide ainsi extraite est reportée à l'étuve dans des cristallisoirs formant une 2« série, une l'on marque d'une lettre ou d'un numéro d'ordre.
On emplit des sacs en fort coutil avec le sucre solide extrait des cristallisoirs, dont on a brisé les plus grosses agglomérations ; puis on soumet 9 en lits alternatifs avec des claies en lattes, ces sacs à l'action d'une forte pre^M hydraulique ou d vis en fer, La plus grande partie du sirop , enjeagé entre les cristaux , est ainsi expulsée. Afin d'achever cette opération, on relève le plateau de la presse, on refoule le sucre dans les sacs; ils sont ensuite remis sous la même presse, et soumis graduellement à une forte pression pendant 10 à 12 heures. On retire alors le sucre pressé, on le porte sur la presse à cylindres; là, entraîné par leur mouvement de rotation , il s'écrase entre eux. On l'y repasse 4 ou 5 fois, et par la division ainsi obtenue la nuance, de brune qu'elle était, devient blonde. On recharge ce sucre pâteux dans des sacs en toile forte plus serrée que celle des \cn sacs, et on les soumet à la même pression. On conçoit que la division des cristaux, laissant de moins grands interstices, force l'issue d'une partie du sirop resté inter-
ARTS AGRICOLES : FABRICATION DU SUCRE DE BETTERAVES, ut. iv.
posé. Après 10 ou 12 heures de cette dernière pression, on retire les sacs contenant environ 10 kilog. de sucre. Celui-ci émottë est livrable au commerce ou au raffinage. Si on l'emmagasine eu tas , on doit de temps à autre le remuer à la pelle, comme on ferait du gi^ain, afin d'empêcher qu il ne s'agglomère en grosses masses dans 1 intérieur desquelles se développe un ffiouveuîenl de fermentation altérant le sucre et lui donnant une odeur particulière.
Le sirop obtenu par expression , et reporté comme nous Pavons dit aux cristallisoirs, marque à raréomètre Baume de 35o 1/2 à 360 1/2. Loi*sque la cristallisation est assez avancée, on traite cette 2« série comme la ire; la mélasse qui s'en égoutte, soit spontanément, soit à la presse, marque 38° environ; le sucre qu'on en obtient est de qualité un peu inférieure ati !«*.
Les mélasses sont encore reportées à l'étuve comme les 2<» sirops, et donnent une 3e cristallisation , que Ton traite comme ceux des 2 ires cristallisations; on a le soin de marquer cette 3<^ série. Le sucre cristallisé est sensiblement plus coloré et plus gras.
Lorsque les mélasses exti*aites marquent jusqiies à 42o, elles sont à peu près incristallisables.
Quelquefois les sucres delà 3^ cristallisation sont trop colorés et trop visqueux pour être vendus avantageusement; il convient dans ce cas de les étendre, de les imprégner d*un peu d'eau par des aspersions, puis de les soumettre successivement à la presse à cylindre et à la presse à vis ou hydraulique ; fis deviennent alors d'une nuance à peu près égale à celle des sucres obtenus en !»« cristalTisatiou; le déchet qu'ils ont éprouvé est ordinairement de 18 à 21 p. 0/0. Les sirops exprimés, résultant de cette manipulation , marquent de 34 à 360; ils peuvent être réunis aux mélasses de 2c cristallisation , dans les cristallisoirs de la 3^ série.
Tous les sacs employés à ces expressions doivent être fortement secoués , et même ratisses, pour en extraire la plus gi'ande partie du grain adhérent, puis lavés chaque fois dans plusieurs eaux, dont les plus chargées successivement sont rapprochées dès qu'elles marquent de 20 à 21°; ensuite portées par Tévaporation à 32»»; elles sont alors mises a réUivc et donnent une cristallisation de sucre commun.
Tous les sirops qui refusent de cristalliser , amenés au degré de la mélasse ordinaire , 45« environ, se vendent sous cette forme aux distillateurs.
Une grande quantité de ces mélasses restait invendue, lorsqu'on lui trouva un nouveau dé-
bouche; elles servent actuellement à préparer, ' par fermentation dite alcoolique et acftiqw, une sorte de viff aigre très commun, dont le mauvais goût ne nuit en rien à son application spéciale, car il sert à remplacer^ au iood des pots à fabriquer la céruse, les vmaigres ordinaires. On sait d'ailleurs que la mélasse Nerlà la fabrication de l'alcool et peut être avautageusement mêlée, en petite proportion, aux alimens des bestiaux (1).
Le sucre 6n*r, obtenu par l'un des 2 procédés dont nous avons donné les détails, est destine au raffinage. On remarque qu'à nuance et siccités égales, et pour un même grain^ il produit plus au raffinage que le sucre tiré des colonies. La principale, et peu t-êtr^ la seule cause, parait tenir à l'altération que subit la dernière sorte durant la traversée.
Section IV. — Disposition d'une nouvelle fabrique.
La vue d'ensemble ci-dessous indique les dispositions généi*ales prises dans une des fabriques le plus récemment montées à Melun, et mises en activité seulement depuis un mois.
Au rez-de-chaussée en A on voit le laveur mécanique employé lorsque les betteraves arrivent trop chargées de terre; en A' un homme chaîne les godets d'une chaîne sans fin A' B mue aussi par machine ; en C un enfant dirige vers les coulisses de la râpe les betteraves q^i tombent sur le plan incliné; un homme D est sans cesse occupé à pousser alternativement de chaque main les deux rabots qui pressent dans la coulisse les betteraves contre le cylindre dévorateur.
Un aide prend à la pelle la pulpe sous la râpe et la verse dans le sac posé sur une claie reposant elle-même sur des tasseaux uiii laissent écouler le jus sur la table creuse donblée en cuivre; une femme E aplatit et égalise au rouleau l'épaisseur (réglée à 12 ou 15 lig.j-
Chaque claie ainsi garnie est portée a l'une des presses hydrauliques F , que l'on charge ainsi , tandis que les trois autres fonctionnent.
La pulpe pressée est livrée directement a«i nourrisseurs à un prix qui permet de négliger d'en extraire une nouvel le quantité de jus; par les moyens que nous avons indiqués, on obtient ainsi 70 à 72 de jus pour 100 de bette^ rave.
Le ius coule directement dans celle des 4 chaudières à défécation et qui se trouve vide; un homme surveille attentivement chaque opération avec les soins précités; il soutire le jus déféqué à l'aide du robinet G G'; les premières portions troubles coulent par une gont-
(l) On a tout récemment annoncé un procédé à Taide duquel il ne resterait plus de mélasse, et tout le sucre serait obtenu à l'elat cristallisé.
Ce moyen consiste à reverser dans le jus d'une opération sabséquenie, et avant la défécation, la première mélasse égouttée du sucre brut, puis à continuer la fabrication comme à l'ordinaire.
On conçoit qu^il se peut faire qu'on obtienne ainsi plus de sucre, par la raison que Ton compense uo en m ou un défaut de chaux d'une opération sur Taulre, et qu'on évite faltération plus profonde qui en serait résDtttV dans le rapprodiement de la mélasse; il y aura donc lieu d essayer, et probablement d'employer ce moyen eu grand.
Mais il n*est pas moins évident que l'on ne devra y recourir qu'un nombre très limité de fois, pas plui •ans doute que S oo 3, car les substances solubles étrangères au sucre, notammeol les sels, la portion de sucre altéré cl rendu incristallisable, le» matières azotées non précipitables par la chaux s'accumulera ieoi bieolôl ao point de s'opposer 1 la cristallisation des produits da jus auquel on aurait à tort mélangé cette mélasae.
lièrc H dan» un filtre à poche ou tajrlor; dès que le liquide coule clair on le dirige dans la conduite H', d'où il se rend dans le rëser- Toirl; celui-ci alimente une rangée de filtres DiTMONT K à Taide des robinets à flotteur. Ces filtres alimentent le réservoir L qui dessert le serpentin évaporateur M de l'appareil Degba^td, précédemment décnt, et qui est coDstruit actuellement par MM. Deros.ne et Cail; la hotte N enlève les vapeurs et en débarrasse l'atelier; le jus marquant à froid ?• à P,Sy et seulemeat 4,5 après la défécation et première fil Ira tion, arrive au bas de ce serpentin marquant de 9 à 10*(1); il coule dans le réservoir O, d'où l'ouvrier surveillant de la chaudière P le fait aspirer à volonté pour le concentrer iusques a 25^. Nous avons indiqué le jeu des diverses pièces de cette chaudière opérant dans le vide; mais il nous reste à décrire un petit ajutage propre à faciliter la vérification du degré de concentration du liquide; on voit par la fig. 325 qu'il se compose d'uo tube
Fig.