‹ Maison rustique du XIXe siècleChapitre 189 sur 239 · DES MOULINS · texte numérisé non relu

DES MOULINS

{ IV. — Dîtpotitioa des meules.

Fig. 468.

Les meules gisantes reposent sur un plancher A. A, solidement construit que Ton nomme WA-ot (/r^. 469); elles doivent être placées dans une horizontaliii

parfaite et parfaitement

jmfr^ par rapport au gros fer. A cet effet, on les fait appuyer sur 3 vis verUcales p % dont les ecrous sont engagés dans l'épaisseur de la charpente. Ces vis, équidistantes vers la cir-

Fig. 469.

conférence de la meule, permettent d'en r^ler 1 horizontalité, et d'autres vis buttantes, placées en dessus des premières, servent k les centrer par rapport au fer de la meule tournante.

Celte dernière meule ne doit avoir que 220 millimèt. (8 po.) de pierre au plus; mais pour lui donner plus de charge, on la recouvre d'une couche il«pW(rf d'environ 40 millim., <l"e I on maintient par 'un cercle de fer. 1*)^? ™®"les travaillant avec une vitesse de 120 à 110 révolutions par minute, selon leur diamètre, de l"»,ll à 1">,20 (3 pi. 1/2 à 4 pi.), cbaque paire peut moudre 16 à 16 hectolitres de ble en 24 heures.

La meule courante est suspendue sur la pointe du gros fer au moyen d'un appareil ïi^l^PPi^"® am7fc(/ly.470). Cette aàillc se ^P<»e d'une traverse N TT en fer forgé, dont •« 51 Douis recourbé» sont encastrés dans la

pierre même de la meule. Au juste milieu de cette anille est une cavité semi-circulaire qui reçoit le bout du gros fer T, oui forme boule en O) et au'on nomme pointai,

Vassemblage se fait au moyen d'un monehon en fonte composé de 2 pièces ajustées l'une sur l'autre d'une manière fixe. La pièce inférieure P' se monte sur le bout du fer; elle est percée latéralement d'une ouverture traversée par l'anille, dont une partie s'engage en même temps dans la pièce supérieure P*.

La fig. 471 représente une autre forme dV nille.

Fig. 471.

Une condition essentielle, c'est que la meule courante soit en équilibre parfait sur le gros fer. Cette condition n'est pas très difficile à atteindre quand la meule est en repos, mais il en est tout autrement quand elle tourne. On peut même avancer qu'avec les grandes meules de 6 pi. 2 po. cet équilibre parfait n'a jamais été obtenu, du moins de manière à durer 24 heures; on était obligé de donner à la meule courante ce qu'on appelait de la pente de fer^ afin de soutenir la poussée. Le bout du fer ou papillon entrait dans le trou de Fanille, puis on se servait de 4 pipes ou petits coins de fer d'à peu près 3 lignes d'épais sur 1/2 po. de long, que l'on serrait à coups de masse entre le papillon et l'anille. Ces pipes se desserraient bientôt et les meules bredalaient^ c'est-à-dire frottaient d'un côté pendant qu'elles étaient trop écartées de l'autre.

Depuis qu'on a adopte les petites meules, on est parvenu à maintenir la meule courante dans un équilibre plus constant au raoven du pointai dont nous venons de donner la description. Les constructeurs de moulins établissent à la surface supérieure de la meule courante, à égale distance^ 4 trous que l'on recouvre d'une plaque de tôle et dans lesquels on coule au besoin du plomb fondu pour arriver au parfait équilibre de la meule sur le pointai. Ce moyen est simple et atteint assez

bien le but; mais les babiles constructeurs ne s'en contentent pas et s^attacheut, dans la composition de la meule, à réunir, dans ses diverses parties, le plus possible de pierres homogènes. Sous ce rapport essentiel la construction des meules a fait de véritables progrès depuis quelques années.

La cuvette A. {fig, 470), qui surmonte Tanille, reçoit le blé et le laisse échapper en rayons entre les meules à travers VcBillard au moyen d'un appareil fort simple, et d'invention moderne, qu'on nomme engreneur (fig, 469). Cet engreneur G se compose d*un tuyau en cuivre ou fer- blanc, dont l'extrémité mférieure est encastrée dans un autre tuyau mobile en forme de bague , et qui monte et descend à volonté pour agrandir ou diminuer l'issue du grain. En effet, le bout de ce double tuyau appuie sur la cuvette A (/(^. 470) placée au-dessus de l'anille N,et, en s'en éloignant ou s'en apf)rocliant, au eré du conducteur du moulin, il laisse écouler plus ou moins de blé dans les meules.

Cet engreneur a remplacé avec avantage les anciennes trémies, l'auget et le baille-blé, appareil lourd et grossier qui surmontait toute la partie supérieure de la meule courante.

Section YI. — Du choix et du nettoyage da grains.

S I*r. — Choix des grains.

De bonnes meules bien dressées, bien rhabillées et bien conduites, un mécanisme des mieux combinés sous tous les rapports, sont de grands élémens de succès pour un meunier; mais le choix des grains est non moins essentiel. Le mécanisme peut être confié à des mains subalternes ; l'achat des grains est l'œuvre du maître. Cet art ne consiste pas à n'acheter pour la fabrication que des blés de 1» qualité; ces sortes ne seraient pas touiours sufnsamment abondantes; les blés d'ailleurs sont de diverses natures; ils sont plus ou moins bien récoltés; il faut que tout s^écoule. L'habileté consite donc à savoir bien apprécier ce qu'on achète; à étudier sur les marchés que l'on fréquente les diverses natures de blés qui y sont apportés; les qualités distinctives des blés de telle ou telle ferme, soit sous le rapport du poids, soit sous le rapport de la blancheur des produits ; à connaître les bons et les mauvais livreurs; à bien stipuler ses conditions d'achat; à être sévère et juste tout à la fois dans la réception.

Quand une usine est bien administrée, il n'y entre pas un seul sac de grain qui ne soit vérifié et jltsé.

Tous les blés, cruelles que soient leur nature et leur qualité, étant destinés à être convertis en farine, il est inutile de s'étendre ici sur les diverses espèces de blé et sur les propriétés qui les distmguent. 11 ne peut y avoir, en ce qui concerne la meunerie, d'autres principes que ceux que nous venons d'énoncer, c'est- à-dire que le meunier doit s'attachera connaître les propriétés farineuses des grains dans le rayon habituel de ses approvisionnemens.

5 II. — NcUojage des grains.

Une fois les blés bien achetés selon ieur

: DE LA MEUNERIE. m.ir.

qualité, il est indispensable de leur furc sabir un nettoyage énergique: c'est encore use des conditions les plus essentielles de toate bonne mouture.

Le nettoyage consiste à faire disparaître, aitant que possible, du grain : 1® tous les grom, graines ou corps étrangers quelcoaqaes q«. peuvent s'y rencontrer; 5® les ^ratfu mortion ceux de trop minime dimension; 3* lapouitim plus ou moins adhérente dont le blé est encrassé sur tout son corps et particalièremeat à ses deux extrémités.

Il faut en outre que la ventilation soitassez énergique pour chasser le nuMvaisfioût, quand le blé en a contracté, ce qui arrive souieat dans les greniers des fermiers, et aussi pour lui procurer un certain degré de desiiçca^ Enfin on aurait atteint la perfection si, apns une opération complète, on parvenait àdttwr Us grains de bU suivant leurvolume.

La force employée à faire mouvoir le mécanisme du nettoyage, quoique perdue poor la fabrication, reçoit donc clans les moulins une application des pins utiles, et mieux mdrait, dans bien des cas, fabriquer moins et fabriquer mieux.

Chaque moulin adopte, dans «es appanh à nettoyer, des combinaisons plus ou rooiiis diverses qui résultent, soit de la force, soit de l'emplacement dont il peut disposer.

Les instrumens les plus modernes etle$ plus répandus sont le cylindre vertical, le cylindre horizontal, le tarrare à plusieurs falans ou batteurs, le sas à marteaux, les cribles inertes et la disposition des courans d'air.

Le nettoyage se fait depuis l'étage le plus élevé du moulin jusqu'à l'étage des meulesoô il s'engrène, et, dans ce parcours , il est souvent repris et remonte par des élévatan (chaînes à godets), suivant Tordre dans le quel il est précipité.

1" opÉRATioiv. Tarrare à émotteun,(\^ chasse une certaine quantité des corps légers et retient les pierres ou mottes de terre qui se trouvent mêlées avec le grain.

2« OPÉRATION. Cylindre vertical (fie- 47î et 473), armé à l'intérieur d'un système d'ailettes

^f^Mà

CBAP. 23*-.

hV CHOIX OES GRAINS.

qui battent le blé avec violence sur des tôles piquées et en détachent ainsi la poussière

^avec énergie; au-dessus de ce cylindre, on voit dans la fig. 473 le tarrare émotteur et au-des-

> sous le sas à marteaux et un ventilateur.

3* opÉRATio!<f. Sas àmarîeaax^ dont le fond eu tôle est percé de trous de formes et de di-

. inensions différentes, afin de laisser passer tous les grains parasites et les petits grains amaigris. Les marteaux qui frappent succès- .sivement sur la longueur de ce sas, ont pour but d'empêcher les trous du fond de se boucher.

4« op^BATioif. Tarrare vmtilatMr {fig.474)^

Kg. 474.

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qui chasse le peu de poussière ou de corps légers qui peuvent encore rester dans le blé.

5« opÉKATioif. Cylindre horizontal. Cette dernière opération, que beaucoup de meuniers négligent avec raison, surtout s'ils sont avares de force, se fait dans un cylindre horizontal en fil de fer ou en tôle piquée. Sou but est de diviser le blé par grosseurs. Jusqu'ici ces sortes de diviseurs ont été bien loin uatteindre la perfection désirable.

Enfin, à l'issue de ce c}rlindre, le blé est amené dans la trémie^ d'où il coule lui-même et par son propre poids dans Vengreneur.

Tout ce que nous venons de dire du nettoyage des grains s'applique au nettoyage à ^^ généralement suffisant pour épurer les blés qui ne sont attaqués d'aucune maladie , carie ou cloque qui rend le bout noif, piqûres de charençons, etc.

Dans ce dernier cas^ surtout lorsque les blés sont hcwtéi^ il est indispensable de leur faire subir an lavage. Cette opération, assez facile <unsrété. devient impraticable dans la saison des pluies et du froid; car la difficulté ^'est pas de laver, mais bien de sécher le grain humide , surtout lorsque l'on veut opérer sur des masses , comme dans nos grandes usines. Jusqu'ici ce séchage se faisait sur des draps «posés au soleil; ^est la pratique du Midi. On conçdt combien cet usaee doit être difficile dans nos provinces du I&rd; aussi le lavage des blés était-il peu employé par les ïneuniers eux-mêmes. Les blés noirs, délaisses sur les marchés , étaient presque toujours «chctés par des hlaiicn ou des porlc-faix , qui

les mettaient au grenier pendant l'hiver, et, aussitôt la saison convenable arrivée , les lavaient et les faisaient sécher à Tair libre pour les revendre avec plus ou moins de bénéfices.

Plusieurs de nos plus célèbres économistes, et particulièrement notre Dumambl, frappés del avantage qui résulterait pour le commerce, ragriculture et Thydène publique de Tépuration'des grains par le lavage, avaient tenté a employer la chaleur factice siu séchage immédiat; les résultats obtenus ontétésatisfaisans quant à l'épuration en elle-même , mais les moyens employés n'étaient pas manufacturiers, c'està-dire que les frais qu'ils nécessitaient étaient au-delà des avantages qu'on pouvait obtenir. Dans le nord de l Europe, sur la mer Baltique et particulièrement en Russie, on fait sécher le grain à l'étuve pour lui donner le degré de siccité convenable à son exportation sur mer ; mais ces blés sont en général de qualité inférieure , et tout prouve que leur mode de dessiccation est vicieux.

M. de Maupbou vient de prendre ( en 1834) un brevet d'invention pour une machine qui semble avoir résolu ce problème depuis si long-temps cherché. Cet appareil lave le grain, répure et le sèche dans l'espace de 15 minutes. Sur la fin de l'année 1835, M. de MaupEou a monté à Etampes un de ses appareils, capable de nettoyer en 24 heures 300 hectol. de blé. La meunerie de ce pays si renommée par son habileté, n'a pas tardé de fournir à façon la machine de M. de Maupeoc.

Le lavage, comme nous l'avons déjà dit, n'était pas difficile à opérer, mais la grande difficulté, la difficulté qui jusqu'ici n'avait pas été résolue, c'était de sécher immédiatement le grain , sans tâtonnement, sans danger de le brûler ou de le laisser trop humide. Pour atteindre ce but, M. de Maupeou a appliqué au séchage la dilatation de Tatr, au moyen d\in foyer disposé d'une certaine manière. Ainsi , dans une grande chambre bâtie en briques , de forme pyramidale et faisant cheminée, sont disposés une série de cylindres en toile métallique. Le blé lavé pénètre successivement dans chacun de ces cylindres, dont la disposition intérieure est telle que le grain est constamment maintenu dans un état aérien. Cependant, un courant violent d'air sec dilaté tend à s'échapper par l'ouverture supérieure de la cheminée et enveloppe ainsi les cylindres sécheurs,y pénètre à travers les mailles de l'enveloppe et pompe avec avidité l'humidité des grains.

A l'extrémité de ces cylindres sieheurs se trouve un autre appareil, également de 5 cylindres superposés, dans lesquels le blé, au sortir des ler% se refroidit à l'air libre, en sorte

?[u'au bout de ces refroidisseurs le grain soit roid et net, et propre à être mis de suite sous les meules ou conservé dans des sacs sans aucune espèce d'inconvénient.

Toutes ces diverses opérations, lavage, épurage, séchage, refroidissement se font sans inteiTuption aucune, et tout est si bien calcule qne les laveurs et les cylindres sont toujours cnargés de blé.

Le grand avantage de cette méthode, c'est que, par le lavage, non-seulement le prain se nettoie mieux, mais que tous les coi-ps

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plus légers que Teaii, comme ïwûlle^ cloques, • grains mal mûrs ou perces des insectes, mon- 1 tcnt à la surface de Teau et sont entraînés | dans des réservoirs particuliers, en sorte qu*il ne reste plus réellement à la mouture que les grains non altérés, opératiod qu*on est loin d'obtenir complète par l'effet des ventilateurs. , , .

M. deMAUPEOC prétend aussi que, par suite du gonflement que Técorce du blé éprouve lorsqu'elle se lave et du retrait qui s'opère sur cette enveloppe par Teffet du passage du grain dans un courant d'air sec dilaté, la mouture du grain est plus facile, le son plus léger et, eu définitive, le rendement en farine blanche plus fort de 3 à 5 p. 0/0. Il y a beaucoup de probabilités en faveur de ces assertions.

Un autre avantage signalé par M. de Mau- PEOD, c'est que le blé ainsi traité est dégagé de tous les insectes et de tous les germes qu'ils ont pu déposer sur leçrain; la conservation en aevient ainsi plus lacile et plus certaine. , , , ,

Tout porte donc à croire que cette méthode sera adoptée dans nos moulins; elle exiee moins de force employée que les appareils de nettoyage à sec, et, tout compensé, elle doit présenter de l'avantage au fabricant, condition du reste indispensable et sans laquelle une méthode, quelque ingénieuse qu'elle soit , ne peut jamais devenir manufacturière.

SBcnoN YII. ^Dela mouAire.

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