‹ Maison rustique du XIXe siècleChapitre 85 sur 239 · CIA». S · texte numérisé non relu

CIA». S

CULTURE DES ABEILLES

IM

pèchent ordinairement les seconds essaims de se former. Aussi doit-on, pour en prëve* iiir la sortie, faire ces opérations , 4 à 5 jours après le départ du t*' essaim ; mais on doit les retarder de 15 à 20 jours dans les ruches perfectionnées auxquelles on a pris une moitié pleine pour la remplacer par une vide. An surplus, Taugmentation du bruit indique dans tontes les ruches l'intention des abeilles d'essaimer. Quand on a tiré des rayoDs des ruches perfectionnées, on ne manque jamais de changer leurs côtés de place poiv que le YÎde fait par Tenlèvement des rayons des côtés soi tau centre des ruches, parce que les ouvrières s'oocupent tout de soite d'y construire des rayons pour le remplir, ce'qu*elles ne font pas toujours dans les vides des autres parties des ruches.

§ vu.— Soins i donner aux abeilles pendant l'été et combats entre elles.

Les soins à donner aux abeilles ne consistent qu'eu une simple visite pour s'assurer si elles sont également en activité dans toutes les ruches. S'il y a peu de mouvement dans uoe ruche, c'est que les provisions sont complètes : alors on leur prend quelques rayons de miel, ce qui les oblige au travail pour remplacer ce qu'on leur a enlevé ; ou bien ce sont les fausses teignes qui y commetlent leurs ravages, ce qu'on reconnaît facilement à leur odeur infecte et à leurs excréraens qui couvrent le plateau. On s*empresse de les détruire.

Quelquefois, les abeilles redoublent d'activ'tr parce qu'elles trouvent beaucoup de uectar et de pollen , le bruit augmente dans les ruches: cest l'indice d'un nouvel essai" mage. Dans ce cas, ou s'oppose à la sortie des essaims par les moyens indiqués, et on coupe le bas des rayons qui contient du couvain de mâle, parce que ces essaims tardifs épuisent la mère -ruche, réussissent rarement, et obligent à leur donner de la nourriture pour rtiiver. On surveille les abeilles, et si un essaim partait malgré les précau- UoQs prises, on le ferait rentrer le soir même, attendu qu'un essaim sorti d'une ruche n'y est plus admis passé le S* jour, et qu'il y a un combat, ce qui a également heu dans les 2 circonstances suivantes.

Une reine meurt-elle sans que les ouvrières puissent s'en procurer une autre, si elles n'ont pas de provisions, elles veulent se réunir à un autre essaim qui les repousse, et la terre est bientôt couverte de milliers d'abeilles mortes; mais, quand la ruche contient du miel, des ouvrières en prennent et viennent se placer sur le plateau de la roche qu'elles oot choisie. La garde sort pour les chasser; mais au lieu de mir. elles dégorgent leur miel sur la langue qu'elles développent. Les ouvrières de la ruche s'en emparent, et plusieurs suivent les étrangères. Bientôt les 2 essaims se confondent en dépouillant la ruche sans i*eine, et la réunion se fait sans combat.

Si l'on s'aperçoit promptement de cet effet et qu'on ait de jeunes mères de quelques jours, ou la possibilité de se procurer un morceau de rayon contenant des œufs ou des vers de 8 jours au plus, surtout s'il y

AGB.

a encore des mâles, on peut sauper cette ruche. Pour y parvenir on remporte i une certaine distance ; on lui donne la jeune reine ou le morceau de rayon, et on bouche l'entrée pendant une heure, ainsi que celle de l'autre ruche. Après ce temps on remet la l*"* en place. Â.u cas qu'on ne puisse pas lui fournir une reine ou du couvain , ou bien qu'il n'y ait plus de mâles , on tient la ruche fermée jusqu'au soir, avec une toile claire qui en recouvre la partie inférieure, et on la remet sur son plateau élevée de 1 à 2 pouces. La nuit, on met les abeilles du faible essaim en état de bruissement, on détourne ensuite la ruche pour poser dessus l'autre ruche sans la toile, et on force les abeilles à monter. Si c'est une ruche perfectionnée, on oblige les abeilles d'une ruche à repasser du côte gauche et celles de l'autre du côté droit, et on réunit ces deux parties qu'on enfume et qu'où remet sur le plateau avec une livre de miel. Si on n'a aucune de ces ressources et qu'on veuille profiter du miel , on étouffe les abeilles et on emporte la ruche.

Mais si la ruche sans reine ne contient pas de provisions, et qu'on n'ait pas d'essaim faible, on ferme la ruche où les ouvrières veulent entrer, et on leur donne un peu de miel pour les faire rentrer dans la leur et les réunir ensuite à un autre essaim.

Quelquefois \e nectar et la miellée viennent à manquer dans le canton, ce qu'on reconnaît facilement au peu de mouvement qui a lieu dans le rucher. On visite les ruches et on donne des provisions aux essaims qui en manquent, si on désire les conserver; dans le cas contraire, on les étouffe. Mais si l'essaim qui n a pas de vivres attaque une autre ruche, il faut tout de suite fermer l'entrée de la ruche attaquée, jeter de la fumée devant, et donner un peu de miel aux assaillantes dans leur ruche pour les y faire rentrer, ensuite leur en mettre de nouveau à la nuit si on veut les conserver, ou les étouffer tout de suite. A cet effet on a fait fondre d'avance du soufre, où on a plongé à 2 ou 3 reprises des cartes ou de petits morceaux de toile; ou met le feu au bout soufré qu'on enfonce dans la ruche par l'entrée qu'on bouche aussitôt.

§ VIII. — Voyage des abeilles pendant Tété.

On transporte les abeilles d'un lieu dans un autre, lorsque les ouvrières ne trouvent plus rien autour du rucher. Si on les fait voyager par terre et en voiture, il faut redoubler d'attention pour ne pas les étouffer. A cet effet on emploie de la toile claire, on mouille la couche du fond de la voiture, et on en sépare les ruches de 2 pouces au moins. On couvre la voiture d'une toile pour garantir les ruches des ra^rons du soleil. Quant aux voyages par eau^ il suffit de les ranger dans les bateaux, ainsi qu'à terre, dans le même ordre que dans le rucher, chose facile lorsque les ruches sont numérotées.

$ IX. — Transvasement.

Le transvasement s'opère en juillet et août, d'après la saison plus ou moins favorable à une booue récolte de nectar. Après s*étre T. IIL— 22.

iro

ARTS AGRICOLES : EDUCATION DES ABEILLES

assure que le corps de ruche au'oo a ajouté à une ruche villageoise, ou la nausse placée sous les autres dans une ruche à hausses , est bien remplie, on attire la reine dans )e bas de la ruche par quelques coups, et on met les abeilles en état de bruissement. On en* lève à la 1'* la ruche supérieure, et on couvre le corps inférieur d'une calotte vide, et à la seconde on prend les deux hausses supérieures et on la recouvre avec la planchette. On emporte la ruche ou les hausses dans un atelier un peu sombre, auquel une ouverture entr'ouverte est ménagée, et on frappe la ruche, retournée pour la sortie des abeilles, ou les hausses, avec des baguettes pour en chasser les ouvrières. S*il y en avait beaucoup, il faudrait retirer la calotte pleine de miel pour la remplacer par une calotte vide; et en frappant le corps de ruche, et, pour opérer plus vite, en faisant entrer un peu de fumée pendant qu'on donne les coups, on oblige les ouvrières à monter dans la calotte qu'on met à la place de la calotte vide qu'on avait placée provisoirement sur la ruche restée en place. On recouvre également au besoin les deux hausses par une vide pour la porter sous la ruche. A la visite pour vérifier l'état des ruches à l'automne, on donne à ces ruches la Quantité suffisante de sirop ou de miel, si les ouvrières n'ont pu recueillir de quoi passer l'hiver.

àSECTiON m. — Récolte du miel et de la cire.

On voit par les articles précédens, qu'à l'époque fixée pour cette opération une partie de Ja récolte est déjà en magasin. Cette époque varie ^nvidiïil les lieux et les végétaux qui couvrent leur surface, parce que la saison n'est pas en même tem|)s favorable dans tous les cantons pour recueillir le nectar, et que tous les végétaux ne fleurissent pas simultanément. D'une autre part, ily a aes végétaux dont le nectar fournit un miel d'une médiocre qualité, et celui que les ouvrières font avec la miellée est inférieur à ce dernier.

Dans les temps ordinaires un premier essaim s'approvisionne au moins suffisamment pour passer l'hiver et recommencer les travaux du printemps. Ainsi la récolte doit se Jaire après l'essaimage^ à moins qu'une température contraire ne s'y oppose. Les ruches doivent être alors bien garnies de miel, si on n'a laissé dans l'année précédente sortir qu'un essaim, si les abeilles ont été constamment dans l'abondance à l'entrée du printemps, et si une saison malheureuse n'a pas détruit une partie du nectar.

La récolte estjacile à faire dans les ruches villageoises, à hausses et perfectionnées. On

Ï>èse les ruches la veille pour s'assurer de eur poids, et on détache, sans les changer de place, toutes les parties à enlever ou à séparer pour faire la récoltcLe lendemain, après avoir attiré la reine par quelques coups dans le milieu du bas de la ruche et avoir mis les abeilles en état de bruissement, on détache avec une lame de couteau, ou un ciseau de menuisier ou de serrurier, la calotte ou la hausse collée par sa partie inférieure avec de la propolis. Si ces parties sont en outre attachées par les rayons, on passe entre la calotte

L1V. nr

et le corps de ruche, oa entre les deux hausses, un ni de fer ou mieux encore une feuille de fer-blanc de la largeur et longueur des planchettes. On enlève alors la calotte ou la nausse pour remplacer la V par une hausse vide et ta seconde par une simple planchette parce qu'on met une hausse vide sous la ruche. C'est aussi le cas, si on veut préparer le transvasement d'une ruche villageoise, de placer dessous un corps de ruche et de ne mettre qu'une planchette en place de la calotte. On a le som de recouvrir les calottes et les hausses d'une serviette aussitôt qu'on les détache, pour empêcher les abeilles d'y veuir, comme on a le soin de rendre obscur le magasin oit on les dépose en laissant seulement une ouverture pour la sortie des abeilles restées entre les rayons. On pourrait prendre deux hausses si le poids de la ruche était considérable.

Quant aux ruches perfectionnées, 15 ou 30 jours plus tard, après avoir attiré la reine au milieu, on retire la planche de l'ancien colé. et avec une lame mince de couteau on détache un rayon qu'on dépose dans un vast* après avoir chassé les ouvrières qui sont dessus, avec une plume.On recouvre tout desuite d'une serviette et on reprend un ou deux autres rayons pleins de miel, qu'on distingue de ceux qui contiennent du couvain, pai-ce que les alvéoles dans ces derniers sont bombés et que la couverture n'est pas blanche comme celle plate qui recouvre le miel. Ensuite on chauge les côtés de place pour que le vide se trouve au milieu.

Les ruches d'une seule pièce s^opèreni de 2 manières. Dans Içs bons cantons, les apiculteurs qui font eux-mêmes leurs ruches qui ne leur coûtent que peu de chose, en coupent la partie supérieure jusqu'au point où ils présument qu'A y a du couvain, puis ils posent dessus la ruche neuve qui la recouvre de queloues pouces. Mais, pour récolter dans les rucnes qu'on veut conserver, on est forcé de les retourner. Après les opérations préliminaires, on détache et on coupe les rayons au moyen d'une lame de couteau et de l'instrument suivant. C'est une lame mince d'acier d'un pouce de longeur, de ouatre lignes de large, mince et coupant des deux côtés. Sa tige en fer, i*onde, de trois lignes de diamètre, assez longue pour aller jusqu'au haut du troisième rayon et ayant un manche de bois, fait un angle droit avec la lame dont les tranchans sont horizontaux. C'est avec cet instrument qu'on sépare de la ruche les rayons qu'il faut ensuite couper dans leur longueur avec la lame du couteau, parce que les deux baguettes qui traversent la ruche pour les soutenir s'opposeraient à ce qu'on pût les tirer. On agit de même si on veut prendre ouelques rayons dans le corps des ruches villageoises, en les enlevant des deux côtés.

Si les abeilles trouvaient le nectar en assez grande abondance pour donner lieu à une seconde récolte , on opérerait comme la première fois avec Tattention de prendre les rayons dans la ruche perfectionnée du côté opposé , c'est-à-dire dans la partie de la mche où on en a déjà enlevé, pour en renoine- 1er entièrement la cire, parce que les alvéo*

CTAP. 8*.

Page 1