‹ Maison rustique du XIXe siècleChapitre 48 sur 239 · OAP. 4*. REGLES PRATIQUES SUR LINCUBATION DES OEUFS · texte numérisé non relu

OAP. 4*. REGLES PRATIQUES SUR LINCUBATION DES OEUFS

qnaDtitë de Tapeur nécessaire à la tempéra

tare- La partie supérieure de la chaudière peut également pendant Tincubation recevoir des œufs placés sur du coton , mais dès que les poulets sont éclos , on enlève la ouatte et on ta recouvre d*une toile cirée pour en former une cage D, où Ton tient ces jeunes animaux pendant un jour on deux avant de leur donner à manger.

Sous le plancher du fojer est une poussinière garnie d'une peau de mouton P sous la- <]uelle les poulets sont logés chaudement jasc{u'à ce qu'on puisse les laisser vivre en plein air.

Tout Tap pareil Y qui est carré, octogone ou mieux de forme ronde, est entouré d'uoe enveloppe en bois ou en carton , dans laquelle il y a un certain nombre de portes à coulisses pour placer, retirer et retourner les œufs, enlever les poulets, enfin pour tous les travaux du couvoir. Un certain nombre de trous trèsfins, pratîaué^ à diverses hauteurs, servent à fournir rair^ nécessaire à la combustion , ainsi qn'à la ventilation intérieure. Enfin des ouvertures on peu grandes, garnies d'un verre mastiqué, permettent de voir dans l'intérieur de l'appareil sans qu'il soit nécessaire d'ouvrir chaque f6is les portes à coulisses. .

$ V. — De quelques autres méthodes d*incnbation.

On a essayé encore quelques autres méthodes pour faire éclore des poulets. Ainsi on a cherché à profiter de la chaleur perdue des fours de boulangers, de pâtissiers, des fours banals des villes et villages , etc. , et ou pourrait employer avec avantage celle qui se dissipe en pure perte chaque jour dans les fours, les fourneaux, les machines à vapeur, et dans une foule d'établissemens industriels, où l'on entretient continuelle meut du feu, et qui pourraient fournir une température égale, constante et très-écouomique.

On a également fait des essais daos de simples chambres chauffées par un poêle et garnies de tringles , où l'on suspend les paniers d'œufs plus ou moins près du foyer de chaleur, suivant le besoin. Ces chambres toutefois exigent des attentions continuelles pour être gouvernées convenablement.

Enfin M.D'ABCETa proposé de profiter de la chaleur des eaur^ thermales pour faire éclore artificiellement des poulets et des pigeons. Cette idée ingénieuse a déj[à été mise par lui avantageusement en pratique à Vichy en 1825 . et en 1827 à Chaudes- Algues.

Skction il — Règles orati^ues sur Vincubation des œufs et l'éaucaUon des poulets.

S r'. — De l'établissement des appareils; choix des oeufs.

L'appareil destiné à l'incubation des poulets sera placé dans un endroit calme, retiré, à l'abri des vents, des changemens subits de température , et surtout ciu bruit et des ébranlemens fréquens, qui sont contraires

au développement parfait des embfyons.

Quand on fera éclore des poulets pour les livrer régulièrement à la consommation, il sera convenable de ne garnir les appareils le premier jour que du nombre d'œufs nécessaires pour subvenir au débit journalier, et d'en ajouter chacun des jours suivans une quantité égale pendant les 20 premiers jours, puis ensuite de remplacer par des œufs les poulets éclos, afin d'obtenir journellement un même nombre de poulets, et d'avoir un travail régulier pendant toute l'année.

On doit faire choix des œufs les plus frais et rejeter tous ceux qui sont âgés de plus de 15 à 20 jours. Les œufs vieillissent plus tôt en été qu'en hiver. On doit préférer les plus gros parce qu'ils donnent les poulets les plus forts et les plus vigoureux. On rejettera ceux qui ont deux jaunes, ainsi que ceux qui eu sont privés ou qui présenteront d'autres accidens semblables. Tout œuf qui, vu par transparence à la lumière , a dans son intérieur un vide très-grand, qu'on peut rendre sensible par le balottement, est déjà ancien et n'est plus propre à être couvé. Il n'y a aucun signe appréciable pour s'assurer si des œufs ont été fécondés ou non ; la chaleur de l'incubation , qui donne aux matières trans* parentes et claires contenues à l'intérieur des œufs féconds, un aspect louche et opaque après un certain temps , peut les faire reconnaître. Un œuf non fécondé reste clair après plusieurs jours d'incubation , et quelquefois même tout le temps qu'elle dure, sans manifester des symptômes appréciables de putréfaction.

Les expériences entreprises par M. Giaoc DE BuzAREiNGuss, sur is rcproductiou des animaux domestiques, ont prouvé : 1** que dans une même basse-cour et avec une même race de volaille, les plus fortes femelles procréent un plus grand nombre relatif de femelles que les plus petites; 2^ qu'il n'y a pas de rapport certain entre le sexe du poulet et la forme de l'œuf; 3* que réclusion des œufs les plus petits est plus hâtive que celle des œufe les plus gros.

$ 11. — Manière de diriger rinenbation.

Les œufs ayant été choisis, on inscrit le quantième du mois sur le petit bout , et on les range dans le couvoir ou rétuve,avec les précautions indiquées. Les œufs étant placés, on ferme les ouverlures et les issues pendant un certain temps pour faire remonter la température, que Tintroduction des œiifs et l'ouverture de l'appareil ont di\ faire baisser, et, au bout de ce temps, on consulte les thermomètres pour la régler et la maintenir ensuite au poiut conveuable.

Une fois les œufs introduits, il y a quatre circonstances auxquelles il faut avoir égard pour bien diriger i'iucubation : la température des appareils , Tévaporation d'une portion des parties liquides de l'œuf, la respiration des poulets et leur développement normal.

La température, d'après tous les essais de Réaumur, doit être, autant une possible, de 32** R. (40 cent.) du thermomètre. Suivant ce

ARTS AGRICOLES : INCUBATION ARTinOELLE.

sayant,il ya plas à craindre pour les poulets d*uQe chaleur trop forte que d'uue chaleur trop faible; cependant une chaleur niomentanée de 38* R. (47 cent.) et même 40 R. (50 cent.) t ne parait pas leur être funeste, surtout s'ils sont encore éloignés du terme de leur naissance ; ces hautes températures sont plus redoutables aux poulets qui sont près de naître. Une chaleur supérieure à 32° qui règne dans Tétuve ou Te cou voir pendant tout le temps de Tincubation, fait éclore les poulets un et quelquefois plus de deux jours avant le vingt-unième. Une température trop faible parait généralement moins dangereuse pour les poulets à tous les âges, même quand elle se prolonge un certain temps. Ëntin, 8\joute-t-il,une température qui

Senclant toute la durée de rincuoation a été e 31*" R. (38** 60 cent.), ou un peu moins, fait éclore les poulets quelquefois un jour plus tard que sous la poule.

Ces résultats, que Réaumur devaità TobservaLiou dans des essais d'incubation faits dans ses fours, ne sont pas entièrement d'accord avec ceux annoncés par quelques personnes qui se sont occupées depuis lui de Tart de taire éclore artificiellement les poulets. Suivant les uns, la chaleur doit être entre 28"* et 32^ R., descendre rarement à 28**, monter encore plus rarement à 32**, et en moyenne, rester autant que possible à 30*". M. Lots, qui s'est beaucoup occupé en Allemagne d'incubation artificielle , assure que , d^près sa pratique, sur plusieurs sortes d'œufs d'oiseaux, la chaleur doit être progressive : mo* dérée d'abord, et commençant le premier jour par 4° R. , elle doit s'élever successivement de jour en jour jusqu'au milieu de l'incubation, où il faut la porter à 24'* (30"* cent) , et depuis cette époque jusqu'à la fin , à 30'' ou 31*, sans s'élever jus^u à 32'' R. D'un autre côté , Chaptal a cite un homme fort ingénieux de Montpellier, qui, en se livrant à cette industrie, avait, dit-il, remarqué qu'à mesure que le poulet se développait dans l'œuf, et que la circulation du sang s'établissait, la chaleur naturelle de l'animai augojentaitEn conséquence de cette observation, il éloignait insensiblement chaque jour du poêle ou calorifère qui chauffait son étuve, les paniers suspendus à des tringles qui contenaient ses œufs.

Ce qu'il y a de certain aujourd'hui , au milieu de ces opinions contradictoires, c'est que YïncubtLlïon peut asfoir Heu et réussir depuis 24'' R. (30* cent.) jusqu'à 36' R. (45° cent.) , mais que la température la plus convenable, celle qui donne les poulets en plus grand nombre, les plus sains et les mieux conformés, est celle de 31° à 32"* R. pendant toute la durée de l'incubation. Les physiologistes ont en effet remarqué qu'une température

2ui n'est pas convenable , ou qui offre des Iternatives fréquentes, développait trop rapidement, ou arrêtait dans sa marche le d^eloppement du système sanguin-respiratoire, et que dans le premier cas le poulet 8*atrophiait, ou périssait asphyxié dans le second, ou enfin présentait des disproportions bizarres dans les diverses parties ae son corps. La pratique au reste peut enseigner promptcuient le meilleur mode d'opérer.

uv.tv,

Lesœufs, abstraction faîte de leur coquille, perdent par l'incubation, suivant Réaumur, du 5* au 6* de leur poids par Vévaporation ou transpiration insensible qui s opère à travers la coquille d'une partie des fluides aqueux qu'ils contiennent. M. Geoffroy-St.- HiLAUB, en pesant des œufs entiers au commencement et à la fin de l'incubation , a trouvé, à peu de chose près, que cette perte de poids s^élevait au 6'; et M. Dumas, daDS des expériences très-précises, dit que ses œufs ont subi une diminution à peu près égale au 7® de leur poids. Ainsi, en ayant égard à ces résultats et à ceux obtenus par Proot sur des œufs non couvés, un œuf perd par l'incubation huit fois autant de sou poids au'il en perd pendant le même temps dans les circonstances ordinaires. Si cette évaporation nécessaire à l'évolution et à la respiration du poulet ne peut se faire à cause de l'humidité de l'atmosphère où les œufs sont plong^, ou si elle se fait trop rapidement par suite de la sécheresse de l'air qui les environne, on a remarqué , quand cet état avait duré longtemps, q^u'il se produisait alors des allérations très- variées dans le développement des poulets; que l'incubation échouait, ou que ces animaux naissaient mal conformés et doq viables. Il faut donc, autant que possible, entretenir dans les appareils une atmosphère imprégnée d'unequantité de vapeur moyenne et conforme à sa température en se servant de vases remplis d'eau qu'on place dans les couvoirs et surtout dans les étuves.

D'après les observations de plusieurs savans modernes, au bout de 15 h 20 heures d'incubation et jusqu'à la fin de celte opération, le poulet respire y et dès la 30* heure il possède les principaux organes qu'il doit conserver à l'état adulte. Cette respirations lieu au moyen de l'air qui se tamise au travers de la coquille et qui arrive au contact des membranes vasculaires de ranimai. En entravant , en suspendant ou en viciant celte respiration , on arrête le développement du poulet , ou bien les diverses parties de son corps se développent d'une manière inégale. On conçoitainsi qu'il est nécessaire d'environner les œufs d'une atmosphère pure et fréquemment renouvelée si on veut avoir des poulets bien conformés, ou si on ne veut pas les voir périr dans l'œuf.

Tous les jours les ovipares dans Fincubation retournent régulièrement leurs œufs, ramènent ceux du centre à la circonférence, et réciproquement. On doit imiter cette pratique et retourner chaque jour les œufs d'un demi ou d'un quart de tour , les changer de

fklace , c'est-à-dire mettre dans les endroit!» es plus chauds ceux qui étaient dans les places les plus froides des appareils, et réciproquemeut. Par cette manœuvre la respiration du poulet, qui s'exécute par toute la surface de la coquille, a lieu d'une façon plus parfaite, et la nutrition s'opërant d'une manière régulière dans toutes les parties de l'embryon , on a des poulets plus vigoureux et mieux conformés.

La plupart des appareils qne nous avons décrits ayant des régulateurs du feu, une ou plusieurs visites dans les 24 heures sont sufusautes, surtout dans les premiers temps de

OiAP. 4«. RÈGLES PRATIQUES SUH

llacobation. Mais il fout plus d'attention quand il survient des variations brusques de température dans Tatmosphère, ou quand ou a été obligé par une cause quelconque de changer ou de modifier Fallnre des couvoirs, ou enfin les jours qui précèdent la naissance des poulets et ceux ou ils éclosent*

$ m. ^Naissanoe des poulets.

Le terme moyen auquel les poulets éclosent est le 21" jour de Tincubation; ce terme, au reste, suivant les observations des naturalistes, peut varier beaucoup , par des causes, la plupart inconnues , comme on le verra par le tjibleau suivant des termes extrêmes et moyens de Tincubation des oiseaux domestiques.

OISB4DX DOHESTIQUES.

TSBMB

Upioi bibI*.

«7 S4 *4 sS

>f tg

Tnas

ordlntir*

Page 1