‹ Maison rustique du XIXe siècleChapitre 38 sur 239 · LIT.R · texte numérisé non relu

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vent les utiliser directement pour l'engrais des terres en les réduisant en poudre grossière dans un moulin à crUndres cannelés.

Exposés pendant deux heures à la vapeur chauffée sous trois atmosphères de pression, ils deviennent très-faciles à diviser sous le marteau ou dans un moulin à meules verticales en fonte.

Broiement des 09.-^1, ^expérience a démontré qu'il est nécessaire de diviser les os pour en extraire convenablement la graisse et la gélatine: nous avons dit plus haut comment elle doit être obtenue, nous supposons donc ici que les os en sont privés.

Le moyen le plus simple et le moins dis-

Sendieux de premier établissement pour rayer les os en menus fragmens consiste à les frapper à Taide d'une masse sur un billot encadre ; voici la description des Ustensiles relatifs à ce procédé :

(Fi^. 72.) Plan et élévation du billot en bois dans lequel est encastrée une plaque de fonte taillée eu pointes de diamant.

^F^;7S.)Plan et élévation du cadre en bois qui entoure la plaque en fonte pour retenir les os lorsqu'on les frappe avec la masse.

(F^. 74.) Masse en bois dur, garnie en dessous d'une plaque de fer taillée en pointes de diamant aciérees, ou d'un grand nombre de clous à forte tète pointue.

Fig.74. Fig.78.

Fig. 75.

On s'est encore servi de machines à pilons; ceux-ci étaient termmés par une plaque en fer taillée en pointes de diamant, comme la masse que nous venons de décrire, et le fond du mortier présentait des barres en fer placées de champ, entre lesquelles les menus fragmens d'os se dégageaient sous la percussion.

^ La machine préférée en Angleterre consiste en deux cylindres à cannelures dentées

On termine le broyage en faisant repasser les os ainsi concassés entre deux autres paires de cylindres cannelés, en tout semblables, mais plus rapprochés et à dentures plus fines, une machine à vapeur est ordinairenenl appliquée à faire mouvoir ces trois paires de cylindres, qui exigent une grande force iDécanique.(f7^tfspour l'emploi des os broyés, liv. I"^, pag. 94.)

SscTioiff IV. — Préparation et emploi dt quelques autres produits des animaux.

Nous allons entrer dans quelçiues détails sur l'emploi que l'on pourrait faire de quelques autres produits qu'on retire des animaux morts et des préparations qu'on pourrait leur faire subir pour augmenter encore leur utilité ou les profits qu'on peut en tirer.

Crins, poils, laines, plumes, — Toute» ces substances peuvent être conservées par les mêmes moyens; on les fait dessécner ao four, après Vélre assuré préalablement que la température n'y est plus assez élevée pour opérer sur elles quelque altération; il suffit ensuite de les emballer dans des caisses, des barils ou tout autre vase bien clos et le plus sec possib1e;on aura plus de chances encore d'une Donne conservation, en les mettant en contact avec le gaz du soufre en combustion avant de les tirer du feu : pour cela, on fait, en écartant ces matières, iine place nette au milieu de la sole, on y pose deux briques, et l'on place dessus un pot à fleur ou tout autre vase en terre ou en fonte, percé de quelques trous au fond, dans lequel on a mis un morceau allumé ( la moitié, par exemple) d'une mèche soufrée. Dès que le soufre cesse de brûler, on se hâle d'emballer les substances qui ont été exposées à son action. Si Ton voulait prolonger pendant plusieurs années la conservation de ces obiels, il serait bien de renouveler, avani les chaleurs de Tété, la dessiccation et le soufrage que nous venons ' d'indiquer.

L'emploi des plumes est généralenlentcoD* nu, môme dans les campagnes; mais il est assez rare que l'on y emploie les procéd^ susceptibles de prévenir leur prompte détérioration. Nous doimerons plus loin la préparation des plumes à écrire, et nous ajouterons seulement ici que les plumes défectueuses et toutes celles qui ne peuvent servir ni pour les lits ni pour écrire seront aisément utilisées comme un excellent engrais, en les mettant dans des sillons creusés près des plantes et les recouvrant de terre.

f AF. f . PRÉPARATION ET EMPLOI DE QUELQUES PRODUITS DES ANmAUX. 71

JE.es crins longs, tels qae c«ui de U queue des cheTaox dits à tous crins^ doivent être mis à part comme ayant beaucoup plus de irmlenr que les crins courts; ces derniers ne serrent qn*k filer des cordes, à rembourrer des coassiDs, meubles de siège, selles de che- ▼aax« etc., tandis que les premiers s'emploient dans la confection des étoffes de luxe dont le prix est assez élevé : la fabrication des étoffes de crin acquiert beaucoup d'extension, et déjÀ la matière première lui manque en France. Si les babitansdes campagnes préféraient faire usage des crins plutôt que de les vendre, il leur serait très-facile de les filer, soit par eux-mêmes ou par des gens du métier, en cordes d*une erande solidité, trèsdurables lors même quelles sont exposées aux intempéries des saisons; sous ce rapport, les cordes de crin sont très-convenables pour étendre le linge, auquel, d'ailleurs, elles ne communiquent pas de traces brunes, comme cela arrive avec les cordes de cbanvre altérées par rhumidité. S'ils voulaient préparer le crin pour rembourrer quelques meubles, ils l'exposeraient à la vapeur de Teau bouillante en tresses, qui, après le refroidissement, conservent les formes ondulées, utiles pour le rendre élastique.

Les soies de cocbon, que Ton extrait, en quelques endroits, après l'écbaudage de ces animaux, peuvent être assimilées aux crins courts et vendus comme tels aux bourreliers et fabricans de meubles ou aux apprêleurs de crins.

La bourre, ou poils de diverses peaux, enlevée à l'aide d'une macération dans l'eau de chaux , sert à la sellerie grossière et à fabriquer les feutres pour doublage des vaisseaux; mais cette matière de peu de valeur ne peut guère être obtenue que chez les tanneurs : il en est de même des déchets des peaux tondues. Au reste, beaucoup de peaux de petits animaux, n'ayant de prix qu'en raison de leurs poils, et les autres pouvant être vendues sans en être débarrassées, il convient, en général, aux sens des campagnes que toutes les peaux ou'iis pourront se procurer en dépouillant les animaux morts soient conservées avec leurs poils, comme nous le verrons plus loin.

Fers, chus. — Les bœufs, chevaux, ânes, mulets sont souvent munis de fers plus ou moins nsés lorsqu'ils meurent ou sont abattus. Les vieux fers qui ne peuvent être forgés seuls sont encore très-utiles aux forgerons; on les chauffe fortement trois ou quatre à la fois, on lessoudeen les corroyant ensemble au marteau, et les fers neufs, ainsi que les autres ouvrages de forge qui en résultent, sont fibreux, d'excellente onalité, et aucunement sujets à casser. Ce fer corroyé est très-

§ropre au service de la grosserie ( ferremens e charronnaee ) , en raison de sa grande ténacité. Les clous arrachés des pieds de ces animaux s'emploient utilement, sous le nom de rapointés, pour hérisser les pièces de bois qui aoivent être recouvertes de plâtre ou de mortier; on s'en sert dans plusieurs provinces, et surtout en Auvergne, pour ferrer les sabots et rendre cette chaussure plus durable; ils peuvent servir à fixer les loques, au moyen desquelles on palisse les arbres à

fhiit le long des murailles et k quelques autres usages des clous à tète.

Cornes, sabots, ergou, ongio¥u, etc» — Tous ces produits des animaux sont formés d'une même substance : aussi ont-ils plusieurs usages communs; leur couleur et leurs dimensions les font seules différer d'utilité dans quelques emplois. Le premier soiu k prendre après les avoir rassemblés est donc de les assortir suivant ces caractères physiques. Ainsi , on mettra ensemble tous ceux de ces objets qui offriront à peu près la même nuance et la même grandeur; ceux qui, étant à la fois le moins colorés et les plus mnds, n'avant d'ailleurs aucune sorte de défectuosité, auront la plus grande valeur; réciproquement, les plus Petits et les plus colorés, comme ceux qui offriront des déchirures, des trous, des entailles ou des formes trop irrégulières, ne pourront se vendre qu'à un prix moindre; toutefois, parmi les plus grands, on mettra k part ceux qui seront sans défaut, et on réunira en un seul loi tous les défectueux; les cornes et les sabots peu colorés, mais difformes, seront aussi mis de côté; enfin, on réunira tous les petits ergots et les rognures ou fragmens de très-petites dimensions.

Tous les sabots, cornes, onglons entiers se venden t aux aplaUsseurs, qui les préparent pour la fabrication des peignes et autres objets en corne ; ceux qui sont défectueux ne sont propres qu'à la préparation de la poudre et râpure de corne blonde ou brune; enfin , les déchets, menus fragmens et petits ergots s'emploient par les fabricans de prussiate de potasse : il est probable qu'on trouvera moyen de les employer dans la tabletterie, et qu'alors il sera utile de les assortir suivant leur nuance.

La préparation de la pondre et de la râpure de corne est si simple et si facile, que les habitans des campagnes ne peuvent manquer de s'y livrer avec fruit : il suffit, en effet, de saisir l'objet qu'on veut diviser ainsi, entre les mâchoires d'un étaa, sous le valet d'un établi, ou même entre deux morceaux de bois serrés par une corde, puis d'user la corne ainsi maintenue, à l'aide d'une forte râpe; la râpure o- oome divisée est recueillie, et lorsque l'on on a amassé une certaine quantité, on peut la vendre aux tabletiers : il conviendrait de la tamiser préalablement, afin de donner plus de valeur à la poudre plus fine, et de tirer ainsi un parti plus avantageux de la totalité. On doit éviter avec soin de répandre de l'huile ou des matières grasses sur cette poudre, et même d'y mêler tout autre corps étranger, qui, pouvant s'opposer à son agglomération, la rendrait impropre à la fabrication d'objets en corme fonaue.

Quant aux fragmens de cornes, de sabots et d'ongles, trop pen volumineux pour être employés entiers on réduits en râpures, on parviendra facilement à tirer parti de ces débris en les nettoyant à Feau froide, les divisant grossièrement à l'aide d'un hachoir, couperet ou couteau, les mêlant avec un quart de leur volume de râpure de cornes , passant le tout dans de l'eau bouillante ou de la lessive faible pendant une on deux heures, puis les maintenant comprimés pendant

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