‹ Maison rustique du XIXe siècleChapitre 185 sur 239 · DES ROUES HYDRAULIQUES · texte numérisé non relu

DES ROUES HYDRAULIQUES

2* Iks m€ulin$ à r(me$ penicuUeê.

Ces moaliDS, comme les moulins à bateaux, sont construits sur les grandes rivières, tournent comme ceux-ci au fil de Teau, mais ont sur eux Tavantage d'être soutenus, ou par des pilotis en bois, ou par des piles en maçonnerie. Ûs ont également Tinconvënient de gêner la navigation, aussi en a-t-on beaucoup détruit depuis vingt ans, particulièrement ceux qui étaient établis sur les ponts, dont ils ébranlaient la solidité. Cependant il en existe en«core un grand nombre, principalement sur les bras non navigables des grandes rivières (1).

Ils tirent leur nom delà nécessité oii Fon est de rendre mobile la grande roue qui les met en mouvement; cette mobilité est indispensable ; autrement, dans les grandes eaux , fa roue serai t submergée, et dansTes eaux basses elle resterait suspendue au-dessus du courant. Pour obtenir cette facultéde monter et de descendre à volonté, la roue {fig. 453) R est pla-

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cëe sur un fort châssis horizontal C C, composé de pièces de bois de 14 à 15 i)ouces d'équarissage. Aux angles de ce châssis sont des poutres ou règles verticales B qui traversent le plancher du moulin- Ces rèèies sont composées de pièces de bois méplat de 6 à 13 po. et soutenues chacune par une traverse qui s'appuie sur de fortes vis en bois Vifig. 454), appelées Dfrrin^, ou bien sur des crics placés sur le premier plancher du moulin. L'expérience parait avoir donné aux vernns, tels que nous les représentons et malgré leur construction grossière, la préférence sur les crics. La charge qu'ils ont à supporter est si forte que cenx-ci finissent toujours par ne pas opposer assez de résistance. Les règles sont percées de trous éloignés de 6 à 7 po. les uns des autres, et c'est au moyen de ces trous et de forts verrous de fer D, que Ton y introduit, que le châssis et tout ce qu'il supporte est fixé à la hauteur convenable ; c'est ce qu'on appelle mettre d Veau et mettre hors Veau.

Le rouet de ces moulins est adapté à la roue même; il a ordinairement 13 pi. de diamètre et 64 chevilles au moyen desauelles il engrène dans une lanterne ou héruton , monté *ur un arbre vertical en bois d'un pied d'é-

quarrissage et de 24 à 25 pi. de long, lequel sert d'axe au grand hérisson de l'intérieur^ qui donne le mouvement aux meules et à tout le mécanisme. Cet arbre vertical repose aussi sur le châssis mobile, en sorte que, comme les autres parties, il suit le mouvement d'élévation et d abaissement donné à la roue.

Le hérisson intérieur^ qui donne le mouvement à une ou plusieurs paires de meules, porte assez ordinairement de 9 pi. 11 po. a 10 pi. de diamètre; il est armé de 82 cnevilles es|>acées entre elles de 4 po. 3/4, et

n' engrènent , soit dans des lanternes , soit s de petits hérissons dentés, montés sur chacun des gros fers qui servent d'axe aux meules courantes. Dès lors ce grand hérisson doit être fixe, c'est-à-dire qu'il ne peut monter ni descendre comme le reste de l'appareil établi sur le châssis. Pouratteindrece but, on fixe au centre du grand hérisson un fort moyeu creux dans lequel l'arbre vertical, qui sert d'axe à ce erand hérisson, passe librement et de manière à s'y mouvoir avec facilité ; puis, lorsque le châssis est arrêté à la hauteur voulue, on fixe l'axe du hérisson dans le moyeu par de forts coins en bois. Ces coins s'ôtent toutes les fois qu'il faut monter on descendre le châssis. Le moyeu, formé d'un tronc d'orme , est appuyé en tournant sur des moises ferrées de 16 alumelles; ces moises sont ordinairement garnies de dents de cheval. On a soin de graisser le collet, afin que le frottement ne l'échauffé pas au point de faire craindre l'embrasement.

La roue hydraulique qui a ordinairement de 16 à 17 pieds de diamètre, sur 15 à 16 de largeur, doit présenter beaucoup de solidité ,

Î^arce qu'elle reçoit de fortes secousses quand es eaux sont hautes, et par les temps de glaces. Les aubes larges de 3 pieds et longues de 15 à 16, doivent être assez fortes pour recevoir, sans plier, l'impulsion du courant ; elles sont ordinairement disposées de manière à pouvoir être rapprochées plus ou moins près du gros arbre ou axe de la roue , afin que dans les grandes eaux , lorsque le châssis ne peut plus monter, on puisse diminuer le diamètre ae la

(0 A Meanx (Seine-et-Marne) les moalins pen^tns toot remarquables ptr leur nombre et par leur

ABTS AGRICOLES

roue , assez pour pouvoir tourner encore ; il peut aussi être nécessaire d'enlever les aubes entièrement , pour éviter reffet des glaces ou des inondations extraordinaires.

Le gros arbre porte ordinairement de 20 à 34 po. de diamètre; il s'appuie à chaque extrémité sur un fort tourillon qui tourne dans une poélette que Ton a soin de garnir de graisse.

La vamie appelée aussi décrottoir^ ferme tout Fespace dans lequel la roue hydraulique est établie; elle se monte ou descend à volonté, soit par une roue à treuil , soit par un cric disposé au premier étage, et auquel communique ladite vanne, par un madrier ou épée, semblable à ceux qui soutiennent le châssis.

La construction des moulins pendans, est en général très dispendieuse; leur mécanisme est encore lourd et matériel , et on peut dire qu'ils sont stationnaires en comparaison des moulins de pied ferme établis sur les rivières non navigables. Tous les appareils que nous Tenons de décrire sont donc anciens ; et il est probable qu'à mesure des réédifications , des mécaniciens habiles seront appelés à faire dans ces moulins des changemens notables.

$111. — Des roues Terticales en dessoas, mues pir impalsion.

On anpelle rones en dessous celles sur les aubes desquelles Feau, en fuyant dans un coursier, vient frapper au point le plus bas possible de cette roue. De la le nom de moulins en dessous.

On a reconnu aujourd'hui que c'était une grande erreur que de faire agir l'eau par impulsion toutes les fois qu'on pouvait la faire agir par sa gravité. Selon Olivier Evans, les roues en dessons à percussion ne possèdent

au'un peu plus de la moitié de la puissance es roues qui sont mues par la gravité ou le poids de l'eau. Aussitôt après son premier choc l'eau perd toute sa force; voilà pourquoi il est nécessaire, dans ces sortes de roues, que l'eau vienne flrapperau point le plus bas, et de manière à ce que le plus petit nombre possible d'aubes soit à la fois dans l'eau.

Les 2/3 de la vitesse du courant sont la valeur de la vitesse qui convient à cette espèce de roues. L'eau dépensera alors sa force en parcourant l'espace de 4 palettes; elle commencera à fuir a la 3*. La 5* palette sera toutà-fait hors de l'eau.

Au-dessous ou au-dessus de cette proportion l'eau perdrait de sa puissance ; car, quoique la roue éprouve un plus grand effort par un mouvement lent que par un mouvement rapide, si ce mouvement était trop ralenti, l'eau ayant perdu de sa force aussitôt après le choc, l'effet de la roue serait amoindri; de même que si la roue était trop rapide elle n'aurait pas le temps d'opposer à l'eau assez de résistauce et son effet serait moindre en proportion.

Quelques constructeurs ont prétendu que la vitesse de la roue ne devait être due du tiers de la vitesse de celle de l'eau; d'autres prétendent qu'elle doit élre des 2^3. Nous penclienous pour ce dernier avis.

Dans tous les cas, il faut calculer exactement la hauteur de Taube, de manière que

DE LA MEUNERIE. liv. iv.

Teau ne monte pas sur les cintres de la roue. Il faut aussi bien auber de f:alibre» c'est-à-dire de manière que toute l'eau porte bien sur les aubes et qu*il ne s'en échappe pas inutilement sur les côtés.

Dans les anciennes constructions, le diamètre le plus ordinaire des roues en dessous était de 5"»,198 à 5"»,523 (16 à 17 pi.), jusqu'à l'extrémité des aubes. Le coursier ou reiilm avait 18 à 20 po. de large; les aubes, à partir du cintre de fa l'oue, avaient environ 2 pi. de hauteur. Le nombre de ces aubes était habituellement de 24 à 30. Passé ce nombre Teaa serait sujette à pajotter. Chaque roue conduisait sa paire de meules, et l'on estimait que le diamètre du rouet devait être un peu moins de moitié de la roue ; c'est-à-dire que si larwe hydraulique était de 17 pi., le rouet devait avoir 8 pi.

Olivier Evans établit que. dans un moulin en dessous à engrenage simple, la meule doit faire 3 tours 1/2 à 3 tours ^4 pendant que la roue en fait un, un peu plus un peu moins, selon la quantité d'eau à dépenser. Dans ce cas le rouet avait ordinairement 48 chevilles à 6 po. de pas ou d'intervalle d'une cheville à l'autre, et la lanterne 8 fuseaux.

La fig. 455 représente cette roue verticale Fig. 455.

en dessous: A, rivière; B, vanne; G,coursicr; E, gros arbre ; F, aubes.

J IV. — Roues verticales mues par la pressioo, oo roues à la Poocelet.

M. PoNCELET, capitaine de génie, membre de l'Académie des sciences, convaincu par expérience de la perte de puissance que faisaient les roues en dessous mues par impulsion, chercha à en modifier la forme de manière à leur faire produire un eflet utile qui s'approchât davantage de la force absolue du courant; de telle sorte que l'eau n'exerçât aucun choc à son entrée dans la roue ni dans son intérieur, et la quittât également sans conserver aucune vitesse sensible.

Il crut remplir cette double condition en remplaçant les aubes droites des roues ordinaires par des aubes courbes ou cylindriques présentant leur concavité au courant et de manière à former une courbe continue. Il est résulté de cette nouvelle forme donnée aux aubes des roues recevant l'eau en dessoust que l'eau agit par pression et non pas par le choc. On peut consulter à leur égard les mémoires que M, PoNCELET a publies à Meti en 1827 ; les diverses expériences qui y sont rap-

portées ont prouvé que Feffet de ces roues en dessous était supérieur à celui des roues en dessus à aubes planes.

La Jig. 466 représente une roue verticale à

Fig. 456.

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