CHAPITRE XVI
- Ds UL PRÉPAmATIOR DIS PLANTES TBXTILBS BT M UEUA CDHTBBSIOlf Blf riLS KT MN TISSUS.
Nous sommes déjà entrés (liv. II, p. 16) dans des détails étendus sur la culture et la récolte des plantes textiles ; nous allons nous occuper nmintenant des préparations qu'on ieur fait subir pour les transformer en filasse, et pour en faire des cordes . des fils de toute finesse et des tissus depuis la oatiste la plus fine jusau'à la toile d'emballage la plus grossière.
Phsieitrê €mérationi sont nécessaires pour former avec la partie filamenteuse des plantes textiles de la filasse, des fils et des tissus. Ces opérations sont le rouissage, le broyage, le
(1) Loyer de nn hectare 60 fr.
a labours, • beraaget • . . . itO
Semence to, eosemencement 6 • 16
S sarJaget et binaget • 86
Arrachage et traDSportt. ..•..••••• •••• 48
Famier, moitié pour céréale •.•••••• 100
Bénéfice de culture. • ••• «S
80,000 kilog. coàteot • . • , 420
•a iooo kikîf. ooùteot 14 fr.
peigoage, le filage et le tissage. I^ous les décrirons successivement, en prenant pour exemple le lin et le chanvre , produits naturels de notre agriculture.
Section I"*. — De lapréparaHm Ai îin.
( !«.— Do rcmiaiage da lin.
Le rouissage du lin est une opération délieaie, qui est encore exécutée presque partout d'une manière imparfaite et routimère; souvent un fort beau Im perd tonte sa Taleur par on
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ARTS AGRICOLES : PREPARATION DES PLANTES TEXTILES. uv. iy.
rouissage mal entendu et n*est plus propre qii*à la fabricatiou des toiles grossières. Il serait à désirer que des savans se chargeassent de faire l'analyse exacte de celte plante et que des gens instruits fissent avec soin l'essai comparatif des diverses méthodes en usage, afin de déterminer celles auxquelles on doit donner la préférence et les améliorations ou modifications dont elles sont susceptibles pour obtenir des résultats déterminés et constatas.
La tige du lin se compose principalement : 1* d'un épiderme de la nature de la résine ou de la gomme f étendu sur toute sa surface comme une sorte de vernis et auquel on a donné le nom de principe gommo-riHmux; 2* d'une Cfmche de fiires textileê agglutinés par une substance de la même nature que celle de Tépiderme, ou qui est peut-être différente; 3« enfin du bois ou fiire végétale eatsanté qui constitue la partie intérieure ou la masse de cette tige.
Le rouissage a pour but de détruire et d'en* lever an moyen de la fermentation le vernis eommo-résineux qui recouvre les tiges du nn , la matière qui agglutine tes fibres textiles, afin de détacher ceux-ci du bois et de les séparer entre eux pour en former ime filasse.
Le rouissage e$t une opération toute Mmigue et consiste principalement à exposer le lin à la rosée et à la pluie, ou à le plonger dans des fosses remplies d'eau. Dans cette opération , surtout dans celle qui se donne dans l'eau, où l'on peut suivre plus aisément la marche des phénomènes , voici se qui se passe : !<> l'eau commence par se troubler; 2« il se dégage ensuite des nulles d^air qui se comportent comme le £»k acide carbonique ; 3<> 1 eau se colore ; 4» elle acquiert une réaction acide et rougit le papier de tournesol; 5« l'acide disparaît et il se dégage de nouveau des bulles d'air qui ont une odeur forte, cadavéreuse et anî mêlées avec l'air atmosphérique peuvent s enflammer par l'approche d'un corps en ignition; fi» enfin leau rétablit la couleur bleue du papier de tournesol rougi par les acides et manifeste des traces d'un alcali libre do ia nature de l'ammoniaque. Ainsi il y a S périodes de fermentation : la 1'* insensible, la 2* acëteuse et la 3* putride et alcaline.
Dans l'état actuel de nos connaissances sur les phénomènes chimiques aue présente le i*ouissage, nous n'oserions pas nasarderuue explication théorique de cette opération et déterminer a priori comment elle doit être conduite ou pratiquée; nous pensojtis qu'il vaut mieux en appeler aux résultats de l'expérience et suivre les indications qu'une pratique éclairée a pu faire connaître. C'est h quoi nous allons nouH attacher dans les détails où nous allons entrer.
Avant de procéder au rouissage il faut prendre en considération l'état du lin qu'on veut travailler; ses tiges doivent présenter les conditions suivantes :
1« Le lin doit avoir été récolté et rentré par un temps sec^ autrement il se couvre de tacnes qu'il est imposlble de faire disparaître au blanchiment.
2^ Toutes les tiges doivent en être de la mime couleur. Un lin dont la couleur n'est pas uni-
forme, est difficile à travailler au rooissajg;e et contracte souvent des taches qu'on a peme i enlever.
3« Le lin doit avoir ité récolté à Vétat de m^ turité» Dans la Flandre on considère le lin comme arrivé à sa maturité lorsque la floraison a cessé, quand les capsules se referment et lorsque le bas de la tige a jauni. Les arâ au reste paraissent partagés sur la question de savoir à quelle époque cette plante doit être récoltée pour fournir la filasse la plus fine et la plus nerveuse. Des expériences faites avec soin résoudraient ce problème intéressant pour l'industrie agricole.
4^ Toutes les tiges doivent être égatemest mûres. Une différence dans le degré de maturité amène des inégalités dans le rouissage, le blanchiment et la teinture. Quand on a des lins mélangés ainsi, il vaudrait mieux, sioo voulait obtenir une filasse fine , avoir recoais h un triage pour faire rouirensemble les tiges parvenues au même degré de maturité.
5« Les tiges doivent être droites, sans mélange de plantes parasites, non brouillées et entières, la rupture de la tige nuisant à la qualité de la filasse.
6^ Enfin ces tiges seront égales dans leur longueur et leur grosseur, afin d'obtenir un rouissage uniforme. Les plus longues et les plus fortes exigeant en général un séjour plus prolongé dans le routoir et sur le pré que celles qui sont plus courtes et plus menoesj ces dernières sont exposées à être pourries si elles séjournent autant de temps que les autres dans le routoir. D'ailleurs, avec des filamens de longueur uniforme on éprouve infiniment moins de déchets dans le travail ultérieur des plantes textiles.
Nous supposerons donc que le lin choisi remplit les conditions précédentes, qu'il a été trié et nettoyé, et qu'il ne reste plus qu'à lui faire subir l'opération du rouissage.
Le rouissage peut se donner de plusimn manières :le& i méthodes les plus en usage sont: 1** le rorage, 2» le rouissage proprement dit ou rouissage à l'eau.
A. Du rorage.
Le rorage ou sereinage consiste à exposer le lin dans un champ pendant plusieurs semaines à l'action simultanée de la rosée, delà pluie, de l'air et du soleil; ce mode de rouissage est employé en France dans la Normandie , le Maine, l'Anjou, le Languedoc, etc., et en Bohème, en Moravie, dans le Wnrtcnh berg, les Alpes, etc.
Pour soumettre le lin au rorage, on l'élepa en couches minces ou ondins de peu d'épaisseur sur un gazon court ou sur une praine fauchée et bien propre. Là il est abandonné à l'influence des agens atmosphériques, a ayant soin de le retourner quand il est tombe de la pluie, jusqu'à ce qu'il soit sufîBsamment roui du côte intérieur, ce au'on reconnaît» ce que les tiges ont perdu leur élasticité,
âu'elles se brisent nettement et que la couche breuse se déUche avec facilité. A cette époque on le retourne pour le faire rouir de I autre côté, jusqu'à ce que la fermentation i* sensible et la décom()osttion des principes qiu recouvrent et agglutinent les fils perroetleDi