HISTOIRE NATURELLE DES VERS-A-SOIE
trop grossière pour qu*OD ait pu jusqu'ici eu tirer parti; cepeudant il faut en excepter deux espèces qui, au Bengale et dans les contrées voisines, fournissent une soie très -recherchée, dont on fait un très-grand usage, et oui mérite, à cause de cela, que nous en pariions, parce qu'il serait peut-être avantageux et possible de les transporter en Europe et de les y acclimater. Ces deux espèces sont les Bombyx myUtta et cynthia.
Le Bombyx mylitte {^Bombyx mylitta de Fa- BRicius, ou la PhaUna paphia de Cramer (1), est un papillon {fig, 121) d'une grande taille Fig. 121.
qui égale celle de notre Bombyx grand-paon. Il est jaune ou quelquefois d'un jaune fauve; une bande d'un gris bleuâtre se remarque sur le dos du corselet, et s'étend le long du bord antérieur des ailes supérieures; celles-ci, dont le bord externe est très-échancré dans les mâles, présente deux raies transversales roussâtres, et une raie blanchâtre vers le bord postérieur ; leur milieu est occupé par une tache en forme d'œil oval. dont le centre est coupé par une ligne rous- ^tre; les ailes postérieures sont arrondies et presque semblables, pour les couleurs, aifx antérieures.
La chenille {fig. 122a ) a quelqup rapport Fig. 122.
marque de chaque côté de son corps; la tête et les pattes sont rouges. Cette chenille vit sur le Rhamnus jujuba ( Byer des Indous), dont elle mange les feuilles. Elle se nourrit aussi du Terminalia alata glabra Roxd. ou posseem des Indous. Arrivée au terme de sa croissance, elle se file une coque b à fils trèsserrés, d'une couleur brunâtre, d'une forme alongée et obtus aux deux bouts ; au bout supérieur, les fils se continuent et s'accollent entre eux pour former une véritable tige ou pédicule, très-consistant, élastique, et qui est fixé à un rameau de la plante au moyen d'un véritable anneau qui l'embrasse exactement.
On retire de cette coque une soie brunâtre qui, dévidée, a l'apparence de filasse qu'on nonnne dans le pays tussch-silk-; on en fait des étoffes qu'on nomme tussehdoothies, l/histnire de cette espèce curieuse a été donnée en 1804 par AVilliam Roxb^rg, dans les Mémoires de la Société Linnéenne de Londres (2). Et tout récemment nous avons obtenu de nouveaux renseignemens par M. Lamarre Piquot, c|ui a rapporté et donné au Muséum d'Histoire naturelle de Paris des cocons renfermant des chrysalides encore vivantes. Les papillons sont éclosvers le mois I d'avril, mais sur le petit nombre qui est né I il ne se trouvait que des femelles. D'après ; les renseignemens qu'a obtenus Roxbitrg, il : parait que celte espèce ne peut être conservée dans l'état de captivité comme notre yerà-soie. Toutes les tentatives qu'ont faites jusqu'ici les Indous pour obtenir l'accouplement et la ponte des papillons femelles ont été infructueuses. Ils vont chercher dans les bois les chenilles au moment où elles viennent d'éclore, et les transportent près de leur demeure, en les plaçant sur les plantes dont elles se nourrissent et qu'ils font croître dans le voisinage de leurs habitations.
La seconde espèce de Bombyx ( fig-Vl^) ori- Fig. 128.
avec celle de notre Bombyx grand-paon ; son corps est vert avec de petits tubercules poilus: une raie jaune, qtu commence au 3* anneau et ae continue jusqu'au dernier, se re-
ginaire du Bengale, et dont la soie est employée dans ce pays, a été désignée sous le nom de Bombyx cinthia par Fabricics. Elle est aussi figurée dans Cramer (3) et dans Drury (4) ; mais peut-être ces deux figures appartiennent-elles à des espèces différentes. Les ailes antérieures, un peu en faucille,
{>résenteut une tache ocellée noire, près de 'extrémité. Leur couleur est gris-brun avec une tache en croissant vers le milieu ; une
;i) Pap, exotiques^ pi. 146, fig. A, pi. 147, flg. A B, pi. 148, flg. A.
j Tome VU, p. 33, et pi. 2.
(3) Pop. exotiquesy pi. 29, fig. A.
*,4) Insectes exotiques^ tom. 2 , tab. §, flg
124 ARTS AGRICOLES : ÉDUCATION DES VERS-A-SOIE
raie blanche anguleuse se remarque vers la
base.
La chenille {fif[. 124), décrile et figurée par
Fig. 124
RoxBUBG (1), vît sur le Ricinus palmachristi, que l'on nomme communément dans le pays tirrindy; on l'élève en domesticité. On fait des vétemens avec sa soie. Ils sont d'une solidité telle qu'ils durent au-delà de la vie moyenne, et qu'il est très-ordinaire de les voir passer de mère en fille.
Le cocon{fig, 125) est blanc ou jaunâtre;
pointu aux deux bouts, il a 2 pouces de long. Les fils de ce cocon sont tellement délicats, qu'on ne peut les dévider; on se contente de les filer à la main comme du coton ou du chanvre.
Il parait qu'on connaît en Chine ces deux espèces, ou au moins des variétés, et qu'on tire de leur soie un parti avantag<mx.