ARTS AGRICOLES : UTIUTÉ DES ANIMAUX MORTS
une heure dans un cercle de fer entre deux disques chauds en même métal. Go atteindra la température convenable en faisant chauffer presque au rouge naissant ces dis(|ues, qui doivent avoir de six à neuf lignes d'épaisseur ; puis les plongeant pendant une seconde dans i eau froide au moment de s*en servir.
Le cercle ou moule, dont nous venons d'indiquer Tusaçe, sera tout trouvé en em-
Sloyant ces demi-boltes de roues enfoncées ans le srros bout des moyeux; elles seront même tres-propres à cet usage. Après un long service, la rorme conique de leurs parois facilitera la sortie de la galette qu'on y aura moulée.
Les deux disques en fer seront découpés dans des rognures de tôle ou forgés avec quelques morceaux de ferraille.
On pourrait obtenir une pression suffisante a l'aide de coins en bois serrés dans l'intervalle de deux pièces de bois; mais on se procurera sans peine une presse plus commode et peu dispendieuse , soit en faisant usage d'un étau de serrurier dans les momens où il est libre, soit en taraudant avec la filière d'un fort boulon le haut ( renforcé en cet endroit) d'une bande de roue con* tournée en forme d'étrierj on serrerait le boulon avec une clef ordmaire; quelques fragmens de fer ou de fonte posés sur le disque supérieur recevraient la pression directe et la transmettraient à la matière renfermée dans le moule.
Les galettes ainsi préparées sei*ont facilement réduites en rapure et vendues avec avantage aux tabletiers et fabricans de boutons, ainsi que nous l'avons dit plus haut
Ce dernier travail pourrait occuper des enfans et même des aveugles. La même presse, dont nous venons d'indiauer la construction simple servirait à l'aplatissage ciaprès décrit aes grands morceaux de cornes
ergots susceptibi donner des moi*ceaux d'une étendue de deux à trois pouces au moins, en tous sens ; on supprime d'un trait de scie le bout plein des cornes; on les fend, de même que les erjgota, à l'aide d'une scie à main ou d'un ciseau mince à tranchant, dans leur courbure interne; on les plonge dans l'eau, qu'on fait chauffer à Tébullîtion pendant environ une demi-heure; elles sont alors assez amollies pour être ouvertes et développées à l'aide de tenailles ou de coins en bois; on les soumet, ainsi étendues, à l'action de la presse entre des plaques en fer un peu plus grandes qae ces cornes, développées et chauffées comme nous Tavons dit. On peut mettre en presse à la fois cinq ou six cornes, en ayant le soin d'interposer entre chacune d'elles une plaque en fer ; on conçoit que, pour cette opération, la virole ne saurait être employée,
Suisque l'étendue des morceaux comprimés oit varier librement, afin qu'ils s'aplatissent sans obstacle.
Les cornes aplaties se placent avec avantage chez les fabricans de peignes et les tabletiers ; elles trouvent un débouché trèsfacil<f à différens prix, snivant leur nuance et leui-sdituensions.
UV. IV
Peaux, — Cette partie est l'une de celles qui ont le plus de valeur dans les animaux morts : en effet, depuis les peaux de taupes et de rats, que les tanneurs apprêtent pour certaines fourrures, celles de lapins, de lièvres, dont les chapeliers extraient le poil, jusqu'aux plus grands cuirs, aux toisons les plus estimées et aux fourrures les plus précieuses, toutes les peaux peuvent se vendre avantageusement Lorsque les établissemeDS manufacturiers dans lesquels on travaille les peaux sont peu éloignés, on peut les y porter toutes fraîches; les plus grandes s'y vendent au poids.
La conservation, et, par suite, le transport des peaux à des distances assez considérables sont faciles; il suffit généralement d'en éliminer le plus possible les substances cha^ nues ou grasses adhérentes, puis de les étendre à Tair jusqu'à ce que leur dessiccation soit complète; cependant, lorsqu'il s'agit de les garder long-temps, et surtout afin de pouvoir en accumuler une quantité de quelque valeur jusqu'au moment de les expédier, il est utile de les imprégner d'une suostance antisepti<)ue; à cet effet, on peut suivre l'un des procédés économiques suivans :
V Les peaux destinées aux tanneurs se conservent assez long-temps, et même se transportent humides ( dites à l'état vert), en les imprégnant d'un lait de chaux léger fait en délayant environ une demi-livre de chaux éteinte en pâte dans deux seaux d'eaa«
2*" Lorsque les peaux sont desséchées, on les suspend dans un cabinet clos ; on place dans une des encoignures un tesson de vase en terre contenant quelques copeaux saupoudrés de soufre; on les allume, puis on ferme la porte le plus hermétiquement
f possible; l'acide sulfureux, qui s'introduit à l'aide d'un peu de vapeur d'eau) dans les poils et le tissu de la peau, les défend assez long-temps de toute altération sponUnée, comme des attaques des insectes : ce moyen sera d'autant plus efficace, que Ton pourra enfermer les peaux dans des vases mieux clos, imunédiatement après cette fumigation. Il serait utile, dans certains cas, de renouveler cette opération peu coûteuse.
3"* Lorsque les peaux seront à demi sèches, on les plongera dans un vase contenant une solution de sel marin ou d'alun en quantité suffisante pour qu'elles y soient complètement plongées.
La solution de sel marin et d'alun se fait en délayant dans l'eau froide du sel de cuisine ou de l'alun en poudre, que l'on y ajoute successivement par poignées, en agitant de temps à autre, jusqu'à ce que la solution soil complète. Il faut employer environ un douzième du poids des peaux en sel, ou moitié de cette quantité en alun : un vase en fès, un seau, un baquet, etc., sont propres cette opération.
Lorsque les peaux ont été trempées ainsi pendant trente-six à quarante-huit heures, on les étend à l'air sec ou dans un lieu chauffé
f>ar uii poêle pour les faire dessécher, et on es renferme dans des caisses ou des tonneaux, et on les garde dans un endroit sec jusqu'au moment de les expédier. Si l'on devait trop tarder, il conviendrait de les expo-
cBAP. r. PREPARATION ET EMPLOI DE QUELQUES PRODUITS ANIBIAUX. 7t
Ce procède 8*appUque avec beaucoup d'ayantage à rassainissement des plumes de
ser à la vapeur de la combustion du soufre, comme nous Tavons indiqué ci-dessus. Les peaux de bœufs, bouvilluns, vaches, gë* Disses, chevaux, mulets, ânes, veaux, se vendent aux tanneurs et hongroyeurs; celles de chèvres, chevreaux, de moutons (tondus) , d^agneaux, cerfs, biches, etc., sont achetées plus particulièrement par les mégissiers. Les maroquiniers achètent en générai les plus belles parmi celles de chèvres et de moutons.
Les peaux de moutons, desquelles on n'a pas extrait la laine par la tonte, se vendent aux négocians laveurs de laine; celles des lapins, des lièVfes sont livrées aux chapeliers sans autre préparation que d*avoir été desséchées, étendues à Pair, le poil en dedans, et avec le soin d'éviter que le sang et tout autre liquide animal se répandent sur les poils.
La plupart des autres peaux se vendent aux fourreurs.
Débourrage des peaux, — Les peaux à poils ras (celles des chevaux, bœufs. &oes, mulets, etc.), qui ne s'emploient généralement que débarrassées de leurs poils, peuvent être débourrées facilement par les sens de campagne ; il leur suffira , en effet, de plonger ces peaux dans de la lessive qui a servi au lessivage du linge , et de les y laisser macérer jusqu'à ce que le poil s*arrache trèsfacilement Si Ton a Toccasion de changer le liquide une fois ou deux pendant la macération, celle-ci sera plus promptement terminée et les poils seront plus propres; ceux de bœufs, ainsi traités, seront mieux disposés à servir pour rembourrer les selles, comme pour fabriquer des couvertures grossières et le feutre des doublages de navires.
A défaut d'eau de lessive, on peut se servir d'un lait de chaux contenant environ trois kilogrammes de chaux pour cent kilogrammes d'eau.
Dès que la macération sera amenée au point convenable, on rincera les peaux en les changeant plusieurs fois d'eau ou les exposant à un courant d'eau vive ; puis on raclera sur une table ou un large tréteau toute la superficie extérieure avec un racloir à pâte ou tout autre outil analogue.
Les peaux débourrées seront étendues à l'atr, desséchées et expédiées ou conservées par les moyens que nous avons indiqués précédemment. Avaut de les faire dessécher, il serait bieu, afin de les rendre plus souples, de les mettre tremper, pendant deux ou trois jours, dans de l'eau blanche faite avec une poignée de recoupes délayées dans un demiseau d'eau.
A défaut d^autre usage, le débourrage des peaux forme un excellent engrais.
Apprêt et assainissement des plumes de lit, — Tious avons vu que les plumes destinées h remplir des enveloppes (lits de plumes, tiaversins, oreillers, etc.) peuvent être rendues faciles à conserver en les faisant sécher et soufrer au four; on atteindra plus sûrement encore le même but en les soumettant à l'action de la vapeur sous la pression de deux atmosphères et à la température correspondante, puis les faisant sécher et soufrer à I Veuve.
lits, qu'un long usage a fait pelotonner et un peu putréfier; elles reprennent k peu près leur volume primitif et sont assainies : dans tous les cas, il est convenable de battre les plumes avec des baguettes lisses pour en éliminer la poussière.
Graisse. — Lorsque la matière grasse a été extraite par la dissection, comme nous l'avons dit plus haut, on la taillade en petits fragmens gros comme des amandes environ; on en remplit une chaudière ou marmite , sous laquelle on allume du feu : à mesure que la graisse fond, elle s'écoule des cellules ouvertes du tissu adipeux; la température, en s'élevant, dilate et fait crever celles que le couteau n'avait pas tranchées. A l'aide d'une écumoire, on enlève sudcessivement les lambeaux de tissu cellulaire, en exprimant à chaque fois la graisse qu'ils recèlent encore par une pression opérée avec un corps arrondi, le fond d'une cuiller, par exemple.
Si Ton pouvait réunir de grandes quantités de matière grasse pour les fondre ainsi, il serait utile cTavoir une presse, afin d'extraire moins imparfaitement ce qui reste engagé dans ces fragmens écumes; dans tous les cas, ces derniers sont encore utilisés pour animaliser la nourriture des chiens.
Lorsque la graisse est ainsi épurée et fluide, on la décante à Taide d'une cuiller, on la passe à travers un tamis dans un baril ou dans un pot de grès; ce dernier doit être échauffé graduellement avec les premières cuillerées qu'on y introduit, afin d'éviter
Su*il ne se casse par un changement brusque e température.
Un procédé pour fondre le suif, qui est encore préférable sous le rapport de la quantité et de la qualité du suif qu'il donne, a été indiqué par M. d'Abcbt ; il consiste à mettre dans la chaudière, outre la substance grasse, de l'eau et de l'acide sulfurique dans les proportions suivantes :
Suif. ....... 1600 grammes.
Eau 760
Acide sulfurique. 24
On fait bouillir le tout ensemble, on laisse déposer lorsque toutes les cellules sont assez attaquées ; on décante l'eau à la partie inférieure ou le suif qui surnage, on passe celuici au tamis.
Si l'on voulait éviter les émanations trèsincommodes dégagées pendant cette opération, il faudrait recouvrir la chaudière d'un ^chapiteau, adapter au bec de celui-ci un serpentin, et opérer ainsi à vase clos la fonte du suif; on soutirerait le liquide aqueux par la vidange (ou robinet) inlérieure; on enlèverait ensuite le chapiteau pour terminer lopération, comme nous lavons dit cidessus.
Boyaux, — Les intestins grêles ou boyaux longs etdroits, ainsi que les cœcums ou boyaux courts, naturellement fermés d'un bout, les uns et les autres provenant des bœufs, vaches, moutons, chevaux, servent à la fabrication des boYoux insufflés que Ton exporte en Espagne, de la baudruche que les batteurs
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d'or emploient, des cordes harmoniques, des cordes à mécaniques, des contes à raquettes et à fouets, des cordes dites d'arçon, etc. On ne peut se livrer à ces industries que daus les localités où se rencontrent un assez grand nombre d'animaux abattus pour alimeuter constamment le travail de plusieurs ouvriers; mais partout on peut s'occuper utilement de préparer les boyaux, de manière seulement a ce qu^ils puissent élre transportés jusqu^aux établissenuins qui doivent les utiliser.
Dès qu*un animal est mort et qu'on a enlevé sa peau, comme nous l'avons indiqué, on doit se hâter de vider les boyaux désignés ci-dessus et de les plonger dans Feau fraîche, afin de les bien rincer; on enlève ensuite la graisse restée adhérente, en les raclant légèrement avec un couteau, afin d'éviter de les couper. Pour faciliter cette opération relati* vement aux grands boyaux, on attache un bout de 4 à 5 pieds à un bâton fixé horizontalement à 6 pieds de hauteur au-dessus du sol, et lorsque ce bout est dégraissé on le fait descendre en le remplaçant par la portion suivante du même intestm, et ainsi de suite, jusqu'à ce que toute la longueur ait subi cette sorte de nettoyage. On rince encore les boyaux, on les passe entre les doigts en les comprimant, afin de faire sortir le plus d'eau possible; on les étend sur des cordes pour les faire sécher. Lorsque leur dessiccation est à demi opérée, on les expose, dans une chambre close, au gaz du soufre en combustion, comme nous ravons indiqué plus haut; on les étend de nouveau pour achever de les faire sécher, on les plie tandis qu'ils sont encore souples ; on les expose une seconde fois à la vapeur du soufre, et, après cette opération, on les emballe dans des caisses pour les expédier.
Les pis de vache coupés au rez de la tétine, et préparés de la même manière, peuvent se vendre aux personnes qui s'occupent de fabriquer des oiberons pour l'allaitement artificiel.
Les intestins et leurs débris, ainsi que la chair musculaire et toutes les issues, excepté la vidange, peuvent encore être utilisés, durant tout le cours de Tété, par le développement de ces larves désignées sous le nom de vers blancs ou asticots dans les localités oà les pêcheurs à la ligne, qui s'en servent pour amorcer le poisson blanc et garnir leurs hameçons, en font une consommation assez grande, ou lorsqu'on peut les envoyer aux personnes qui s'occupent d'élever et de nourrir des faisans ou des poissons ; ces vers peuvent êlre employés à la nourriture des poules et autres oiseaux de basse-cour, en ayant le soin de leur donner alternativement des alimens végétaux; ils favorisent singulièrement le développement des dindons, petits-poulets, et de tous les jeunes oiseaux élevés dans les basses'Cours , et remplacent, avec des avantages marqués, les œufs de fourmi pour cet usage, de même que pour élever les perdreaux, les petites cailles, les rossignols, les fauvettes. Voici comment on favorise la production de ces vers à Montfaucon près Paris. On forme sur la terre une couche de détritus des boyaux, d'autres issues et de viande.
UV. IT.
ayant de 5 à 6 pouces d'épaisseur : on la recouvre de paille posée légèrement et en petite quantité seulement, dans le but de défendre de l'ardeur du soleil la superficie des matières animales. Bientôt les mouches, attirées par l'odeur, s'abattent sur la paille, qu'elles traversent pour aller déposer leurs œufs à la surface des débris des animaux. Quelques jours après, on trouve à la place des matières étalées une masse mouvante d'asticots mêlés d'un résidu semblable au terreau; on sépare à la main quelques lambeaux de matières animales ; on emplit à la pelle des sacs de ces vers, qui s'expédient ainsi et se vendent à la mesure.
Les pêcheurs à la ligne en font une grande consommation dans certaines localités, et les
{>aient souvent assez cher. Un des emplois es plus utiles que Ion puisse faire des asticots consiste à les donner aux poissons de& étangs; ceux-ci se développent et s'engraissent très-promptement avec cette nourriture. On peut obtenir ainsi 2 et 3 fois plus de poissons dans le même étang, et 8 à 10 fois plus de produits; car le défaut seul de nourriture diminue lé nombre de poissons, lorsque parmi eux il ne s'en trouve pas de voraces, et <]u'ils sont à l'abri des différens animaux ichlhyopbages.
Conversion des tendons et ropiures de peaux en coUe-forte. — La fabrication de la colleforte est une de celles qui peuvent très-Cacilement être mises à la portée des gens de campagne, et dont les produits sont consommés dans presque toutes les localités. Oo fait tremper dans un lait de chaux (formé d'uo kil. de cnaux vive éteinte en bouillie et délayée dans 60 kil. d'eau environ) les matières f»remières ci-dessus désignées, aussitôt qu'où es a extraites de l'animal , ou même desséchées, suivant les procédés décrits; oq renouvelle le lait de chaux tous les huit jours pendant un mois, et ensuite une fois par mois en hiver et deux fois en été. Eu préparant le lait de chaux plus faible de moitié, c'est-à-dire dans la proportion d'un de chaux pour 100 d'eau, ou peut prolonger leur conservation de cette manière jusqu'au moment de la saison favorable, et même pendant plus d'une année, si Ton veut attendre qu'on en ait amassé une quantité un peu considérable pour se livrer à leur traitement; toutefois, dans le deuxième mois, ces matières sont prêtes à être mises en œuvre.
Lorsqu'on veut commencer la fabrication, on vide les vases ( baquets, tonneaux, fosses glaisées ou cimentées, etc. ) de toute l'eau de chaux qu'ils contiennent, après l'avoir agitée pour mettre la chaux en suspension; on enlève les matières animales dans des mannes en osier, et on fes lave le plus exactement possible, soit en les agitant dans plusieurs eaux claires, soit, et mieux encore, en les exposant à un courant d*eau vive, et les re* tournant de temps à autre pendant 24 ou S6 heures.
On les étend ensuite à l'air sur le pavé ou
sur un pré ras, en couches aussi minces que
possible, et on les retourne une fois ou deux
en 12 heures, pendant 2 ou 3 jours.
Alors on procède à la cuisson , en emplis^a^^