LIV. IV
est pur, sec et un peu raréfie, le cocon est plus grenu et a plus de densité/ en même temps que le brin est plus fort. Dans les localités basses, au contraire, le cocon est plus gros, la soie en est plus grossière ; elle est à un titre moins élevé, et a une force relative moins grande. Dans cet état, on lui donne la préférence pour la trame, tandis que la première est plus propre pour la chaîne. Od peut mettre ensuite à part les cocons blancs," puis classer les autres suivant leurs couleurs et qualités. Ce triage se fait le plus communément par 3 qualités différentes : 1** les cocons fins ou ceux dont le tissu présente une superficie à grains très-fins ; 2« les demi-fios, dont le grain est plus lâche et plus gros; 3* les cocons satinés qui n'ont pas de grain et dont la surface est mollasse et spongieuse. Chacune de ces qualités est jetée dans une manne d'osier particulière.
Si on ne procède pas tout de suite au tirage des cocons, il faut les reporter au grenier sur des clayons, les y retourner et visiter tous les 2 ou 3 jours, afin de prévenir la fermentation, et pour empêcher <]u'ils ne soient attaqués par les rats ou les insectes.
Quand on veut dévider la soie des cocons, on commence par les débarrasser de la bave ou bourre qui les enveloppe, ce qui se fait de la manière la plus simple, en enlevant a la main cette bourre , jusqu'à ce qu'on parvienne à cette partie du cocon où le fil se trouve peloté régulièrement.
2* Appareil de tirage»
Le tirage de la soie, avons-nous dit, consiste à développer le fil du cocon dans toute sa longueur; or, on ne peut dérouler le peloton qu'en faisant dissoudre une matière fommeuse qui enduit le fil et colle Tune l'autre les divers zigzags qu'il forme.
L'eau froide n'ayant pas une action suffisante pour opérer cette dissolution, il faut avoir recours à l'eau élevée à une certaine température. Cette température varie avec l'état des cocons, et on la détermine selon leur âge, leur dureté, leur finesse, la qualité et la destination de la soie. Les cocoos, récemment récoltés, dont la gomme n'est pas encore endurcie, ne demandent pas une eau très-chaude, tandis que les vieux cocons creux, secs et serrés, exigent presque de Teau bouillante. L'eau trop chaude nuit beaucoup à réclat de la soie.
Le fil du cocon est si délié et offre si peu de résistance; qu'en cet état il ne pourrait guère être employé dans les arts: on est doue obligé d'en reunir un certain nombre qu'où tire ensemble. La gomme qui liait les circonvolutions du peloton, ramollie dans le baio d'eau chaude, sert alors à unir les différeas brins qu'on file ensemble, et à donner à ce nouveau fil, lorsqu'il est sec, une consistance et une union qu'on ne peut plus altérer, même par l'eau, a moins qu'elle ne soit bouillante. — Non seulement le tirage 1 Tw" chaude donne aux brins de l'adhérence entre eux, mais par suite du ramollissement de la partie gommeuse et des divers frottemens combinés que la soie éprouve, celle-ci
la soie. Par exemple, dans les pays où l'air | acquiert de la rondeur, de l'égalité et UQ 8>*
PRÉPARATIONS DE LA SOIE
pect lisse et laslrë, qualités essentielles poor la beauté des tissus brillans fabriques avec celte matière.
L'opération du tirage de la soie n*est pas aossi simpie qu'on pourrait le croire au premier abord et exige au contraire beaucoup d'adresse, d'inteliigence et surtout une expérience qui ne s'acauiert que par une pratique constante de plusieurs années. Cependût c'est de la bonne exécution du tirase que dépend en grande partie la beauté et la bonne qualité de la soie.
Poar procéder au tirage de la soie , une ouvrière, qu'on nomme idi tireuse onfileuse^ s'asseoit devant une bassine en cuivre plate et remplie d'eau cbauffée par le foyer d'un fourneau sur lequel ce vase est placé. La bassine et le fourneau lui-même sont établis devant une macbine destinée à tirer la soie et qu'on nomme un tour. L'eau de cette bassine étant portée à la température nécessaire poor ramollir la matière de nature gonimeuse qui enduit et colle le fil du ver-àsoie, la fileuse y jette une ou deux poignées de cocons bien débourrés et les agite fortement ou les fouette avec les pointes coupées en brosse d'un balai de bouleau ou de bruyère; c'est ce qu'on nomme Jiiire la battue. Lorsque, par cette battue ainsi que parla cbalenr de Teau, elle est parvenue à faire paraître les baves^ c'est-à-dire à démêler et accrocher les bouts des brins de la soie de
chaque cocon, elle étire à la main la 1"* cou* che qui est formée d'un fil grossier qu'on nomme cdte^ et lorsque cette enveloppe est enlevée et que la soie pure commence à venir, elle recueille entre ses doisla tous les brins , les divise en 2 portions égales composées d'autant de brins qu'il en faut pour composer le fil qu'elle veut tirer, les tord légèrement entre le pouce et Tindex, les fait passer dans des filières, ainsi que nous Texpliqueroos plus bas , les croise un nombre aéterminé de fois , puis les livre à une autre ouvrière nommée tourneuse qui les accroche à une des lames de l'asple ou dévidoir du tour qu'elle met aussitôt en mouvement au moyen d'une manivelle pour rassembler le fil à mesure qu'il se dévide et en former des Jlottes ou écheveaux,
3* Atelier de GensouL
Le mode simple décrit ci-dessus pour dévider le cocon est encore en usage dans un assez grand nombre de localités; il offre cependant plusieurs défauts graves , et dès qu'on s'occupe de l'éducation des vers-à-soie sur une échelle un peu étendue, il faut donner la préférence à un appareil imaginé par M. GensouL, à l'aide duquel on applique au tirage de la soie le chauffage à la vapeur. Voici la description de cet appareil.
Ijàfig. 148 est une coupe longitudinale de
Fig. 143.
l'atelier de tirage dans lequel se trouvent 14 appareils. Noaa n'en avons représenté qu'environ la moitié, ce qui est suffisant pour faire concevoir l'autre moitié qui se répète exactement depuis A jusqu'en B. -- La fig. 144 est Fig, 144.
une coupe verticale selon la largeur du même bâtiment. Le tuyau A est en fonte, il est adapté sur la chaudière et traverse le mur à 2 *" 60
(8 pi.) au-dessus du sol , comme on le voit^. 147 sur une plus ^ande échelle. Un long tuyau carré en bois BB conduit la vapeur dans la longueur de l'atelier. Les extrémités de ce tuyau sontplus élevées de 65 cent. (2 pi.)
3ue le milieu, ann que la vapeur qui se cou' ense puisse retomber dans la chaudière. 14 tuyaux appelés rameaux descendent verticalement du tuyau B pour conduire la vapeur dansTeau des bassines ou auges D, jusqu'à 9 millim. (4 lig.) du fond. Ces tuyaux sont en cuivre, ils ont 20 millim. (9 lig.) de diamètre; ils doivent entrer de 14 millim- (6 lig.) dans l'intérieur du tuyau B, afin que l'eau formée par la vapeur condensée ne puisse, en s'en retournant dans la chaudière, descendre dans les bassines. Chaque tuyau ou rameau est muni d'un robiuet E (,fig. 143 ). On peut faire usage des rameaux /?^. 145 . Le 1*" a la forme d'un T renversé bouché aux extrémités inférieures et percé de petits trous dans la partie horizontale. Le T porte à sa
AKTS AGRICOLES : ÉDUCATION DES VERS-A-SOIE
uv.rr.
lE
Fig. 146.
partie inférieure une plaque ou disque de cuivre servant à empêcher le bouillonnement de Teau.
Lcii bassifiei D i^fig^ 146 ) sont eu boiii de &apin de 40 luihîm. (IS li^O d'ëpaisaeur, 976 milljui. (â pi. }dti loii]ï et 488. millim. (18 po,) de large; die s sont portées par dt*s supports eti boîs F, et rete= nues par d*^s vis. Sur le rond ù^l fixé pareillenienlavec de& visuu petit tasseau eu bois dans lequel entre le bout du raiDeau aûu qu'il no puisse pas vaciller.
La chaudière G (^^^ 144 et 147)esldi!iposëe sous uu toit à Texte rieur cl au milieu de la hmeueur du bâtiment^ elle est formée de douves eu bois de chêne de Ht milJîm. (3 po* ) d'épaisseur retetuies par des cereles de fer* La euve H , pleine d'eau ^ est dcslmée h
Fig. 148.
Flg* 147.
remplacer Feau de la chaudière à mesure qu'elle s'évapore par l'effet de l'ëbullition. La /y. 148 représente la coupe horizontale de cette chaudière prise un peu au-dessus du tuyau KK qui condmi la fumée. Ce tuvau est en serpentin, il s'élève au centre de la cuve, traverse pareillement la cuve H dans son centre, sort au-dessus en I, et porte la fumée dans le tuyau de la cheminée. La cuve H porte à
son fond un petit tuyau en cuivre muni d'un robinet L qu*on ouvre lorsqu'il est nécessaire d'alimenter la chaudière. Le tube d'épreuve en verre T indique constamment la hauteur de l'eau dans la chaudière et, lorsque son niveau s'abaisse trop , on ouvre le robinet L qu'on referme lorsqu'on a introduit l'eau. La chaudière G est hermétiquement fermée par un bon couvercle eu bois, solidement retenu par de fortes traverses et des boulons à écrous en fer R. Le fourneau M ne présente rien de
{particulier; on voit en O la porte du foyer par siquelle on introduit le combustible et eu N celle du cendrier. R est une soupape de sûreté et T la tige d'une autre soupape placée dans l'intérieur de la chaudière, qui est constamment poussée contre le fond par un ressort à bouain. On tient cette soupape ouverte en mettant un poids sur sa tiçe afin de laisser entrer l'air au moment de la condensation qui a lieu lors du refroidissement de l'appareil. Il faut, pour éviter tout accident, que Tuuvrier charge de la conduite du feu ouvre tous les soirs cette soupape T et la laisse ouverte jusqu'au lendemain lorsqu'il va allumer le feu.
On voit en Q C/^. 144 ) le tour à filer dont nous allons parler plus bas et la chaise IV sur laquelle !a tireuse est assise.
Cet appareil offre les avantages suivans: d'aborci on peut faire usage dans le foyer commun de nouille ou charbon de terre , ce
3ui ne pouvait avoir lieu dans l'ancien mode e chauffage où il y avait un foyer sous chaque bassiue, parce que la fumée du charbon se répandait aans l'atelier , ternissait la soie et nuisait à sa aualité. On n'a plus qu'à entretenir un seul feu, et l'appareil ne consomme guère au-delà du tiers du combustible employeprécédemment dans les ateliers montés d'après l'ancienne disposition. Les robinets placés sur les rameaux permettent de porter en peu d'instans la température de l'eau de la bassine au degré voulu, et de Yy maintenir avec égalité et une régularité parfaite. On remplace les bassines de cuivre par des vases en oois, et on ne risque plus ainsi, dans l'intervalle des battues, quand on dépose les cocons montans sur les bords de la bassine
f>our les mettre à l'abri du balai , de les brûer par l'effet de la chaleur du métal. L'eau des Dassines,renouvelée sans cesse parde Veau extrêmement pure, puisqu'elle est distillée,
PREPARATIONS DE LA SOIE
donne à la soie plas de perfection, de pureté el d'éclat , ce qui convient surtout aux soies blanches dont le beau lustre est souvent altéré par rimpureté des eaux ou nar la chaleur qu'elles éprouvent dans une nàssine exposée à feu nu, et dont il était très-difficile de régler convanabiement la température. La tirease n'est plus incommodée par la chaleur du foyer et par la vapeur du( charbon qui s'en dégage, et la tourneuse, qui n'est plus chargée de l'entretien du feu , peut donner tout son temps et son attention à son travail.
Quand on ne fait pas usaçe de l'appareiî Gensoul, ou bien quand il faut renouveler dans celui-ci l'eau des bassines, ou doit avoir l'attention de se servir d'eau pure, légère et douce. Les eaux de rivière et de pluie sont les plus convenables pour le tirage. Celles qui sont crues et dures forment avec la gomme une sorte de savon calcaire qai se précipite sur la soie , la rend dure et nailk la perfection de ce brillant produit.
La cAaiSfKrde l'eau dans les bassinesdoit être de 75° de Réaumur pour faire la battue; mais uoe fois que les bouts ont été trouvés et croisés, on al>aisse cette température à 65 *" ou 70° an plus, qui est celle à laquelle on doit continuer le tirage. Cette chaleur suffit d'un côté pour ramollir la gomme et pour dérouler le fil, et de l'autre pour lier Iks brins tirés ensemble et n'en faire qu'un seul fil. Les cocons doubles exigent pour leur dévidage une température plus élevée.
4° Conditions pour un bon tirage,
La machine dont on fait usage pour tirer la soie se nomme, avons-nous dit, wntour Les mécaniciens ont inventé plusieurs inachines de cette espèce; mais la plus généralement répandue est celle qui porte le nom de tour de Piémont avec les perfection nemens que Yaucanson, Yillard, Tabarin et autres ont apportés à sa construction- Avant de décrire cette machice, disons un mot des conditions qu'il faut remplir pour obtenir un bon tirage.
La soie eâX orainairement dévidée ennls oa bouts composés d'un certain nombre At brins ou fils de cocons réunis, arrondis et agglutinés par la chaleur et les différens frottemens auxquels on les soumet. La fileuse file ordinairement 2 de ces bouts à la fois. Tirés k part d'abord, ils sont ensuite croisés entre eux un certain nombre de fois, et enfin écartés et enroulés séparément sur l'asple ou dévidoir du tour.
Voici les conditions principales :
Le fil doit, autant que possible, être parjaitementégal dans toute son étendue. Pour cela il faut que la ûleuse rattache avec soin les brins cassés, qu'elle fournisse de nouveaux cocons à mesure qu'il y en a qui sont épuisés par le dévidage. Comme les brins de soie sont plus faibles et plus déliés vers la fin qu'au commencement, elle doit, quand les cocons tirent à leur fin, augmenter le fil d'un ou deux nouveaux brins pour lui rendre la force et l'épaisseur qu'il commence à perdre à mesure que le dévioage avance. Soutenir l'égalité du brin est une des principales qualités d*une l>onne ûleuse.
lacroisuredesJiLs doit être égale, régulière
et soutenue. La croisure estd'une nécessité absolue pour unir d'une manière inséparable les brins qui forment lesfils, pour en détacher une grande quantité d'eauqui se dissipe en vapeur, pour que ces fils sèchent plus promptement sur l'asple, et que chacun d'eux ne se colle pas
Suand on fait monter Tune sur Fautie ses iverses circonvolutions. Par la croisure , les fils acquièrent le nerf et la force nécessaires
f)Our être mis en œuvre et la consistance qui es rend propres à l'usage auquel on les destine. En outre, elle rend les soies nettes, les délerge, les arrondit également comme pourrait le faire une filière, de façon qu'il ne passe ni bouchon, ni bavure, ni aucune inégalité de grosseur, conditions nécessaires pour former de bonnes soies ouvrées et de beaux tissus. Enfin c'est elle qui, parle frottement en hélice qu'elle fait éprouver aux fils, les empêche de se rom pre , de s'écorcher et de devenir bourrus. On croise 18 à 23 fois et plus les soies les plus fines, et un plus grand nombre de fois, à propoi*tîon de leur grosseur, les soies communes.
Les circonvolutions des fils, en se déposant sur l'asple, ne doivent pas se coller les unes aux autres, ce qui rendrait l'opération subséquente du dévidage impossible ou au moins occasionerait un déchet considérable. La .soie, en sortant de la bassine, est enduite de sa gomme amollie par la chaleur, et si les divers tours que le fil fait sur l'asple se touchaient dans leur longueur, ils se colleraient , ce qu'en terme de l'art on appelle bouts baisés. On a évité cet inconvénient dans le tour pié montais et dans tous ceux qu'on a
Sroposés depuis sur son modèle , au moyen 'un mécanisme particulier appelé va-et^ient^ que nous expliquerons plus bas, et qui con« stitue le réglage ^ c'est-à-dire qui fait enrouler le fil en zig-zag sur l'asple, de manière que ce fil se distribue sur une partie de la longueur de cet asple et ne vient se coucher do nouveau sur l'echeveau qu'après un certain nombre de révolutions.
Il faut éviter le vitrage; on donne ce nom à un arrangement vicieux des fils sur l'asple causé par le mouvement trop souvent répété du va-et-vient, qui ne donne pas à ces fils un temps suffisant pour sécher avant qu'on puisse coucher dessus un nouveau fil. On remédie aisément à ce défaut en modifiant le mécanisme. Ainsi, dans les anciens tours du Piémont, le fil ne repassait sur lui-même qu'après 875 révolutions de l'asple; dans les nouveaux tours, ce nombre ayant paru trop limité, il ne se croise plus ainsi qu'après 2,601 révolutions , nombre bien sufnsaut pour lui donner le temps de sécher. On voit donc que cette disposition des fils facilite le second dévidage, prévient les ruptures et par suite les nœuds qui rendent les fils inégaux dans leur grosseur, nuisent à la beauté de l'organsin, au tissage régulier et à la perfection des étoffes.
La fileuse doit faire attention qu'il ne se forme pas de mariages. En terme d'art, on donne ce nom à un défaut qui provient souvent de la croisure ou de bourillons qui montent, ou bien de ce qu'un des fils étant plus fort que l'autre, le fait casser et l'entraîne avec lui sur le même échevean, ce qui forme
ARTS AGRICOLES : EDUCATION DES VERS-A-SOIE
uv. n
UD (il double que Tasple enveloppe sur une certaine longueur avant que la fileuse s'en aperçoive. Pour porter remède à cet inconvénient, les nouveaux mécanismes permettent de faire et de refaire avec une merveilleuse facilité la croisure, de renouer les fils et d*enlever les mariages.
S" Tour à tirer la saie*
Le tour de Piémont, perfectionné parVaucanson, yinard,Tabann et autres, dont on voit une coupe verticale dans la^. 149 et dont lay^". 150 représente une vue perspective prise
Fig. 149.
Car-dessus, se compose aujourd'hui d'un &tis en bois A A à Vextrémité duquel sont 2 montans qui soutiennent Pasple ou dévidoir G, sur les lames duquel la soie se forme en écheveau. D est la maaivelle qui fait tourner celui-ci et dont l'arbre porte une XH>ue dentée E^Jig. 151 ^ qui engrené dans un pienon F moulé sur l'arbre du dévidoir, ce qui facilite et accélère le mouvement de celui-ci.
Sur l'autre extrémité de Tarbre ou axe de cet asple, est également monté (Jig, 149) un second pignon G qui engrène dans un système de roues dentées, HIK se commandant Tune
l'autre, et combinées de telle manière qu'elles ne se retrouvent dans la position initiale d'où elles sont toutes parties au commeo cernent du mouvement q^u'après 2,601 révolulions. C'est cette disposition qui produit ieva^t-vient et par suite le réglage ou. distribution en zigzag du fil sur l'asple. Sur le milieu du bâtis du tour sont 2 traverses X et Y, portant des cavités dans lesquelles peut tourner librement un arbre ou axe vertical L. Cet arbre, du côté du système des roues dentées, a un bras Q dont l'extrémité, terminée en fourchette, reçoit le bout d'une bielle P; l'autre extrémité est percée d'un œil qui entre sur une cheville excentrique O, portée par la roue K. Au-dessus de la traverse supérieure X, l'arbre L porte un autre bras incliné à l'horizon M, terminé par 2 potences sur lesquelles sont placés 2 guides ou griffes en fil de fer
OTAP. 7*.
OU en verre, an travers desquels passe la soie avant de s'enroaler sur Tasple. — On voit aisément ainsi comment la roue K, par ses rë- Tolutions, tire et pousse successivement la bielle P, puis le bras O, imprime à Tautre bras M ce va-et-vient, ou mieux ce mouvement alternatif en arc de cercle qui sert à distribuer le fil sur Tasple, et ne lui permet de se coucber sur lui-même qu'après le nombre établi de révolutions.
Dans l'ancien tour de Piémont, la fileuse, après avoir assemblé ses fils, et les avoir passés à travers les filières placées au-dessus de la chaudière, les roulait entre le pouce et l'index pour leur donner la croisure, les séparait ensuite, les passait à travers les guiaes du va-et-vient et les livrait à la tourneuse qui les attachait aux lames de Tasple et mettait aussitôt ce dernier en action*
Cette disposition présentait des inconvéniens : elle laissait a la discrétion des ouvrières le nombre de tours à donner à la croisure, et ne pouvait mettre à l'abri de leur négligence sur ce poiot. La croisure donnée aux nls dans un seul sens ne faisait frotter Tan contre l'autre que la moitié de leur surface, ce qui ne leur donnait pas le degré de pureté et d'éclat des soies bien tirées.
Pour remédiera ces inconvéniens, YAVCJLifsoif imagina la double croisure, qui a été perfectionnée depuis par d'autres mécaniciens, et qui offre ravantage aujourd'hui de former detix croisures, dont l'une est en sens iiftersede l'autre^ et de fixer invariablement le nombre de tours de cette croisure, sans qu'il soit à la liberté de la fileuse de croiser plus ou moins. Voici la construction de la croisade perfectionnée, telle qu'elle est employée dans les ateliers français.
Sur le devant du tour est placée cette croi" utde qu'on voit en coupe dans Isifig. 149, pardessus dans la fig. 150, et de face par-devant dans la^^". 152. Elle se compose de 2 mon- Fig. 152
PRËPARàTIONS D£ IA soie. ' 158
ont, sur leur face intérieure, une rainure profonde dans laquelle peut tourner, monter ou descendre librement, mais sans ballotter, une lunette k gorge S S, qui porte 2 guides implantés sur sa circonférence intérieure. Cette lunette est suspendue à une corde sans fin croisée T, qui passe sur une poulie U, laquelle a le même diamètre que la lunette et est traversée par un arbre reposant sur des coussinets fixes sur le châssis R. Sur chacune des faces de cette poulie est attachée une corde Y tendue par des poids, et dont l'une est enroulée autour de l'arbre quand l'autre pend de toute sa longueur. On conçoit qu'en tirant la corde enroulée on fait tourner la poulie, et par suite la lunette, d'un nomi^re de révolutions égal aux enroulemens que la corde faisait sur l'arbre ; en même temps, la corde pendante, qui était restée jusqu'ici développée, s'enroule à son tour sur cet arbre d'un nombre de tours égal à celui dont l'autre se déroule, mais en sens contraire. On voit ainsi que si les 2 fils de soie, en sortant de la bassine et des barbins Z Z placés au-dessus, sont passés successivement a travers les filières ae la lunette, puis des griffes du va-et-vient, et qu'on déroule ensuite en la tirant une des cordes de la croisade, ces fils vont se croiser en avant et en arrière de la lunette et en sens contraire, d'un nombre de tours identiquement éçal à celui que la corde aura fait faire à la poulie U, et pour que le mécanisme soit entièrement à l'abri de la négli- Î;ence de l'ouvrière, ce mouvement de dérouement, une fois commencé, continue seul au
moyen de contrepoids, jusau'à ce aue la corde tirée soit entièrement développée.
tans verticaux et égaux NN qui supportent un châssis quadrangulairc R R. Ces montans