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PRODUITS DES ANIBIA.UX

les enyirooa de Beauvais plusieurs villaees confectionnent des bois d'éventails. Dans les anciennes provinces de Picardie et de CliampanCf on façonne une foule de hoUes carréeê en létre qui ont depuis 1 1/3 po. jusqu'à 3 pi. de longueur; le Doubs au contraire fouroit une quantité considérable de Mtei rondes ei ovaUs en sapin. Ces bottes sont collées ou bien on leur donne la solidité convenable au moyen de petits clous d'épingle» de chevilles de bois ou bien de liens ou clous à tranchet, morceaux de fer-blanc mince taillés en coin qu'on enfonce dans le bois aux points de jonction de 2 pièces jusqu'à la moitié de leur longueur et qu'on reploie soit en dehors , soit en dedans de la boUe.

Dans beaucoup d'autres départemens de la France, les habitans des campagnes font des objets de tonnellerie: dans d'autres, tels qu'à Chàteau-des-Prés, à peu de distance de Saint- Claude (Vosges), ils construisent des buffets. des meubUs, des cuoeoiu; en sapin qu'ils portent au loin pour les vendre, ou bien de grandes cuves en sapin, comme à Rivel-de-las<Seraal8 près de Limoux (Aude). A l'occasion de la fabrication des tonneauXy nous entrerons dans quelques détails sur les perfectionnemens que cet art a éprouvé depuis quelque temps et sur les avantages qu'on pourrait recueillir en rétablissant en grand d'après les nouveaux procédés.

Dans les pays de vignobles où la fabrication des tonneaux est avantageuse, on pourrait former un petit établissement avec les machines inventées par M. le chevalier de MAMNEVOiLE, de Troussebourg près Honfleur (Calvados). Un établissement ne cejg^eure, dit l'inventeur, n'exige pas de la part clés personnes à qui le brevet serait concédé dans une localité et qui voudront l'exploiter avec ordre et économie, l'avance d'an gros capital, surtout s'ils peuvent disposer d'une chute d'eau; voici l'aperçu des frais dans ce dernier cas.

Une scie verticale pour réduire d'une seule opération les arbres en plateaux SfOOOi

Une collection des machines

brevetées 6,300,

Deux tables de scies circulaires

avec rechanges 1,000

Frais divers d'établissement. 1,500

Le capital roulant, ou argent nécessaire pour achat des matières premières, salaire des ouvriers, etc., est peu considérable. M. de Manneviixb calcule de la manière suivante les frais oue l'emploi de ses nouvelles machines nécessiteront dans le 1*' mois après qu'elles auront été roontëc» et en état de fonctionner.

Intérêt, pendant 1 mois, des capitaux

avances pour l'achat des macnines.

Salaire de 7 ouvriers dont 4 pour les

machines brevetées, 1 pour la scie

verticale et 2 aux scies circuliiret

à raison de 2 fr. l'nn

Un contre-maître, à raison de 1000 fk*.

par an BH 9M

Huile, limes, etc IS >

Assurance contre Finoeiidiey finis imprévus 2< •

Pendant ce mois on aura débité du merrain pour 2,000 tonneaux au moins ; ce merrain pourra être vendu avantageusement ou monté en tonneaux à la manière ordinaire , suivant qu'on le jugera convenable.

Avec ces machines brevetées, Texpérience a prouvé qu'un homme, en 4 heures 40 minutes, peut seul fabriquer 2,680 pièces de merrain ; en 3 heures 23 minutes, conper de longueur, jabler, parer et sous-rogner aux 2 exti*émités 1880 douves; en 14 heures 10 minutes, joindre parfaitement toutes ces douves ; en 2 heures 10 minutes, joindre 720 pièces de fonds; en 4 heures 83 minutes, percer 2440 trous de vilebrequin dans les différentes

Eièces et placer 1120 goujons; et enfin en 8 eures 11 minutes, tourner et perfectionner 160 fonds. £n tout, 82 heures 7 minutes.

Beaucoup de localités se sont emparées d'un certain genre de travail du bois et en retirent des profits assez considérables. C'est ainsi qu'à Clermont (Oise), on fabrique une grande partie du bois de brosse qui sert à Tapproviaionnement de Paris, et que le même produit ainsi que les rouels d fiùr sont fabriqués en grand à Récioourt, à Saint-André, à Paroj et autres villages du canton de Souilly dans les environs de Verdun (Meuse); que les habitans de Sauve ( Gard ) cultivent en grand le micocoulier pour en faire des foM^ ches dont ils ont un aébit considérable; aue ceux des villages de Laroque et de Sorède près Céret et Prats - de • Mollo (Pyrénées Orientales ), ont imité leur exemple et fabriquent en micocoulier et en aliiier des /bur* aies, des manehes de fouets et antres objets qui ont un grand débit en Espagne et qu'on apporte jusqu'à Paris ; que ceux de Hermès près Beauvais ( Oise ) , fabriquent des fueues de billard , des bâtons îoumés en tout genre pour tapissiers, des cannes en bois indigènes imitant les bois exotiques, le bamboa et le rotin ; des manches de parapluies^ etc.

La fabrication des sabots j des formss pour les souliers et des embouchoirs pour les bottes, qu'on exerce principalement dans les environs de Compiègne (Oise), dans la forêt dOriéans (Loiret), à Yillers-Cotereta et à Buiron^Fosse (Aisne), ainsi que dans l'Orne, la Haute-Saône et autres lieux, n'exige pas d'outils nombreux et peut très bien être exercée dans tons les lieux situés à proximité des forêts. Pour faire les sabots, on commence par couper le bois de lonsnenr au moyen de la scie dans des billes oe hêtre, noyer, orme on bouleau : les morceaux sont ensuite dégrossis à la hache, puis ébauchés à l'essette. Une paire de sabots ainsi ébauchée est placée sur l'stiooeJbf, espèce de table on chevalet en boîs où on la retient avec un coin qu'on chasse an moven chi renard ou maillet de bois. C'est alors qirflvec une tarière on perce la place du pied, et qu'avec un ootil tranchant appelé cuiUer et dont on a plusieurs modèles, on creuse le talon. Le sabot étant creusé, on le pare, c'est-à-dire qu'avec le jMtrotr, sorte de couteau à manche monté sur un banc , on l'évide à l'intérieur et on le polit. Des râpes à bois suffisent alors pour achever de lui donner ta forme élégante et l^re qu'on recherche aujourd'hui à la ville dans ces sortes dn chaussures.

41» ARTS AGRICOLES : FABRICATIONS ET INDUSTRIES DIVERSES, liy. iv.

Dans les montagnes du département de l'Allier, aux environs de Vichy et an bourg de Busset, ainsi que dans le Puy-de-Dôme et le Doubs, les habitans confectionnent des t^arioti à 4 roues, extrêmement légers et de divers degrés de solidité, dont se servent tous les cultivateurs. Ces chariots, dont un grand Dombresontsans ferrures, ne reviennent c]u*à 40 ou 50 fr. chacun. Les roues et les essieux seuls sont en bois dur; le corps est en sapin et composé d'un avant-train, de 3 grosses pcàn^bes brutes et de 2 claies rustiques; ces claies se croisent sous la perche du milieu qui repose sur le train, et s'écartent à leur partie supérieure en s'appuyant sur les 3 autres perches assemblées grossièrement dans des cornes de ranches également fixées sur le train. Dans les villes ae ces départemens, ces chariots sont construits avec plus de soin et de solidité; ils sont ferrés et leur prix s'élève de 80 à 350 fr. Chacun de ces chariots porte une charge d'environ 1000 kilog. de marchandises, et 500 kilog. de gerbes, pailles, chaumes, foins et autres fourrages; ils sont ordinairement traînés par 2 petites vaches attelées à des jougs garnis de coussinets en paille portant un filet pour chasser les ndouches. On voit combien il serait facile dans les campagnes de se livrer à la construction de ces chariots, et combien de services utiles ces machines simples peuvent rendre à la petite culture.

Dans la Haute-Loire, on construit en sapin

Elus de 200 bateaux pour le transport des ouilles. Cette construction produit annuellement dans le département une circulation de plus de 720,000 fr, qui se partagent entre les propriétaires et les habitans industrieux qui scient le bois, le transportent et construisent les bateaux.

Le tour et la scie suffisent pour fabriquer nn très grand nombre de petits ouvrages en diverses matières qui ont un débit d'autant plus considérable qu'us sont à bas prix et à la portée de la majorité des consommateurs. Ainsi, avec un tour fort simple, on fait des d^atm, des é4ihelUg, des tabatières, des coquetien^ des iebilles^ des êaliéres, desjoueU d^enfantê, etc., et on peut, comme dans nos départemens de la Meuse, de la Moselle, de la Menrthe et des Vosges, fabriquer des îmuUs de boutom ou des b<mton$. Les moules de boutons se font en bois dur et sec; tels que le chêne, le poirier, le frêne, le cormier, etc., ou en corne, en baleine on en os. Leur fabrication est fort simple: on prend des planchettes minces de bois ou des plaques de corne ou d'os et on les présente a un moule-perçoir monté sur un tour, ou simplement place entre 2 poupées qui lui servent d'appui. Ce moule-perçoir est composé d'un manche et d'un fer; le manche est une botte à forets ordinaire oblongue et le fer une sorte de ciseau terminé par 5 pointes. Celle du milieu est la plus longue et sert à percer le moule de bouton dans son centre ; les 2 pointes qui suivent tracent des moulures à sa surface et les 2 pointes extrêmes forment les bords du moule et i'enlèvent de la plaque ou de la planchette de bois. Ce mouleperçoir, dont on a plusieurs modèles suivant la grandeur ou le profil des boutons qu*on veut fabriquer, est mis en mouvement sur le tour soit par le pied au moyen d'une corde,

d'une pédale et d'une verge flexible, comme dans le tour des tourneurs de chaises, soit par un archet, soit enfin par une grande roue et une corde sans fin. Les autres outils pour cette fabrication sont : des perçoirs pour pratiquer différens trous dans le moule ou le bouton, un compas d'épaisseur, une scie à main, un couperet, des limes et râpes et un étau.

Une table solide, percée au milieu dHine fente au travers de laquelle passe la lame d'une scie dont le châssis est attaché à une perche flexible qui la remonte à mesure que le pied la fait descendre au moyen d'une pédale, est une machine suffisante pour confectionner ou découper à jour une foule d^objets d'un débit assez étendu aujourd'hui, tels que lettrée majusaUeê en bois pour enseignes de boutiques et autres, chiffre» pour numérotage des maisons et des rues, ol^eiê de fantaisie et de goût pour ornement ou décoration des habitations ou fcumiturei pùwr bureaUj arts di dêSêin^ etc.

Depuis 40 années environ, les habitans de Cumnock, village du comité d'Ayr en Ecosse, se sont appropriés la fabrication de ces tabatières élégantes et légères en bois, connues ici sous le nom de tabatières écossaises^ qu'on débite en très grande quantité en Angleterre et sur le continent et qu'on a jusqu'ici vainenement tenté d'imiter ailleurs. Dans ce village industrieux, où plusieurs centaines de personnes prennent part à cette fabrication, les unes travaillent le bois de ces tabatières, et avec des outils appropriés et encore secrets en façonnent la charnière en bois si délicatement ajustée qu'elle fait une partie de leur mérite ; d'autres en polissent la surface et les livrent aux dessinateurs qui, par le moyen d'un pantographe y retracent en les réduisant, toutes les gravures des plus habiles maîtres ou les estampes les plus populaires; de là elles passent dans les mains des vemissenrs

3ui leur donnent l'éclat et le poli. Cette inustrie s'est étendue aux communes voisines qui , avec Cumnock , livrent annuellement à la consommation pour 8 à 400,000 fr. de tabatières, qui forment pour elles un bénéfice à §eu près net et la récompense de leur inustne; les matières premières n'entrant pas pour un demi-centième dans le prix de ces tabatières qu'on vend en fabrique de 8 à 80 fr.

Les nattes qui sont des espèces de tissus de paille de céréales ou de maïs, de jonc, de roseau ou de quelques autres plantes ou ^coroes faciles à se plier et à s'entrelacer, peuvent o^ frir dans leur fabrication une occupation fructueuse par suite de la grande consommation qu'on en fait pour les appartemens dans les villes, les clôtures et l'emballage d'un grand nombre de produits industriels. Une natte en paille est composée de divers cordons et les cordons de diverses branches, ordinairement au nombre de 3. On donne aux cordons depuis 4 jusqu'à 12 brins ou tiges de paille et plus, suivant l'épaisseur qu'on veut donner à la natte ou selon l'usage auquel on la destine. On natte chaque coraon à part en attachant la tête de chacun à un clou ou crochet enfoncé dans la barre d'en-haut d'un fort tréteau de bois et en remontant la natte sur le

cloa à mesure qu'elle avance^ et rejetant pardessus le tréteau la partie qui est déjà nattée. Pour joindre ces branches et en faire des nattes, on les coud Tune à l'autre avec une grosse aiguille de fer de 10 à 12 po. de longueur et de la menue ficelle. Deux grosses trmgles de la longueur nécessaire et qu'où éloigne plus ou moins suivant Touvrage servent à cette couture, qui se fait en attachant alternativement le cordon à des clous à crochet dont ces tringles sont munies d*un côté, et à 1 po. de distance les uns des autres; c'est ce qu'on nomme ourdir ou bAtir à la tringle. Lé paille dont on fait les nattes doit être longue et fraîche ; on la mouille, on la bat sur une pierre avec un gros maillet de bois à long manche pour l'écraser et l'aplatir.

Le naltier peut voir ses produits exportés au loin y et même les vendre à un prix assez élevé quand ils sont travaillés avec soin et que les matériaux sont propres et peu altérables, et surtout lorsque l'ouvrier sait les combiner avec goût et avec élégance pour en former des dessins ou des ornemens.

Un travail plus délicat que celui du nattier, est celui qui consiste à tresêer la paille pour en faire des chapeaux d'hommes et de femmes et divers objets d'utilité et d'agrément. Nous n'entrerons pas ici dans des détails sur la fabrication ae ces tresses fines, légères et brillantes , qui servent k fabriquer ces beaux produits connus sous le nom de chapeaux de paille d'Italie et qu'on a imités en France ^ à Lyon, à Alençon et au Mans et nous nous contenterons d'appeler l'attention sur les tresses ordinaires en pailles entières ou refendues, qui servent à la confection des chapeaux dits de paille cousue et de paille suisse qu'on fabrique dans plusieurs de nos départemens , ou à celle des cabas et de jolis petits ouvrages en paille tressés ou nattés.

D'après les renseignemens fourni^ par M. yiufORiKi(t. I"*, p. 369), on voit que ces t le blé de mars barbu ordinaire qui , affaibli par un semis très épais, donne des pailles qui approchent le plus de celles du blé de Toscane ou à chapeau; mais on en fabrique aussi avec la paille de plusieurs autres céréales qui peuvent donner des tresses d'autant plus fines qu'on a fait choix d'une paille plus belle, plus pure et d'un plus grand éclat. La paille doit être aplatie, coupée de longueur entre les nœuds ou fendue en plusieurs brins à l'aide d'un canif. Si on se sert de paille refendue, on l'enveloppe dans un linge mouillé pour lui donner ae la souplesse. On fait des nattes à 7, 9, îl ou 13 brins de paille et plus. Afin de donner ime idée de ce genre de travail nous choisirons une natte à 11 brins, ainsi qu'on le voit dans la fig. 581. Dans cette natte, chaque brin est numéroté de distance en distance , et l'on peut facilement en suivre la marche. Ainsi, en partant de l'endroit marqué A, nous voyons le brin n* 1 se replier sous le n* 2, passer sur les brins 3 et 4 sous les n<* 5 et 6 , sur 7 et 8, sous 9 et 10 et sur 11, puis, se replier de nouveau au point B pour passer sous a, sur 3 et 4, et ainsi de suite. De même, le no 2, partant du point inférieur, se replie sous 3, passe sur 4 et 5, sous 6 et 7, sur 8 et 9, sous 10 et 11, sur 1 et se

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Fig. 581.

replie sous 3 en D,oii il recommencé à passer sur 4 et 5 et ainsi de suite.

Maintenant, si nous voulions continuer cette tresse commencée, nous replierions le n"" 5 sous le n® 6, puis nous le ferions passer sur 7 et 8, et sous 9 et 10. Ensuite^ nous prendrions le n" 11 en F, nous le repherions sous 1 et le ferions pasêer sur 2 et 3 et sous 4 et 5 , puis , nous reviendrions du o6té opposé au n* 6, qui serait alors le plus extérieur, et le replierions sous 7 en le faisant passer sur 8 èt9 et sous 10 et 11 et ainsi de suite.

Pour travailler une tresse, on lie ensemble les brins de paille et ou les fixe a sa ceinture avec un cordon, puis on fabrique la tresse comme nous venons de l'enseigner en faisant marcher les doigts en avant , repliant et faisant passer les brins sur ou sous les groupes successifs composés de 3 pailles, avec la plus grande agilité possible. On continue ainsi dans toute la longueur des brins de paille, et lorsque l'un d'eux vient à manquer, il faut ajouter un autre brin de manière que le bout finissant et le bout commençant se trouvent toujours à l'envers de la tresse.

Lorsqu'on a une longueur de tresse suffisante pour faire un chapeau, on la coud en commençant le chapeau par le ^^entre du fond de la forme et tournant successivement de droite à gauche pour former ce fond, puis la forme du chapeau, et enfin sa passe ou ses bords. Cette couture se fait à grands points de surjet et de manière que la tresse supérieure déborde toujours légèrement sur |a tresse inférieure. Les chapeaux fins une fois terminés, reçoivent un apprêt qui est du ressort des fabriques.

Quand on sait faire des tresses, on peut en teignant celles-ci en diverses couleurs, faire des cabas ou paniers pour aller au marché, des paniers légers, des meubles divers et une foule de petits ouvrages qui sont recherchés quand ils sont travail lés avec goût, élégance et

Sropreté. Il enestde mémedes tresses en bois e bourgène, de saule ou de peuplier, en baleine, en rotin , en jonc refendus au moyen d'outils particuliers et dont ou fait aussi des chapeaux et divers objets d'ameublement.

L'art du cordier, c'est-à-dire l'art de fabri-

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quer des ooriêêeiàes saogles de chanvre et de bn ainsi que des cordes de crin et dVcorce, n'exige m de grandes dépenses, ni des outils nombreux , ni un iong apprentissage. Un rouet deoordier mu par un enfant, un touret ou dé- ▼idoir, des chevalets ou rAtéliers, des émerillocs et une paumelle en lisière de drap sont presque les seuls ustensiles nécessaires pour fabriquer du /Il de eant qu*on peut vendre aux ateliers de corderie. Mais on peut ne pas se borner à faire du fil de caret, et fabriquer encore une foule de cordes ou ficelles usitées dans les travaux civils et agricoles, ainsi que dans les arts et l'économie domestique. Quelques autres outils alors aussi simples que les premiers tels que des toupins , un chariot , des carrés à manivelle pour commettre les cordages sont alors nécessaires. Les principes de Tart de filer le fil de caret sont peu nombreiu et la pratique en est aisée. Ii faut seulement s^attacher à donner à celte opération une attention suivie^ et procéder parmouvemens uniformes et égaux dans leur durée oomme dans leurs intervalles. Un atelier de filage peut être établi le long d'un mur, dans une allée, un fossé, mais autant que possible à Tabri du soleil et au vent. Le sol doit en être uni et horizontal.

Leh cordes de tilU^ qu'on fabrique avec la 2* écorce ou liber des jeunes branches du tilleul de Hollande et quelquefois avec celle de l'orme commun qui est presque aussi souple et durable, donnent lieu dans TAube et surtout dans le département de l'Oise, à une très grande fabrication; c'est ainsi qu'à Coye, à 2 lieues de Sentis, les habitans fabriquent par an plus de 2,500 doux, de cordes à puits en écorce de tilleul; chaque douzaine de cordes mesure 288 met. de longueur. On y fait en même temps avec la même substance plus de 7 à 8 millions de liens pour les besoins de l'agriculture.

Les ohfetê de vanneHe ont pirtout un très grand débit et méritent assurément qu'on apprenne à les fabriquer, tant sous le rapport des nombreux usages auxquels ils sont propres, que par les profits assez considéraîoles que peuvent procurer ceux qui sont travaillés avec août et délicatesse, qu'on recherche aujourdlitti dans les villes, ou ils se vendent à un prix assez élevé. En France, c'est principalement dans le département de l'Aisne qu'on cultive en grand les osiers pour la vannerie fine qu'on fabrique surtout à Origny-en- Tiérarche, à Hirson, dans les environs de La Capelle, Ribemont, Aubenton, Landouzy-la- Ville, etc. Quant à la vannerie commune, on la fabrique dans beaucoup d'endroits, et nous citerons seulement Angivilliers, près Thionville (Moselle), où on fait principalement les tane pour vanner le grain, Dompi erre -aux- Bois, près Commercy (Meuse), qui ne fabri-

2ue que la grosse vannerie, et les communes e Remilly, Lemesnil-Vigot, Lemesuil-Eury, arrondissement de Saint-L6 (Manche), qui s'occupent presque exclusivement des ouvra-

Ses en osier et en font un commerce consiérable dans toute la Normandie, la Bretagne, etc.

Nous faisons connaître au t. IV, p» 40 la manière de former uneoseraie ; nous ayouterons ici quelques détails pratiques sur l'emploi de l'osier. Les ouvrages ordinaires en vannerie ,

tels que corbeilles, paniers, claies, hottes, etc., se font en ouer jaune on rou^ ; ceux en vannerie fine en osier blanc ou osier sans écoroe, pour lequel on emploie principalement le saule viminal dont les jets sont beaucoup plus droits et unis et ne se ramifient presque jamais en brindilles secondaires. C est au moment où le saule viminal est en sève qu'où le dépouille le plus facilement de son écorce pour en faire l'osier blanc. Pour l'obteair ainsi, on le coupe et on en forme des bottes

aue l'on range dans un lieu préparé exprès ans le voisiuage d'une rivière ou d'une eau assez abondante pour que le pied dès bottes soit constamment submei^ è une hauteur de U à 18 po. Au mois de mai suivant, au moment de l'ascension de la sève, on retire l'osier pour l'écorcer à mesure ^u'il sort de l'eau, ce qui se fait avec rapidité au moyen d'une espèce de màchelière eu bois dans laquelle on passe les jets d'a<ûer et qui en séparent Técorce avec facilité.L'osier éoorcé et blanchi est laissé quel-

aue temps à l'air pour le faire sécher; ensuite est réuni en bottes de différentes grosseurs et longueurs. Lorsqu'on veut le mettre en œuvre, on le fait tremper dans l'eau pendant 34 heures pour lui donner asses de souplesse pour être travaillé; puis on le fend pour les objets les plus délicats en 8, 4, 5 et 6 parties au moyen d'un fendoir en buis, et on le passe à la filière, instrument qui enlève tout le bois intérieur et ne conserve que la partie qui touche l'écorce qui est plus blanche, plus flexible et dIus brillante.

Il y aurait sans doute beaucoup d*autres industries qui pourraient s'exercer dans nos campagnes, sur le bois, les tiges et les éoorces des vt^étaux, mais que nous passerons sous silence pour nous occuper des produits avantageux que certaines populations savent retirer des végétaux ou des fruits qu'elles font croître, ou que la nature leur offre avec libéralité.

Pfés de toutes les grandes villes, on peut joindre aux bénéfices qu'on retire d'une exploitation rurale ceux qu'il est facile de recueillir de la culture deê plantée poiagèret^ de celle des arbree fruitiers^ des plantes d^utiliU ou d'agrément. Nous n'entrerons à cet égard dans aucun développement.

Une industrie fort simple et qui n'exige que du soin, c'est la préparation des pruneaux, dont on fait une consommation considérable dans le monde entier. Ces pruneaux sont d'autant

{>lus délicats qu'on choisit des fi*uits de meileure qualité et qui se prêtent mieux à cette préparation. On attend, pour récolter ceuxci, qu'ils soient bien mûrs ; on les met sur des claies et on les expose au soleil dans les climats méridionaux, ou à la chaleur du four dans ceux du Nord. On Cait en sorte que la dessiccation soit prompte, afin d'éviter la moisissure. Ou évite de laisser les prunes à l'air pendant la nuit ou lorsque le jour est sombre et humide ; on ne les expose qu'à un soleil vif et on les passe plus ou moins souvent au four, selon qu'elles sont plus ou moins grosses, en augmentant chaque fois la chaleur. Ces manipulations varient au reste avec les pays. Par exemple, pour les pruneaux dits de Tours, qu'on prépare dans les environs de Tours, Chinon,Saumur, etc., on choisit la variété de

CMAP. 27*.

prime dite la Saiote-Catheriae; on prend les pliu mûres, celles qui tombent par les petites seooussea qu'on imprime à l'arbre ; on les place, sans les entasser, sur des claies qu'on expose au soleil jusqu'à ce que les prunes deviennent très molles. On les met alors dans uo four chauffé à la chaleur tiède et dont la porte ferme exactement, et où elles restent 74 heures; on les retire, on chauffe de nouveau le four, on le porte à un degré de chaleur plus fort du quart et on y replace les claies ; on les retire le lendemain et on retourne les prunes en agitant la claie. Cette opération faite, on chauffe le four pour la 3* fois à une température d'un quart plus forte qu'à la 2«; on replace les claies, on les abandonne encore 24 heures, après quoi on les retire et on les laisse refroidir; elles ont alors atteint la moitié de leur dessiccation. Il s'agit alors de les arrondir, d'en tourner le noyau, de leur donner une forme carrée ; résultat auauel on parvient en les pressant entre le doigt indicateur et le pouce. Cette opération achevée, on porte le four an degré de chaleur qu'il a c^uand on en a retiré le pain ; on y remet les claies et on mastique la porte avec du mortier. On retire les prunes au bout d'une heure, on place dans le tour un vase rempli d'eau et on le tient fermé pendant 2 heures; après quoi on remet les claies, on ferme exactement et on laisse le tout pendant 24 heures. Les prunes prennent le blanc^ c'est-à-dire qu'elles se recouvrent d'une poussière blanche, résineuse et cristalline. Si elles ne sont pas assez cuites et

Î qu'elles soient blanches, on les laisse dans le our tant qu'elles conservent de la chaleur; il ne faut pas le réchauffer, le blanc disparaîtrait.

On procède différemment pour les prunes de Bngnoles. Ces prunes, qui se préparent avec la variété appelée perdrigon blanc, se récoltent après midi, en secouant légèrement les arbres. Ou les laisse dans les paniers jusqu'au lendemain matin oii on les pèle une à une avec l'ongle et le pouce, sans jamais employer le fer. Lorsqu il y en a une certaine quantité de pelées, on les enfile dans des baguettes d'osser, grosses comme un tuyau de plume, longues environ d'un pied et pointues aux 2 bouts, de manière que les fruits ne se touchent pas. On fiche ces baguettes à la distance d'un pied , autour de faisceaux de paille ficelés; on les* suspend à des traverses; on les laisse ainsi exposées à l'air 2 ou 8 jours, en ayant soin de les renfermer chaoue soir, un peu avant le coucher du soleil, aans un endroit sec et à l'abri de l'humidité. Au bout de 3 jours, on les détache des baguettes et on fait sortir les noyaux par la base. Cette opération faite, onJes étend sur des claies bien propres, ou les expose 8 Jours au soleil, on les ren-ferme tous les soirs avant qu'il se couche et on les remet à l'air dès qu^il se lève; on les arrondit, on les tape et on les aplatit avec les doigts. Elles sont assez sèches lorsqu'elles se détachent de la claie et ne poussent nlus entre les doi^s. On les place alors dans des caisses earnies de papier blanc, on les recouvre de drap de laine et on les serre dans un endroit bien sec jusqu'à ce qu'on les livre au commerce.

Cest par des procédés analogues qu'on fait

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sécher les figuei\ mais celles qui ont éprouvé la dessiccation sur des claies au soleil sont toujours plus douces, plus onctueuses et recherchées que celles ou on a employé la chaleur du four. On sèche encore de la même manière despotret, des pomme«, des eeriies ou autres fruits charnus, soit pour être consommés à l'état sec, soit pour la préparation de boissons économiques.

Dans les pays favorisés par un beau climat, on se livre avec succès à la préparation du raiiins «ee«, qui ont un débit considérable tant en France que dans le nord de l'Europe. La manière de préparer ces raisins est simple, et voici comment on y procède dans le Languedoc et la Provence.Qumze jours avant de cueillir les raisins, on prépare une lessive de soude ou de potasse factice. Cette lessive se fait en dissolvant dans un baquet rempli d'eau la soude ou la potasse concassées, en décantant cette l'«eau, la remplaçant par de nouvelle, qu'on décante de même quand eile a dissous l alcali. On mélange ces 2 lessives et on y ajoute au besoin de l'eau pure, jusqu'à ce qu'elle marque 11 à 11 1/2 degrés au pèse-alcali. La cueillette du raisin étant faite et les grappes purgées des grains écrasés ou moisis , on met la lessive dans une chaudière, on porte à l'ébullition et maintient en cet état. Alors on plonge les grappes dans la lessive bouillante et on ne les en retire que lorsqu'on s'aperçoit

3 ne les grains sont fendillés; ou les enlève es que ce signe se manifeste et on les pose au soleil sur des claies de roseau, en les laissant exposées à la rosée la f nuit. Les jours suivans, on a soin de les retourner et de les rentrer tous les soirs, avant le coucher du soleil, et d'en agir de même un temps suffisant, mais sans attendre toutefois qu'elles soient trop desséchées. Ce procédé est préférable à celui qu'on emploie encore dans plusieurs localités, où l'on se contente de tremper les grappes dans une lessive de cendres, dont on ne connaît pas le titre et qui donne aux raisins ou panses un aspect rougeâtre et leur enlève ce

§oût sucré et onctueux qui fait tout le mérite le ceux préparés comme nous l'indiquons. Pour lés sortes les plus délicates, on égrappe, c'est-à-dire qu'on enlève la rafle des grappes. Tous ces raisins sont ensuite emballés dans des boites de sapin qui pèsent, pour les espèr ces de choix, de 8 à 20 klL, et pour les autres, de 40 à 50 kil.

Puisque nous avons fait mention de la conservation des fruits par la dessiccation, nous ajouterons qu'on pourrait également, dans les campagnes, ainsi qu'on le fait dans plusieurs de nos départemens méridionaux, les confire au guère ou les transformer en eirope, en eoHfituree^ en raieinée. en geléee^ en pâtee^ en marmeladeeet même en fruité à l^eau-de-vie qui, en supposant les produits de bonne quabté, auraient, sans aucun doute, un débit assez considérable; par exemple, la fabrication du raieiné dit de Bourgogne a lieu presque exclusivement à Cerisiers, Dixmont, Pif- (onds, autour de Joigny (Yonne); celle des fruité cuite, à Tours et ses environs, ainsi qu'à Chinon (Indre-et-Loire) qui en font un grand commerce, etc.

Nous rappellerons également id que la plupart des légumes ou des plantes qui nous ser-

473 ARTS AGRICOLES : FABRICATIONS ET INDUSTRIES DIVERSES. ut. it.

Tent d'alimens, tels que les jeunes oignons, les cornichons, les ëpis encore tendres de mais» les haricots verts, les câpres, les tomates, les poivrons, etc. , peuvent être eanfit» dans du vinaigre et, dans cet élat de conservation, être portés dans les villes où on en lait une grande consommation, et qu'on a aussi essayé avec succès de confire de la même manière la plupart des fruits qui paraissent sur nos tables. Enfin tout le monde sait que les olives^ encore vertes, sont jetées pendant 8 à 10 jours dans de grands vases remplis d'eau au on renouvelle souvent, puis qu'on sature de sel et que c'est dans cette saumure qu'on les conserve. La plupart d^ temps avant de saler Teau on baigne les olives dans une faible dissolution de potasse ou de soude rendue caustique par la chaux. C'est après ce bain que les olives sont mises dans la saumure et enfermées dans de petits barils de 1 à 2 litres qu'on transporte au loin. Quelquefois on fena l'olive pour en 6ter le noyau, et Ton remplace ce noyau par un assaisonnement d^anchois, de câpres et de truffes ; ces olives farcies se conservent dans des boucouts qu'on remplit d'excellente huile et qu'on bouche ensuite hermétiquement.

Dans nos départemens d'Indre-et-Loire, du Gard, de l'Hérault, des Basses-Pyrénées, on se livre à la fabrication dii jus de réglisse^ substance oui a un débit assez considérable dans toute la France et à l'étranger.

Le prix élevé du café a donné l'idée de rechercner dans les produits de notre sol si on n'en trouverait pas quelques-uns qui pussent non pas le remplacer entièrement, mais diminuer la dose nécessaire à la préparation du breuvage de ce nom. Parmi le grand nombre de substances proposées ou essayées pour faire du café indigme^ trois se sont maintenues en vogue et sont aujourd'hui très usitées en France, en Belgique, en Hollande et en Allemagne; ce sont les racines de betterave, carotte et chicorée. Ces racines sont souvent emplovées seules, mais le plus ordinairement ensemble dans la proportion de betterave 1/4, carotte 1/4, chicorée 1/S, ce qui varie suivant la facilité des approvisionnemens. On coupe d'abord ces racines de 2 à 8 Lignes d'épaisseur au moyen d'un coupe-racines ou autre machine à couteaux, et on les dessèche séparément à l'étuve. La chicorée est sèche au bout de 24 heures, la carotte en 30 et la betterave en 36; il faut |>our cet objet faire choix d'un mode économique de dessiccation. Pour 100 parties ou poids de chacune réunies, soumises ainsi à l'étuve, on ne recueille que 22 de chicorée, 12 de carotte et 11 de betterave seulement ; cette opération doit être conduite avec habileté. Trois stères de chêne ou 15 qiiintaux de houille doivent suffire pour sécher 100 quintaux de racines vertes. Au sortir de l'étuve les racines sèches passent dans un fourneau où elles sont arrosées avec de la mélasse; la quantité qu'il en faut emplover, la température que 1 on doit donner et la durée de l'opération dépendent de la qualité et de l'état des racines. On est guidé ordinairement par des signes que l'expérience et la pratique apprennent à connaître : les racines vernies Dont plus besoin que n'être réduites, dans un moulin, en poudre qui ne doit pas être

trop fine et que l'on met par petits paquets dans des cyhndres ou eartoucnes de papier contenant chacune 2 onces; on se sert pour tasser la pondre dans les cartouches d'une machine qui en bat un grand nombre à la fois; il est rare qu'on obtienne en café plus d'un dixième du poids des racines vertes, nettovées et coupées. Cette fabrication, qui est très active à Onnaing (Nord) quia été son berceau, à Marvoilles, près Avesnes, et autres lieux, commence en octobreet finit en janvier. On prépare aussi, à peu près d'après les mêmes principes, du eafé-^hâtaigne qui est un mélange de betteraves séchéeset arrosées d'huile d'olive, puis de châtaignes sèches. Ce mélange est ensuite brûlé comme du café ordinaire, mais avec beaucoup de précautions, puis, lorsqu'il est froid, moulu et enfermé dans des vases de terre dans lesquels on l'expédie. On a établi aussi en Hanovre plusieurs

grandes fabriques pour la préparation du café e seigle qu'on préfère dans ce pays au caféchicorée. Pour préparer ce café^ on fait macérer le seigle pendant une nuit dans l'eau froide, on fait écouler cette eau qn'on remplace par de la fraîche qu'on chauffe aussitôt jusqu'au point d'ébuUîtion. Quand les çraius ont crevé, on jette le tout sur une passoire et on lave à 3 reprises différentes avec de l'eau bouillante. Lorsque l'eau est suffisamment écoulée, on sèche les grains soit au soleil, soit sur une plaque chauffée ; cette dessiccation doit être rapide. Alors on les brûle comme le café et au même point, on les met en poudre et on les conserve dans des pots fermés d'un couvercle. On prend ordinairement 2 onces de cette poudre pour 8 tasses, et on fait bouillir un quart d'heure; quelques personnes y ajoutent 1 à 2 grains de sel. Mêlée avec du café ordinaire, cette boisson est, dit-on, agréable.

rfous mentionnerons encore la fahricatiof^ de la moutarde comme une de celles qui se rattachent à l'agriculture. On peut construire un moulin d'une manière bien simple, en prenant une petite futaille qu'on défonce a'un côté et au fond de laquelle on fixe une meule en granit ou en pierre dure, de manière qu'elle ne puisse pas tourner; on place ensuite dessus une autre meule mobile et tournant autour d'une cheville implantée au milieu de la meule dormante. Sur le côté de cette dernière est solidement fixée nue autre cheville ronde en fer qui^ à l'aide d'un étui de bois dont elle est environnée, sert de manivelle pour la faire tourner. Un couvercle en bois recouvre cette meule mobile, et une gouttière placée sur le côté, au niveau de la surface supérieure de la meule inférieure, sert à faire tomber la moutarde broyée. Avant de moudre la graine de moutarde, on la vanne, on la lave et on la laisse gonfler pendant 12 heures pour rendre le broyage plus facile. Cette graii^ étant ensuite broyée, on la repasse pour l'obtenir plus fine, et enfin on la passe au tamis de soie. On prend alors un demi-kil. de cette farine, on y ajoute un peu de sel mariDi.on la remet dans le moulin, en l'arrosant petit a petit avec du vinaigre, en la broyant toujours jusqu'à ce qu'elle forme une pâte fine, homogène et d'une consistance fluide, qu'on cooserve dans des pots scellés avec un bouchoo

PRODUITS DES VÉGÉTAUX

de liëge ou avec une vesùe. On ^oute souyent à la moutarde du sucre, du mieU des clous de girofle et autres épiceries, ainsi que de TestragoD, des anchois, etc. A Turenne (Corrèze), dont la moutarde est très renommée, on emploie, au lieu de TÎnaigre, le moût de raisin rapproché au tiers par Pébullition. En* fin, on prépare aussi des moutardes qu*on aromatise avec des essences de cannelle, de thym , etc. Le soin qu'on mettra dans la préparation et le choix des ingrédiens peuvent seuls donner un produit de bonne qualité et le faire rechercher par les consommateurs.

Les poii qu'on forme avec la racine d*iris pour le pansement des cautères se faisaient autrefois exclusivement eu Toscane. Plusieurs villes de France se sont emparées de cette industrie; nous citerons en particulier La Ferté-sous-Jouarre ( Marne), où il s'en fabrique une très grande quantité, et Caromb,à2 lieues de Carpentras ( vaucluse). La racine de Tiris de Florence (iris fiormtina ) est tubéreuse, disposée en morceaux plus ou moins longs, in^ux, assez pesans, aplatis et à surfaces raboteuses. Sa couleur est blanche à Tintérieur comme à Textérieur, et auand elle est aèche, elle a une odeur agréable de violette. Cette racine ne se récolte aue la 8* année de la plantation, et aussitôt quMle est arrachée de terre, on la dépouille de son écorce et on rétend sur des nattes de jonc pour la faire sécher au soleil et quelquefois au four. I^s pois à cautère se fabriquent sur le tour, et, suivant que les morceaux de racines sont pi us ou moins sains, on fait des pois plus ou moins gros. On assortit ensuite les dinérentes grosseurs au moyen de cribles. Ces pois sont ensuite enfilés et livrés au commerce. Les débris que donne le tour sont vendus aux parfumeurs et aux pharmaciens, qui font entrer Tiris dans diverses préparations. On estime à plus de 20 millions le nombre de ces pois consommés annuellement en France.

La glu, qu'on fait à Saint-Loup (Haute- Saône), à Saint -Léger- de- Fourcheret, près Avallon (Tonne), et dans quelques autres localités, est, comme on sait, employée à la chasse des petits oiseaux et pourrait servir à des usages bien plus étendus en horticulture et dans féconomie domestique, pour prévenir les attaques des chenilles et des insectes. C'est avec la seconde écorce du houx, lorsque cet arbre est eu sève, qu'on fabrique la glu. Cette écorce ayant été enlevée, on la laisse macérer pendant quelque temps à la cave dans des tonneaux; puis on la bat dans des mortiers jusqu'à ce qu'elle soit réduite en pâte. On lave celte p&te à grande eau, et, pendant le lavage, on la pétrit a plusieurs reprises. Alors on la renferme dans des barils pour la laisser se

Ï>erfecUonner. en enlevant de temps à autre *écume qu'elle rejette, ainsi que les filamens ligneux qu'elle contient encore. Enfin, quand elle est pure, on la met dans un autre vaisseau pour l'usage ou pour l'expédier.

Une fabrication à laquelle il est assez facile de se livrer, c'est celle de Vamadou^ cette substance sj[)ongieuse et très combustible qu'on emploie pour se procurer du feu avec la pierre à fusil et le briquet, ainsi que pour arrêter l'écoulement du sang des petits vais-

seaux. L'amadou se prépare avec une espèce de champignon , appelé agaric du chêne, bolet amadouvier (boleUêigniariuiy B. fomentartiM, l,.polypwru$igniariu»^ Fers.). Ce bolet, croit sur le tronc des vieux chênes, ormes, des charmes, des bouleaux, des noyers, etc., est épais au milieu et a la forme d'un sabot de cheval. Il est couvert supérieurement d'une écorce dure d'un brun foncé, presque lisse, sous laquelle se trouve une substance d^m brun clair, fongueuse, assez molle, douce au toucher et comme veloutée. Toute la partie inférieure est ligneuse. La récolte des bolets se ûdtau mois d'août ou de septembre. — Pour préparer Vagarie^ on commence oar emporter soigneusement avec un couteau l'éoorce qui recouvre le champignon et toutes les parties ligneuses qui entourent la substance fongueuse. Cette substance est ensuite coupée en tranches minces que l'on bat au marteau pour les amollir. On continue à battre jusqu'à ce qu'elle devienne douce, molle et facile à rompre avec les doigts. Dans cet état, l'agaric est livré au commerce ou aux pharmaciens et peut être employé pour arrêter les hémorragies.^ Pour en faire de l'atnodoy, on épluche et on coupe le bolet, comme précédemment; puis on le dispose par couches dans un tonneau sur lesquelles on place un couvercle qu'on charge d'une pierre. Dans ce tonneau, on verse une forte lessive de cendres filtrée, ou mieux une dissolution de potasse, dans la proportion de I livre de cet alcali pour 25 de champignons. Après une macération de 2 h 3 semaines en été ou d'un mois en hiver dans un cellier, on en retire les tranches de bolet, ou les laisse égoutter, puis on les bat sur un bloc de bois avec un maillet également en bols jusau'à ce qu'elles forment des plaques unies et d une mince épaisseur. Alors onles sèche, puis on leur donne la flexibilité et la mollesse nécessaires, en les manipulant pendant longtemps et en tout sens entre les mains. Souvent on ajoute à la dissolution de cendres ou de potasse du salpêtre ou nitrate de potasse, dans la proportion de 1 liv. pour 30 a 50 liv. de bolet pour augmenter sa combustibilité. On pourrait se servir, pour le même objet, d'une dissolution d'extrait de saturne ( sousacétate de plomb), ou mieux, de chlorate ou de chromale de potasse. — Pour préparer Tamadou noir on teint quelquefois le bolet avec des dissolutions de bois de teinture, de noix de galle et de sulfate de fer. Dans ce cas , on ne le passe pas dans la lessive alcaline, on se contente de le plonger dans la dissolution de salpêtre à laquelle on ajoute les matières colorantes. Un moyen plus simple, et qui augmente en même temps sa combustibilité, consiste à le rouler dans de la poudre à canon. Il parait que dans quelques endroits de l'Allemagne on cultive le. bolet amadouvier. Pour cela, on plante, dans des endroits humides» des hêtres qu'on recourbe ensuite jusqu'à terre et qu'on couvre de gazons pour les maintenir dans un état constant d'humidité. Ces dispositions favorisent tellement le développement des bolets que, dans l'année, on peut en faire plusieurs récoltes

Une autre application utile des plantes cryptogames a été proposée récemment par M. de Brebissom, qui a démontré qu'on pouvait, avec

474 ARTS AGRICOLES : FABRICATIONS £T INDUSTRIES DIVERSES, lit. tv.

la chair des champig;iioiis subéreui appelés froleti onpolypartij former des utompeê qui remplacent avec avantage celles de papier, de peau ou en liëge dont se servent les dessinateurs. Celles fabrîauëes parM.de Brebisson étaient faites avec le polypore du bouleau, dont la chair est moelleuse, a un beau blanc et se taille facilement. Il en a fait aussi avec les poly pores odorant et amadouvier. Ces estompes sont préférables à celtes de papier, qui sont dures, et a celles de peaiK qui ne peuvent être taillées en pointes aussi fines, et enfin è celles en liège dont la substance présente souvent des points ligneux assez durs qui déchirent le papier. On pourrait très bien, dans les pays où ces champignons abondent, essayer cette petite industrie nouvelle.

Dans les pays où croît le chêne-lUge^ près des grandes villes ou des pa^s de vignobles, on peut s'adonner à la fabrication des bouchons de toute espèce, des semelles et autres ouvrages en liège qui n'exigent que bien peu d'outils. '

Nous ne parlerons plus, à l'égard des produits extraits des végétaux, que de larécolte et du raffinage du tartre. Tout le monde sait

aue, dans les tonneaux où Ton consejrvele vin, se forme sur les parois de ces vases unecouche ou croûte cristalline plus ou moins rouge et épaisse qui est connue sous le nom détartre. Le tartre a l'état brut est blanc ou rouge, suivant qu'il provient de vins blancs ou de vins rouges; mais ces 2 espèces ne diffèrent eu général Tune de l'autre que par la matière colorante. Dans les pays de vignobles où l'on récolte une quantité assez notable de ce tartre, on peut le vendre en cet état à des raffineurs ou au commerce. Cependant il est probable qu'on pourra le placer plus avantageusement en lavant à Teau froide les cristaux de tartre pour leur enlever une pai*tie de la matière colorante qui les souille encore et dissimule leur poids. Si on recueil le une grande quantité de ce produit, on trouvera peut-être au profit à le raffiner, comme on le fait dans les environs de Montpellier.

Pour raffiner le tartre brut on le réduit en poudre dans un moulin à meules verticales, tels que ceux que nous avons décrits pour la fabricetion du cidre et des huiles ; puis on le fait dissoudre en le projetant par poignées et peu à peu dans l'eau nouillante contenue dans une chaudière de cuivre. L'eau étant saturée de ce sel, ce qu'on aperçoit quand elle n'en dissout plus, on laisse un moment reposer la solution pour que les impuretés tombent au fond , puis on la verse dans des terrines ou cristallisoirs. Par le refroidissement, il se dépose des cristatix d'un blanc roussfttre ou d'un rouge vineux, léger, qu'on peut \endre en cet état. Quand on veut raffiner entièrement ces cristaux, on les détache des ten*ines et on les redissout dans l'eau bouillante; lorsque la dissolution est faite, on délaie avec soin 4 à 5 p. 0/0 d'une terre argileuse et sablonneuse. L'argile s'empare de la matière colorante et se précipite avec elle ; alors on tire h clair la liqueur et on l'évaporé jusqu'à ce qu'il se forme à sa surface une pellicule cristalline. Ou la soutire alors dans des terrines où, par le refroidissement, le tartre qui est plus soluble à chaud qu'à froid se

dépose en cristaux blancs et demi-transparens qu*on nomme erèm de tartrt. Ces cristaux étant formés, on les enlève, on les fait égoutter et on les emballe, aussitôt qu'ils sont secs, dans des demi-barils de 2 à 800 kilog. ou des barils de 400 à 600 kilog. Les eaux au sein desquelles les cristaux se sont formés^ et qu'on nomme en chimie eaux-mtreê^ contiennent encore du tartre en dissolution; on s>n sert au lieu d'eau pure pour opérer la dissolution du tartre brut. La crème de tartre du commerce est un bitartrate de potasse, c'està-dire un sel dans lequel l'acide tartrique est en quantité double de celle qui sature la potasse dans le tartrate neutre ae cette base. La crème de tartre est employée dans la pharmacie, en teînturei dans le foulage des chapeaux, etc.

Sbction m. -^PrwMtt wMraéX,

Lee objets de eoutétlerUy tels que rasoirs, couteaux, ciseaux, instrumens cle chirurgie dont on fait un débit si prodigieux sont devenus dans plusieurs de nos départemens une source de richesse et de travail pour les po-

f>ulations agricoles. Cest ainsi qu'à Nogente-Roi, dans l'arrondissement de Chaumont ( Haute-Marne ). qui est le centre de la fabrication de la cotilellerie dite de Langres, ces produits donnent de l'occupation, dans plus de 100 villages environnans, à une multitudej de bras qui fabriquent chaque année pour plus de 800,000 fr.de coutellerie. Les communes aux alentours de Moulins et de Chatelleraut présentent la même activité dans ce genre d'industrie. La grosse coutellerie, à nu prix modéré, donne de l'ouvrage à plus de 6,000 personnes dans les environs de Thiers ( Puyde-Dôme). A Saint-Jean-du-Marché, à 8 lieues d'Epinal ( Vosges ), on réunit de même tous les objets de coutellerie fabriqués dans les villages voisins et qui consistent en couteaux de table et de poche, simples, de bonne trempe et à bas prix. Nontron (Dordogne) verse dans le commerce une quantité considérable de couteaux à manche de buis d'un prix modeste» et dan s les en virons de Saint-Etienne (Loire), on confectionne à des prix qui paraissent incroyables ces couteaux grossiers, il est vrai, mais assez bons, couuus sous le nom de jambetteê ou eustachee de boii^ et dont le plus i>auvre ménage peut aisément faire l'acquisition.

La fabrication des numvemene de pendulet est, pour nos départemens du Doubs et du Jura, un élément de richesse et d'activité industrielle. Là, il y a tpl village on tel canton, comme ceux de Morez et de Foncine ( Jura ), où tout le monde s'occupe à fabriquer des pièces qui entrent dans la construction de ces mouvemens de montres ou de pendules qui, sous le nom d'horlogerie de Comté eu ae fabrique, se répandent dans toute la France et à l'étranger, ou bien à forger des outile propres à fabriquer cea mouvemens et à l'usage des horiogers.

Dans plusieurs de nos départemens, les ha* bilans oes campagnes savent forger ei travail" 1er le fer. Nous ne citerons à cet égard que les habitans des environs d'Escarbotin, à quel* ques lieues d'Abbeville ( Somme ) , qui sont

GHAP. tP*

I19DUSTRIES MIXTES.

serruriers et ftbrfcpiept surtout des serrures, ainsi que des cylindres et des brockes pour les filatures.

Tïons pourrions qouter à ees exemples une foule de petites industries qui s'exercent sur les métaux, et que Thorame aes champs pourrait entreprendre sans difficulté. Contentons-nous à cet égard de mentionner encore la fabrication de la canetiUe ou fil métallique, en fer, laiton, argent fin ou faux, roulé en hélice comme un ressort à boudin et qui sert à faire des bretelles, des jarretières, des corsets, des chaînes légères, etc., et se fabrique sur une broche montée sur 3 poupées c|u on fait tourner avec une manivelle; la fabrication det bouda en fer à Tusage de la sellerie et de la quincaillerie^ etc.; celle d'une foule d'objets métalliques faits au balancier^ au lammotr^ au découpoir^ au /brel, d Vétampe^ etc.

Parmi les produits manufacturés avec les minéraux, il en est beaucoup dont Texploî* tatîon et le travail sont encore susceptinles d'occuper nos habitans des campagnes. A ce sujet nous donnerons seulement poiu* exemple quelques populations qui se distinguent par leur industrie dans diverses parties de l'Europe. Les habitans de Riya près le mont Rose dans les Alpes, à la source ae la Sésia, fiibriquent très en grand un petit instrument de musique en fer connu sous le nom de guimbarde dont il se fait un assez grand débit en Europe, et pour le moment une grande exportation dans les Amériques; ceux de Septmoncel , dans le Jura , déjà connus par leur fromage excellent, taillent avec beaucoup d'adresse, depuis un temps immémorial, les pimreM (meê et fauêna et Uê pierres noiree pour deuil; ceux de Saint -Aisnan, Meunes, Noyers, Couffi ( Loir-et-Cher ) , fa-

Sonnent les fierree d /UstI; ceux du bourg 'Oberstein aans le Palatinat , poliseent toutes les agates communes dont on fait des cachets, clefs de montre, tabatières , mortiers, billes, brunissoirs, etc. Au Yal-Sésia, dans le Valais, on fabrique au tour une grande quantité d'ustensiles de minage en stéatite ou pierre ollaire, sorte de pierre douce et savonneuse au loucher, qui se laisse facilement tourner et fournit des vases domestiques passant aisément par les alternatives du froid et du chaud sans se briser, et formant une poterie économique, saine, commode et du* rable dont on fait grand usage dans le nord de riUlie.

Sbciiou IY • — Industries mixtes.

Dans une multitude de localités, les habitans de nos campagpes se procurent un métier à tisser, et fabriquent» dans les momens où les travaux agricoles sont suspendus, des toilsi de chanvre ou de Zm, de cent qualités diverses ; des couvertures de laine ou des étoffes communes qui se consomment dans le pays. Dans le voisinage de tous nos grands centres de fabrications pour le tissage des étoffes ^ tels que Lyon, Tarare, Nismes, Reims, Mulhausen, Amiens, Cambrai, Yalenoiennes, Saint- Quentin, Rouen, Louviers, Elbeuf, Castres, Carcassonne, etc.. les habitans s'occupent généralement à mer la laine^ le chanvre^ le lin ou le coton ^ a dévider et retordre les fils ^ h les mettre en bobines ou en canettes, à tisser

des étoffeSy et à une multitude d'autres travaux nécessaires pour la confection de» étoffes, leur apprêt, leur teinture, leur emballage ou leur expédition. Citons deux exemples : il sort cle Rouen p année commune, 1,600,000 kilog. de chaînes et tissures destinées à être confectionnées par les tisserands répandus dans un rayon de 15 à 18 lieues dans le département de la Seine-Inférieure, d'une forte partie de celui de l'Eure et d'une grande

3 uantitédecommunes de l'Aisne, de la Somme, u Pas-de-Calais et de la Manche. Des facteurs ou commissionnaires de fabrique, au nombre de 220 à 230 portent et rapportent ces objets quand ils sont tissés, et Rouen verse tous les ans dans ces contrées 4 millions en numéraire pour payer les façons (enquête commerciale de 1834). A Quintin, bourg des Côtes-du-Nord, renommé par ses belles toiles, une ferme aux environs est une espèce de petite manufacture, et on trouve peu de maisons à la campagne où il n'y ait un ou deux métiers. Cest un moyen d'occupation pendant l'hiver pour des bras que I apiculture réclame dans la belle saison. Environ 70 ou 80,000 individus , de tout sexe et de tout âge, sont ainsi occupés à préparer, peigner, filer, tisser le lin, blanchir ses fils ou les tissus qu'on en fabrique {idem.)

Le peiqnage et le filage de la laine et la confection des objets tricotés à la main, procurent également de l'occupation et des profits aux habitans de cos campagnes, surtout près des villes ou bourgs qui, comme Troyes, Arcissur-Aube, Romilly (Aube), Yitry-le-Français et Châlonsr (Marne), Levardin (Loir-et-Cher), (^aumont, Vignory, Joinville (Haute-Marne), etc., s'occupent spécialement de la fabrication de la bonneterie.

Nous crovons que diverses autres espèces de tissages, tel que celui des rubans^ des galons, des étoffes de crtn, des tapis, des gazes et toiles métalliques^ etc., qui ne présentent pas plus de difficultés, peuvent de même être exécutés par la main de nos cultivateurs. Nous signalons encore , dans ce genre, la fabrication des lacets , sorte de rubans étroits, faits de plusieurs fils doubles et retors, entrelacés les uns aux autres au moyeu de métiers particuliers d'une construction fort ingénieuse que nous ne pouvons décrire ici. Des métiers analogues à ceux pour faire les lacets servent à fabriquer des cravaches^ sorte de fouet pour monter à cheval. Il est encore un très grand nombre d'ouvrages de mercerie y de passementerie faciles à exécuter , et qui sont susceptibles de donner un travail agréable aux personnes du sexe dans nos campagnes. A Neuilly en Thel, près Senlis, bourg de 1,200 habitans, les deux tiers d'entre eux s'occupent à dévider et retordre la soie et le coton à coudre, pour les marchands de Paris. Pendant les longues soirées d'hiver, les femmes de plusieurs communes du département de l'Oise confectionnent les 6outons de soie dont il se fait aujourd'hui une grande consommation pour les habits d'hommes, etc. la fabrication et le tannage des filets peut aussi, dans les lieux où la pèche est active, occuper dans les soirées d hiver les hommes, les femmes et les enfans.

On sait que la fabrication des dentelles et des blondes occupe une partie considérable de la

476 ARTS AGRICOLES : FARRICATIONS ET INDUSTRIES DIVERSES, uv. iv.

population de uos dëpartemens du Nord et du Calyados. Dans Farroodissement de Mirecourt (Vosges ) , il est aussi bien peu de ménages où les femmes n'occupent leurs loisirs à confectionner de la dentelle. Nancy est comme on sait le centre d'ëtablissemens de broderies communes en tout genre, qui donnent du travail à plus de 30,000 ouvrières dans les communes des environs. Metz, Lunëville, Pont* à -Mousson, Château- Salins, Recicourt, offrent aujourd'hui des établissemens du même Senre qui répandent le travail et Taisance ans tout le pavs oui les avoisine. Au Puj (Haute-Loire), la faorication des dentelles et des petites blondes à bon marché est devenue une ressource immense qui donne de Foccu-

rlionà près de 40,000 ouvrières qui emploient cet ouvrage les temps les plus mauvais de Tannée, ceux où elles ne peuvent se livrer aux travaux de Tagriculture. Malgré le salaire modique dont ces ouvrières se contentent (30 cent, par Jour), ce commerce verse dans le pays, frais déduits, une somme annuelle de 3 millions, qui appartiennent exclusivement à la localité.

Parmi nos populations industrieuses pour lesquelles ces travaux industriels sont une source de bénéfices et de profits, nous ne devons pas oublier les ingénieux habitans de Mirecourt et des environs (Vosges) qui depuis long-temps se sont emparés de la fabrication des instrumens de musique qu'ils répandent en grande quantité en France et en pays étran-

§ers. C'est là qu'on fabrique une multitude e violons, guitares, altos, violoncelles, contrebasses, etc. ; qu'on taille un à un au canif de luthier, des chevalets pour tous ces instrumens ; qu'on construit des orçues, des serinettes; qu'on fond, purifie et coule dans de petits cylindres de papier la matière résineuse appelée colophane et nui est emplovée à faire mordre les crins de l'archet sur les cordes des instrumens.

Citons enfin plusieurs petites industries où l'on travaille le bois, les métaux, la corne, l'ivoire, l'écaillé, les os, etc., et qui paraissent s'être fixées dans quelques localités où elles procurent aux habitans actifs qui les exploitent des bénéfices quelquefois assez importans. A Saint-Claude (Jura), on convertit, depuis nn temps immémorial, au moyen du tour, le buis, la corne, l'écaillé, l'ivoire et les os en une foule de petits objets connus sous le nom de toumerie de Saint-Claude, et que le commerce répand ensuite en quantité considérable dans toute l'Europe. Puivert, à 80 kilom. de Limoux( Aude), présente la même activité et livre à la consommation une multitude de sifflets, flûtes , robinets , ehantepleures , /<U- HOUX y etc. Un pèlerinage fameux à Notre- Dame -de -Liesse (Aisne) a donné l'occasion aux industrieux habitans de ce bourg et des environs de se livrer avec succès à la fabrication des croix, cœurs, bagues d^or et d^argent, erueijix de cuivre, bimbeloterie en tilleul, fleurs artincielles en papier coloré, etc. Ceux d'Harrcville, près Chaumont (Haute-Marne), se sont aussi adonnés à la fabrication des baaues et cornets dits de Saint-Hubert, industrie dans laquelle ils ont eu pour concurrens les habitans de Bazoilles- sur -Meuse (Vosges), qui,

commeeux,distribuentce8 produits dans toute la France. La fabrication des tabatières en carton et autres ouvrages en papier màdië occupe, dans la saison morte, les loisirs des habitans de la campagne dans la Moselle, surtout ceux de Sarraibe, près Sarguemines.Des chapelets en coco et en verroterie et des obiets émaillés sortent par milliers des mains des nabitans de Saumur (Maine-et-Loire) et des environs ; des tabatières en éeorce de bouleau nous sont envoyée par masses des Vo5ees,de la forêt d'Orléans, etc.; la toumerie dite de campagne^qm sert aux frangiers et aux passementiers, se travaille dans plusieurs petits villages de Seine-et-Oise et de l'Oise; des bois d^éoentail, de la dùminoterie^ des brosses à dents, de la tabletterie en nacre et en ivoire sont fabriqués surtout au Déluge, à Corbeil-Gerf, à La- Doissière, etc., et autres cantons de l'Oise. Enfin, des hmettes de toute espèce et de tout genre, en carton, en métal et en bms sont, pour le bourg de Songeons (Oise), une sorte de monopole qu'il semble s'être assuré pour long-temps.

Tous les objets de bimbeloterie, connus dans le commerce sous le nom d^oijeU ou jouets d^Àllemagne^ viennent, pour la majeure partie, de Rerchtolsgaden, près Salsbourg en Bavière, où l'on travaille l'ivoire, le bois, la ^ corne, les métaux pour les transformer en ' vases de toute espèce^ objets de bureau, easieUes, bottes à ressort, cuillers, pipes, objets sculptés, jouets d'enfant ae toute nature, etc. Dans tous les villages, aux environs de cette ville, il n'est pas un cultivateur qui ne travaille à l'on de ces produits industriels dans ses momens de repos, soit seul, soit au milieu de sa famille et même de ses plus jeunes enfaos qui l'aident dans ces agréables travaux. Chacun fait choix d'un genre particulier d'occupation dans lequel il atteint bientôt un haut d<^rë d'habileté : ainsi , les uns sont menuisiers ou sculpteurs, les autres tourneurs, peintres, doreurs, serruriers, dessinateurs etamsi de suite, de sorte que les produits si simples de leur industrie, qu'on livre à des prix si minimes, passent quelquefois dans 6 ou 7 mains et plus avant d'être portés à Rerchtolsgaden, à Scnellenberg et de là à Nuremberg et à Augsbourg, d'où on les répand dans le monde entier.

Les sculpteurs, tourneurs et tabletiers du Tyroket surtout ceux des montagnes calcaires qui environnent la vallée de Grœnen, ne sont pas moins célèbres par leur industrie, dont les produits vont jusqu'aux Indes, et répandent oha<]ue année plus de 200,000 fr. parmi les laborieux habitans de cette vallée.

Les tourneurs, fàbricans de jouets et d^korloges de bois, de la Souabe, dans les environs d'Ulm, ceux de la Forêt noire livrent aussi à la consommation une quantité considérable d'objets en bois qui leur assurent chaque année des bénéfices certains qui accroissent l'aisance des habitans de ces pays , oau vres mais industrieux.

A l'exposition des produits de l'industrie française, à Paris, en 1834, les habitans da bourg d'Oyonnax, près Nantua (Ain), avaient envoyé une foule de petits objets en hêtre, buis, os, corne, etc., d'un prix très bas et dont ils ont un débit considérable.

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