‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 120 sur 295 · TL AL · texte numérisé non relu

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ou bien dans des bätimens clos de toutes parts, appelés ruchers couverts (fig. 174).

Fig. 174.

planchette qui déborde de 3 à 4 po.

Il y a2 ; pi. entre chaque ruche et la même distance eutre le rang du bas et le rang supérieur. L’épaisseur des ruches en bois peut être réduite d'untiers parce qu’elles sont à couvert. Tous les ruchers doivent être à une certaine distance des lieux où l’on fait beaucoup de bruit, des chemins très-fréquentés, des marécages et des établissemens qui produisent desexhalaisons nuisibles, et méme des raffineries, où les abeilles périssent par milliers dans les chaudières. On détruit autant LS le peut les nids de guêpes et surtout e frêlons des environs des ruchers, et s’il y a de fausses teignes, on met dans 2 ruches vides des morceaux de vieux rayons pour les attirer, les faire pondre et les y détruire.

ART. 11. — Mode de cuiture des abeilles.

$ I. —Achat et transport des abeilles,

On achète les abeilles : 1° à l’essarmage si on adopte une ruche différente de celle du canton, et on évite ainsi les fausses teignes ou galléries (Galleria cereana. Fab.) , s’il y en a dans le rucher où on achète. Les 1°"° essaims, qui peuvent peser jusqu'à 6 livres au plus et ordinairement 4 à 5, valent le double des seconds essaims, plus légers et venant plus tard; le grand nombre des ouvrières, et 8 à 15 jours d’intervalle entre la sortie des essaims secondaires produisent une différence considérable pour l’approvisionnement de Fhiver en miel.

2° Au printemps et non à l’automne, pour éviter les pertes qui peuvent avoir lieu jusqu’au retour de la belle saison. A cette époque on connaît la valeur de lessaim par le poids de la ruche qui donne celui du miel et de la cire après en avoir déduit celui de la ruche et des abeilles. On ne peut se tromper que dans l'achat des vieilles ruches.qui contiennent quelquefois du pollen ou rouget dans beaucoup d’alvéoles.

Les acquéreurs voisins du lieu d’achat les font transporter le soir même de l’essaimage. Après la rentrée des abeilles, on soulève doucement et sans bruit la ruche pour la posersur une toile claire ouun canevas qu’on relève tout autour et qu’on y serre avec de la ficelle. Un seul homme peut en porter 2 ou 4 sur l'épaule, attachées à un bâton.

Mais si on à fait un achat considérable, qu’on enlève le tout à la fois, et qu'on soit à quelques lieues, on garnit bien de paille une voiture, et on pose dessus de fortes gaules qui laissent de l’air entre la paille et les ruches. A l’arrivée on met de suite les ruches à leur place, et une demi-heure après on tire la serpillière; et si ce sont des essaims nouveaux, on la remplace par une assiette contenant une demi-livre de miel couvert d’une toile très-claire ou d’un papier épais auquel on fait des coupures étroites et alongées, ou

Leur longueur ou leur dimension est relative | même de brins de paille croisés. Le trans-

au nombre des ruches dont on fail 2 rangs l'un sur l’autre. Ces ruchers fermés ont une

port n’a lieu que la nuit.

$ II. —Scins généraux à donner aux abeilles.

Visiter souvent les abéïlles pour qu’elles connaissent les apiculteurs, le faire sans bruit, parler bas, point de mouvemens brusques; se baisser si une abeille annonce par un bourdonnement particulier et par son vol devant l’apiculteur l’intention de l’attaquer, et ne se relever que lorsqu’elle s’est retirée ; ne soulever ni ouvrir les ruches que lorsque les soins l’exigent, et toujours doucement; détruire dans ces visites les araignées, les limaces, ainsi que les fausses teignes qu’on trouve entre le surtout et la ruche ; brüler les guépiers et les fourmilières avec le feu ou l’eau bouillante; enfin, faire la chasse à Ja famille des rats et aux oiseaux.

$ If. — Vêtement des apiculteurs.

Les abeilles sont en général assez douces el n’attaquent que ce qu’elles considèrent comme nuisible.

On s'oppose aux piqüres des abeïlles en se couvrant : 1° d’un pantalon à pied ou d’une

aire de guêtres pour recouvrir le soulier et e bas du pantalon ; 2° d’un gilet qui ferme bien ; 3° de gants épais, assez longs pour être liés sur la manche; 4° d’un camail de coutil ou de toile cirée qui enveloppe la tête et le cou. et qu’on serre dans le bas pour que les abeilles ne puissent pas piquer ces parties.

On fait devant la figure, pour pouvoir respirer, une ouverture suffisante pour y mettre

un masque bombé, composé avec de la toile :

fine de laiton, dont les mailles permettent de voir et empêchent les abeilles de passer.

A défaut de camail, les dames peuvent employer la gaze blanche, en l'écartant un peu de la figure. Ainsi vêtu, on opère tranquillement et sans crainte dêtre piqué par les abeilles ou de les tuer.

Comme on ne prend pas ces précautions dans les visites de simple inspection, on doit avoir sur soi un flacon d’alcali volatil. Dès qu'on est pie on s'empresse d’arracher l'aiguillon de la plaie et d'y verser une goutte de ce liquide. Les autres alcalis peuvent au besoin le remplacer, même la chaux vive, et à défaut un peu d'huile ou de miel. On presse et on suce la plaie, si on le peut, avant de rien mettre dessus.

$ IV. — Soins à donner aux abeilles à l’entrée de la mauvaise saison.

Dès qu'il n’y a plus de fleurs, de feuilles et de fruits pour fournir de la nourriture aux abeilles, on doit peser toutes les ruches. On défalque de leur poids, celui de la ruche, plus 5 livres pour les abeilles et 2 livres pour la cire. Le surplus doit être du miel dont il faut 12 à 15 livres par essaim fort ou faible, fait étonnant, mais constaté par l'expérience. Ce poids est une moyenne proportionnelle, car plus l’hiver est doux, plus les abeilles consomment de miel.

On ne prend pas de miel aux essaims qui n'ont que 20 à 25 livres, parce que les abeilles aussi bien approvisionnées seront plus actives au printemps, qu’elles seront moins exposées à manquer de vivres pour elles et

LTV. IV.

leurs vers, s’il survient, dans cette saison,un vent très-sec qui enlève le nectar à mesure que les fleurs en produisent, où un temps pluvieux qui délaie cette substance; qu’elles fourniront plus tôt des essaims et produiront une récolte plus abondante de miel. En effet, plus les abeilles sont dans l'abondance à l’entrée du printemps, plus le renouvellement d’une ponte considérable a lieu; plus les abeilles multiplient, plus elles recueillent de miel et peuvent en déposer dans les magasivs, puisque s’il faut la récolte journalière de 10 à 15,000 ouvrières pour la consommation de l’essaim, c’est-à-dire pour la nourriture des vers et des abeilles, et qu’il y ait 30,000 ouvrières dans une ruche, la moitié de leur récolte peut être économisée, pendant qu'un essaim qui n’a que 10 à 15,000 ouvrières ne peut pas faire une réserve en miel s’il a un fort couvain à nourrir, et est exposé à la disette s’il survient un mauvais temps.

Si les ruches contiennent moins de12 livres de miel au moment de la visite, et que le temps ne soit pas froid, on leur donne le soir, comme on l’a dit plus haut, des sirops faits avec des fruits sucrés et préparés d’avance, ou du miel commun jusqu'à la concurrence d’une livre qu’elles ramassent pendant la nuit. On continue jusqu’à leur complet approvisionnement. Si la température est froide la nuit, on donne le sirop ou le miel un peu tiède, le matin, après y avoir mêlé un peu de vin ou du cidre, et pendant qu'on le chauffe on saupoudre le plateau avec du sel de cuisine: mais en donnant la nourriture le matin, il faut pousser la ruche en arrière pour réduire la hauteur de l’entrée et empêcher que les ouvrières des ruches voisines ne viennent s'emparer d’une partie du miel.

Si on avait trop retardé cette operation, etque le froidet l'humiditéeussent augmenté, on donne alors aux abeilles des rayons remplis de miel dont on enlève les couvercles avec une lame mince. On les pose à plat sur le plateau qu'on a préalablement saupoudré de sel.

Si on se servait de la ruche perfectionnée, ou autres divisées sur la largeur, et qu’on eût desessaims fortement approvisionnés et d’autres qui ne le fussent pas assez, 07 cherche à égaliser leurs vivres. On donne à l’essaim mal approvisionné la moitié de la ruche qui a beaucoup de miel, et on remplace cette moitié par celle de l’autre ruche. Mais pour réussir on prend les précautions suivantes : Après s'être vêtu pour se garantir des piqûres, on enlève le surtout de la forte ruche , et on défait les crochets qui réunissent ses 2 parties. On frappe 2 ou 3 coups contre le côté de la ruche qu'on veut laisser en place pour y attirer la reine. Des abeilles veulent-elles sortir, on les en empêche au moyen de vieille toile ou serpillière roulée au bout d'un petit bâton, et dont on met à l'entrée de la ruche, l'extrémité à laquelleon a mis le feu, mais sans flamme. C’est ce qu’on nomme /umeron. La fumée qu’on souffle dans l’entrée s’oppose à la sortie des abeilles et les détermine à environner la reine.

Elles y font un bourdonnement qu’on nomme bruissement. Alors on soulève la moitié de la

ruche qu’on veut emporter.On passe dessous lefumeron qu’on secoue pour produire plus de fumée afin d’en chasser les abeilles qui y restent. Ensuile on enlève celte moitié pour la remplacer par une moitié vide dont on s’est muni. On la rapproche d’abord par le derrière en poussant sur les Joints de la fumée pour écarter les abeilles et ne pas en écraser. On apporte la moitié pleine auprès de la ruche faible à laquelle on l’adapte par le même procédé. Ensuite on revient à la ruche forte à laquelle on retire promptement la moitié vide pour la remplacer par celle de la ruche faible. On fournit facilement du miel aux ruchesvillageoises et aux ruches à hausses en échangeant leur couvercle ou hausse supérieure, s’ils sont vides,contre un couvercle ou une hausse qui contient du miel et qu’on a conservé à cel effet. \

Bientôt le froid augmente d'intensité et annonce la gelée, la neige et le givre. Alors il est utile de tourner l'entrée des ruches au nord-est pour empêcher les abeilles de sortir, ou de les transporter dans un lieu obscur et sec qui ait une ouverture du côté des vents secs. C’est le temps de surveiller les souris, les rats, les pic-verts, les mésanges, surtout lorsque les ruches sont de paille ou d’osier, parce que les abeilles engourdies sont sans défense.

La méthode employée ci-dessus pour travailler sans danger une ruche et qu'on nomme état de bruissement, est loujours celle qu’il faut suivre quand on veut se rendre maitre des abeilles.

$ V.—Opérations au commencement du printemps.

Dès que la saison se radoucit, que les saules, marsaults, coudriers fleurissent, el que les abeilles ranimées commencent leurs mouvemens, on visite de nouveau les ruches pour nettoyer les plateaux et y répandre un peu de sel, couper 2 ou 3 pouces du bas des rayons, pour peu qu'il y ait de la moisissure, enfumer les ruches pour en renouveler l'air, et enfin couper 1 ou 2 rayons des côtés s’ils sont vides , et qu'on y soupçonne des œufs ou larves de fausse teigne. Ensuite on remet chaque ruche dans sa position ordinaire après s'être assuré de son approvisionnement.

Aux premiers beaux jours, on place devant les ruches des assiettes remplies d’un sirop tiède qui contient un peu de liqueur fermentée, comme du vin,etc., pour les préserver, conjointement avec le sel, de la diarrhée qui peut les attaquer dans cette saison, surtout si le temps ou la température du canton est humide. C’est principalement dans ces cantons que la fausse teirgne multiplie le plus et que l’abeille est moins active. On place en conséquence 2 ruches vides sur le plateau desquelles on met des débris de vieux rayons de cire pour attirer et détruire ces parasites. C’est aussi le meilleur moment pour faire la chasse aux guêpes et frelons avec des filets dits échiquiers.

La saison est-elle favorable aux abeilles, on les visite 1 ou 2 fois par semaine pour s'assurer à la simple vue s’il y a de l’activité dans les travaux. Seulement, dans les cantons où les fausses teignes sont communes, on

CULTURE DES ABEILLES

soulève les surtouts pour tuer celles qui s’y cachent pendant le jour; et si on aperçoit des ruches dont les abeilles font peu de mouvemens, on les lève un peu par-derrière pour vérilier s’il n'y a pas des crottes de fausses teignes sur le plateau, ou de leurs fils entrecroisés entre les rayons. Dans ce cas, après avoir mis les abeilles en état de bruissement, on enlève les rayons des côtés ou partie de ces rayons qui sont attaqués par ces insectes; on nettoie le plateau et on remet la ruche en place. Si les dégâts étaient considérables, il vaudrait mieux transvaser les abeilles et leur donner le soir du miel pour commencer des rayons dans leur nouvelle ruche. On nettoie tout de suite l’ancienne, et on y passe le feu, et après avoir extrait le miel, on fait tout de suite fondre les rayons pour détruire les œufs et les vers des fausses teignes, ainsi que les rayons mis dans des ruches vides pour attirer cette vermine, ruches qu’on visite en même temps que les autres. S'il y avait du couvain on le rendrait aux abeilles, soit en le suspendant, soit en posant les rayons verticalement sur deux petites fourches de bois fendues dans le haut ou de fil de fer dont l'extrémité inférieure est enfoncée dans un morceau de planche de4 à 5 pouces de longsur 21/2 pouces de large pour y poser au besoin 2 morceaux de rayons. Le tout préparé est placé sur le plateau dans la direction des rayons.

Mais sil survient dans cette saison des pluies qui durent plus de 8 jours, qui empéchent les abeilles de sortir, ou des vents secs qui enlèvent le nectar à mesure de sa production, et forcent les ouvrières, qui ne trouvent que du pollen à consommer le miel en provision, 1l faut redoubler de vigilance, s'assurer s'il reste du miel dans les ruches, ou si les ouvrières en manquent, ne pas leur épargner le sirop ou le miel, car la consommation en est considérable à cette époque pour le couvain. Si on négligeait de le faire, on serait exposé à perdre une partie de ses essaims, les uns parce que la famine les détruirait, les autres parce que le couvain qui aurait péri entrerait en putréfaction et occasionerait non seulement la mort des ouvrières de la ruche, mais pourrait encore entrainer la destruction du rucher en y développant une maladie épidémique. Il ne sortirait pas des ruches des essaims précoces qui sont la richesse de l’apiculteur, et on trouverait dans beaucoup d'alvéoles des ruches conservées du pollen découvert qui durcit, dont les abeilles ne peuvent faire usage , et qui par son poids trompe sur la quantité de miel contenu dans les ruches. Le sirop et le miel qu’on leur donne jusqu’au retour de la saison favorable ne sont qu'une avance que les abeilles rendront pius tard avec un grand bénéfice. Dès que le temps change, on enlève les ruches mortes, onstire des ruches conservées le couvain qui a péri, et on en extrait, s’il est possible, la cire. Dans le cas contraire, on enterre le tout pour empécher les ouvrières d’en approcher.

Les amateurs des ruches villageoises dont les corps ont 3 ans, profitent du moment de la grande abondance du nectar pour les renouveler. A cet effet ils tirent le couvercle et le remplacent par une planchette; ils soule-

vent le corps de la ruche pour placer dessous un autre corps; ils garnissent les points de contact des 2? corps avec du pourget (mélange de chaux, de bouse de vache, d'argile et d'un peu d’eau), et s’il y à une entrée au QE supérieur, ils la bouchent. Ils peuvent également faire cette opération sur quelques ruches avant le commencement de la ponte, lorsqu'ils désirent augmenter la récolte et diminuer la production des essaims. Dans ce dernier cas ils laissent le couvercle.

$ VI. — Essaimage.

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