‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 122 sur 295 · LIV. 1Y · texte numérisé non relu

LIV. 1Y

Lorsqu'une grande partie des ouvriéres est réunie, Si elles sont à terre, on pose une ruche dessus, en la soulevant d’un côté de deux pouces pour l’entrée des abeilles, et on intercepte les rayons solaires qui donnent sur la ruche. On accélère l’entrée des ouvrières avec de la fumée ou le plumasseau, et dès qu'on voit des abeilles se placer à l’entrée de la ruche et y battre des ailes pour rappeler celles qui sont dehors, on les laisse tranquite Jusqu'à ce que le calme soit rétabli ans l’essaim.

Si les abeilles se groupent contre une bran-

che qu’on puisse secouer, on place la ruche, l'ouverture en haut, le plus près possible de l’essaim, et on donne à la branche une ou deux secousses promptes pour en détacher l’essaim qui tombe dans la ruche. S'il reste encore beaucoup de mouches contre la branche, on les fait tomber avec le plumasseau.

On pose ensuite la ruche auprès de l’arbre sur un plateau, un paillasson ou une toile, en Ja retournant bien doucement, ce qui n’empêche pas la plupart des abeilles de rouler et de sortir de la ruche, dont elles ont bientôt couvert les parois extérieures. On agit comme ci-dessus pour les faire rentrer, mais si la mère est retournée sur la branche, bientôt des ouvrières y retournent et y forment un groupe autour d'elle. On les ramasse comme auparavant, mais dans le couvercle, dont on fait tomber les abeilles, soit dans la ruche qu’on a retournée, soit sur le plateau après avoir seulement penché la ruche en arrière.

Dès que des ouvrières sonnent le rappel, lopération est terminée,et on se contente de faire de la fumée sous la branche pour chasser les ouvrières qui y reviennent, et si elles s'obstinent à y revenir, on frotte la branche avec de la chélidoine, de la camomille puante ou de l'éclair, dont l’odeur les chasse. . Lorsque la branche est trop grosse pour être secouée, on oblige les abeilles & se bien réunir, soit avec la fumée ou avec le plumasseau, et en passant les barbes d’une forte plumeentrel’essaim et labranche,onles faittomber dans la ruche. Quand l’essaim s’est placé entre deux ou trois branches et qu’on peut poser dessus la ruche qu’on a aspergée d’eau miellée, on y fait entrer l’essaim; mais sion ne-peut faire usage de la ruche, ce qui a lieu surtout lorsque l’essaim s’est niché dans un trou d’arbre ou de mur, alors, après avoir trempé l'extrémité ou branchage de Ja grande branche dans l’eau miellée, on la pose sur le trou, on l’y enfonce et on la tourne bien doucement, et quand une grande partie des abeilles s’y estaltachée, on les secoue dans la ruche.

Les essaims, et principalement les essaims secondaires, s’écartent quelquefois du rucher. Le sac est alors plus commode pour les rapporter, parce qu'après les y avoir fait entrer on le ferme pour rapporter l’essaim, et si on a été obligé d'employer la branche miellée pour le recueillir, on la place dans le sac dans lequel on la suspend, avec l’attention, en nouant celui-ci pour le fermer, d'en laisser” sortir quelques pouces.

Si les abeilles qui sont placées sur une branche la quittent pour retourner à la ruchemére, où si, entrées dans la ruche, elles n’y

cap. 8°.

sonnent pas le rappel et en sortent peu-àpeu, c’est la preuve que la reine n’est point avec l’essaim ; dans ce cas, elles ressortiront de laruche-mère le lendemain ou le surlendemain. Mais, lorsque l’essaim n’abandonne la ruche qu'un jour ou deux après leur entrée, c’est qu’elle ne leur convient pas;il est indispensable de les mettre dans une autre, et de flamber et frotter la première avant de l’employer denouveau.Quoique les essaims sortis

. soient ordinairement fort doux, la prudence exige qu’on prenne des gants et qu'on mette son camail. On porte l’essaim à la place qu’on lui destine, aussitôt que l’ordre est établi dans la ruche et qu’on ne voit plus que quelques ouvrières rôder autour.

Quelquefois 2 essaims sortent à la fois et se posent sur la même branche. S'ils sont faibles, on les oblige à se rapprocher et à se confondre pour n’en former qu'un bon ;mais s’ils sont forts, on emploie le fumeron et le plumasseau pour les écarter et les faire tomber au même instant dans 2 ruches qu’on pose à terre, en plaçant plus près de l'arbre celle dans laquelle il y a moins d’abeilles.

Deux essaiins se mêlent quelquefois dans l’air ou sur l'endroit qu'il ont choisi, et ne forment qu'un groupe. On les fait tomber dans une ruche pour les verser ensuite sur un paillasson ou un linge étendu à terre, et aux extrémités duquel on a mis 2 ruches, y compris celle dont on a chassé les abeilles.

On sépare le tas d’abeilles en 2 parties pour les diriger vers les ruches soulevées d’ua pouce du côté du linge et les y faire entrer; et si le rappel sonne aux 2 ruches, l’opération a réussi. S’il n’avait lieu qu’à une ruche, c'est que les deux reines y seraient entrées, el tout serait à recommencer, à moins qu'on n’eût à sa féposition une jeune reine qu’on donnerait à l’autre ruche, ou un grand alvéole contenant une nymphe qu’on y placerait. Si, en séparant les 2 essaims , on apercoit ume des reines, on la prend avec facilité parce qu’elle ne se sert de son aiguillon qu'autapt qu'on lui fait mal, et on la met sous ux gobelet pour la donner à une desruches, dès qu’on sonnera le rappel à l’autre.

J'ai dit que lorsque 2 /aibles essaims sortent et se rapprochent, il faut les réunir ; mais si on les ramasse dans 2 ruches, on pose l’une sur son plateau et l’autre à terre auprès. Le soir, on retourne cette ruche, on pose l’autre dessus, et d’un fort coupon détache l’essaim de la ruche supérieure; on met celle-ci de côté pour prendre l’autre et la placer sur le plateau où on a misune assiette qui contient une demi-livre de miel; on la retourne bien doucement en la posant. Le lendemain on vérifie s’il y a une reine morte au pied de la ruche; s'il n’y en a pas, on lève la ruche par-derrière pour examiner s’il s'est formé 2 groupes, ce qui obligerait à recommencer le soir l'opération, parce que 2 essañns travaillant séparément dans une ruche dont les dimensions sont pour un seul essaim, donnent en général de mauvais résultats. Si on voulait réunir 2 essaims sortis à 3 ou 4 jours d’intervalle, on mettrait le plus ancien en état de bruissement; on as-

ergerait la ruche avec de l’eau miellée après

’avoir retournée; ensuite on y ferait tomber

CULTURE DES ABEILLES

le nouvel essaim, et on la replacerait sur le plateau qu’on aurait garni d'une demi-livre de miel.

Ces opérations sont utiles dans les cantons très- favorables aux abeilles, parce qu’on peut sans danger en laisser sortir 2 essaims, surtout si on trouve à en vendre; mais, dans les arrondissemens médiocres il ne faut permettre que la sortie d’un essaim, parce que la ruche-mère, trop affaiblie en ouvrières, ne peut s’approvisionner d’autant de miel ni se défendre aussi bien contre sesennemis. Or,c’est une règle certaine que 12 ruches fortes donnent plus de profit que 24 médiocres. Ainsi, dans les cantons médiocres, il faut faire rentrer dans la ruchemère les essaims secondaires le soir même de leur sortie.

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