‹ Maison rustique du XIXe siècleChapitre 74 sur 239 · DE LA. MAGNANERIE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

DE LA. MAGNANERIE EN GÉNÉRAL

pîlion an Ter-à-soie, oui est qq insecte docturoe. La petite chambre qui a servi d*ëtuve, et qui, depuis loog-temps, u'a plus d'emploi à rëpoque de la naissance des papillons, est un lieu convenable pour cet objet. A ces tiroirs, places dans un meuble particnlier , on peut , à la rigueur , substituer des boites carrées , en bois mince ou même en carton, d^ëgale largeur et longueur; 5 à 6 de ces boites , placées les unes sur les autres, seront suffisantes pour faire 6 à 8 onoes de graine, et, pour intercepter le jour à la supérieure on la recouvrira d'une grande feuille de carton. Pour se procurer une plus grande quantité de graine , il vaudra mieux avoir un meuble , c|iron peut faire faire depuis 8 jusqu'à 12 tiroirs, et même plus. Loiseleur-Dbslonghaiips.

S IT. — Purification de Tair des ateliers.

Les causes occasioneUes des maladies qui affectent le ver-à-soie, ont été l'objet des recherches des naturalistes qui en ont étudié les symptômes, la marche, ainsi que les altérations qu*elles produisent. Tous leurs travaux nous portent à conclure que, dans Tétat actuel de uos connaissances, il est plus diffidle de guérir les maladies de cet animal que de les prévenir.

Ijes moyens de prévenir les maladies ne consistent pas seulement dans le choix de la feuille du mûrier, dans Tordre des repas et la quantité de nourriture appropriée à chaque période de la vie de ces insectes, dans une température convenablement graduée, et dans Tespace progressif qu'on doit leur faire occuper à mesure quMls se développent; ils reposent plus encore dans les soms nécessaires pour les préserver des émanations produites par la fermentation de leur litière et des matières excrémentitielles.

Dans le but de détruire ces funestes émanations , que la circulation d'un grand volume d'air, la propreté, les soins, et la surveillance ne suffisent pas toujours pour éloigner, les habitans des campâmes essaient vamement de faire brûler des reuilles odoriférantes, de Tencens on des baies de genièvre; les vapeurs qui en proviennent masquent plutôt qu'elles ne détruisent les mauvaises odeurs de l'air atmosphérique ambiant, et les seules fumigations efficaces dans ce cas, sont celles qui peuvent changer la nature des émanations répandues dans les ateliers, les décomposer et faire contracter à leurs principes des combinaisons nouvelles qui ne soient pas douées de principes nuisibles.

Guidé par cette théorie , M. Parolstti fut le premier en 1801 à appliquer le chlore à Passaînissement des ateUers. Depuis lors, Dandolo et ses nombreux imitateurs ont constaté par une longue expérience les effets salutaires de ce gaz dont l'usage est devenu vulgaire chez les cultivateurs éclairés. Ce dernier agronome avait aussi recommandé le procédé de Smith, consistant à charger l'atmosphère de vapeurs d'acide nitreux^ qui se dégagent du nitrate de potasse (salpêtre) arrose d'acide sulfurique (huile de vitriol); et une pratique de plusieurs années me porte à croire que ces vapeurs, moins irritantes

aue celles du chlore , ont plus' d^efficacite dans les ateliers peu spacieux.

Cependant, quel que soit le pouvoir désinfectant du chlore et des vapeurs nitreuses, ils n'exercent pas d'action sur l'acide carbonique qui, en se dégageant en grande quantité des matières végétales et animales, rend l'air qui Iqi sert de véhicule moins propre aux fonctions respiratoires. Il fallait rechercher un procédé capable d'agir simultané<^ ment sur l'hydrogène, partie constituante des miasmes, et sur l'acide carbonique, isolés ou combinés entre eux. Dans ce but, j'ai fait choix du chlorure de chaux^ dont on connaît bien aujourd'hui la propriété de désinfecter l'air et de ralentir la putréfaction, et j'ai tenté des expériences comparatives afin de m'assurer de son efficacité pour assainir les ateliers de vcrs-à-soie. Ces expériences ont eu un succès décisif, et les résultats que j'ai obtenus me paraissent assez remarouables pour fixer l'attention des éducateurs ae versa-soie et les déterminer à employer le chlorure de chaux à l'assainissement de leurs ateliers ; la facilité avec laquelle on le prépare, le prix modique auquel il revient, contribueront sans doute à en introduire bientôt Tusage dans notre économie agricole.

jPour procéder à V assainissement d*un ate^ lier de vers-à-soie^ il suffit de placer au milieu de cet atelier un baquet ou une terrine contenant une partie de chlorure de chaux sur trente parties d'eau environ, ou 30 grammes (1 once) de chlorure sur 1 litre d'eau^ pour chaque quantité de vers provenant d'une once de graine; on agite la matière, et, quand elle est précipitée, on tire à clair, on renouvelle l'eau, et l'on réitère l'opération 3 ou 8 fois dans les 24 heures, suivant que le besoin d'assainir l'air est plus ou moins impérieux. On ne change le chlorure que lorsqu'il cesse de répandre de l'odeur.

Mais, en recommandant ce nouveau mode de désinfection, je ne saurais tnm inviter aussi les cultivateurs à ne pas négliger de faire pénétrer dans les atehers im courant d'air qui chasse celui qu'ils contiennent , et de faire fréquemment des feux de flamme, de manière à lui procurer une expansion qui le détermine à céder sa place à rair extérieur; tant il est vrai qu'une ventilation bien dirigée me semble encore préférable aux moyens que la chimie, dans l'état actuel de nos connaissances, peut offrir aux éducateurs de vers-à-soie. Bonafous.

SECTioif IV. — Soins à donner aux vers-a^ soicy ou éducation élans les différens âges.

S I". — Éclosion de la graine, naissance des vers.

Pour avoir des éducations de vers-à-soie qui soient productives , la première chose à faire est de se procurer de bonne graine; c'est ainsi qu'on appelle ordinairement les œufs de ces insectes, probablement à cause de la ressemblance au'ils présentent avec de menues graines. Celle quou peut avoir de sa propre récolte doit toujours être considérée comme la meilleure, parce qu*on est plus sûr de ses qualités, et que quelquefois on est trompé en l'achetant ailleurs ; cependant.

ARTS AGRICOLES : ÉDUCATION DES VERS-A-SOIE

tu

lorsqiron en est dépourvu , il faut 8*eii procurer en la faisant venir des pays les plus avantageusement connus sous le rapport des soies qu'ils fournissent au commerce.

C'est une erreur de croire , ainsi que cela a lien dans plusieurs cantons où Ton se livre à réducation des vers-à-soie, qu'il faut de temps en temps changer la graine d'un canton pour celle d'un autre. Ce préjugé n'a pu prendre naissance que dans les cantons où l'on ne donne pas les soins convenables aux vers; car il ny a que cela qui puisse faire dégénérer la graine, qu'on peut au contraire améliorer jusqu'à un certain point par de bons soins; ainsi, en 1824, des vers nourris de mûrier rouge nous donnèrent des cocons dont le cent ne pesait que 1 once 6 gr. La graine de ces cocons ayant été conservée, nous sommes parvenus à l'améliorer et à la régénérer de telle sorte qu'en 1827 les vers qui en étaient descendus firent des cocons aont le cent pesait déjà 6 onces 1 gr. 24 grains, et en 1829, cent cocon s, toujours de la même race, pesèrent jusqu'à 6 onces 4 gros.

La graine se conserve ordinairement attachée sur des morceaux de linge ou d'étoffe de coton ou de laine, sur lesquels elle a été pondue, jusqu'au moment où l'on veut la vendre, ou quelque temps avant de la soumettre à l'incubation pour la faire éclore. Elle se vend au poids, et le prix d'un once varie depuis 3 jusqu'à 6 fr. et même plus, selon que la récolte précédente a été plus ou moins abondante. Dans presque tous les pa^s où l'éducation des vers-à-soie est en pratique, l'once de graine ne fait que les 4/5 ae celle de Paris ou du poids de marc; l'onced'Italie est encore plus faible; elle ne contient que 39,138 œufs, selon Daudolo, celle du midi de la France environ 40,000, et celle du poids de marc à peu près 50,000.

On peut conserver la graine et reculer ojsez long-temps V époque de son éclosion en la plaçant dans des caves ou des carrières, dont la température soit basse et varie peu ; des expériences nombreuses nous ont démontré, dans les essais d'éducation multiples auxquels nous nous sommes livrés, que dans les glacières on peut la conserver au moins tout Tété, et durant un temps que nous n'avons pu déterminer. Dans tous les cas, afin de préserver la graine de l'influence de l'humidité , il est essentiel de placer les linges sur lesquels elle est collée, dans des bocaux dont on lute bien hermétiquement l'orifice.

Pour détacher plus Jacilement la graine des linges ou des morceaux d'étoffe sur lesquels le papillon femelle l'a fixée, on les plonge dans une suffisante quantité d'eau à la température de 10 ou W R. et on les retire après les y avoir laissés 5 à 6 minutes, ce qui suffit pour dissoudre la substance gommeuse qui tient les œufs attachés aux linges. Alors, on applique ces derniers sur une table en les tenant bien tendus , et avec un couteau de bois ou d'os, ou même de fer oui soit très-ëmoussë et qu'on passe en l'appliquant du plat entre l'étoffe «t les œufs, on détache ceux-ci avec beaucoup de facilité. Au fur et à mesure qu'on en a détaché une certaine

âuantité, on la dépose dans un vase rempli 'eau à la même température, jusqu'à ce qu'il

n'en reste plus sur les linges ou rélofTe. OU i fait, on agite doucement cette eau avec U main en cherchant à séparer les œufs qui' pourraient être collés les uns aux autres. Daot! cette opération, tous ceux qui surnagent oij valent rien, on les enlève et on les jelte;, tous ceux qui vont au fond sont féconds. Quand on ju^e que ces derniers sootsurOsamment laves et nettoyés, on décante a^ec! précaution l'eau qui les recouvre, afioden'ea pas perdre , et tout ce qui est au fond du vase est retiré et mis sur un ou plusieurs la* mis serrés ou sur des linges, ou seulemeol dans des assiettes que l'on incline à moitié afin d'en faire égoutter l'eau. Dans un liea sec, un peu aéré, la graine est assez sèche au bout d'une journée; cependant, de peur qu'elle n'ait encore un peu d'humidité, il vaut mieux la laisser exposée à l'air pendant 2 ou 3 jours, en la remuant plusieurs fois pendant ce temps, pourvu que la température du lieu où elle est ne soit pas à plus de 9 on 10^. Si on a une grande quantité de graine, il faut recommencer l'opération à plusieurs reprises, parce qu'on ne peut guère faire subir la préparation mdiquée ci-dessus à plus de 8 à 10 onces à la fois. Il est toujours bon d'ailleurs qu'elle soit faite un mois eoviroQ avant de mettre à éclore, et dans un moment ' où l'embryon est encore dans le plus grand re- l dos; si on la faisait, au contraire, trop près de i réclosion , cela pourrait nuire à cette fooc- , tion. Jusqu'au moment de préparer l'incubation, la graine peut être gardée dans des assiettes , dans de petites bottes plates où les couches aient 4 à 5 lignes d'épaisseur, ou eofin enveloppée dans du papier. La graine ainsi convenablement préparée et bien sèche peut aussi être distribuée dans de petites boites par 2 à 4 onces, où elle ne souffre pas de pression, et être envoyée partoutoù elle sera demandée.

BoissiER DE Sauvages dit que la graine se détache toujours assez facilement de l'étoffe sur laquelle elle a été pondue, sans qu'il soit besoin d'employer les lavages; mais nous croyons qu'on doit en la détachant en briser davantage; d'ailleurs, la graine reste malpropre, e t enfi n les œufs clairs et inféconds ne peu* vent facilement être séparés, et comme ils restent mêlés aux bons , on n'est jamais à même d'apprécier au juste la quantité de bonne grame qu'on a mise à éclore.

Dans l'état de nature, la graine commence à éclore spontanément lorsque la température s'est maintenue pendant environ 16 Jours entre ÏO et 12°; mais alors les vers naissent les uns après les autres pendant plusieurs semaines de suite, et il n'y a pas moven de faire d'éducation régulière et profitable Pour obvier à cet inconvénient, on conserve la graine à la plus basse température (;[u'il est possible jusqu'au moment où l'on voit que les bourgeons du ni iirier, qui doivent servir à la nou^ riture des vers, commencent à se développer ; alors on dispose la graine qu'on veut faire éclore ainsi qii'il a été dit plus haut, soit pour lui faire suoir l'incubation au noiiet, soit pour la placer dans la couveuse artin cielle, l'armoire incuba toire ou l'étuve proprement dite. Ce qui a été déjà dit sur Téclosion au nouet est suffisant ; mais nous devons

OAP. 7*. SOUfS A DONNER

^ter quelque chose sar la manière d'opérer par les autres procédés, et sur les degrés de chaleur qu'il est convenable d'entretenir dans les appareils dont il vient d'être question, aiosique dans l'étuve où la chaleur doit être portée successivement et ensuite soutenue aux degrés convenables.

DANDOiiO fixe à tZ jours le temps nécessaire

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