RÉCOLTES DU MIEL ET DE LA CIRE
le remplit de marc bien pressé, et, après avoir fermé exactement son ouverture en la liant avec de la ficelle, on le plonge dans la chaudière qui contient de l'eau tiède. Des tringles de bois d’un pouce carré placées au fond de cette chaudière, ou bien une planchette garnie de trous, empêchent le sac de porter au fond et la cire de brûler. On met sur le sac un poids assez lourd pour lempécher de surnager, attendu qu'ilestnécessaire qu'il soit recouvert d’un pouce d’eau au moins. La cire fond peu à peu à mesure que la chaleur augmente, et elle couvre la superficie de l’eau. On l’enlève avec une espèce de cuillère et on la jette dans un baquet où il y a de l'eau chaude pour la manier comme on l’a dit plus haut. Dès qu'il ne s'élève plus de cire, on enlève le poids, on retourne le sac, onle presse en tous sens et on remet le poids: ceremaniement produit un peu de cire.
Si on n’a que 4 à 5 ruches et conséquemment qu'un peu de miel et de cire, après avoir exprimé le miel de la cire, par la torsion dans un canevas, on émiette le marc et on le jette sur une loile devant les ruches. Les ouvrières l'ont bientôl couvert et enlevé le peu de miel qui y reste. On met alors les débris dans de l’eau tiède, on les y laisse pendant 24 heures: puis, après les avoir bien maniés, on les fait fondre dans le sac comme on l'a dit plus haut. On évite par cette marche une dépense inutile d’instrumens.
Aussitôl après l'extraction du miel ou de la cire, il faut enlever le marc des canevas ou des sacs, parce qu'il serait très-difficile de l'en retirer s’il se refroidissait, surtout après qu'on a extrail la cire, car il devient dur comme du boiset brüle comme lui.Ce marc, en outre, a une vertu détersive, elles vétéripaires s’en servent pour les foulures des chevaux. On peut aussi le concasser, à défaut de vieux rayons, pour meltre sous des ruches vides, afin d’y attirer les galléries de la cire qui y vienvent pondre et qu’on y détruit facilement.
$SIV.— Blanchiment et emploi de la cire.
Pour blanchir la cire et la débarrasser de ses impuretés, on commence par la fondre dans une chaudière qui contient de l’eau, puis on la fait couler en filet mince sur un cylindre de bois que l’on fait mouvoir avec lenteur horizontalement, et qu est plongé à demi dans une cuve remplie d’eau. La cire se fige aussitôt et se réduit en lanières minces qu’on expose ensuite au soleil en la plaçant sur des toiles étendues sur des cadres, et en la couvrant au besoin pour la mettre à l'abri des vents et des brouillards. Le soleil et la rosée blanchissent peu à peu la cire, qui doit être arrosée avec de l’eau quand il ne tombe pas de rosée. Cette opération doit être répétée plusieurs fois, et quand la cire est bien blanche, on la fond et la coule dans des moules pour en faire des bougies, des cierges, etc. On peut aussi blanchir très-promptement la cire par sa fusion avec une solution de chlore ou de chlorure de chaux, mais dans ce cas elle absorbe du chlore, dont l'odeur se manifeste qua on la fond et qui empêche les bougies de bien brüler,
Les arts font une grande consommation de cire, et la chirurgie et la pharmacie l’emploient avec succès.
Secrion v. — Produit d'un rucher.
Rien n’est plus difficile à fiter que le produit annuel d'un rucher, parce que la recette brute varie beaucoup, suivant que le canton est plus ou moins favorable pour fournir aux abeilles une abondante récolte; que la température influe beaucoup sur cette abondance, et que le miel varie de qualité et conséquemment de valeur suivant la bonté du nectar, qui n’est pas le même dans toutes les fleurs et qui perd de sa Éis us par le mélange de la miellée. Une bonne culture détermine aussi une augmentation de produit.
D'une autre part, c’est le produit net qui est à considérer. Il faut déduire au moins les frais de dix années, de la recette de dix années, et diviser ce qui reste en dix parties pour établir une recette annuelle moyenne; ces frais varient également dans les divers départemens de la France, parce que le prix du bois, de la paille et celui de la main-d’œuvre, diffèrent beaucoup. Le produit moyen et net d’une ruche n’est donc pas le même partout, et on ne peut guère l’établir que par cantons.
Mes calculs à Versailles pendant 20 années
Fig. 179.
Depuis la rédaction de l'article ci-dessus par notre savant collaborateur, on a fait connaître en France une nouvelle ruche ainsi
u’un nouveau procédé pour gouverner les abeilles. Ce procédé, dû à un Anglais, M. Nurr, habitant du Lincolnshire, qui l’a mis en pratique avec succès depuis environ une dizaine d'années, paraît offrir l'avantage de donner du miel de première qualité en plus grande abondance, de faciliter sa récolte, de maintenir les abeilles dans un état de santé et d'activité constantes, et enfin, par des moyens particuliers et l’agrandissement progressif du domicile de ces insectes, de prévenir la sortie des essaims.
Donnons d’abord la description de la ruche de M. Nurr, nous passerons ensuite à l’application qu’il en a faite.
L'ensemble de la ruche se compose au moins
fixent le produit net d'une ruche à 12 fr. par an après la déduction des frais et des pertes des essaims. M. LomBanrp avait porté ce bénéfice à 24 fr. à Paris, mais j'ignore s’il en avait déduit les frais. Je préférerais, dans tous les cas, m'être trompé en moins qu’en plus, pour ne pas donner de fausses espérances à ceux qui se livreront à la culture de ces insectes intéressans , et qui seraient encouragés par un produit plus considérable que celui sur lequel ils doivent compter.
Je terminerai ce précis en faisant observer que si je n’ai pas indiqué les travaux des apiculteurs mois par mois, comme la plupart des auteurs, c’est parce que la culture des abeilles se règle : 1° par la température si variée du nord au midi de la France, température qui, dans le même canton, est souvent plus ou moins avancée d’un mois, d’une année à l’autre; 2° par les végétaux indigènes à certains arrondissemens et ceux qu'on y cultive, qui ne sont pas les mêmes partout.
Ce précis, fait pour toute la France, ne pouvait donc contenir que des préceptes applicables dans tous ses départemens. Ceux qui désireraient de plus grands détails, se procureront le Traité complet théorique et pratique sur les abeilles, chez madame Huzard, libraire, rue de l'Éperon, n. 7, à Paris.
FÉBURIER.
Fig. 178, Fig. 180.
Fig. 177.
de 6 parties, mobiles et indépendantes. Ces parties sont : 1° le socle; 2° le pavillon central; 3° trois à 4 boîtes latérales; 5° une boîte octogone; 6° une cloche en verre. Toutes ces pièces sont assemblées dans la fig. 176 où elles forment la ruche complète, mais avec 2 boîtes latérales seulement.
Le socle (fig. 177), destinéà supporter toutes les autres pièces, est composé ainsi qu'il suit : AA’, planches qui en forment le fond et le dessus et qui ont 15 pouces de largeur, 3 pieds 6 pouces de longueur et 9 lignes d'épaisseur. BBB, 3 côtés latéraux et postérieur, de 3 pouces de hauteur. CC, 2 planches qui divisent le socle en 3 portions égales et sont perforées chacune d’un trou longitudinal de 3 pouces de longueur et 9 lignes de hauteur. Çes trous sont destinés à permettre aux abeïlles de passer des faux tiroirs dans le tiroir E de la
cHAP. 9°.
ruche du milieu; c'est dans ce tiroir que l’on place la nourriture, dans un petit plat recouvert d’une mousseline grossière. FF sont 2
ortes à charnière pour fermer les 2 parties 2 rare du socle ou faux tiroirs; la partie du milieu l’est par le tiroir E, dont les côtés portent aussi un trou longitudinal correspondant à ceux percés dans les cloisons CC. Dans le fond supérieur du socle sont percées 3 ouvertures semi-circulaires, GGG, par lesqueiles les abeilles passent, soit directement dans des faux tiroirs latéraux, soit dans le tiroir, puis à travers les trous longitudinaux des faux tiroirs et des cloisons, d’où elles s’échappent dans la campagne. Ces faux tiroirs sont des espèces de vestibules qu’on peut fermer à volonté au moyen des portes FF, et qui servent, comme on le verra, à la ventilation dans la ruche.
Le pavillon central ( fig. 178), est une boîte carrée sans fond, d’un pied de diamètre et de 10 pouces de hauteur. La face H est percée d’une petite fenêtre de 3 pouces sur 3, vitrée à l’intérieur et fermée intérieurement par un volet à charnière. Les côtés I sont percés d'ouvertures horizontales parallèles de7 lignes de hauteur et à 1 pouce de distance les unes des autres. Les ouvertures diminuent successivement de longueur depuis la plusbasse, qui a 8 à 9 pouces, jusqu'à la plus élevée qui n’en a plus que 1. Le dessus L est aussi percé au centre d’un trou d’un pouce de diamètre et de plusieurs autres de 7 à 8 lignes, placés autour du premier. Le derrière de cette boîte est plan et uni; par-devant il y a en KK 2
lanchettes destinées à cacher la jointure des ites latérales, lorsque celles-ci, ainsi que le pavillon , sont placées sur le socle. C’est sur ce pavillon qu'est posée la cloche de verre S (fig-176), de 8 à 9 pouces de diamètre et 12 à 15 pouces de hauteur, qu’on recouvre d’une boite octogone T, surmontée d’un chapeau et percée de 3 fenêtres vitrées ayant chacune un petit volet. La cloche repose sur une planche percée de trous correspondans à ceux du fond supérieur du pavillon central, pour établir la communication entre celui-ci et la cloche.
Entre cette planche et ce fond on peut glisser aisément une feuille de fer-blanc quand on veut interdire toute communication entre ces compartimens divers de la ruche.
La boîte latérale (fig. 1179)a 1 pied de diamètre et 9 pouces de hauteur. Les faces N ot une petite fenêtre vitrée et à volet, de 4 1/2 pouces sur 3. Le fond C n’a pas de fenêtre; le côté P est muni d'ouvertures horizontales décroissantes et correspondantes à celles percées dans les parois latérales du pavillon central. Le dessus Q porte un trou carré de 4 à 5 pouces, autour duquel est un encadrement de 2 1/2 pouces de hauteur Z, que l’on bouche avec un couvercle mobile X, et à fond rentrant. C’est dans ce trou que l’on introduit le tuyau en fer-blanc M (fig. 176) perforé de trous de 9 pouces de longueur et 1 de diamètre, destiné à recevoir un thermomètre et couronné par une plaque également perforée qui porte sur la gorge intérieure du trou Z. La boite larom l a À 180) est identiquement semblable à la précédente, et ses ouvertures longitudinales correspondent de même à celles de la paroi latérale du pavillon qui la regarde.
On voit toutes les pièces de la ruche as-