DE LA MAGNANERIE EN GÉNÉRAL
sonnes et aux Ters. Nous donnons ici la figure d'un poêle tel que Dandolo le conseille, fait en bnques ou en terre cuite (Jig. 128); il chaulTe beaucoup mieux la piece on l'atelier dans lequel il est établi, parce qu'il est construit de manière à recevoir l'air extérieur qui n'entre dans ces chambres qu'après avoir été écbauffé dans le poêle mémeX'airraréfië,qui entre chaud, chasse l'air intérieur, et opère ainsi une sorte de ventilation. On peut, si l'on vent, boucher les trousqui servent de passage à l'air raré6é lorsqu'il y a du feu dans le poêle; ces mêmes trous peuvent servir pour introduire l'air froid, lorsque le feu du poêle est éteint
J* Thermomètres,
Après les poêles, l'instrument le plus indispensable dans une magnanerie est un bon thermomètre^ ou pour mieux dire, il en faut plusieurs, qu'on doit avoir soin déplacer oans les différentes parties de l'atelier^ afin de s'assurer si le degré de chaleur est partout le même. La V place du thermomètre est aussi dans l'étuve, où sans lui il serait impossible de régler d'une manière exacte les divers degrés de chaleur qui ont été reconnus les plus favorables à l'éclosion. Les thermomètres à mercure sont préférables à ceux préparés à l'esprit-de-vin. Tous les auteurs qui ont écrit sur les soins à donner aux \ers-à-soie ont établi les degrés de chaleur qui convenaieot à ces insectes d'après l'échelle de R^AOïiJRy en sorte qu'on ne se sert dans les ma^aneries que du thermomètre de ce physicien.
Une autre espèce de thermomètre qui est encore d'un usage assez moderne, est celle qu'on a nommée thermométrographe, destinée à indiquer le degré de chaleur le plus haut ou le plus baé auquel s'est élevée ou est tombée la température dans un espace de temps donné; mais cet instrument étant un peu compliqué^ sans être d'ailleurs d'une application rigoureuse, on le remplace aujourd'hui avec avantage par deux thermomètres simples, l'un appelé thermomètre maxima {fig, 129^ ), destiné à indiquer le plus grand degré de chaleur, et l'autre désigné sous le nom de thermomètre nUnima (/S^.iSO), dont l'usage est de faire connaître la plus basse température qui s'est fait sentir. Chacun de ces instruaieos doit être disposé horizontalement.
Le premierO%.i29}, qui est à mercure, con- Fig. 129.
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tient un petit brin d'acier c ou curseur^ qui est poussé par le liquide, tant que celui-ci est dilaté par la chaleur, et qui reste fixe, au point où le mercure s'est avancé aumomentoù la température a été la plus élevée; mais celleci venant à baisser, le mercure rétrograde en se condensant , et laisse l'indicateur d'acier au maximum où il était parvenu ; il est donc facile, 6 on 6 heures après que l'action de la chaleur est passée, de connaître à quel degi*é le plus élevé elle est parvenue, en regardant le point auquel coi^respond le bout du petit indicateur tourné vers le mercure. Après en avoir fait Tobservation, il suffît de relever perpendiculairement l'instrument pendant un instant en lui imprimant une légère secousse; le curseur retombe à la surface du mercure, et on replace le thermomètre dans sa position horizontale pour les observations subséquentes.
Le thermomètre minima ( fig. 180 }., est
Flg. 130.
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à Tesprit-de-vin, et le petit curseur <f est en émail. C'est un cylindre de 2 lignes, ou à peu près, de longueur, terminé à chaque extrémité par une petite tête comme celle d'une épingle. Ce petit corps plonge toujours dans Tesprit-de-vin, mais lorsquNon dispose l'instrument pour l'observation, il faut que sa tête supérieure soit au niveau de la liqueur, le tube étant placé perpendiculairement; alors le thermomètre a minima est établi horizontalement; et si, par suite du reffoidissement de l'atmosphère, l'esprit-devin rétrograde vers la boule deriostrument« le petit curseur suit son mouvement, et il demeure au point le plus bas où aura descendu la liqueur, qui a'ailleurspeut monter de nouveau sans porter son luffuence sur le petit indicateur que sa pesanteur spécifique, plus considérable que celle de Tesprit-de-vin, retient au point fixe où la condensation de cette liqueur l'avait entraîné, et où on le trouvera plusieurs heures après qu'une chaleur plus considérable s'etant répandue dans l'atmosphère, aura dilaté l'alcool et l'aura forcé de remonter vers la partie supérieure du tube» Ainsi le degré le plus bas auquel la température sera descendue, se trouvera indiqué tout juste vis-à-vis la place qu'occupe la tête supérieure du curseur. L^observation étant faite, on détache le thermomètre minima^ on le renverse doucement en le plaçant un instant verticalement, sa boule tournée en haut, et le petit in<* dicateur vient aussitôt occuper sa place d'attente à l'extrémité de l'esprit-de-vin. Dans l'usage ordinaire de ces 2 instrumens, on dispose le matin le thermomètre maxima pour savoir à quel plus grand degré de cha«
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ARTS AGRICOLES : ÉDUCATION DES VERS-A-SOIE
Litr. iT.
leur il &*élèvera dans le courant de la journée. Le thermomètre minima doit^ au contraire, être prë|>aré tou& les soirs pour connaître le minimum de la température dans le moment le plus froid de la nuit ou de la matinée. L'indication positive de ce moment, de même que Tlieure précise où la chaleur a été la plus forte, ne peuvent d'ailleurs être constatées par les 2 instrumens, si ou n'a pas soin d'y porter de temps en temps les yeux, pour observer Tinstant précis où le liquide remonte dans Tun et descend dans l'autre; mais ils peuvent être tous les deux très-utiles aux éducateurs devers-àsoie, pour s'assurer de l'exactitude du ma- Snanier quils emploient ; ils leur indiquent 'une manière rigoureuse les minima et les marima de la température de l'atelier pendant leur absence.
8" Hygromètres,
Une des choses les plus nuisibles dans une chambrée de vers-à-soie étant l'humidité, il est nécessaire de connaître, aussi exactement que possible, dans quel état, sous ce rapport, se trouve l'air de la chambrée ou de l'atelier. L'air atmosphérique est en général sec lorsque les vents soufflent du nord et de l'est, et humide lorsqu'ils viennent du midi ou du couchant; mais, pour le connaître d'une manière plus positive, on se sert des hygromè' tres^ dont nous avons donné la description T. 1-, p. 6, 7,/%^. 10, 11.
L'expérience a prouvé qu'on n'a rien à craindre pour les vers-à-soie tant que l'hygromètre de Saussure ne dépasse pas 65°; mais toutes les fois qu'il en marque 70° et au-delà, il faut faire dans la cheminée de l'atelier du feu avec des bois légers bien secs ; la flamme qui s'en élève met en mouvement les colonnes d'air environnantes et leur imprime une douce aj^itation qui sèche l'atelier. En même temps qu'on fait des feux de flamme pour dissiper l'humidilé, on peut ouvrir plusieurs ventilateurs pour chasser l'air pesant et le remplacer par celui du denors qui ne peut jamais élre aussi humide. Quancl un atelier a beaucoup d'étendue , il serait avantageux d'y placer 2 hygromètres à une certaine distance l'un de l'autre, afin de mieux connaître les degrés d'humidité des diverses parties de la chambre. L'hygromètre peut encore servir à annoncer divers phénomènes atmosphériques et à se garantir de leur influence.
4° Armoire incuhatoire^ couPeuse artificielle, bottes pour mettre les œufs à éclore, etc.
Les œuff de vers-à-soie laissés à la nature écloraient spontanément lorsque la température de l'atmosphère s'élèverait à 12« ou à peu près; mais alors leur éclosion se prolongerait pendant plusieurs semaines , et il ne serait pas possible d'entreprendre des éducations régfulières. Pour obvier à cet inconvénient, on a cherché à hâter Féclosion des vers en appliquant à leurs œufs une chaleur artificielle, et lu 1'* dçnt on fit usage fut celle
du fumier; mais la difliciilté de mëna^cos* venablement la chaleur par le fumier entassé y et surtout d'écarter l'influence des exhalaisons qui s'en élèvent, fit bientôt renoDcer à ce moyen; on trouva beaucoup plus commode d'employer, pour couver la graine, la chaleur du corps humain. Cette méthode, imaginée d'abord en Italie, se répandit dans les autres parties de l'Europe méridionale où les vers-à-soie furent portes, et elle fut pendant long-temps la seule en usage ; ce n'est que depuis assez peu de temps qu'on lui a substitué de nouveaux moyens, et encore aujourd'hui, dans les campaenes, les personnes ^ui n'élèvent pas une grande quantité de versà-soie font éclore la graine par l'influence de la chaleur humaine.Cesont ordinairement les femmes qui sont chargées de l'éclosion ; elles distribuent la graine dans de petits noaets de toile contenant chacun une once de graine, qu'elles placent autour de leur ceinture pendant le jour et sous le chevet de leur lit pendant la nuit. Ces nouets sont ouverts une fois par jour, dans les commencemens, pour aérer la graine et la remuer; dans les derniers jours on les visite el ou les remue deux fois dans les 24 heures, pour s'assurer du moment où les vers comuieucent à paraître. L'usage de ce moyen pour hâter 1 éclosion des œufs diminue tous les jours, et les personnes qui se livrent à des éducations de plusieurs onces de graine les font éclore dans Tétuve dont nous avons parlé plus haut , ou se servent d'une armoire particulière inventée depuis quelque temps , dite armoire incubatoire Ou couveuse artifi' cielle {fig. 181), dans laquelleon place lesœufs;
Fig.131.
ils y reçoivent la chaleur convenable, entretenue par une lampe à l'esprlt-de-vin, et oui est réglée et graduée au moyen d'un tnermomètre dont la partie inférieure plonge dans l'armoire, tandis aue Textrémité supérieure est saillante par le haut de l'armoire, afin de pouvoir ju^er du deg^é de chaleur que l'on active ou diminue à volonté, en augmentant ou diminuant le foyer du calorique. Cette armoire s'ouvre en un des côtés et eUe est divisée intérieurement en plusieurs étages de tablettes. Dans plusieurs cantons et particulièrement aux environs d'Anduze^ dans les Cévennes , on se sert d'une autre botte dont la chaleur est entretenue par un bam-mane. Pour placer les œufs dans l'armoire ii»cabatoire où ils doivent éclore , on a de petites
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