RÉCOLTES DU MIEL ET DE LA. CIRE
les anciens contiennent moins de miel, que les ouvrières qu^on y élève sont plus petites, et que les lausses teignes les attaquent davantage.
ûaos Tes cantons où les fruits et les combustibles sont à bas prix, et où la valeur des sirops est consëquemment très-inférieure à celle du miel, on peut prendre plus de miel aux abeilles pour le remplacer par du sirop qu^elles savent transformer en miel.
Telle est la marche à suivre pour la récolle dn miel et de la cire dans les cantons favorables à la vente des essaims^ mais si on n'avait pas cet avantage, on serait malheureusement forcé de détruire Vexcédant des essaims que les environs du rucher ne peuvent Dourrir et tenir dans une abondance suffisante pour les ouvrières et les apiculteurs. £u les multipliant outre mesure, on s'exposerait à tout perdre, et on ne tirerait aucun profit. Dans ce cas, à l'époque de la seconde récolle, ou lorsque, après la première, on s'aperçoit que les mouvemeus diminuent dans les niches, on choisit dans son rucher les meilleures ruches nécessaires pour compléter le rucher, en préférant les nouveaux essaims aux anciens, a valeur égale. Ce choix fait, on pourrait y ajouter une, 2 ou 8 ruches pour remplacement en cas d'une perte qu'il est bon de prévoir, et ensuite, quelque attaché qu'on puisse être à ces insectes aussi utiles qu'industrieux, on sera dans la nécessité absolue d'étouffer le surplus de ses essaims.
Skction rv. — Du miel et de la cire.
% l^'.-^ManipulatioD du mieU
Pour manipuler le miel et la cire, lorsqu'on a un rucher d'une certaine étendue, il faut une chambre nommé<» laboratoire^ ayant 2 croisées qui ferment bien et qui aient des volets. Ou bien, si on peut disposer convenablement d'un local, on le compose {Jig, 175)
Fig. 176
d'une pièce d'entrée L, d'un laboratoire M et d'une chambre iV où se trouve la presse. Une des vitres doit pouvoir s'ouvrir au besoin, et la porte doit avoir dans le haut une ouverture fermée par une planchette à coulisse. Ces dispositions sont nécessaires pour renouveler l'air et pour chasser au besoin les abeilles. A cet erfet, on a aussi une ouverture dans un volet en face de la vitre mobile, pour ne laisser pénétrer la lumière que
par ce point, de manière que les ouvrières, qui sont dans l'obscurité, se retirent promptement et directement par ce passage au lieu de se tuer contre les carreaux de vitre. On bouche la cheminée et on se sert d'un fourneau pour empêcher les abeilles de venir par milliers HO précipiter et périr dans la chaudière lorsqu'on fait la cire. Dans ce laboratoire, on a : 1** un ou plusieurs cuviers A d'une dimension relative au nombre des ruches, au fond desquels on adapte un tuyau de 3 à 4 pouces sur 1 pouce de diamètre, muni d'un bouchon; S*" plusieurs pots et barils BB de pronorlions diverses, une chaudière C, des moules pour couler la cire, une cuillère de même contenance que les moules et une ou deux spatules; 3** plusieurs/^a/iicrr D d'un diamètre un peu plus petit que l'ouverture des cuviers : le tond de ces paniers, qui a 13 à 15 po. de diamètre, et dont les côtés sont droits, est composé de brins d'osier placés parallèlement à une demi ligne de distance; des tringles assez fortes pour soutenir les paniers sur les cuviers, et plusieurs morceaux de toile claire nommée canevas; 4"* enfin un peut pressoir E ou une petite presse à coin.
On prépare son miel en prenant les rayons un à un , avec l'attention d'en chasser les abeilles, dont on a dû faire partir la presque totalité lorsqu'on a porté les calottes ou les hausses, etc., dans le laboratoire, en fermant les volets et en ouvrant un peu le carreau mobile; on enlève des rayons les abeilles mortes, le couvain et le pollen ou rouget, parce que tous ces objets donneraient uu mauvais goût au mieL On peut mettre à part, pour l'usage de la table, quelques rayons nouveaux reconnaissables à la blancheur de leur cire.
Si on veut faire du miel vierge, on choisit les rayons récens et ordinairement blancs dans lesquels il n'y a point eu de couvain ni de pollen. Ces rayons, plus lourds que les autres parce qu'ils sont entièrement pleins de miel, n'étant pas diminués par les toiles filées par les vers, sont placés droits dans un panier posé sur le cuvier, après qu'on a enlevé, avec une lame mince de couteau , la fine couche de cire qui ferme les alvéoles. Il faut que le bas des rayons dans la ruche soit en haut dans le panier, pour que l'inclinaison des alvéoles, dirigée vers le fond, facilite l'écoulement du miéL Si on veut donner une odeur à ce miel, on met au fond du panier des fleurs d'oranger ou de robinier, ou d'autres substances.
On met dans un autre panier, pour faire du miel de deuxième qualité, les autres parties de rayon, (]u'on écrase avec la main audessus du panier dans lequel on fait tomber le miel et tous les débris des alvéoles.
Ces deux opérations faites, on laisse couler le miel dans les baquets, et , pendant ce temps, on enferme les rayons qu'on veut conserver dans des vases de terre vernissée 3u'on couvre bien. Ce miel est le meilleur e toute la récolte, il se conserve plus longtemps et peut se manger avec la cire, qui corrige sa propriété relâchante.
Le miel de r* qualité, ou miel vierge, étant écoulé, on en brise les rayons qu'où mêle avec le miel de 2* qualité. Il faut re-
172 ARTS AGRICOLES : EDD CATION DES ABEILLES
marquer que pour que ces 2 qualités de miel se séparent en grande partie de la cire, et pour achever de les en extraire au moyen de la presse, il faut que le laboratoire ait de 24 à 25'' de chaleur du thermomètre de Réau-
mnr.
Dès que le miel ne coule plus et qu'on a assez de rayons brisés pour remplir le seau de la presse, on met aans ce dernier un très-fort canevas assez grand pour le doubler par-dessus la cire sur la longueur et la largeur. Alors on jette les débris oe cire dans le seau qu'on remplit bien en foulant la cire avec les mains. On recouvre avec le canevas; on met un baquet ou envier sous la presse, et on fait faire quelque tours à sa vis, jusau'à ce que le miel coule bien. Quand Técoulement diminue, on augmente peu à peu la pression, jusqu'à ce qu'elle soit suffisante. On opère ainsi sur tous les rayons, moins ceux qui sont vides, avec Tattention, si on a beaucoup de rayons, de ne pas mêler ceux qui sont blancs avec ceux qui ont pris de la couleur, parce que ces derniers, ne pouvant se blanchir dans certains cantons, coloreraient la cire des blancs et nuiraient à sa valeur. On peut remplacer la presse ordinaire par celle à coin. A défaut des movens de forte pression, on place tous ses débris dans des vases qu'on fïiit entrer dans un four dont la chaleur soit à environ 40** pour amollir la cire. Si on n'a ni pressoir ni four, on dispose une étuve qu'on maintient à la température ci-dessus. ËnGn si on est dénué de toutes ces ressources, on jette les débris de cire dans une chaudière exposée à un feu doux et sans flamme. On les remue continuellement pour échauffer la dre sans la fondre et sans la laisser s'attacher contre le fond de la chaudière, où elle pourrait brûler, brunir et communiauer un goût désagréable au miel. Quand la cire est amollie par l'emploi d'un des moyens ci-dessus, on en met dans une toile forte et claire , on l'y pétrit et on la comprime par une forte torsion pour en extraire le miel qui n'est que de 3* qualité. On laisse ce miel dans le cuvier 3 ou 4 jours pour qu'il s'épure, et on enlève l'écume qui le recouvre quelquefois, ainsi que le miel de 2" qualité; ensuite on le met en baril.
Si on trouve du miel candi dans les rayons, on le sépare pour le jeter dans une chaudière placée sur un feu assez doux pour ne pas élever l'eau qu'elle contient à plus de 40*'. On manie et on remue le miel dans l'eau, puis on sépare, par la pression, la cire du liauide <|u'on expose à un feu doux le temps nécessaire pour le réduire en sirop.
Le miel est une nourriture fort saine, mais un peu relâchante, et qui, par celte considération, est très-utile pour les enfans en bas Age. Il sert de remède contre plusieurs maladies, et l'expérience a prouvé qu'en mettant un peu de miel dans la pâte faite avec la ftirine d'un blé mal pursé d'ergot, il peut préserver de la gangrène sèche.
$ II. — Emploi du miel.
Le miel est un agent conservateur pour les substances qu'on eu couvre, et il peut être
uv. it.
employé sous ce rapport pour le transportau loin de greffes, d'œufs, de graines et même de certains fnuts. On s'en sert pour améliorer les vins dans les années mauvaises pour la maturité du raisin, et dans les cantons qui n'en produisent que de médiocre. A cet effet on en fait bouillir avec un quart de son poids d'eau, et on le verse chaud dans le moût
Tous les^ restons de miel peuvent aussi être utilisés. Ainsi, après la dernière pression de la cire, comme il y reste encore du miel, on brise le marc et on' l'émiette. On verse dessus l'eau qui a servi à laver les instrumens , dans le rapport d'une partie sur dix de marc; on y joint les écumes des miels des 2* et Z' qualités, et, après 24 heures, on presse. Le miel obtenu par cette opération est mêlé d'eau qu'on fait évaporer à un feu doux si on veut se servir de ce miel de dernière qua-
et mêlé avec un peu de liqueur fermentée.
Si au contraire on veut en faire de VhydromeL ou brise de nouveau le marc et on y jette de l'eau en quantité plus ou moias grande, suivant qu'on désire que la licfueur soit un véritable hydromel ou produise un petit cidre. On presse de nouveau; on mêle cette eau avec le miel obtenu par l'avantdernière pression ; on fait bouillir pendant plus d'une heure, après quoi on met l'hydromel refroidi en futaille ou en bouteille, suivant la quantité. C'est une liqueur commune, mais fort saine.
Quant au mélange plus chargé d'eau, après qu'il est froid on le verse dans des futailles ou dans une cuve couverte pour l'y laisser fermenter, et si on désire rapprocher cette liqueur d'une bière légère, on y met quelaues branches de genièvre, ou l'extrémitë de branches d'épicéas ou de sapine tte du Canada {hemlocli spruce).
On fait encore une espèce d'hydromel plus vineux et qui peut remplacer le vin ordinaire. A cet effet, on prend 12 livres du miel de 3* qualité, 36 livres d'eau; on fait bouillir celte eau dans laquelle on a mis infuser 3 onces de fleur de sureau pendant un quartd'heure. On y mêle alors 2 onces de tartrate acidulé de potasse, et 4 à 5 grains d'acide borique. Lorsc]ue le tout commence à refroidir, on y délaie le miel et 2 livres de levure de bière ; on place ce mélange pendant là jours dans une futaille couverte et dans un lieu à la température de 20'', et l'opération est terminée. Si on désirait que la liqueur fût plus spiritueuse, on y ajouterait une demi-livre d eau^de-vie. On double ou ou triple la q[uantité de chaque substance, si on veut faire le double ou le triple du vin.
Enfin on fait avec le miel un vin de liqueur agréable. Il suffit de mêler 8 parties aean bien pure avec une partie de miel de 1'* qualité. On le fait bouillir à petit feu et en remuant bien et en écumant jusqu'à évaporation suffisante pour qu'un œuf frais surnage. On a préparé une ou plusieurs futailles dans lesquelles on a mis les substances dont on veut donner le çoùt et l'odeur à la liqueur qu'on verse bouillante jusqu'à la bonde. On
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couvre cette dernière. La liqueur, placée à 18 ott 20* de chaleur, fermente pendant près de 3 mois et rejette beaucoup d*écume. On tient la futaille touiours pleine avec un peu de liqueur conservée à cet effet. Après la fermentation on met une bonde, on place la futaille dans un lieu frais,. et on continuée remplir tous les 15 jours, jusqu'à ce que la liqueur ait acquis sa ({ttalitë. Alors on met eo bouteille, qu'on laisse pendant un mois debout, les bouchons à moitié enfoncés. Enfin on achève de boucher les bouteilles, et on les couche.
La préparation du sirop de miel est mainleuant très-connue. Il suf&ra de dire qu*on ajoute une partie d'eau à cinq parties de miel, et qu'on purifie avec le charbon. Ce sirop peut remplacer celui de sucre dans les liqueurs et les confitures.
S m. — Manipulation de la cire.
Le marc du miel qui contient la cire est de nouveau émietté et jeté dans une chaudière remplie au tiers o'eau chaude à 40 ou 50*. On laisse au moins 3 doigts ou 2 po. de vide, et on remue. Lorsque l'eau bout, on diminue le feu, et si la cire s'élève trop on } jette un pea d'eau froide pour l'empêcher de se répandre au dehors. On continue un feu doux jusqu'à ce aue le marc soit bien divisé et la cire fondue. On verse alors le tout dans le seau de la presse garni du fort canevas très-clair et d'un second plus fin par-dessus, après avoir rais sous le pressoir no cuvier ou un baquet qui contienne un peu d'eau tiède. On prend les extrémités du canevas qu'on soulève un peu à droite et à çauche pour faire écouler une partie de 1 eau et de la cire, et on plie les extrémités pardessus, dès eue la cnose est possible , pour commencer fa pression. On détache la cire qui se fige sur la maye, et on continue la pression jusqu'à ce qu'il ne coule plus de cire.
Dès que la cire est assez refroidie dans le cuvier pour pouvoir être maniée, on la pétrit par petites poignées qu'on jette dans un baquet à moitié plem d'eau chaude; là on la pétrit de nouveau et, par ces 2 pétrissages, on débarrasse en grande partie la cire des substances étrangères qu'elle contenait encore.
Il ne s'agit pins que de la fondre avec un peu d'eau pour la mettre dans des moules^ en enlevant avec une écumoire les saletés qui pourraient encore s'élever à la surface. Lorsqu'elle est à moitié refroidie, on la détache des bords des moules si elle parait se crevasser à la superficie. Dès qu'elle est froide,on la retire des moules pour la raGsser par-dessus, s'il y a des matières étrangères. Cette cire peut alors être livrée au commerce.
Toutes ces opérations terminées, on peut faire fondre les débris de cire provenant du ratissage et des écumes pour en former un fainde cire grossière qui peut servira frotter les planchers.
Si on n'avait pas de pressoirs, on pourrait employer les moyens snivans pour extraire la cire du marc. On fait un sac de canevas proportionné à la grandeur de sa chaudière ; on