ARTS AGRICOLES : UTILITÉ DES ANIMAUX MORTS
animaax d« basse - cour, et notamment les porcs.
Dislocation des sabots, onglons, ergots, et leurs emplois, — On parvient de plusieurs manières à séparer des os des pieds la substance cornée qui la recouvre chez les chevaux, bœufs, moutons, etc. L*une des plus simples consiste à mettre oes parties dans reau,et les y laisser jusqu'à ce que la substance molle, pulpeuse, qui est interposée entre Tos interne et Fongle, soit distendue et presque délayée; en cet état, il suffit d'insérer une lame de couteau dans cet intervalle amolli en partie, pour opérer la séparation.
Sectio!! m. — Conservation y préparation et emploi de la chair^ du sang et lies os.
Chair musculaire; sa préparation^ ses usages. — Des essais réitérés sur la chair des chevaux les plus maigres et qui avaieut succombé à uu état maladif bien marqué, nous donnent la conviction que Ton ne court aucun risque, et que Ton recueillera, au contraire, des avantages certains en animalisant la nourriture des animaux de basse-cour avec cette viande cuite et légèrement salée; à cet effet, on la coupe en tranches, on la place dans Teau. et Ton maintient celle-ci à Tébullition pendant trois ou quatre heures dans une chaudière recouverte, dont la vapeur ne s'échappe qu*avec peine, le couvercle étant chargé d'un poids et posé sur un bourrelet de vieux linge.
Il n'y a aucun danger d'explosion dans ce mode de coction, connu sous le nom d^ cuisson à l'étouffée {\),
La viande est alors facile à diviser, à Taide
d'un couteau, d'un hachoir {fig, 53), ou mieux
Fîg. 63. encore de
râteaux à
dents ai-
fuës et courts manches.
(y^.54et 65). Mé- Fîg»S4. langée a-
vec trois ou quatre fois son volume da pommes* de- Fig. 65. terre cui-
tes (2) ou de recoupes, auxquelles
on peut ajouter l'eau employée pour la coction, elle constitue une excellente nourriture pour les chiens, les porcs et les oiseaux de basse-cour; simplement émiettée et mêlée avec deux ou trois fois son volume de grain, les poules la n)an|;enl avidement : ce régime parait les exciter à pondre; du moins
UV. IT.
trois essais, à des distances éloignées, ont donné ce résultat.
Cuisson des squelettes incomplètement décharnés. — Nous avons indiaué les movens de dépecer les animaux et d extraire la plus grande partie de la chair adhérente aux ossemens ; cette dernière opération est assez longue et difficile à pratiquer dans les cavités irrégulières, les intervalles et lesanfractuosités des os de la colonne vertébrale, du cou et des côtes ; elle deviendrait même impossible, en raison des frais de main-d'œuvre, pour l'exploitation d'un certain nombre d'animaux disponibles à la fois dans les établissemens d'équarrissage. Nous avons constaté en grand, dans notre fabrique, l'efficacité du procédé suivant, applicabble daos cette circonstance.
On const r ui t une chambre voûtée 0%.56) en Fig. 66.
bri c| Il us t rè*-cuites, rëun tes par des joi uis raïucei* en mort ici" fie chaux et ciment; un encadre m eut et une porte ou obturateur ^a foule, la ferment herniétîqiiementf à Vi\d^ d*; boulons h clavellos. Après qu'on y a *;nlm%é le plus §[rand nombre pos.sîble de carcasses charnues on ouvre le robinet çi'un InVctuen communication avecune ehau<i*èr€, afin d'y rnlroduire un jet de vapeur en qH^ntîlé àu disante potir pmduire une pres^loii coDstantft de deux ou trois pieds d eaiii c" moins de trois heures lacoclion est lerminéet et Ton peut diriger, à t'aide de robinets la vapeur dans «ne seconde chambre disposée comme celle-ci.
Les chairs ad lièrent es aux oasemeos s^eu détachent alors avet: la plus grande facilité, surtout avant que le refroidissement ^'* comiilèlcment effectué; l'eau condensée sin ces «y bris d'animaux entraîne les partiei^ d^*' soutes par l'élévation de la tem|iératiirLSD<^ tauunentde iû ^t^luiùte i\ec la graisse rtjaduf (lui de. Cette di^rnière substance e«l ïacîl*^ sii parer, puïst|u'ellc acquiert de lo cousi** laïkce en refroidissant, et quVI le su ru«g'?-Ô'' peut r «apurer i^nsuile par une fusion »*»y'' sa mment prolongée, Qua«it auliquideOT' liuoiîx, il est Irès-eonveuabie, soît pourtn»maiiser les alimens des animaux dome&ti(|^^i^^
(1) U dtjné de caisson nUle poar rendre la viande suffisamment friable, s'obtient très facile ment, à Taide de la vapeur» sons une pression de deux atmosphères. L'appareil digesteur, pour I extraction de la gélatine des os, serait égalemeat propre à cet usage. ^
(2) Les pommes-de- jsnt cuites sont plus nourrissantes que crues, parce que les enveloppes de la recule sont alors rompues.
CMA*. r. CONSERVATION , PRÉPARATION ET EMPLOI DE LA CHAIR, ETC.
Fig. 57.
et notamnieot des porcs, soil pour être mélangé avec de la terre sèche, et former ainsi un engrais actif.
De quelque manière que Ton ait fait cuire et divisé la viande, on pourra la rendre susceptible d*une longue conservation en la faisant ensuite dessécher le plus possible au four, ou sur des plaques en foute ou en tôle chauffées avec précaution, et, daus ce cas, en la remuant de temps à autre.
Cette opération utile» soit pour expédier an loin, soit pour conserver une provision disponible dans les momens opportuns, permet de porter plus loio la division ; il suffit, en effet, alors, de broyer cette matière devenue friable, sous le pilon, ou dans un moulin à meules verticales, ou même à Taide d*une batte en bois, comme on écrase le plâtre (1).
Préparation et usage du sang, — Cette substance, dont on ne tire généralement au* cun parli , relativement à la plupart des animaux lues dans les campagnes , et même dans les boucheries isolées et quelques abattoirs publics, est cependant une de celles qui peuvent élre le pius farilemenl applicables aux besoins de toutes les localités. Le sang des animaux qui périssent de mort violente, et probablement même de ceux qui meurent de maladie, peut entrer dans la confection des aliniens salubres et substantiels, tout aussi bien que celui du cochon , auquel cet emploi est exclusivement réservé dans notre pays.
On prépare en Suède pour les gens peu fortunés, un pain très-nutritif avec le san^ des animaux ne boucherie et la pâte ordinaire de farine de blé; il n*y aurait pas plus d'inconvëniens à destiner au même usage le sang delà plupart des autres animaux; mais, danstous lescas, pourquoi ne consacrerait-on pas à la nourriture des animaux de basse-cour un pain de cette sorte ? Il suffit, pour le préparer, d'apprêter la pâte comme à l'ordinaire, en employant, au lieu d*eau, un mélange liquide de moitié eau, moitié sang. Cette sorte de pain , coupé en tranches et desséché au four, constitue une très-bonne matière d'approvisionnement, et permet de tirer parti dune grande quantité de sang dont on pourrait disposer à la fois.
Il est toujours préférable de se servir, ponr cette préparation , de sang frais ; mais, y emplo}^àt-on même du sang un peu ferinente, il n'en résulterait pas plus d'accidens que de la clarification du sucre opérée avec du sang corrompu, car les gaz de la putréfaction se dégagent par la température de la cuisson du pain , comme dans Tévaporation des sirops.
L'un de ces procédés, décrit dans un brevet de MM. Paybn et Bocruer, fut d'abord appliqué à la fabrication des produits ammoniacaux; il consiste, à faire coaguler le sang par une température de lOO", soit directement à feu nu, soit à la vapeur; on extrait par une forte pression la partie Ûquide, puis
on fait dessécher à l'air libre, ou dans un séchoir à l'air chaud (Z^^. 67}, le coagulum divisé.
L'autre procédé mis en usage pour préparer selon la méthode de M.
Gay-Lussac la substance albumineu.se sèche, dissoluble, propre aux clarifications, consiste à séparer d'abord la fibrine du sang, puis à répandre le liquidée diverses reprises sur des
Ci les aérées de ûches menues, en bois dur, disposées entre les montans d'un bâtimentde graduation (^.58), ou encore dans
toutes les capacités d'un séchoir à courant d'air chauffe au-dessous de 60".
Un 3* procédé consiste à mettre dans une chaudière {fig. 69 ) en fonte ou eu tôle une
guantité de sang suffisante pour occuper une auteur de six à huit pouces; chauffer jusqu'à l'ébullition , en agitant sans cesse avec une spatule en fer, une petite pelle de fer, ou tout autre outil analogue.
Le sang ainsi traité se sépare en deux parties. Tune liquide dans laquelle l'autre se
(1) Une partie des tendons intercalés dans la chair, ainsi que les cartilages, résistent à ces moyens de pnlvérisatioii. U esi facile de les séparer à l'aide d'un cribk : on peut les réserver pour être vendu» aux fabricans de bleu de Prusse ou de produits ammoniacaux. On parvient à les diviser ponr les utiliser comme engrais en les faisant dessécher de nouveau daus le four jusqu'au point où légèrciui:ut torrdlé^UsdeTieuieBt friables*