DU ROUISSAGE A L'EAU
tassi sur ce côté de détacher CEM^Iement la filasse da bois. Cette opëration , suivant l'abondance de la rosëe ou ae la pluie, la temperatore, la sérénité du del , la force ou l'absence da Yentfpent durer, dans les circonstances favorables, de 8 à S semaines et de 6 à 9 dans les temps secs et froids. Parvenue au point convenable, on s'empresse d'enlever le lin après le 1* beau jour et lorsau*il est bien sec, et d'en former de f>etites javelles qu'on transporte dans un grenier ou une grange aérés où il reste jusqu'au broyage.
Le rorage n'est pas exémté de la même manièn dans tous les pays, et nous croyons inutile de rapporter les méthodes diverses qu'on suit à cet égard. D'ailleurs elles ont pour la plupart été essayées et répétées pendant 4 aimées consécutives à l'Institut agronomique d'Hohenhcim et soumises à des épreuves répétées; les résultats de ces épreuves ont été consignés dans un excellent ouvraee que M. FaÉn. Breunun a publié sur la culture et le travail du lin, à la suite de nombreux Toyages entrepris dans ce but par ordre du roi de Wurtemberg, et dans lequel nous voyons que les conditions les plus favorables pour le rorage sont les suivantes :
l^Un^azon, une pelouse et surtout une prairie bien fauchée et très propre, exposée aux rayons solaires, plutôt sèche que marécageuse, sont ce qu'il y a de plus convenable pour étendre le lin. A défaut d'une prairie de cette nature, on peut faire usage d'un chaume dru, court, surtout celui d'orge et d'avoine sur lequel on étend facilement le lin , sans qu'il touche à nu sur le sol.
2^ Les tiges de lin doivent être rangées d plat en ondins, les racines tournées vers le vent dominant et autant que possible en couches minces. Il est avantae^ux, aussitôt après u stratification, qu'il tomoe de la pluie, ou «Farroser le lin avec de l'eau , soit pour favoriser son rouissage, soit pour le rendre plus pesant, pour l'affaisser uniformément et 1 empêcher d'être enlevé et brouillé par le vent.
3^ Le lin étant roui plus promptement du côté touni^ters te sol que du côté de la face supérieure, il faut, lorsqu'il approche par le !•» côté du point oii le rouissage est terminé , et autant que possible un peu avant une pluie et par un temps calme , le soulever par la tête avec des râteaux et lui faire faire une demirevolution sur la racine, de manière à ce que la face qui était par-dessus se trouve aloi's en dessous. Ce travail doit être exécuté avec attention pour que les tiges de lin retombent dans la même position respective où elles étaient auparavant. On doit même les rétablir a la main dans tous les endroits où elles seraient un peu brouillées.
Quand le rouissage est terminé, ce qu'on reconnaît en froissant quelques tiges entre les jnains, ou mieux lorsqu'en les soumettant à faction de la broyé, le bois, surtout à l'extréjp'lé des tiges, se brise aisément, que les
u ^r ^^P^i^Q^ t>'en entre eux, ou que la cou- <^he fibreuse se détache d'elle-même de la tige, ^"profite d'un temps favorable, et on prend
eiin à poignées par l'extrémité des tiees, on
•e retourne; mais au lieu de l'étendre de nouveau sur le pré , on en forme sur le sol des Serbes coniques {fig, 32g), dont toutes les
Fig. 328.
racines forment les bases, et auxquelles on donne de la solidité en liant les extrémités avec une de ces tiges. Ainsi disposé , le lin sèche en très peu de temps ; alors on en forme des bottes de médiocre grosseur qu'on conserve dans un. lieu sec et aéré, jusqu'au moment du broyage.
B. Du rouissage d Veau.
Le rouissage d l'eau ou rouissage proprement dit est celui qui est le plus généralement en usage en France dans . les départemens qui cultivent le lin , dans les Pays-Bas et dans les contrées du nord de l'Allemagne et de l'Europe. Cette opération ne se fait pas de la même manière dans tous ces lieux , et il est assez difficile de décider quelle est celle à laquelle on doit donner la préférence. Dans les environs de Courtray où le lin est cultivé et travaillé avec le plus grand soin, on apporte en août ou bien en octobre ou après lluver au mois de mai , à la rivière la Lys , le lin réuni en bottes de 8 1/2 à 4 8/4 kilog. pour l'y faire rouir. A cet effet, on a ménage sur le bord de la rivière, au moyen de pieux et de perches, un endroit de la capacité qu'on juge nécessaire. Dans cet endroit isolé on pose le lin debout et on le retient par des bâtons ei^ trelacés , liés ensemble et attachés aux pieux qui sont enfoncés dans la terre au bord de la nvière. De cette manière le lin se trouve réuni et fixé, afin qu'il reste plongé dans l'eau à telle profondeur et aussi long-temps que cela est utile. On compte qu'il iaut pour cette opération , au mois d^août , 7 jours ; au commencement d'octobre, 12 jours ; à la fin de mai 9 à 10 jours, suivant le degré de température de l'atmosphère. Dans tous les cas, il convient de consulter cette température et de s'assurer au bout de quelques jours si le lin est suffisamment roui. On est certain d'être parvenu au point précis, lorsque !a couche fibreuse se détache facilement de l'écorce, depuis la racine de la tige jusqu'au sommet de la plante. Ce point, toutefois, est assez difficile à déterminer et exice pour être saisi convenablement beaucoup d'attention ; il est même prudent de vériner le rou^ fotr2fois par jour, car le rouissage étant terminé, le lin ne doit pas rester une heure de plus dans ce routoir où il perdrait de sa force et se pourrirait bientôt. Quand le lin est retiré du routoir, ou pose les bottes debout, pour le faire égoutter. Le même soir ou le lendemain matin on le délie et on l'étend sur un pré sec, dont l'herbe est très courte.
ARTS AGRICOLES : PRËPARATlûN DES PLANTES TEXTILES. m. i¥.
Si dans ce moment on avait à craindre une forte pluie , on différerait d'étendre le lin ; car dans les 1res heures qui suivent Tétendage, le lin est susceptible de se détériorer en recevant une averse.
L'étendage a pour but de nettoyer le lin des immondices c{ui se sont déposées sur ses tiges dans le routoir,dele faire sécher et de plus de le blanchir et de déterminer par une fermentation insensible etplus lente fa décomposition des portions de la substance gommo-resineuse qui avaient échappé à cette action dans le routoir. A cet effet, le linreste 12 à 16 jours sur le pré ; on le retourne de temps à autre, afin quMl soit partout également en contact avec Tairet la lumière. Aussitôt que la filasse commence à se détacher des tiges les plus fines, on le lie en bottes et on le transporte à la grange où pendant rhiver, dans un temps sec, les tiges sont brisées au moyen du battoir, puis soumises à (*espadaee.
On a fait à Gand en 1813 des essais sur le meilleur mode de rouissase, d*après une méthode due à M. d'Houdt (TArcy; les résultats obtenus» joints aux expériences entreprises plus récemment à Hohenheim et poursuivies pendant 4 années, ont paru démontrer assex clairement les résultats que nous allons faire connaître.
Les eaux courantes des ruisseaux ou des rivières ne êowipai avantageuses fowr le rouissage , parce que la fermentation y est trop lente, trop inégale, et qu^eiles communiquent au lin des taches et un certain degré de dureté. Ce fait avait déjà été observé dépuis lonetempt dans nos départemens du nord; d'ailleurs des réglemens locaux s'opposent presque partout au rouissage des lins et de» chanvres dans les rivières, à cause de l'insalubrité de cette opération et parce qu'elle détruit partout le poisson.
Ce qui parait ieplusconvenahle pour le rouissage y est d'étabhr des routoirs ou fosses à rouir près des rivières dont Feau soit douce, pure et non fen^ugineuse. Le routoir doit luimême être creusédans un sol qui ne contienne ni ocre, ni particules de fer, parce que ces substances donnent au lin une coloration qu'on ne peut plus faire disparaître.
Un routoir nouvellement creusé , ou emploifé nfusieurs fois de mite sans le nettoyer, donne lieu h des accidens analogues. On fera bien , quelques semaines avant, de faire usage d'un nouveau routoir, de le remplir d'eau, et au moment d'y placer le lin, dTe le vider, le nettoyer et le remplir d'une eau nouvelle. Un routoir qui a servi plusieurs fois doit être de même vidé et nettoyé, eu enlevant toute la vase qui s'est déposée au fond. Si l'on n'a à sa disposition quune eau dure, on en remplit le routoir et on la laisse en repos exposée pendant quelque temps au soleil avant d'y plonger le lin; puis on y jette avec précaution un peu de sable fin qui recouvre les particules qui se sont déposées , et contribue à la purifier.
Le routdr que l'on suppose être parfaitement en état de retenir 1 eau , et au besoin enduit d'argile, doit avoir en profondeur un pied de plus que le Un n'a de longueur ; mais il ne doit pas dépas^r 4 pi*« parce que quand il est plus projfcmd Teaii re^tc froide an fond.
et la partie inférieure du lin est plus de ternes que la supérieure à éprouver le rouissage. Le lin réuni en bottes y est déposé debout, c'est-à-dire les pointes qui sont les plus difficiles à rouir, en haut, et non pas horizoa talement, ou, comme on le fait en Westphaiie et dans quelques lieux de la Flandre, la racine à la surlace. La masse liée et réunie au moyen de perchai doit se tenir bien verticalement dans le routoir où on l'enfoDce à la Î profondeur nécessaire avec des planches sur esquelles on pose des poids en assez grand nombre poiup que l'extrémité supérieure du lin se trouve au-dessous de la surface de Veau, et les pattes ou racines à un pied du fond.
La capacité du routoir doit être double de celle de la masse du lin, afin que la fermentation marche avec plus de modération; dans les routoirs remplis entièrement de bottes de lin la fermentation est quelquefois si active^ surtout dans les temps chauds, qu'on a beaucoup de peine, malgré une extrême vieilaoctî, à saisir le moment précis où il faut emeverle lin si on ne veut pas qu'il se détériore.
Pour éviter en plongeant le lin dans l'eau, qu'il ne soit en contact avec les parois cm k fond du routoir, contact qui donnerait aux tiges une couleur inégale, on peut, comme on l'a fait à Hohenheim, renfermer les bottes de lin à rouir dans des espèces de caisses à claire-voie, formées avec des lattes ou des perches qu'on recouvre de paille, de planches et de pierres pour les submerger. Au moyen de liens de paille fixés d'un côté sur les bords du routoir et de l'autre aux caisses, on empêche celles-ci de toucher le fond et de se renverser, lors des mouveipens d'ascension et d'abaissement qu'elles éprouvent pendant la fermeutation.
Partout où on établit des routoirs en maçonnerie ou en terre, el où cela est possible, il faut, comme on le pratique quelquefois eo Flandre, les tnu/nir de petites vannes , écluta m robinets^ pour l'introduction lente et continue d'un léger filet d'eau et pour l'évacuation de celle-ci. La vanne d'introduction doit être
Î>lacée au fond de la fosse, et celle qui sert à 'évacuation à l'opposé et à la surface du routoir. Si l'on se contentait de faire couler i'eau qui sert au renouvellement à la surûice, comme elle est plus légère que celle de macération, elle ne pénétrerait pas plus avant et s'écoulerait immédiatement par la vanne de trop plein. £n agissant comme il vient d'être dit^ on obtient un rouissage à eau courante, qui a, il est vrai, l'inconvénient d'être plus long que celui à eau stagnante, mais donne une filasse moins colorée et plus facile k blanchir, est plus aisé à bien diriger et offre moins de dTansers pour ceux qui sont exposés à en recevoir les émanations. D'ailleurs, dans une eau non renouvelée, le lin est trop sujet à se gâter.
Le lin fournit une filasse bien plus belle quand on l'a plongé immédiatement après la récolte dans les routoirs, lorsqu'il retient encore toute son eau de végétation et n'a pas été soumis à la dessiccation.
Pendant les trois !•« jours de l'immerMon du lin il 1er à ce < l'eau