CHAPITRE VII. — ÉDUCATION des V£RS-A-80IB
Section V*
Histoire naturelle du ver-àsoie.
$ 1^. •— Description du papillon, de la chenille et de la clirysalide da veivà-soie.
Le papillon que produit le ver-à-soie appartient à une ramille très-nombreuse , désignée, par les entoaioloeisles, sous les noms de Bomby cites ou Bombyciens, Il fait partie du çeure jSom^jrx proprement dit, et il a été distingué sous le nom de Bombyx mori. Bombyx à soie. L'insecte parfait ou le papillon dont la^.lll A représente le mâle et la fig. 112 B la femelle, est reconnaissable aux caractères suivans : antennes peclinées, moins dans lesfemelies que dans les mâles, d'un brun plus ou moins clair; ailes blanches avec quelques lignes transversales brunes, les supérieures débordées par les inférieures dans le repos, et recourbées eu faucille, surtout dans le mâle.
Fig. 111 A, 112 B et 113.
Ta. chenille {fig. 113) que Ton nomme vul-
§ai rement ver-à-soie^ est pourvue de poils et 'une couleur noirâtre en sortant de l'œuf ; mais elle devient successivement lisse et de
Elus eii plus blanchâtre à mesure qu'elle suit les cnangemens de peau et qu'elle se rapproche du moment où elle devra filer sa coque pour se métamorphoser. C'est dans cet état qu'elle* est représentée de profil dans notre figure.
La chrysalide n'offre rien de remarquable , elle retrace les formes des principales parties extérieures du papillon. D'abord d'un jaune
Eâle, elle se colore de plus en plus en jaune runàtre lorsqu'arrive l'époque de la sortie ou de l'éclosion du papillon. Au reste, les caractères extérieurs du Bombyx mon à ses divers étals de chenille, de chrysalide et d'insecte parfait, sont trop généralement connus pour qu'il soit nécessaire d'insister sur leur description. Peut-être trouvera-t-on plus convenable que nous nous étendions davantage siir les particularités que présente son organisation intérieure. C'est, au reste, im point qui a été négligé par les nombreux auteurs qui ont écrit sur 1 éducation des vers-à-soie.
S il. — Anatomie du ver-à-soie.
L'anatomie du Bombyx à soie, tant à
son état de larve qu'a celui d'insecte parfait, est assez bien connue, grâce aux travaux de quelques naturalistes anciens, parmi lesquels on doit surtout distinguer Malpighi, à cause de l'exactitude et de la délicatesse de ses dissections. Nous tâcherons de faire connaître cette structure, en lui empruntant les principaiTx détails que nous allons donner.
Occupons-nous d'abord de l'organisatioB intérieure de la chenille, nous passerons ensuite à l'étude de quelques organes spécialement propres au papillon.
Quand on ouvre une chenille de Bombyx mori, et ces dissections doivent toujours être faites dans l'eau , de telle sorte que ce liquide recouvre entièrement l'objet dont on poursuit l'étude ; quand on ouvre, disons-nous, une chenille de Bombyx mori, on voit que sa peau^ composée de plusieurs couches , est tapissée intérieurement de divers muscles qui, les uns droits, les autres obliques en sens inverses, sont destinés à imprimer aux anneaux dn corps les mouvemens variés qu'ils exécutent Des petits muscles spéciaux se fixent aux pattes proprement dites, et à ces autres pattes en couronne pourvues de petits crochets, à l'aide desquels la chenille s'accroche et se tient fixée sur les feuilles dont elle se nourrit, ou sur tout autre corps étranger
Son canal intestinal {^fig. 114) est un tube
Fig. 11 ;.
Fig. 115.
droit qui débute par un oesophage court a; vient ensuite le ventricule chylijlque b, dont les parois sont garnies antérieurement de fibres musculaires transversales très -nombreuses, parmi lesquelles on en remarawc deux longitudinales ce 9 qui semblent brioer les autres. Il reçoit de nombreuses trachées dont quelques-unes sont indiquées en di pos-
CÊàf. ?•• mSTOIRE NA.TURELLE DES VERS-A-SOIB.
térieurement H se rétrécit en e, et là com- bbb b b qui s*aboo< mence Tiotestin/, qui est court. Un nouvel che à un vaisseau semétranglement existe en ff et indique Torigine du caecum h.
L*întestin reçoit , à l'endroit où se termine le venlricule , Tinsertion i i de petits vaisseaux variqueux repliés un grand nombre de fois sur eux-mêmes, et que les anatoiuistes modernes ont désignés sous le nom de 7>ais' seaux biliaires. Ils semblent se prolonger sur lintestin, car les petits canaux qui forment à sa surface de nombreuses circonvolutions, sont, à ceau'il parait, la continuation de ces vaisseaux biliaires. Toutefois Malpighi n'a pu s'assurer positivement de cette continuation. .
Un des organes dont la structure doit niquer davantage la curiosité est sanscontreoit celui qui produit la soie. La chenille du ^o/7tbyxmnri est pourvue d'une filière qui s'aperçoit en arrière de la bouche; c'est par son extrémité que sort, sous forme de Irès-peti le ^ou tte- \t\Xt^e liquide soyeux i\\\\ aussitôt scsolidifieet forme le ni de soie dont est roriiie le cocon. A cette fîUère aboutissent deux organes intérieurs (fiff. 1 15), qui, réunis en un seul à Textrémité de Ta filière, se montrent bientôt isolément. Ce sont des tubes ou canaux rétrécis en avant 0 a et eu arrière 6, renflés dans leur milieu c, repliés sur eux-mêmes , et dont les parois sécrètent la liqueur soyeuse. Ces organes sécréteurs sont d'autant plus développés que la chenille est plus âgée, et ils ont atteint leur complète turgescence au moment où elle commence à construire son cocon.
La respiration du ver-à-soie a lieu à Taide de trachées élastiques^ toujours béantes, qui ont la plus grande analogie de structure avec celles qu'on remarque dans la plupart des chenilles. Elles prennent leur origine de chaque côté du corps {fig, 113 a^) aux stigmates qui manquent au 2** et au 3*" anneau. Ces ouvertures ont une composition particn • lière qu'on reconnaît en grossissant l'une d'elles au microscope (fig, 116). Un cercle
Fig. 116.
Kg. 117.
corné aa en constitue le tour, et l'orifice proprement dit est réduit à une fente longitudinale B, très-étroile, bordée de petites lanières membraneuses c; le but de cette structure est facile à saisir. L'air entrant dans le corps par ces ouvertures, il était nécessaire qu'aucune substance étrangère ne put y pénétrer en même temps; les espèces de cils cque l'on remarque ont pour fonction de s'opposer à cette introduction. Le tronc des vaisseaux trachéens {/%^- 117), qui part à l'intérieur de chaque stigmate, est très-court a a; bientôt il donne naissance à un vaisseau longitudinal
blable, fourni par le tronc de la trachée continue.
Mais, indépendamment de ces deux espèces de tiges arborescentes qui régnent de chaque côté dans toute la longueur du corps, et qui communiquent entre elles en avant et en arrière, chaque petit tronc ^ .
3ui part directement V^ \»^/ u stigmate fournit ^A ^ J immédiatement des \ ramuscules y dont Ics^j^, uns ccc vont se distri- •%!
huer aux muscles, les r- .5 autres d d aux viscè- «s^w res, et un assez grand ^ ^ nombre e e au vaisseau dorsal ou cœur /*/. La circulation esi nulle, comme cela a lieu, au reste, chez tous les insectes; c'est-à-dire qu'il n'y a pas de système artériel, et encore moins de système veineux complet, par conséquent aucune trace d'artère ou de veine. Malpighi croit bien avoir aperçu quelques vaisseaux, mais il ne les a pas vus partir du cœur. Ce cœur^ ou plutôt ce vaisseau iiorsal, qui s'étend de la tète à l'anus et qui occupe la liçne moyenne du corps, est placé immédiatement sous la peau; ses mouvemens de systole et de dyastole s'a|)erçoivent trèsbien à travers les tégumens; ils ont lieu d'arrière en avant , et les contractions se faisant successivement sur certains points de sa longueur, il eu résulte une série d'élranglemena qui circonscrivent autant de loges distinctes; Malpighi pense que celles-ci sont en même nombre que les anneaux du corps , ou du moins que chaque paire de stigmates. On a représenté ici deux de ces sortes de loges formées par les étranglemens du cœur Uig. 117//).
Le vaisseau dorsal est entouré, ainsi qut les autres viscères, d'un tissu membraneux, formé par de nombreux globules, et oui n'est autre chose que le tissu graisseux, tres-abondant chez toutes les larves ; il sert à la nutrition des organes qui devront se développer durant les métamorphoses de l'animal.
Le système nerveux n'offre rien de bien
f>articulier; il se compose, comme dans tous es animaux articu]és,d'une série àt ganglions appliqués immédiatement contre la paroi du ventre, au-dessous du système digestif. Malpighi a compté 10 de ces ganglions; et en y comprenant, comme il le fait, le ganglion cérébral ou sub-œsophagien, et deux bulles qui se voient en arrière des yeux , le nombre total serait de 13.
Quant au papillon, il mérite surtout d'être éludié sous le rapport de la génération, les organes reproducteurs n'existant avec tout leur développement et ne pouvant fonctionner que dans ce dernier état qu'on nomme l'état parfait.
Les organes générateurs du Bombyx mort T. lU. — 16.
ARTS AGRICOLES : ÉDUCATION DES VERS-A-SOIE-
Lnr. nr.
mdle(J!g.US) te composeDi extérieurement 1 ture très-remarquable des parties essentiel- ^"' ^^^ I les. Les 2 ovaires se composent chaaia de
tubes aloogës a a , fixé^ à leur sommet par une sorte de lanière quadrifide hb, K leur base, ces tubes se rëunisseot d'abord entre ^euXfpuis à ceux du côté opposé, pour former uo canal commun ccqui aooutit à Touverlure anale. Ce canal commun est Voviducte, dont Tétude, très-simple en elle-même, se complique un peu par la présence de certains organes qui s'insèrent sur son trajet. Le premier de ces organes est formé par la réunion de trois vésicules d d d dont Tune se prolonge en des espèces de tubes ramifiés. Les vésicules aboutissent à un canal commun e qui s'ouvre dans Toviducle c près de son origine. Cet organe parait destiné à verser dans ce conduit un liquide particulier. Le second appareil est d'une plus grande importance: il se compose d'une grosse vésicule / pourvue de deux canaux étroits : l'un g se termine dans l'oviducte ; lesecond h aboutit à l'ouverture vulvaire / que nous avons déjà fait connaître en parlant de la structure des parties extérieures de la femelle (/^. 119 C). Celte pocbe renferme un corps semi-concret et transparent. Enfin, on remarque deux vésicules X- X-, placées transversalement sur l'oviducte, grosses, terminées par des digitations et s'ouvrant dans ce conduit par un canal / très-court. Ces deux vésicules , qui communiquent entre elles, sont remplies d'un liquide qui s'écoule dans l'oviducte lorsqu'on les comprime.
L'usage de ces derniers organes, ainsi que celui des vésicules ddd^ dont nous avons déjà parlé, parait être de fournir quelque liquide propre à lubréfier les œufs ou à se mélanger avec la liqueur séminale; mais la vésicule /, située entre celles-ci, a un rôle bien plus important à remplir : elle reçoit immédiatement la liqueur fécondante du mâle, qui, dans l'acte de la copulation, introduit son pénis par l'ouverture /, que nous avons indi-
de diverses pièces copulatrices a a ^ ^ ^ au milieu desquelles se voit Vanus e, et pos térieurement le pénis / a l'intérieur, i. existe deux testtcules gg,o}x sortes de petites poches ayant chacun un canal déférent A >i , se jtMgnant entre eux et se réunissant dans leur trajet à deux vésicuiessé minales //et au canal éjaculateur commun A assez long. Un
k'*'**?''^*!^ u' »e '•enflant insensiblement, aboutit à la base du pénis.
Les organes générateurs femelles présentent extérieurement (/gr.i 19) ^^g composition Fig. 1 19. assez remarqua-
ble. Du dernier anneau du corps A, on fait sortir par la pression une masse membraneuse dans laquelle on aperçoit inférieurement un corps en demi - lune semi - corné B , au milieu du-
3uel est la fente e la vuU'e C ; plus loin on remarque l'anus p, entouré de tubercules cbarnus. e e^FF; intériearement ( fig, 120), on observe la struc-
lors de la ponte, cette liqueur, convenablement élaborée, s'écoule par le canal g et féconde les œufs à mesure qu'ils passent dans l'oviducte c, devant l'orifice de ce canal. J'ai retrouvé un fait analogue dans un grand nombre d'insectes, et c'est à cause Je ces fonctions que j'ai nommé cette poche vésicule copulatrice. Nous renvoyons sur ce point à nos ctifférens travaux.
Nous pourrions nous étendre davantage sur l'organisation des Bombyx, en compulsant quelques écrits postérieurs à ceux de Malpighi, tels que le uiémoire de Bidiena publié en 1767, quelques observations sur le système nerveux, par sir Everabb Home; mais nous n'ajouterions pas des faits trèsimportans à ceux que nous venons de faille connaître.
S III.-— Espèces diverses de vers-à-soie.
Outre l'espèce dont il vient d'être question, le genre Bombyx en renferme plusieurs autres qui filent également des cooues; mais ces coques sont imparfaites et a'uoe soie
ŒAP. 7*.