CHAPITRE XXVIL — FABRicikTiONS bt nrovrrBus divuses
SacnoN l**. — FroéÊUs àsê onlmoaMi.
Voyons d'abord quels sont les arts qui s'exercent sur les produits des animaux et qu'on pourrait réunir à une petite exploitation rurale.
En Pologne et en Russie on emploie de préférence pour harnais un cuir appelé eu^ tordu^ et que les gens de la campagne préparent euxmêmes. A cet effet, on prend de la peau de vache qu'on a fait sécher; on commence par enlever le poil au moyen de l'eau bouillante et d'une sorte de grattoir, puis on la coupe en longues lanières que l'on coud bout à bout. Les 2 extrémités de ces bandes sont pareillement cousues et le cuir se trouve former ainsi un cordon double. En cet état, on l'imprègne de corps gras et chauds, on l'accroche à un clou au plafond et on attache des poids à la
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partie inférieure. Entre les 3 bandes parallèles de ce cuir on passe 2 bAtons que l'on croise horizontalement et auxquels on fait faire plusieurs tours. Parce moyen, les 3 bandes se trouvent tortillées et fortement pressées l'une sur l'autre. Pendant l'opération le cuir s'échauffe sensiblement; on continue alors à l'imbiber d'un corps gras, en opérant la torsion tantôt d'un côte et tantôt d'un autre, jusqu'à ce qu'il soit parfaitement imbibné et devenu d'une souplesse extraordinaire. Ce cuir tordu dure très long-temps, conserve sa bonne qualité et pourrait avantageusement faire l'objet d'un petit négoce.
La fabrication des gants, dans les villes de Grenoble, Niort, Chaumont, Lunéville, Vendôme, Reunes procure de l'ouvrage à un graud nombre de femmes des villaees environnans, qui sont employées à les couofreet à les orner
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ARTS AGRICOLES : FABRICATIONS ET INDUSTRIES DIVERSES, liv. it.
avec de la soie. Paris, qni confectionne, consomme et expédie au loin une quantité considérable de ces objets, vacbercher ses ouvriers parmi les populations laborieuses des départemens voisios , surtout ceux de TOise et de r Aisne, où une femme un peu babile peut, au moyen d'une petite machine importée d'Angleterre, gagner aisément 60 c. par jour par la couture des gants.
Un art simple et qui n'exige pas une grande pratique, c'est la fiùnication de$ Ifroues et du oalaU àt crin. Les brosses se fabriquent de 3 manières : dans la l^*, le dos ou patte de la brosse est percé à jour et les soies ou poils de sanglier ou de porc ayant été peignés et réunis de longueur, sont pUés en 2, puis insérés en aussi grande quantité qu'on le peut dans chaque trou, au moyen d'une ficelle engagée dans le pli du poil et qui amène successivement chaaue loquet à la surface extérieure du dos de la brosse. Cela fait, on coule dans chaque trou de la colle forte chaude pour consolider ces poils et, si c'est une brosse propre 3u'oa fabrique, on la recouvre d*une feuille e bois de placage, plus ou moins précieux, ou d'étoffe. Dans la 2" manière, le dos n'est pas percé à jour; on coupe les poils de longueur et on les fait entrer en aussi grande quantité que possible dans les trous, qui sont plus évases dans le fond que sur le oord^ et on coule ensuite de la colle chaude, fluide et pure pour assujettir les loquets. C'est par ce même pi^océdé qu'on fait les balais de criu. Quand les brosses ou balais sont ainsi préparés et que la colle est refroidie, on coupe et on égalise les soies avec des forces ou gros ciseaux.
Les pinceaux qui servent à barbouiller, à laver et à peindre exigent, surtout les derniers, plus de soin dans leur fabrication. Les uns sont de gros pinceaux ou brosses qui se font en poils de chien, en soies de porc ou de sanglier qu'on assujettit avec une ficelle et qu'on attache à un manche de bois ; les autres, ou pinceaux proprement dits, sont ordinairement renfermés dans un tuyau de plume ou une petite garniture de fer-blanc et terminés en pointe. On les compose en poils dégraissés de la queue de petit-eris, de martre, de blaireau, de putois, etc.; leur fabrication demande de la pratique et de l'adresse, surtout pour bien former la pointe et pour que tous les poils s'y réunissent bien lorsqu'on les mouille ou les trempe dans la couleur. Les paletiêi sont des pinceaux plats à garnitures métalliques, à l'usage des doreurs et de divers autres artistes.
' Parmi les autres industries analogues qui peuvent s'exercer sur les produits des animaux, faisons encore mention de la fabrication des 90ulier$^qm se confectionnent sur une grande échelle dans la commune de Bieteuil (Oise) pour l'usage de nos troupes et des hôpitaux de Paris.Les habitans de la commune Lormaison, même département, exercent en ce genre une industrie plus singulière; ils réparent les vieilles chaussures ramassées dans Paris et les autres villes et livrent ainsi par an à la consommation plus de 16 à 18,000 paires de souliers raccommodés. £nfin,nous rappel- If rons qu'on fabrique en grand, à Rayonne» des pantùufUi ou chaussures légères pour la
chambre; qu'en beaucoup d'endroits on achète les lisières des draps pour les convertir en lanières étroites dont on fait, au moyen d'une forme et d'une aiguille ou carrelet, des chaiU' iom dits de lisière, recherchés par leur durée et la chaleur qu'ils maintiennent aux pieds dans la saison froide. A Saint-SylvaiD,à4 lieues de Falaise (Calvados), on fabrique en cuir, laine, ficelle, etc., des eaparoçom pour chevaux et des carnassières à Tusage des chasseurs, fabrication qui s'étend aux 15 ou 20 communes qui environnent ce centre d'activité industrielle et qiii trouve on débouché fort étendu dans les départemens du Midi et en Espagne, etc.
SBcnoN. II.— iVodtttl dee végétaux.
On peut voir au tome IV de notre ouvrage, dans le livre qui traite de l'agriculture forestière, et notamment à la page 112 et suivantes, ainsi qu'à la page 186, l'avantage qu'il y a quelquefois pour le cultivateur laborieux d'être à proximité des forêts et de ces grands centres d'exploitation, où il peut trouver, surtout pendant que les trayaux des champs sont suspendus, des occupations et un salaire qui augmentent son bien-être et son aisance. Les travaux en forêts de ce genre, tels que l'abattage, l'équarissage, le sciage des arbres, la mise en corde et en fagots Jes transports, etc.^ sont en général assez pénibles, mais ils exigent pen d'outils et un court apprentissage; une scie, une cognée, une serpe suffisent généralement pour abattre et équarrir les arbres.
Mais un homme industrieux ne doit pas se contenter d'abattre les arbres et de les planer sur 4 faces ; ii peut encore, dans les forêts, fabriquer du merrainy de la latte, des écliêses, du echalas, des copeaux de gainiers et de miroitien et autres objets de fantaisie ;i\ peut aussi dégrossir et même façonner un assez grand nombre de pièces qui entrent dans la construction des instrumens aratoires, des brouettes, des chariots et charrettes, tels que rais^ jantes, brancards, timons^ essieux^ ranches et ranchers^ roulons et ridelles^ etc.; s'il est plus habile, il peut entreprendre la fabrication des objets dits de rdcleriej comme fûts de bdts et arçons de selle ^ attelles de collierê de chevatix^ pelles à four et à boue^ battoirs de blandiUst»ses^ etc. Les habitans du département de l'Aisne, et surtout ceux des environs deVillers-Cotcrets et de Nouvion-en-Ticrarche, se distinguent par ce genre de fabricatioD, ainsi que ceux de quelques localités des Vosges et du Doubs. L'industrie de cesculti: valeurs laborieux ne se borne pas en ce genre à ces simples produits; c'est ainsi qu'à Géradmer (Vosges), déjà connu par ses excejlens fromages, un très grand nombre d'habilans sont occupés à la fabrication d'objets de boM^ lerie qui se répandent dans une erande partie de la France, ainsi qu'à celle deooiteê légèrtt^ debaignoires^ deseauxen sapin^dedhaufert^^^ de data de souf/tets^ etc.; que ceux de i'Aisne et de l'Oise fabriquent en outre des toff^i des boites m héirt pour eau de Cologne, des rouetSy de&dévidoirs^desboisdecadrts,desfn(»' turespour huiliers etporte^liqueurs, descàatff' m merisier^ deèjoueis d^enfamSt etc; et qaediBi
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