‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 121 sur 295 · I. Essaims naturels · texte numérisé non relu

I. Essaims naturels

Pendani la saison dont nous venons de parler, la multiplication des abeilies est considérable ; aussi un bruit sourd se fait-il entendre, et il augmente chaque jour d'intensité.

Bientôt on voit sortir de quelques ruches, de 11 heures à 3 heures, des mâles ou faux bourdons; c’est un indice que la mère a pondu depuis 8 à 10 jours dans les alvéoles de reine, et qu’il sortira avant peu un essaim. On dispose en conséquence des ruches qu’on nettoie bien et qu'on parfume en les frottant avec des plantes aromaliques ou avec l'extrémité de tiges fleuries. On prépare également un sac dans lequel on fixe deux cerceaux pour en écarter les parois, et placés assez loin de l’ouverture pour qu'on puisse le fermer à volonté; 2 grands balais ou une petite pompe à main comme celle des jardiniers, un seau plein d’eau, 1 fumeron ou 2, une ou 2 lonsues perches terminées par un crochet à l'extrémité supérieure, un plumasseau et à défaut une petite branche à feuilles souples, une branche d’un pied et demi dont la tête, de 6 à 10 pouces de long, est taillée en boule alongée, un plateau, un couvercle de ruche, un ou ? paillassons de jardinier ou un ou 2? grands torcbons, un camail et du sable fin, enfin un peu de miel pour en délayer au besoin avec de l'eau.

Tout cet atlirail disposé, on place quelques-unes des ruches sur des plateaux, ou on ies suspend à des arbres autour du rucher.

On peut même en mettre’dans les places des ruchers qui sont vides. Alors il ne reste plus qu’à faire une garde exacte pour épier la sortie des essaims qui peut avoir lieu depuis 10 heures du matin jusqu'à 3 heures du soir dans les temps ordinaires, mais qui peut commencer depuis 9 heures jusqu’à 4 par de fortes chaleurs.

On laisse l’essaim sortir tranquillement et se balancer dans l'air; ce n’est que lorsqu'il prend une directièr contraire à celle qu'on désire, qu'on s’empresse de lui lancer du sable et de l’eau et qu'on fait beaucoup de bruit, non seulement pour empêcher les ouvrières d'entendre et de suivre leurs conduc- {eurs, mais encore pour prévenir les voisins qu'il est sorti un essaim. Le bruit, l’eau, le sable sont un orage pour l’essaim qui s'arrête et se place, soit contre une branche &’arbre, soit contre un mur, et quelquefois se pose à lerre. On garantit jes abeïlles des rayons du soleil , s'il est possible, pendant qu’elles se groupent en formant une boule ou une grappe de raisin.

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