‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 106 sur 295 · NOURRITURE DES VERS-A-SOIE · texte numérisé non relu

NOURRITURE DES VERS-A-SOIE

raient laisser pénétrer les rayons du soleil ou les animaux.

Quoique la feuille la plus nouvellement ramassée soit la meilleure, il est prudent d’ez avoir toujours en magasin pour un Jour d'avance, et même plus, si le temps est à l'orage ou à la pluie. Elle demande alors la plus grande surveillance : on doit la changer de place, la remuer, l’agiter avec des fourches au moins quatre fois par jour, en commençant de très-grand matin et finissant à dix ou 11 heures du soir; plus elle est déjà restée de temps au magasin, plus il faut répéter cette opération et la faire avec soin.

Toutes ces précautions sont prises pour éviter la fermentation. Si on s’apercoit que la feuille jaunit et s’'échauffe, elle commence à s’altérer; dans cet état elle n’est point encore délétère, et, à défaut d'autre, on peut s’en servir immédiatement ; mais si elle est sensiblement chaude, si elle pers de sa belle couleur verte, elle n’est plus bonne qu'à faire du fumier.

La feuille la plus forte, la plus dure, la plus foncée en couleur et que nous nommons langue de bœuf, est Va meilleure pour la conservation et le transport.

On est souvent forcé de cueillir et transporter la feuille malgré la pluie; alors on a soin, en l’emballant, de la presser autant qu'on peut. Arrivé au magasin, on laisse les ballots dans cet état pendant une ou 2 heures pour provoquer un commencement de fermenletion qui absorbera l'eau de la pluie; aussitôt que l'on reconnait que la chaleur est pro-

uite, on‘défait les ballots, on agite la feuille comme nous avons dit plus haut, on l’étend sur une grande surface, on établit un courant d'air, et dès que la feuille est refroidie on la donne aux vers: elle ne se conserverait pas. ,

Ce moyen est d’uneexécution très-délicate; la réussite dépend d’ailleurs de beaucoup de circonstances, telles que la qualité, l'espèce de la feuille, le temps qu’elle est restée en roule, ete. Je ne voudrais donc pas qu’on y eût trop de confiance, et je le considère seulement comme une tentative pour sauver la chambrée.

Le Adle qui dessèche et la fermentation qui putréfie sont les seules altérations à craindre

our la feuille ramassée, et avec les soins que J'indique on peut la conserver plusieurs jours; mais, Je lerépète encore, il vaut mieux que les vers soient privés de nourriture que de les forcer à en prendre d’avariée. Ce cas arrive souvent, et, l’année dernière, j'ai vu plusieurs chambrées jeûner pendant 36 heures et donner ensuite un assez bon produit.

$ V.— Distribution économique de la feuille.

La distribution doit se faire 4 des heures réglées; on ne doit donner chaque fois que la nourriture que le vers peut consommer; lexpérience est une règle plus sûre ue toute autre. En effet, comment peut-on éterminer qu'il faut telle ou telle quantité de feuille à tel ou tel âge par once de graine ? Ne sail-on pas qu'à chaque mue il périt beaucoup de vers; que dans une magnaerie la mortalité est plus grande que dans

l’autre, que le tonnerre, les rats, les souris et beaucoup d’accidens, diminuent d’une manière très-irrégulière le nombre de nos précieux insectes? Déterminer la quantité de feuille qu’il leur faut devient donc impossible. Tout ce qu'ilestimportant desavoir pour l’économie, c’est que la feuille soit entièrement consommée, et que, le repas fini, le ver témoigne par sa tranquillité qu’il n’a plus besoin de rien. Néanmoins, malgré l’impossibilité de fixer d’une manière rigoureuse la quantité de feuille que mange le ver, il faut savoir à peu près quel poids de graine on peut faire éclore, pour concorder avec la quantité de feuilles dont on peut disposer. La base la plus généralement adoptée est celle qui assigne à chaque once de graine 15 quintaux de feuille. Je dois observer que peine la 4° mue le ver mange de la feuille plus ou moins développée; alors on l’estime au poids qu’elle aurait si elle était faite. Quatre jours après la 4° mue, le ver n’a encore mangé que la moitié de sa feuille.

$ VI. —Des diverses qualités de feuilles.

Cette comparaison trouvera sa place naturelle à l’articlede la culture du mürier; il suffit de dire ici un mot pour guider le magnanier qui, n'en ayant pas une assez grande quantité, est obligé de s’en procurer d'étrangere à son exploitation.

J'ai déjà dit que la plus nouvellement cueillie était la meilleure; on aura donc égard à la distance à parcourir, et on se souviendra que celle qui a le plus de corps, la couleur la plus foncée, supporte mieux le transport.

Celle qui est plus légère, plus souple, plus luisante, est la plus soyeuse; on lui doit donc la préférence si elle est voisine de Ja magnanerieet qu'elle soit promptement consommée. Presque tous les agronomes s'accordent à placer au 1° rang la feuille sauvage; je dois cependant faire observer que le prix de la feuille étant ordinairement établi d’après son poids, il y a une grande perte à acheier celleci, car le sauvageon doune une plus grande quantüté de fruits que le mürier greflé: il y a quelquefois une perte de 15 à 20 p. 00; de plus le s'uvageon ne fournit pas des jets longs et droits, mais au contraire courts et tordus; en un mot 1l buissonne, d'où il résulte que la cueillette en devient plus pénible, plus longue et par cela même plus coûteuse.

Toutes choses égales, je donne la préférence à la feuille qui provient d’un exdroit sec et CAT

Une autre considération qui doit guider l’àcheteur, c’est la manière dont l'arbre est cultivé.— S'il est en plein vent, à haute tige, sa sève est plus élaborée, sa feuille plus nourrie et plus soyeuse.— Le zair donne une feuille plus précoce, mais moins parfaite; elle convient dans les premiers âges.

Le rulticaule, la prairie de müriers, ne fournissent que des jets en quelque sorte herbacés; la feuille en est donc plus chargée d’eau de végétation, c’est la plus éloignée de la nature, la moins bonne.

Février 1834. OcT. DE CHAPELAIN, Propriétaire correspondant dans la Lozère.

SECTION III. — De la magnanertie en général,

Dans les départemens méridionaux de la France, où les vers-a-soie sont généralemeit appelés magnans, on désigne , selon les eantons, les bàâtimens destinés à leur éducation, sous les dénominations de magnanerie, magnanière , magnassière OU magnanderie. Le nom du principal ouvrier chargé du soin de ces insectes varie aussi selon les provinces: là c'est le #agnanier, ici le magnadier, aïlleurs le magnodier où le magnassier.

Jusqu’ à présent peu de propriétaires ont

fait construire des bâtimens dans l'intention seule d'en faire des magnaneries, et cela à cause des grands frais que nécessiteraient des constructions uniquement destinées à léducation des vers-à-soie. Le plus souvent on profite de tout ce dont on peut disposer en bâtimens, et on les accommode le mieux qu'il est possible pour recevoir ces insectes pendant le temps qu'ils doivent les occuper, ce qui est d’une assez courte durée, car ce n’est qu'à commencer du quatrième âge que les vers ont besoin d'un grand emplacement ; jusque là il est presque toujours facile de leur trouver assez d'espace pour les loger à l’aise; effectivement, au moment où ils terminent leur 3° âge, les vers n’occupent guère que la 6° partie de l’espace qui leur sera nécessaire à la fin du 5°. Aussi dans les villes, comme dans les campagnes, la plus grande partie de ceux qui font de petites éducations se contentent, pendant la saison des vers-à-soie, de se resserrer dans la plus petite poreon de leur logement pour consacrer tout e reste à ces insectes; il n’est pas même rare de voir , dans jes campagnes, les paysans déménager de la seule chambre qu'ils aient, pour y loger les vers de 2 ou 3 onces de graine, et, pendant ce temps-là, aller coucher dans leur grenier où même au bivouac, quand ils ne peuvent disposer, dans leur maison, de cette espèce de réduit.

$ IT. — Situation, exposition.

Lorsqu'on voudra faire construire des bätmens uniquement consacrés à l'éducation des vers-à-soie, il faudra avoir soin de choisir un emplacement convenable, comme une colline ou un coteau, où l’air soit habituellement sec, agité, plutôt frais que chaud, et où les brouillards ne soient pas fréquens. On conseille d'éviter le voisinage des grandes routes sur lesquelles passent de grosses voitures, parce que celles-ci produisent, dit-on, des commotions quiétonnent les vers-à-soie et les troublent lorsqu'ils mangent et lorsqu'ils travaillent.Nous avons d'assez forts molifs pour croire que ces influences ne sont pas aussi nuisibles aux vers qu'on le dit. 11 sera bon que la préncipale exposition du bâtiment soit au levant ou au couchant ; celle du nord est trop froide, celle du midi est trop chaude, et il faut toujours éviter avec soin les températures extrémes, et surtout une exposition qui pourrait être sujette à des changemens brusques, car rien n’est aussi contraire à la santé des vers. Il est encore avantageux que la principale entrée de l'atelier ne communique pas immé-

diatement ayee Fair extérieur, mais qu'elle soit précédée d’un petit vestibule ou d’une paie ‘antichambre. La fg. 126 représente un

âtiment propre à une magnanerie et vu par le côte.

Fig. 126.

$ I. — Construction, dispositions intérieures, étuve, grand atelier.

La grandeur d'un bâtiment destiné aux versa-soie doit être proportionnee à la quantité qu'on se propose d'en élever, et c’est sur la place que les iusecies occupent dans le dernier âge qu'il faut calculer. Ainsi, à cette époque de leur vie, il faut, aux vers d’une once de graine, 220 à 250 pieds carrés, selon que l'éducation est moins ou plus favorable.

Cela posé, et en supposant des tableltes de 5 pieds de largeur, on voit qu'il en faudra 50 pieds en longueur pour chaque once de A ee En espaçant ces tablettes à 2 pieäs sur a hauteur, c’est-à-dire en formant 6 étages, y compris le plancher, placés sur 4 rangs paralleles, et en laissant ce qu'il faut d'espace , ou > pieds tout autour, pour circuler facilement, une chambre(fg.127 ccc) de

Fig. 127.

16 pieds de largeur et de 30 de longueur sur 12 de hauteur, pourra suflire à l'éducation de 6 onces de graine, puisqu'elle contiendra 6 fois 240 pieds carrés de tablettes. Mais, pour les raisons que nous avons dites plus haut,

DE LA MAGNANERIE EN GÉNÉRAL

cette chambre, que nous appellerons le

grand atelier, ne doit être occupée par les vers que pendant les 2 derniers âges ; il est inutile, avant ce temps, de les loger dans un local aussi vaste.

Pendant le 1% âge, où les vers d’une once de graine n’ont besoin, au plus, que de 10 pieds carrés d'espace, il est plus avantageux de les laisser dans l’étuve dont il va être parlé ci-après, et où ils seront nés, parce qu’on maintient plus facilement et plus économiquement la chaleur convenable dans cette petite chambre que dans une beaucoup plus grande.

Dans le 2° âge et surtout dans le 3°, les vers exigent tous les jours d’être plus espacés, ce qui ne permet plus de les laisser dans l’étuve où ils seraient trop à l'étroit. Ainsi, à la fin du 3° il ne faut pas moins de 46 pieds carrés aux mêmes vers qui, au moment de leur 1:° mue, pouvaient ienir sur un peu moins du quart de cet espace. Au commencement du second âge donc, on devra les établir dans un local intermédiaire entre l’étuve et le grand atelier, comme une pièce de 10 pieds sur 12 (#g.127 b), dans laquelle sont 2 poëles, l’un en z:, commun avec l’étuve, et l’autre en 4, commun avec le grand atelier ; des tablettes 72 y seront disposées de la manière qu’il a été dit; mais comme l’espace est plus étroit, il ne pourra y avoir qu'un seul corps de tablettes placé au milieu de la chambre et ayant sur un côté 8 pieds de longueur sur 5 de largeur de l'autre côté. Ce corps à six étages, comme dans le grand atelier, offrira une surface de 240 pieds carrés, et pourra par conséquent suffire, à peu de chose près, jusqu'à la fin du 3° âge, aux vers de 6 onces de graine. Si on en a davantage, le surplus sera laissé dans l’étuve. Plus tard, lorsque les vers auront été transportés dans le grand atelier , cette seconde chambre pourra encore contenir à elle seule les vers d'une once de graine. Par une 1 porte d elle communique à létuve, et par une 2° e avec le grand atelier.

D'après ce qui vient d’être dit, il faut donc, pour loger convenablement les vers de 6 onces de graine, un bâtiment composé de 3 chambres (#g.127), ayant ensemble 42 pieds de longueur sur 16 de largeur et 12 de hauteur, sans y comprendre l'épaisseur des murs; ce bâtiment doit être percé de 4 croiséesg gg 9 sur chacune de ses faces les plus larges, dont l’une exposée au levant et l’autre au couchant, si cela est possible. Deux autres croisées g g pourront étre pratiquées dans le grand atelier du côté du nord, et l'entrée sera faite de préférence au midi. C’est aussi de ce côté que seront placées, en avant du grand atelier, la petite chambre destinée à former

| une étuve dans laquelle on fera éclore les œufs | de vers-à-soie, et la chambre & intermédiaire | entre l’un et l’autre.

Cette étuve (fig. 127 a), pour laquelle il ne reste dans celte distribution que 6 pieds de largeur sur 10 de longueur, sera suffisante pour faire éclore 10 à 20 onces et même beaucoup plus de graine, et elle pourra contenir aisément tous ceux de 6 onces pendant le 1‘ âge, puisqu’à la fin de cette époque de leur vie les vers de chaque once de graine n’occupent au plus que 10 pieds carrés, et que dans l'emplacement de l’étuve , tel que nous venons de la fixer, il sera facile, en établissant de petites tablettes tout autour et dans toutes les parties qui ne

sont ni portes, ni fenêtres ,ni le poêle, d'en placer 150 à 160 pieds carrés, Ce qui, à la rigueur, pourrait contenir les vers produits par 15 onces de graine. Les tablettes de l’étuve, à cause de l’espace resserre, ne devront avoir que 15 à 18 pouces de largeur ; mais on pourra les tenir plus rapprochées sur la hauteur en plaçant les étages à 15 pouces seulement les uns des autres.

On dira plus loin quel degré de chaleur il faudra donner à l’étuve pour y faire éclore la graine. Cette chaleur sera entretenue par un poêle placé en :, commun avec la chambre intermédiaire, et réglée par un thermomètre dont il sera aussi parlé ci-après. Il suffira d'indiquer ici que l’étuve, telle que nous l'avons fait figurer, a sa porte d'entrée en f, donnant sur un vestibule extérieur non compris dans le plan, une 2° porte d, par laquelle on communique avec la chambre b, et enfin une fenêtre g.

L’étuve et la chambre moyenne auront d’ailleurs , l’une et l’autre, des soupiraux ou ventilateurs, ainsi qu’il va être expliqué. C’est principalement pour le grand atelier que les ventilateurs sont nécessaires, parce que, quoique éclairé et suffisamment aéré par 8 croisées , il peut arriver souvent, à cause des mauvais temps produits par le froid, le vent ou le brouillard, qu’on ne puisse ouvrir les croisées, et cependant il est nécessaire, pour que les gaz insalubres ne s'accumulent pas dans l'atelier, d'y entretenir constamment la libre circulation de Pair, ce qu'on fait par le moyen de soupiraux qui sont des ouvertures d’un pied carré de largeur, lesquels s'ouvrent et se ferment à volonté au moyen d'une coulisse. Ces soupiraux doivent être pratiqués de distance en distance dans l'épaisseur des murs, les uns près du plancher supérieur, les autres un peu au-dessus de l’inférieur(fg. 126, & aaa);et pour queles 1° puissent donner du jour, ce qui a quelque avantage, au lieu de les fermer avec un panneau plein, on les fait d’un petit châssis garni de verre; les autres soupiraux seront pratiqués au niveau du pavé, au-dessous des fenêtres; enfin, on peut aussi en ouvrir dans le pavé même pour faire arriver l'air de la pièce qui se trouverait immédiatement audessous. On réglera le nombre des soupiraux de manière à les mettre en rapport avec l’étendue de l'atelier, et on ménagera leur place de sorte que l'air auquel ils donneront entrée ue frappe pas directement sur les claies ou tablettes sur lesquelles les vers seront placés.

Nous avons vu un peu plus haut qu'un bàtiment de 42 pieds de longueur, sur 16 de largeur et 12 de hauteur, serait nécessaire pour élever à l'aise les vers de 6 onces de graine. Sans doute qu’en serrant un peu plus les tablettes, on pourrait loger ceux produits par 7 onces de graine; mais nous ne croyons pas qu'il soit possible d'en mettre davantage, sans compromettre la santé de ces insectes, et par conséquent sans courir le risque que l’éducation n'ait pas le succès désirable. Nous devons ajouter, pour ceux qui voudront faire élever exprès un bâtiment de l'étendue qui vient d’être dite, qu'il leur sera plus avantageux, au lieu de le construire à un seul étage, de le faire faire à deux, parcs que les frais de

fondation et de couverture seront les mêmes dans les deux cas, et qu’en augmentant leur dépense d’un tiers au plus peut-être, ils auront un bâtiment qui leur offrira le double en étendue, et dans lequel ils pourront par conséquent élever les vers de 12 onces de graine au lieu de 6, et chaque once de graine pouvant produire 100 à 120 livres de cocons, il s'ensuivra que dans le bâtiment à deux élages ils pourront récolter 12 à 1400 livres de cocons, tandis que celui à un seul étage ne pourrait leur en produire que 6 à 700.

Dans le cas où l’on ferait construire exprès une magnanerie à deux étages, il serait inutile que le second fût .partagé comme nous lavons indiqué pour le premier; ce second étage devra ne former qu'un vaste atelier dans lequel on pourra établir, parallèlement les unes aux autres, 6 rangées de claies à peu près de la même manière qu’il a été dit plus haut.

Nousnepouvons trop engager les personnes qui voudront se livrer à l'éducation des versà-soie, à profiter de toutes les constructions déjà faites qui pourront se trouver à leur disposition, en les appropriant seulement à la circonstance, parce que les frais qu’il leur faudrait faire pour élever des bâtimens neufs pourraient souvent les entrainer dans des dépenses qui absorberaient une grande partie de leurs bénéfices subséquens. Avec une trèslégère dépense on peut fermer, par des cloisons mobiles, des hangars qui seront favorablement exposés, et les rendre propres à servir de grand atelier; les granges, qui sont ordinairement vides à l’époque où se font les éducations de vers-à-soie, pourraient aussi être appropriées de manière à y loger ces insectes pendant le 4° et le 5° âge; enfin nous ne voyons pas pourquoi des bergeries ne seraient pas aussi converties de la même manière pour former de grands ateliers; et pour leur donner ce nouvel emploi, il ne faudrait guère faire parquer les moutons qu'une 20° de Jours.

$ II. — Instrumens et ustensiles nécessaires dans une magnanerie.

1° Poéles.

La chose la plus nécessaire dans une magnanerie, est un ou plusieurs poéles par le moyen desquels en puisse élever la température de l’étuve, de la chambre ou de l'atelier, toutes les fois qu’elle est trop froide, ce qui arrive le plus souvent à l’époque de l’année où se font les éducations de vers-à-soie, et surtout dans les premiers jours. Un poêle d’un petit volume peut servir à chauffer létuve; mais dans une chambre plus grande, et surtout dans le grand atelier, il faudra dans l'une un poële, et dans l’autre deux poêles d'une grande dimension. Leur place est indiquée dans le grand atelier (7. 127 cce), l’une en # et l’autre en, sans compter une cheminée dont nous avons marqué la place en .

Ces poêles doivent être en brique ou en terre cuite; la tôle ou la fonte ne valent rien, parce que ces matières ont l'inconvénient de s’'échauffer trop promptement et de se refroïdir de même, et en outre, quand elles sont échauffées un peu fort, elles produisent une odeur désagréable qui peut être nuisible aux per-

DE LA MAGNANERIE EN GENERAL

sounes et aux vers, Nous donnons ici la figure 1 tient un petit brin d'acier c où curseur, qui

d'un poëéle tel que Danporo le conseille, fait en briques ouenterre cuite( fg. 128); il chauffe

d beaucoup mieux la piè- Fig. 128. ce ou l'atelier dans leauelil est établi, parce qu'il est construit de =. manière à recevoir “r l'airextérieur auin'entre dans ces chambres qu'après avoir été échauffé dans le poêle même.L'airraréfié,qui entre chaud, chasse l’airintérieur, etopère ainsi une sorte de venülation. On peut, si l'on veut, boucher les trous qui servent de passage à l’air raréfié lorsqu'il y a du feu dans le poële; ces mêmes trous peuvent servir pour introduire l'air froid, lorsque le feu du poêle est éteint.

2 Thermomètres.

Après les poêles, l'instrument le plus indispensable dans une magnanerie est un bon termoméetre, ou pour mieux dire, il en faut plusieurs, qu'on doit avoir soin de placer dans les différentes parties de l'atelier, afin de s'assurer si le degré de chaleur est partout le même. La 1'° place du thermomètre est aussi dans l’éluve, où sans lui il serait impossible de régler d’une manière exacte les divers degrés de chaleur qui ont été reconnus les plus favorables à l’éclosion. Les thermomètres à mercure sont préférables à ceux préparés à l’esprit-de-vin. Tous les auteurs qui ont écrit sur les soins à donner aux vers-à-soie ont établi les degrés de chaleur qui convenaient à ces insectes d'après l'échelle de RÉAUMUR, en sorte qu’on ne se sert dans les magnaneries que du thermomètre de ce physicien. |

Une autre espèce de thermomètre qui est encore d'un usage assez moderne, est celle qu'on a nommée {hermométrographe, destinée à indiquer le degré de chaleur le plus baut ou le plus bas auquel s’est élevée ou est tombée la tenipérature dans un espace de temps donné; mais cet instrument élant un peu compliqué, sans être d’ailleurs d’une applicaliou rigoureuse, on le remplace aujourd'hui avec avantage par deux tkermomètres simples, Vun appelé thermomètre maxima (Jig. 129, ), destiné à indiquer le plus grand degré de chaleur, et l’autre désigné sous le nom de thermomètre minima (fig.130), dont l’'usageest de faire connaître la plus basse température qui s’est fait sentir. Chacun de ces instrumens doit être disposé horizontalement.

Le premier(/£g.129), qui est à mercure, con-

Fig. 129.

AGRICULTURE

est poussé par le liquide, tant que celui-ci est dilaté par la chaleur, et qui reste fixe, au point où le mercure s’estavancé au momentoù latempérature a été la plus élevée; mais celleci venant à baisser, le mercure rétrograde en se condensant , et laisse l'indicateur d’acier au marimum Où il était parvenu ; il est donc facile, 5 ou 6 heures après que l’action de Ja chaleur est passée, de connaître à quel degré le plus élevé elle est parvenue, en regardant le point auquel correspond le bout du petit indicateur tourné vers le mercure. Après en avoir fait l'observation, il suffit de relever perpendiculairement l'instrument pendant un instant en lui imprimant une légère secousse; le curseur retombe à la surface du mercure, et on replace le thermomètre dans sa position horizontale pour les observations subséquentes.

Le thermomètre ruwnima ( fig. 130 ), est

Fig. 130.

à l’esprit-de-vin, et le petit curseur Zest en émail. C’est un cylindre de 2 lignes, ou à peu près, de longueur, terminé à chaque extrémité par une petite tête comme celle d’une épingle. Ce petit corps plonge toujours dans l’esprit-de-vin, mais lorsqu'on dispose l'instrument pour l'observation, il faut

ue sa tête supérieure soit au niveau de la liqueur, le tube étant placé perpendiculairemenl; alors le thermomètre & minima est élabli horizontalement ; et si, par suite du refroidissement de l’atmosphère, l’esprit-devin rétrograde vers la boule de l'instrument, le petit curseur suit son mouvement, et il demeure au point le plus bas où aura descendu la liqueur, qui d’ailleurs peut monter de nouveau sans porter son influence sur le petit indicateur que sa pesanteur spécifique, plus considérable que celle de l’esprit-de-vin, retient au point fixe où la condensation de cette liqueur l'avait entrainé, et où on Île trouvera plusieurs heures après qu'une chaleur plus considérable s'étant répandue dans l'atmosphère, aura dilaté lalcool et l'aura forcé de remonter vers la partie supérieure du tube. Ainsi le degré le plus bas auquel la température sera descendue, se trouvera indiqué tout juste vis-à-vis la place qu’occupe la tête supérieure du curseur. L'observation étant faite, on détache le thermomètre minima, on le renverse doucement en le plaçant un instant verticalement, sa boule tournée en haut, et le petit indicateur vient aussitôt occuper sa place d'attente à l’extrémité de l’esprit-de-vin.

Dans l’usage ordinaire de ces 2 instrumens, on dispose le matin le thermomètre maxima pour savoir à quel plus grand degré de cha-

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