DE LA M\GN\NERIE EN GENERAL
[)(Ale»{^, 132) en carton ou en bois très-mince , Fig. 133.
doublées iûtërieuremcnt en papier; on les distribue dans ces boites selon leur grandeur respective , de manière que chaque once ^ de graine occupe environ 10 pouces carrés d'espace, et on a soin chaque jour de les remuer aN-ec une cuiller en forme de spatule faite en fer, en ëtain ou en buis; une cuiller ordinaire peut, dans tous les cas, servir à cet usage sans qu'elle soit faite exprès.
On pourrait aussi se servir avec avantage, pour faire éclore 1ers vers-à-soie des divers couYoirs dont nous avons donné la description à l'article Incubation artificielle y T. III , p. 79 et suiv.
h'' Tablettes de transport, tablettes et claies, cabanes, etc.
Dans les atelier» pourvus de tous les uslensiles propres à une éducation de vers-àsoie, on a une ou plusieurs tablettes de transporUfig. 133). Ce sont de petites planches en
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rieur , et de l'autre sur les solives du supérieur. Ces montans doivent être garnis de traverses ou forts tasseaux sur lesquels on établit les tablettes faites en bois f>lanc de 6 lignes d'épaisseur. Dans un atelier tel que celui dont nous avons donné les dimensions {fiff. 127, ccc)^ on fait 5 étages de tablettes, non compris le plancher; le tout établi solidement, surtout les supérieures, sur lesquelles il sera nécessaire d'appuyer les échelles pour porter la nourriture aux vers qui, dans le 5* âge, y seront établis; car, pour la facilité du service, les tablettes les plus élevées , de même que celles qui reposent sur le (plancher , ne doivent être employées que dans es derniers jours , lorsque tout le reste de l'atelier est déjà garni de vers. A la rigueur^ on peut très-bien placer les vers sur ces tablettes, telles que nous venons de dire qu'on devait les construire, en les recouvrant et les garnissant auparavant de feuilles de papier grand et fort ; mais dans plusieurs endroits, les tablettes ne sont pas pleines , elles ne forment pour ainsi dire que des espèces de sup{)orts sur lesquelles on établit des claies faites en roseaux ou en osier {fig. 134), et c'est sur ces claies, garnies également de papier {fig. 134 A), qu'onplace les vers-à-soie.
Fig. 134.
Iwis léger, larges d'un pied, longues de 2, Çarnies de 3 côtés d'un rebord également en bois mince, haut de 12 à 15 lignes, et munies dans leur milieu d'un manche surmonté d'une poignée, afin qu'elles soient plus faciles à transporter partout où il est besoin. Toutes les fois qu'on veut s'en servir, on les garnit de papier sur lequel on met les vers uu'on a besoin de changer de place , et en faisant ensuite glisser le papier par le côlé de la tablette qui n'a pas de rebord , les vers se trouvent changés avec beaucoup de facilité d'une place à une autre ; on évite par ce moyen de les blesser, comme pourraient le faire les ouvriers s'ils étaient obligés de les toucher immédiatement avec les mains. A défaut de tablettes , de simples planches peuvent servir au transport.
Les tablettes sur lesquelles les vers-à-soie passent leur vie jusqu au moment où ils les quittent pour filer leur soie, sont établies soit autour de la chambre ou de l'atelier, le centre seulement restant libre, soit au contraire, ce qui est préférable pour la meilleure circulation de l'air, en laissant tout autour 2 pieds, ou à peu près, libres pour le service de l'atelier, et en faisant occuper aux tablettes tout ce qui reste dans l'intérieur; ces planches ( /?|^. 127, m m m m) sont alors établies sur 2 ou 8 rangs, ou plus, selon la largeur de l'atelier. Dans ce dernier cas, des montans faits en bois carré de 3 pouces d'épaisseur , doivent être solidement établis à 3 pieds à peu près les uns des autres, fixés auQ bout dans le plancher infé-
Dans tous les cas , les tablettes ou les claies doivent ôtre munies, tout autour, d'un rebord on bois mince de 2 ^ à 3 pouces de hauteur, afin de prévenir la chute des vers qui se trouvent sur les bords , et qui sans cela sont très-sujets, dans les 2 derniers ftges surtout , à tomber de leurs tablettes sur le plancher.
Le nettoiement des tablettes ou des claies est une chose nécessaire toutes les fois qu'on délite les vers ou qu'on les enlève de leur litière pour les mettre dans une nouvelle place. On appelle /l'r^îère les débris des feuilles qui , depuis quelques jours , leur ont servi de nourriture. Pour bien nettoyer l'ancienne place que les vers ont occupée, on se sert d'un petit balai court, fait de manière qu'il
{>uisse enlever les feuilles à demi pourries et es excrémens qui pourraient rester attachés à la surface supérieure des claies, lorsqu'on a enlevé la masse de la litière. Dans les pays méridionaux où l'on cultive le ^and millet, on fait le plus souvent ces petits balais avec les sommités de cette graminée, qui sont divisées en de nombreux pédoncules d'une consistance assez raide. Dans les endroits où cette plante n'est pas cultivée, on pourra employer à sa place de la bmyère, des râ*
ARTS AGRICOLES : EDUCATION DES VERS-A^OIE
ineaux de geuét on des menus brins de bouleau.
Plusieurs échelles sout nécessaires dans une magnanerie pour distribuer la feuille aux vers qui sont placés sur les tablettes éupérieures, auxquelles on ne peut atteindre autrement. Nous conseillons simplement, tant pour Tintérieur des magnaneries que pour la cueillette des feuilles, des échelles simples et doubles, à échelons ronds ou plats, comme on les aura, et telles qu^on les trouve d'ailleurs partout, parce qu'elles nous ont paru faciles a approprier aux différens services dont il est question.
Des paniers de différentes grandeurs sont nécessaires pour porter et distribuer la feuille du mûrier dans les dKférentes parties de la magnanerie, et la distribuer aux vers sur les tablettes. Ces paniers doivent être légers et, de préférence, faits en osier; leur forme importe peu , mais en général il faut qulls soient pourvus d'une anse, et que celle-ci soit munie d*un crochet par lequel on puisse les suspendre toutes les fbis que cela sera nécessaire, soit au rebord des tablettes, soit aux échelons supérieurs des échelles, quand on les emploie pour porter la nourriture avx vers places sur les tablettes élevées.
Lorsque les vers sont parvenus à cet état qu'on appelle la maturité, ils cessent de manger. Os quittent la litière, courent çà et là sur le bord des tablettes, en levant de temps en temps la partie supérieure de leur corps, comme pour chercher une place propre à faire leur cocon ; ces signes annoncent qu'ils sont tout prêts à commencer ce travail. Dès qu'un certain nombre de vers indique ainsi que la fin du 5* Age est arrivée, il faut s'occuper sans retard de lenr procurer les moyens de faire leurs cocons. On a imaginé, pour leur rendre ce travail plus facile, de leur construire des cabanes ou haies {fig. 135) Fig. 135.
sur lesauelles ils pussent monter. Ces cabanes se font avec de petits faisceaux composés de rameaux efûles, flexibles et secs, Liés seulement par le bas et par leur gros bout Bans le midi, on prend ordinairement, pour composer ces petits faisceaux, des rameaux de la bruyère arborescente, de Talaterne ou du geoét ; mais dans les pays où ces espèces
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ne se trouvent pas, ou sont rares on peut employer' à leur place d'autres espèces de bruyère, ou des rameaux de bouleau cueillis à la fin de l'hiver, avant le développement des feuilles. Quelle que soit l'espèce dont on forme les faisceaux, ceux-ci doivent être d'un tiers au moins plus longs que Tespace qui se trouve entre deux tablettes, afin que la partie qui forme la base de chaque poignée étant appuyée sur les tablettes, la portion supérieure, dont toutes les brindilles doivent rester libres et divergentes, puisse être plus ou moins forcée et recourbée en berceau parle plancher de la tablette qui se trouve au-dessus. On place ainsi sur chaque tablette, après l'avoir auparavant bien nettoyée, le nombre de faisceaux nécessaires, en les espaçant à 3 ou 4 pouces les uns des autres, et en les disposant de manière à former, par le haut, des espèces d'arcades ou berceaux, et en laissant d'ailleurs assez d'espace d'un berceau à l'autre, pour que les vers qui ne montent pas tout de suite puissent encore être à l'aise dans le bas des tablettes, et continuera y recevoir leur nourriture jusqu'au moment où ils quitteront la litière. En construisant les cabanes, il faut avoir bien soin qu'elles ne débordent jamais les tablettes sur lesquelles elles sont appuyées, afin que les vers auxquels il arrive de tomber après y être montés, ne fassent pas des chutes de trop haut, et que, tombant sur les tablettes, ils puissent de nouveau remonter facilement dans la ramée, tandis que s'ils tombaient en dehors, leur chute les exposerait davantage à se blesser, et ils ne pourraient plus retrouver le chemin des cabanes.
On a conseillé un petit châssis à peu près semblable à la tablette de transport dont on a déjà parlé, pour mettre les papillons mâles et femelles lorsqu'ils sont accouplés, eiun chevalet sur lequel est tendu un linge pour y placer les femelles après q^u'elles sont fécondées, et sur lequel elles doivent faire la ponte de leurs œufs. Ces deux ustensiles, qu'on trouve figurés dans les ouvrages de Dak- DOLO et de M. Bonafods, ne nous ont pas paru nécessaires. Nous nous sommes toujours servis, pour placer nos papillons, d'un petit meuble à plusieurs tiroirs avant chacun 2 pieds de longueur, 1 pied de largeur et 3 pouces de hauteur. Nous mettons dans différens tiroirs : r les papillons accouplés; 2" les femelles séparées des mâles après avoir été fécondées ; 3" les mâles cardés pour les donner aux femelles qui non! point encore subi l'accouplement. Les tiroirs dans lesquels nous plaçons les femelles fécondées ou accouplées sont garnis, dans le fond,d'un morceau de toile ou df'étoffe de laine oudecolonsuffisammentgrandjSurlequelies
femelles pondent leurs œufs. Le tiroir dans lequel il n'y a que des mâles n'est garni que de papier. D'après cette manière de faire, ces papillons sont toujours tenus dans une obscurité complète, excepté dans les moroens fort courts où l'on ouvre les tiroirs pour effectuer les accouplemens, les surveiller ou en opérer la séparation, et rien ne peut détourner les femelles du travail de la ponte. L'obscurité parait être favorable au pa-