CHAPITRE XXV. — D« l'exteactioii »u ibl
Sous les Doms iil mabin, ml db cuisine,
lEL GEMMI, SEL BLANC, SEL RAFFINÉ, OQ
désigne le sel le plus usité dans rëconomie domestique, comme dans les exploitations agricoles et industrielles. Les 2 premières dénominations indiquent quelquefois plus particulièrement le sel brut obtenu par Tévaporisation des eaux de la mer^ la 8« s*applique au sel extrait des mines à Tétat solide; les 2 dernières spécifient les produits du raffinage ou de VépuratUm des 2 sortes de sels bruts.
Une grande partie du sel qui se consomme se trouve dans la terre, tout formé; il constitue des dépôts très considérables, en masses solides, qui donnent souvent lieu à d'abondantes sources salées également exploitables.
Les mines de Williczka, eo Pologne, sont pratiquées dans un dépôt salifère ayant environ 200 lieues de longueur et 40 lieues de largeur, et plus de 300 mètres d'épaisseur. On a trouvé en France, dans le département de la Meurthe, un banc analogue. Ce sel est tantôt blanc et transparent , et alors presque complètement pur, ou bien opaque, coloré en une teinte rougeâtre on brune par Toxide de fer, renfermant en outre de Targile, des traces de bitume , de charbon , etc. Les mines de sel gemme ont d'ailleurs été découvertes en Espagne, en Angleterre, en Hougrie, dans divers États de TAllemagne et en Russie; on n'en a pas encore trouvé en Suède , en Norwége ni en Italie, quoique dans cette dernière contrée on rencontre des sources d'eaux salées; l'Asie, l'Afriaue et l'Amérique renferment des dépôts salifères.
Section !••. — Extraction du sel d Vétat Bolide.
§ I*'. — Mode d'extraction du sel gemme.
Le sel gemme ou des mines s'exploite à l'aide de puits et de galeries, comme les autres tmmraiê ou produits des carrières. Ce sel , coloré ou blanc et diaphane , est en masses ou blocs très compactes, en sorte qu'il doit être divisé en poudre fine pour servir à divers usages, et notamment pour l'application industrielle qui en consomme le plus, c'est-à-dire sa décomposition par l'acide sulfurique, opération dont on obtient du sulfate de soude et de la soude, ainsi que nous l'avons décrit dans le chap XXI. U n'en est pas de même du sel résultant de l'évaporation spontanée des eaux de la mer; celui-ci, formé de lamelles successivement réunies, offre des agglomérations de cristaux facilement perméables.
{ II . — Raffinage da sel des mines.
Le sel gemme est raffiné sur place avant d'être livré à la plupart dss usages éconoimques. Ce raffinage constitue une opération bien facile : On suspend, dans un crible en fer et près de la surface du liquide, les morceaux de sel de différentes grosseurs dans un réservoir rempli d'eau. A mesure que Teause sature de sel, devenue plus pesante, elle descend au îoaà du vase et est aussitôt remplacée par une autre partie du li<|uide qui vient dissoudre de nouvelles quantités de sel, puis se précipiter à son tour. On conçoit que.de cette manière, on parvienne h saturer de sel toute la masse de liquide.
On laisse alors déposer cette solution troable ; les matières terreuses tombent au fond, et il suffit d'évaporer le liquide soutiré ao clair pour obtenir des cristaux très blancs qui se forment à la superficie, puis tombent an fond du liquide.
A mesure que le sel se précipite, on le recueille en plongeant dans la chaudière A (A^. 512) une espèce de grande écumoire B, qui est munie de 8 anses C. Vébullition qui fait dégager l'eau en vapeur agite constamment le liquide. La vapeur ne se formant pas dans le petit vase plongé au milieu du grand, il s'y établit un repos relatif et le sel s'y dépose bientôt assez abondamment pour qu'en soulevant lécumoire, à l'aide d'une poulie D, on puisse Ten retirer avec des pelles en tôle. On porte ce sel dans des trémies en bois blanc £ (/£/. 513); on laisse égoutter le liquide qu'il contient an travers des trous du faux-fond G ; on peut même obtenir directement, dans la chaudière où le précipité s'opère, le sel dans les vases ou enveloppes qui doivent le contenir pour la vente. A cet effet, on plonge des paniers d'osier blanc H (fig. 514), qui ont la forme d'un cornet,
Fig. 514.
Fig. 513.
dans la chaudière, lorsque le sel commence à s*y précipiter; on les retire une ou 2 minutes
GBAP. 25*.
SEL DES ËAtJX SALEES.
après, remplis de sel. Après les avoir enlevés, OD les laisse ëgoutter et se dessécher à Têtu ve, puis après avoir nettoyé l'extérieur à la brosse on les envoie à la vente.
Sscnon II. *- Bairaetion duieldei umx
êaUes.
On obtient du sel en menus cristaux par révaporation spontanée ou artificielle des eaux de la mer ou des eaux de sources salées: et enfin par l'évaporation de Veau que l'on a saturée de sel^ en la faisant séjourner dans les cavités au milieu des mines mêmes. Ce dernier mode d'extraction est même généralement préféré, en raison de ce que les produits qu'il donne sont immédiatement applicables, tandis que le sel extrait en blocs exige un triage, un broyage et souvent la refonte de la plus grande partie; qu'enfin les frais d'évaporation sont très peu plus dispendieux. Le sel marin, que Ton obtient par tous ces procédés, revient à très bon marché; c'est, de tous les sels solubles trouvés dans la nature, celui qui coûte le moins de prix d'extraction.
Dans les pays méridionaux, pendant l'été, Vévaporation des eaux de la mer se fait spontanément par les courans naturels de l'air atmosphérique. A cet effet, on forme, dans un terrain argileux, des fossés d'ime grande étendue et très peu profonds, séparés les uns des autres par des languettes de la même terre; à l'aide de rigoles on y introduit l'eau de la mer et l'on ferme l'accès par une sorte de vanne ; on en ajoute ainsi de nouvelles
Fig.
quantités au fur et à mesure que l'évaporation a lieu. Ces dispositions du sol, connues sous le nom de marais salons, forment une série de réservoirs creusés sur les bords de la mer; nous les indiquerons successivement en y montrant la marche des eaux qui s'j doivent concentrer.
J I«r. — Exploiution des nanit aalanf .
L'eau de la mer, outre le sel marin, contient plusieurs sels moins abondans dont les proportions sont indiquées ci-dessous. Cette eau renferme en outre des substances organiques dont l'une d'entre elles produit^ au moment du salinage, un phénomène curieux que nous décrirons plus loin.
Cemposition de feau de mer.
Sel marin ou chlorure de sodium. . . 3,50
Chlorure de magnésium 0,35
Sulfate de magnésie 0,58
Carbonate de chaux et de magnésie^ . 0,03
Sulfate de chaux 0,01
Eau 96,54
La quantité d'eau à évaporer est donc fort grande ; mais, dans les marais salans bien placés l'évaporation est assez rapide pour qu'on obtienne le sel à un prix très modique, il est convenable de placer les marais sur une plage unie dont le sol soit argileux et mis à l'abri des marées. L'eau de la mer est conduite d'abord dansun !•' réservoir A (/l^. 516), appelé ja.<r,p.tr
une écluse ou tjarat^weE. Ce réservoir doit contenir une hauteur de 2 pi. d'eau au moins et 6 pi. au plus. Dans ce ias l'eau de mer commence à dégager de la vapeur, mais surtout elle se dépouille des corps qu'elle tenait en suspension. Au moyen d'un tuyau souterrain ou gourmaSy on la fait passer dans une
suite de bassins moins profonds e, r, c^ nom* mes couches ; de ceux-ci, au moyen du faux* gourmas (autre tuyau souterrain placé en f), elle passe dans le mort M; c'est un canal qui fait tout le tour du marais et auquel on donne jusqu'à 4,000 met. de développement. Le mort amène l'eau dans de nouveaux bassins t, U
AKTS AGMCOLËS : EXTRACTION DU SEL.
counus sous le nom de tàbUs: de ceux-ci elle passe dans une série de bassins semblables m, m, désignés sous le nom de muant; du muant Teau arrive enfin dans les aires a, a, a, a où s'achève son évanoration; elle y parvient par des canaux h, &, d, nommés draMouri, qui chacun versent Feau dans 4 aires par des conduits souterrains qu'on ouvre et qu'on ferme à volonté à l'aide de tampons. L'eau arrive très concentrée dans les aires et ne tarde pas' à y ialiner. Le dépôt du sei s'annonce ordinairement par une teinte rougeâtre qui se développe dans l'eau et vient à la superficie. Cette coloration est due à la séparation d'une ma* tière organique particulière inaperçue dans l'eau où elle était très étendue ou disséminée. M. Dumas, qui en a recueilli une petite quantité, a reconnu que c'est elle qui exhale, aux alentours des tas de sel des marais, l'odeur de vioklîe signalée par divers observateurs.
Le sel cristallise à la superficie de l'eau ; de temps à autre on brise la croûte et, lorsqu'il s'est formé une couche assez épaisse, on ramasse le sel avec des ràtissoirs et on le met en tas sur le chemin v, v qui sépare les aires et qu'on désire sous le nom de vie. Dans cei*tains marais, au Heu de briser la croûte de sel, on la recueille en l'écrémant avec un râteau à long manche*
Le travail des marais salans commence au mois de mars et se teimine en septembre. Au commencement de la saison, pour mettre le marais en état de fonctionner, on doit le nettoyer* Pour cela, on ferme la communication entre le muant et les tables et Ton ouvre le conduit souterrain C désigné sous le nom de eoy. Les eaux du muant s'écoulent et entraînent avec elles les dépôts. On jette dans le muant toutes les eaux que contiennent les aires et l'on nettoie celle-ci. On ferme alors la commimication entre les couches et les tables et l'on vide ces dernières dans le muant. Les tables étant nettoyées, on pourrait en faire autant des couches, mais ordinairement on s'en dispense*
Le marais étant nettoyé, on amène Peau du jas dans les couches, de là dans le mort, les tables, le muant, les brassours, et enfin dans les aires. Quand il y a 1 po. d'eau au plus dans l'aire, on ferme la communication ; Veau qui arrive dans les aires est, dans les 1*" temps, peu saturée, parce ci u'elle n'a pas séjourné assez de temps dans les bassins intérieurs et que la saison est encore peu chaude. Il faut alors 8 jours pour que le sel se produise dans Taii'e; maïs, dans la bonne saison et quand les eaux ont subi une évaporation convenable avant d'arriver dans l'aire, on saline 2 ou 3 fois par semaine, quelquefois même tous les jours.
Le sel se ramasse en tas coniques P,P, nommés pilots, ou en tas pyramidaux Y, V, qu^on appelle vaches. Ces tas sont recouverts de paille ou d'herbages qui les garantissent de la pluie. Le sel, ainsi conservé eo tas, s'égoutte et se purifie même, en ce que les sels déliquescens qu'il contient attii'ent peu à peu l'humidité de l'air atmosphérique et s'écoulent en solution.
Lorsque le sel a été ainsi suffisamment égoutté, on l'expédie dans le commerce où il