NOURRITURE DES VERS-A-SOIE
lîS
La feuille mouillée est tres^prêjutUciaùle aux vers-à-soie, elle leur occasione un dévoiement qui Ws alTaiblit el les relarde s'il dure peu, les fait périr s'il se proloDtfe. Dans rîDtérèt même de Tarbre, on évite ae la ramasser {c est Texpression vulgaire) quand il est mouillé, car alors son éœrce attendrie cède facilement au frottement et à la pression des échelles, des pieds et même des mains des ramasseurs : il en résulte des déchirures par oîi Teau pénètre, comme elle le fait aussi, quoique plus insensiblement, par les petites plaies c|u'occasione Tarrachement des feuilles. J*ai vu une plantation tout entière périr peu-à-peu , pour avoir été ramassée plusieiu*s années consécutives pendant un temps de pluie.
La cueillette se fait au moyen de longues échelles que Ton applique contre le mûrier. Le ramasseur s'attache un sac à sa ceinture, se tient d'une main aux branches et de l'autre cueille la feuille: pour cela il empoigne une branche sans la serrer, puis fait couler la main de bas en haut, toujours dans le sens de la branche, et arrache les feuilles sans effort.
Quelques éducateurs ont prétendu qu*il fallait cueillir les feuilles Tune après Tautre, ou même les couper avec des ciseaux et les laisser choir tout naturellement dans des draps étendus parterre. Je conviens que cette méthodeest fort supérieureàcelle que j'indique, et je la conseille même fortement à tous ceux qui font une chambrée sur la table de leur cabinet; mais, je le demande, quel est le village dont la population tout entière suffirait à une chambrée auî consomme par jour 30 ou 40 quintaux de teuilles! Laissons donc de cèteces idées théoriques, et faisons ramasser noire feuille selon l'ancien usage.
Le ramasseur ne doit mettre les pieds sur Tarbre que lorsque les échelles ne peuvent plus y atteindre; les plus longues n'ont guère plus de 25 pieds, au-delà elles seraient trop difficiles à manier. Lorsqu'il a rempli le sac pendu à sa ceinture, il le vide dans un drap; ce drap doit toujours être étendu à Tombre: si cela ne se peut et que l'ardeur du soleil soit un peu forte, il faut recouvrir avec un attire drap la feuille ramassée, car elle est très-sensible au bâie. Par la même raison, dès que le drap est plein, on doit le transporter au magasin, où nous allons le suivre pour traiter de la conservation de la feuille.
S IV. — De la conaervadon delà feuille au magasin.
Le magasin est un appartement au rez-de» chaussée, ordinairementau-dessous de la magnanerie; il doitêtrcpavé, voûté et bien aéré, prîncipalementdu côté du nord si la localité le permet, et être assez vaste pour contenir une quantité de feuillessuff>sante pour deux iours au moins. Avant d'y introduire la feuille on a soin de balayer parfaitement le pavé, et de l'arroser ensuite afin de produire de la fraîcheur. Cela fait, la feuille est répandue sur le pavé en Tagitant le plus possible. Plus elle doit rester en magasin, moins on doit Tamonceler; nn pied d'épaisseur est assez, si on veut la conserver plus d'un jour. Ces précautions prises, on forme 1rs ouvertures qui pou|w
raient laisser pénétrer les rajons du soleil ou les animaux.
Quoique la feuille la plus nouvellement ra<« massée soit la meilleure, il est prudent d^rn avoir toujours en magasin pour un jour d'avance, et même plus, si le temps est à l'orage ou à la pluie. Elle demande alors la plus grande surveillance : on doit la> changer de place, la remuer, l'agiter avec des fourches au moins quatre fois par jour, en commençant de très-grand matin et finissant à dix ou 11 heures du soir; plus elle est déjà restée de temps au magasin, plus il faut répéter cette opération et la faire avec soin.
Toutes ces précautions sont prises pour éviter la fermentation. Si on s'aperçoit que la feuille jaunit et s'échauffe, elle commence à s'altérer; dans cet état elle n'est point encore délétère, et. à défaut d'autre, on peut s'en servir immédiatement ; mais si elle est sensiblement chaude, si elle nerd de sa belle couleur verte, ellt; n est plus bonne qu'à faire du fumier.
La feuille la plus forte, la plus dure, la plus foncée en couleur et que nous nommons langue de bœuj, est la meilleure pour la conservation et le transport.
On est souvent forcé de cueillir et transporter la feuille malgré la pluie; alors on a soiii, en l'emballant, de la presser autant qu'on peut Arrivé au magasin, on laisse les ballots dans cet état pendant une ou 2 heures pour provoquer un commencement de fermenu*tion qui absorbera Tean de la pluie; aussitôt
aue Ton reconnaît que la chaleur est prouite, on défait les ballots, on agite la feuille comme nous avons dit plus haut, on Tétend sur une grande surface, on établit un courant d'air, et dès que la feuille est refroidie on la donne aux vers : elie ne se conserverait pas.
Ce moyen est d'une exécution trèa^délicate; la réussite dépend d'ailleurs de beaucoup de circonstances, telles que la dualité, l'espèce de la feuille, le temps qu'elle est lestée en rout/;, etc. Je ne voudrais donc pas qu'on y eût trop de confiance, et je le considère seulement comme une tentative pour sauver la chambrée.
Le hàle qui dessî*che et \2l fermentation mu putréfie sont les .seules altérations à craindre pour la feuille ramassée, et avec les soins que j'indique on peut la conserver plusieurs jours; mais, je le repète encore, il vaut mieux que le» vers soient privés de nourriture que de les forcer à en prendre d'avariée. Ce cas arrive souvent, et, Tannée dernière, j'ai vu plusieurs chambrées jeûner pendant 36 heures et donner ensuite un assez bon produit
j V.— Distribution économique de la feuille.
La distribution doit se faire à des heures réglées; on ne doit donner chaque fois que la nourriture que le vers peut consommer; l'expérience est une règle plus sûre que toute autre. En effet, comment peut-on déterminer qu'il faut telle ou telle quantité de feuille à Ici ou tel ftee par once de graine? Ne sniton pas qu'à cnaque mue il périt beaucoup de vers; aue dans une magna* nerie la mortalité est plus grande que daof
AKTS AGRICOLES : ÉDUGàTION DES VERS-A-SOIE.
raulre,que le tonnerre, les rats, les souris et Iteaucoiip d'accidens, dimiouent d*UDe manière Irès-irrégulière le nombre de nos précieux insectes? Déterminer la quantité de feuille qu'il leur faut devient donc impossible. Tout ce qu'il est important desavoir pour rëconomie, c'est que la feuille soit entièremenl consommée, et que, le repas Qni, le ver témoigne par sa tranquillité qu'il n'a plus besoin de rien. Néanmoins, malgré Timpossibilité de fixer d'une manière rigoureuse la quantité de feuille oue mange lever, il faut savoir à peu près quel poids de graine on peut faire éclore, pour concorder avec la quantité de feuilles dont on peut disposer. La base la plus généralement adoptée est celle qui assisne à chaque once de graine 15 quintaux de feuille. Je dois observer que jusqu'à la 4* mue le ver mange de la feuille plus ou moins développée; alors on l'estime au poids qu'elle aurait si elle était /m'/e. Quatre lours après la 4* mue, le ver n'a encore mangé que la moitié de sa feuille.
S YI. —Des diverses qualités de feuilles*
Cette comparaison trouvera sa place naturelle à l'article de la culture du mûrier; il suffit de dire ici un mot pour guider le magnanier qui, n'en ayant pas une assez grande quantité , est obligé de s'en procurer d étrangère à son exploitation.
J'ai déjà dit que la plus nouvellement cueillie était la meilleure; on aura donc égard à la distance à parcourir, et on se souviendra que celle qui a le plus de corps, la couleur la plus foncée, supporte mieux le transport.
Celle qui est plus légère, plus souple, plus luisante, est la plus soyeuse; on lui doit donc la préférence si elle est voisine de la magnanerie et qu'elle soit promptement consommée. Presque tous les agronomes s'accordent à placer au 1"^' ranç la feuille sauvage; je dois cependant faire observer que le prix de la feuille étant ordinairement élabli iraprès son poids, il y aune grande perle à acheter celleci, car le sauvageon doime une plus grande quantité de fruits que le mûrier greffé: il y a quelquefois une perte de 15 à 20 p. 0 0; de plus le sauvageon ne fournit pas des jets longs et droits, mais au contraire courts et tordus; en un mot il buissonne, d'où il résulte que la cueillette en devient plus |)énible, plus longue et par cela même plus coûteuse.
Toutes choses égales, je donne la préférence à la feuille qui provient d'un endroit sec et élevé.
Une autre considération qui doit guider l'acheteur, c'est la manière dont Carhre est cultivé,—S'il est en plein vent^ h haute tige, sa sève est plus élaborée, sa feuille plus nourrie et plus soyeuse. — Le nain donne une feuille plus précoce, mais moins parfaite; elle convient dans les premiers âges.
Le multicaute^ ia prairie de mûriers^ ne fournissent que des jets en quelque sorte herbacés; la feuille en est donc plus chargée d'eau de végétation , c'est la plus éloignée de la nature , la moins bonne.
Février 1834. Oct. de Chapelain,
Propriétaire correspondant dans la Loiére.
uv.nr.
SBCTian III. — De la magnanerie en général
Dans les départemens méridionaux de la France , où les vers-à-soie sont génëralemeU appelés magnansy on désigne, selon les cantons, les bâtimens destinés à leur éducation, sous les dénominations de magnanerie , magnanière , magnassière ou magnanderie. Le nom du principal ouvrier chargé du soin de ces insectes varicaussi selon les provinces: là c'est le magnanier^ ici le magnadier, ailleurs le magnodier ou le magnassier.
Jusqu' à présent peu de propriétaires ont fait constrmre des bâtimens dans l'intention seule d'en faire des magnaneries, et cela à cause des grands frais que nécessiteraient des constructions uniquement destinées à l'éducation des versà-soie. Le plus souvent on profite de tout ce dont on peut disposer en bâtimens , et on les accommode le mieux qu'il est possible pour recevoir ces insectes pendant le temps qu'ils doivent les occuper, ce qui est d'une assez courte durée, car ce n'est qu'à commencer du quatrième âge que les vers ont besoin d'un grand emplacement; jusque là il est presque toujours facile de leur trouver assez d'espace pour les loger à Taise; effectivement, au moment où ils terminent leur 3* âçe, les vers n'occupent guère que la 6* partie de l'espace qui leur sera nécessaire à la fin du 6". Aussi dans les villes, comme dans les campagnes, la pins grande partie de ceux qui font de petites éducations se contentent , pendant la saison des vers-à-soie, de se resserrer dans la pins petite portion de leur logement pour consacrer tout le reste à ces insectes; il n'est pas même rare de voir , dans les campagnes , les paysans déménager de la seule chambre qu'ils aient, pour y loger les vers de 2 ou 3 onces de graine, et , pendant ce temps -là , aller coucher dans leur grenier ou même au bivouac, quand ils ne peuvent disposer, dans leur maison, de cette espèce de réduit.
§ I**. — Sitoation, exposition.
Lorsqu'on voudra faire construire des bâtimens uniquement consacrés à l'éducation des vers-à-soie , il faudra avoir soin de choisir un emplacement convenable, comme une colline ou un coteau, où Pair soit habituellement sec , agité , plutôt frais que chaud , et où le^ brouillards ne soient pas fréquens. On conseille d'éviter le voisinage des grandes routes sur lesquelles passent de grosses voitures, parce que celles-ci produisent, dit-on, des commotions qui ctonnent les vers-à-soie et les troublent lorsqu'ils mangent et lorsqu'ils travaillent.Nous avons d'assez forts motifs pour croire que ces influences ne sont pas aussi nuisibles aux vers qu'on le dit. Il sera bon que lapri/t' cipale exposition du bâtiment soit au levant ou au couchant ; celle du nord est trop froide, celle du midi est trop chaude, et il tant toujours éviter avec soin les températures extrêmes, et surtout une exposition qui pourrait être sujette à des changemens brusques, car rien n'est aussi contraire à la santé des vers. Il est encore avantageux que la principale entrée de l'atelier ne communique pas inuDé-
aur. 7%
diatement avec Talr extérieur, mais qu'elle soit précédée d*un petit yeslibule ou d'une
Elite antichambre. Là/ig. 126 représente un timent propre à une magnanerie el vu par le côte.
Fig. 136.
- Construction, dispositions intérieures, étuTe, grand atelier.
la grandeur d'nn bâtiment destiné aux versa-sole doit être proportionnée à la quantité qu'on se propose d'en élever, et c'est sur la place que les III sec les occupent dans le dernier âge qu'il faut calculer. Ainsi , à cette époque de leur vie, il faut, aux vers d'une once de i^raine , 220 à 250 pieds carrés , selon que rédùcation est moins ou plus favorable. (ela pusé, et en supposant des tablettes de ''• pieas de largeur, on voit qu'il en faudra •>0 pieds en lon^^eur pour chaque once de graine. £n espaçant ces tablettes a 2 pieds sur la hauteur, c'est-à-dire en formant 6 éta- K<'b, y compris le plancher, placés sur 4 nn|;s parallèles, et en laissant ce qu'il faut d'espace, ou 2 pieds tout autour, pour circuler tacileraent, une chambre (/îg'. 127 ccc) de
Fig. 127.
16 pitds de largeur et de SO de longueur sur 12 de hauteur, pourra suffire à l'éducation de 6 onces de graine, puisqu'elle contiendra 6 fois 240 pieds carrés de tablettes. Mais , pour les raisons que nous avons dites plus haut, cette chambre, que nous appellerons le grand atelier, ne doit être occupée par les yers que pendant les 2 derniers Ages ; il est inutile , avant ce temps , de les loger dans un local aussi vaste*
DE LÀ MAGNANERIE EN GÉNÉRAL. ïTft
Pendant le 1*' âge, où les vers d'une onee de graine n'ont besoin, au plus, que de 10 pieds carrés d'espace , il est plus avantageux de les laisser dans l'étuve dont il va être parlé ci-après, et où ils seront nés, parce qu'on mamtient plus facilement et plus économiquement la chaleur convenable dans cette petite chambre que dans une beaucoup plus grande.
Dans le 2* Age et surtout dans le 3*, les vers exijgent tous les jours d'être plus espacés, ce qui ne permet plus de les laisser dansi'étuve où ils seraient trop à l'étroit. Ainsi, à la fin du 3" il ne faut pas moins de 46 pieds carrés aux mêmes vers qui, au moment de leur 1'* mue, pouvaient tenir sur un peu moins du quart de cet espace. Au commencement du second Age dune, on devra les établir dans un local intermédiaire entre l'étuve et le grand atelier, comme une pièce de 10 pieds sur 12 C/^. 127 6), dans laquelle sont 2 poêles, l'un en i, commun avec l'étuve, et l'autre en X , commun avec le grand atelier ; des tablettes m y seront disposées de la manière qu'il a été dit; mais comme l'espace est plus étroit, il ne pourra y avoir qu'un seul corps de tablettes placé au milieu de la chambre et ayant sur un côté 8 pieds de longueur sur 6 de largeur de 1 autre côté. Ce corps à six étages, comme dans le grand atelier, offrira une surface de 240 pieds carrés, et pourra par conséquent suffire, à peu de chose près, jusqu'à la fin du 3* âge, aux vers de 6 onces de graine. Si on en a davantage, le surplus sera laissé dans l'étuve. Plus tard, lorsque les vers auront été ti'tmspoi'tés dans le grand atelier , cette secondt* chambre pourra encore contenir à elle seule les vers d'une once de graine. Par une V porte d elle communique à Tétuve, et par une 2*^ e avec le grand atelier.
D'après ce qui vient d'être dit, il faut donc, pour loger convenablement les vers de 6 onces de graine , un bâtiment composé de 8 chambres (^.127), avant ensemble 42 pieds de longueur sur 16 de largeur et 12 de hauteur, sans y comprendre Fépaisseur des murs ; ce bâtin»ent doit être percé de 4 croisées^^^^* sur chacune de ses faces les plus larges, dont l'une exposée au levant et l'autre au couchaiat, si cela est possible. Deux a u très croisées ^ g pourront être pratiquées dans le grand atelier du côté du nord, et l'entrée sera faite de préférence au midi. C'est aussi de ce côté que seront placées, en avant du grand atelier, la petite chambre destinée à former une étuve dans laouefle on fera éclore les œufs de vers-à-soie , et la chambre b intermédiaire entre l'un et l'autre.
Cette étufe {fig, 127 a ), pour laquelle il ne reste dans cette distribution que 6 pieds de largeur sur 10 de longueur, sera suffisante pour faire éclore 10 à 20 onces et même beaucoup plus de graine , et elle pourra contenir aisément tous ceux de 6 onces pendant le T' Age, puisqu'à la fin de cette époque de leur vie les vers de chaque once de graine n'occupent au plus que 10
fueds carrés, et que dans l'emplacement de 'étuve, tel que nous venons de la fixer, il sera facile, en établissant de petites tablettes tout autour et dans toutes les parties qui m
ARTS A(iRÎCOLtS: KDrC
sont nî porter, ni fenêtres, ni le poêle, d*en placer 150 à 160 pieds carres, ce qui, à In rigueur, pourrait conlenir les vers produits par 15 onces de eraine. Les tablettes de Té- Auve, à cause de respace resserré, ne devront avoir que 15 à 18 pouces de largeur; mais on pourra les tenir plus rapprochées sur la hauteur en plaçant les étages à 15 pouces seulement les uns des autres.
On dira plus loin quel degré de chaleur il f iiidra donner k Fétuve pour y faire éclore la graine. Cette chaleur sera entretenue par un poêle placé en /, commun avec la chambre i.ttermédiaire, et réglée par un thermomètre dont il sera aussi parle ci-après. Il suffira d'indiquer ici que Tétuve, telle que nous favons fait figurer, a sa porte d'entrée en /, donnant sur un vestibule extérieur non compris dans le plan, une 2*^ porte </, par laquelle on communique avec la cliambre b^ et enQn une fenêtre ^.
L'étuve et la chambre moyenne auront d'ailleurs, Tune et rauti*e, des soupiraux ou ventilateurs, ainsi qu'il va être expliqué. C'est principalement pour le grand atelier que les ventilateurs sont nécessaires, parce que, quoique éclairé et suffisamment aéré par S croisées, il peut arriver souvent, à cause des mauvais temps produits par le froid, le vent ou le brouillard, qu'on ne puisse ouvrir les croisées, et cependant il est nécessaire, pour que ks gaz insalubres ne s'accumulent pas dans l'atelier, d'y entretenir constamment la libre circulation de l'air, ce qu'on fiiit par le moyen de soupiraux oui sont des ouvertures d'un pied carré de largeur, lesquels s'ouvrent et se ferment à volonté au moyen d'une coulisse. Ces soupiraux doivent être pratiqués de distance en distance dans répaisseur des murs, les uns près du plancher supérieur, les autres un peu au-dessus de l'inférieure^. 12C. aaaa);ei pour que tes !•" puissent donner dn jour, ce qui a quelque avantage, au lieu de les fermer avec un panneau plein, on les fait d'un petit châssis garni de verre ; les autres soupiraux seront pratiqués au niveau du pavé, au-dessous des fenêtres; enfin, on peut aussi en ouvrir dans le pavé même pour faire arriver l'air de la pièce qui se trouverait immédiatement audessous. On réglera le nombre des soupiraux de manière à les mettre en rapport avec Tétendue de l'atelier, et on ménagera leur place de sorte que l'air auquel ils donneront entrée ne frappe pas directement sur les claies ou tablettes sur lesquelles les vers seront placés. Nous avons vu un peu plus haut qu^un bâtiment de 43 pieds de longueur, sur 16 de larfeur et 12 de hauteur, serait nécessaire pour lever à Taise les vers de 6 onces de graine. Sans doute qu'enserrant un peu plus les tablettes, on pourrait loger ceux produits par 7 onces de graine ; mais nous ne croyons pas qu'il soit possible d'en mettre davantage, sans compromettre la santé de ces insectes, et par conséquent sans courir le risque que l'éducation n'ait pas le succès désirable. Nous devons ajouter, pour ceux qui voudront faire élever exprès un bâtiment de l'étendue qui vient d'être dite, qu'il leur sera plus avanta-
ÏBUX, au lieu de le construire à un seul étage, e le faire faire à deitx, parce que les frais de
ATION DES VERS-A-SOIE. uv. iV.
fondation et de cou vertu l'e semnt les mêmes dans les deux cas, et qu'en augmentant leur dépense d'un tiers au plus peut-être, ils auront un bâtiment qui leur offrira le double en étendue, et dans lequel ils pourront par conséquent élever les vers de 12 onces de graine au lieu de 6, et chaque once de graine ponvaut produire 100 à 120 livres de cocons, il s'ensuivra que dans le bâtiment à deux étages ils pourront récolter 12 à 1400 livres de cocons, tandis que celui à un seul étage ne pourrait leur en produire que 6 à 700«
Dans le cas où Ton ferait construire exprès une magnanerie à deux étages, il serait inutile que le second fût partage comme nous Pavons indiqué pour le premier; ce second étage devra ne former qu'un vaste atelier dans lequel on pourra établir, parallèlement les unes aux autres, 6 rangées de claies à peu près de la même manière qu'il a été dit plus haut.
Nous ne pou vous trop engager les personnes qui voudront se livrera Teducation des vcrsà-soie, à profiter de toutes les constructions déjà Jaites qui pourront se trouver à leur disposition, en les appropriant seulement à la circi>nstance, parce que les frais qu'il leur faudrait faire pour élever des bâtimens neufs pourraient souvent les entraîner dans des dépenses qui absorberaient une grande partie de leurs bénéfices subséquens. Avec une trèslégère dépense on peut fermer, par des cloisons mobiles, des nangars qui seront favorablement exposés, et les rendre propres à servir de grand atelier; les granges y qui sont ordinairement vides à l'époque oii se font les éducations de vers-à-soie, pourraient aussi être appropriées de manière à y loger ces insectes pendant le 4' et le 5* âge; enfin nous ne voyons pas pourquoi des bergeries ne seraient pas aussi converties de Ta môme manière pour former de grands ateliers; et cour leur donner ce nouvel emploi, il ne fauarait guère faire parquer les moutons qu'une 20* de jours.
S 111. — Instrumens et ustensiles Décessairea dans une magnanerie.
V Poêles,
La chose la plus nécessaire dans une magnanerie, est un ou plusieurs poêles par le moven desquels on puisse élever la température de Tétuve, de la chambre ou de Tal«îlier, toutes les fois qu'elle est trop froide, ce qui arrive le plus souvent à Tépoque de l'année où se font les éducations de vers-à-soie, et surtout dans les premiers jours. Un po^'f d'un petit volume peut servir à chauffer Tétuve; mais dans une chambre plus grande, et surtout dans le grand atelier, il faudra dans Tune un poêle, et dans l'autre deux poél» d'une grande dimension. Leur place est indiquée dans le grand atelier {fig, 127 ccc), l'une en h et l'autre en i, sans compter une cheminée dont nous avons marque la place en A. Ces poêles doivent être en brique ou en terre cuite; la tôle ou la fonte ne valent rien, p«r^ qiie ces matières ont Tinconvénienl de sje* cliauffer trop promptementetde se refroidir de même, et en outre, quand elles sont échaûl" fées un peu fort, elles produisent une odeur désagréable qui peut être nuisible aux P^
CflAF* 7*.