HISTOIRE NATURELLE DES VERS-A-SOIE
marque de chaque côté de son corps; la tête et les pattes sont rouges. Cette chenille vit sur le Rhamnus jujuba (Byer des Indous), dont elle mange les feuilles. Elle se nourrit aussi du Terminalia alata glabra Roxs. ou posseem des Indous. Arrivée au terme de sa croissance, elle se file une cogue b à fils trèsserrés, d’une couleur bruvâtre, d’une forme alongée et obtus aux deux bouts; au bout supérieur, les fils se continuent et s’accollent entre eux pour former une véritable tige ou pédicule, très-consistant, élastique, et qui est fixé à un rameau de la plante au moyen d’un véritable anneau qui l’'embrasse exactement.
- On retire de cette coque une soie brunätre qui, dévidée, a l'apparence de filasse qu'on nomme dans le pays tusseh-silk; on en fait des étoffes qu’on nomme tusseh-doothies.
L'histoire de cette espèce curieuse a été donnée en 1804 par William RoxsurGe, dans les Mémoires de la Société Linnéenne de Londres (2). Et tout récemment nous avons obtenu de nouveaux renseignemens par M. LamaRRE PiQuor, qui a rapporté et donné au Muséum d'Histoire naturelle de Paris des cocons renfermant des chrysalides encore vivantes. Les papillons sont éclos vers le mois d'avril, mais sur le petit nombre qui est né il ne se trouvait que des femelles. D’après les renseignemens qu’a obtenus RoxBuR6, il parait que cette espèce ne peut être conservée dans l’état de captivité comme notre vera-soie. Toutes les tentatives qu'ont faites jusqu'ici les Indous pour obtenir l'accouplement et la ponte des papillons femelles ont été infructueuses. Ils vont chercher dans les bois les chenilles au moment où elles viennent d’éclore, et les transportent près de leur demeure, en les plaçant sur les plantes dont elles se nourrissent et qu’ils font croitre dans le voisinage de leurs habitations.
La seconde espèce de Bombyx ( #g.123) ori-
Fig. 123.
ginaire du Bengale, et dont la soie est employée dans ce pays, a été désignée sous le nom de Bombyzx cinthia par Fagricrus. Elle est aussi figurée dans CrAMER (3) et dans Drury (4); mais peut-être ces deux figures appartiennent-elles à des espèces différentes. Les ailes antérieures, un peu en fauaille, présentent une tache ocellée noire, près de l'extrémité. Leur couleur est gris-brun avec une tache en croissant vers le milieu; une
(1) Pap. exotiques, pl. 146, fig. À, pl. 147, fig. A B, pl. 148, fig. A.
(2) Tome VII, p. 33, et pl. 2.
(3) Pap. exotiques, pl. 29, fig. A.
‘4) Insectes exotiques, tom. 2, tab. 6, fig.
raie blanche anguleuse se remarque vers la base. six | La chenille ( fig.124), décrite et figurée par
RoxeurG (1), vit sur le Ricënus palmachristr, que l’on nomme communément dans le pays
rrindy ; on l’élève en domesticité. On fait des vêtemens avec sa soie. Ils sont d’une 50lidité telle qu'ils durent au-delà de la vie moyenne, et qu'il est très-ordinaire de les voir passer de mère en fille.
Le cocon( fig. 125) est blanc ou jaunâire ;
Fig. 125.
pointu aux deux bouts, il a 2 pouces de long. Les fils de ce cocon sont tellement délicats, qu’on ne peut les dévider; on se contente de les filer à la main comme du coton ou du chanvre.
Il paraît qu'on connaît en Chine ces deux espèces, ou au moins des variélés, et qu'on üre de leur soie un parti avantageux.