‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 138 sur 295 · PRESSURAGE · texte numérisé non relu

PRESSURAGE

par ce procédé facile et nage au-des- Fig. 209. | tes. Ces vases de transport contiennent or-

sus de la solution de potasse carbonatée. Le nombre de degrés mesurés par la couche alcoolique donne »

la proportion, en volume, d'esprit 5 à0,825 de pesant. spécif. contenue ro} dans les 100 mesures de vin. Comme 5£ il ne s’agit que de s'assurer de l’ins- °°!

tant où la formation d’esprit-de-vin s'arrête, il s'ensuit que, si deux essais indiquent consécutivement le même degré, il est temps de tirer.

le vin de la cuve, c’est-à-dire de procéder à l’entonnage.

On se procurera aisément les sous-acétate de plomb et carbonate de potasse purifié chez les pharma-,5 ciens ou Heu de produits chi-Æ miques. Cette méthode n’est pas à négliger et je la recommande. On sait que l'alcool d’une densité de 0,825 contient encore 15 centièmes d’eau; avec ce rapport on calculera la quantité d’alcool absolu ou de 0,792 de pesant. spécif. renfermée dans le liquide essayé.

Le décuvage se fait généralement avec si peu de soins, même dans nos vignobles renommés, qi est indispensable d'introduire une méthode plus convenable pour la conservation du vin. Je ne décrirai pas la routine ordinaire

ui met le vin encore chaud en contact avec l'air, et même avec le marc, et occasionne une déperdition considérable d’alcool que l’on peut éviter. Le vin, ainsi secoué et aéré, est

lus disposé à s’aigrir. Ceux qui opèrent avec es nouveaux appareils ont déjà réformé une grande partie des vices du soutirage ordipaire.

Lorsque les cuves sont assez élevées audessus du sol et qu’elles sont munies d’un robinet près du fond, on place le tonneau sous ce robinet, on adapte à la bonde un tube en cuir ou en toile sans couture (fig. 210 ) dont un bout entre dans le robinet. De cette manière le vin coule dans le fût sans être exposé au contact de l'air. Mais comme les celliers sont

lus ou moins éloignés des cuveries et que estonneaux sont placés sur les marres ou chantiers, d’ayance et à demeure, on trouvera toujours plus commode de les remplir avec les lines. Dans ce cas, je voudrais que les tines (fig. 211) fussent foncées ou bien couver-

dinairement 60 à 70 Litres et sont en chêne.

Lorsque la cave ou cellier est placée dans le voisinage de la cuverie, le soutirage se ferait commodément au moyen d’une pompe placée sur le couvercle de la cuve et munie d’un tuyau en cuir ou en toile sans couture passant à travers le mur et dirigeant le vin dans les tonneaux à la distance désirée. Pour cela, on aurait un tuyau composé de plusieurs pièces se réunissant par des vis ou des tubes, entrant les uns dans les autres, et à baïonnette. Nous parlerons dans l’autre section des vaisseaux vinaires.

Lorsqu'on entonne le vin encore chaud, on ne remplit point les tonneaux de surmoût ou premier vin; On conserve du vide pour la distribution du vin de pressurage.

SEcTION VII.— Du pressurage.

On n’enlève de la cuve, par le soutirage, que le moût tout-à-fait liquide et libre, mais il reste à s'emparer du vin que les grappes et les pellicules retiennent et que l’on présume contenir plus d’alcool que celui qui est resté fluide. Cette présomption n’a pas été vérifiée par des essais comparatifs au moyen de la distillation ou du tube de Brande.

& Ier. — Des pressoirs.

Les pressoirs sont les machines à l’aide desquelles on exprime le marc et on en extrait le vinqu’il contient. Ces machines varient debien des façons et opèrent d’une manière plus ou moins parfaite le pressuragee Les avantages

ue l’on reconnaît quelquefois dans chacune

elles dépendent souvent plutôt de l’habitude et de la routine que du mérite réel de l'appareil.

Un bon pressoir doit être solide, facile à construire, peu dispendieux à établir, aisé à manœuvrer, et doit donner la plus grande quantité possible du vin contenu dans le marc.

Les pressoirs les plus généralement employés dans les pays de vignobles sont ceux qu’on nomme pressoirs à leviers ou à tesson, pressoirs à coffre simple ou double, et pressoirs à étiquets. ;

Les pressoirs à levier ou à tesson sont sim-

les, mais ne produisent pas de grands effets; ils exigent en outre une place étendue pour le jeu du levier et pressent inégalement les matières soumises à la pression, ce qui force de les y présenter de nouveau et à plusieurs reprises dans différentes positions, et allonge la durée de l'opération.

Les pressoirs à coffre simple ou double sont également peu coûteux, mais ils sont lents dans leur opération et ne donnent qu’une pression très faible. Quand on veut augmenter leur force, il faut leur appliquer des engrenages métalliques très dispendieux et qui résistent difficilement au travail rude et suivi du pressurage. s ;

Les pressoirs à étiquet sont simples, solides, économiques, résistent Lien au travail et exigent un petit nombre d'hommes pour les faire mouvoir. Dans le système ordinairement employé, la vis du pressoir est mise en mouvement par une roue dont la périphérie est

creusée en gorge, dans laquelle s’enroule l’exirémité d’une corde dont l’autre bout s’enroule aussi sur un cabestan. Ce système exige encore 4 hommes pour sa manœuvre, et la corde, qui s’use assez rapidement, finit par devenir un objet dispendieux. F2

Dans le pressoir dont nous donnons ici le le modèle (1) on a cherché à diminuer le nombre d'hommes dans la manœuvre et à se passer de câble. Comme tous les pressoirs, celui-ci, représenté fig. 212, se compose de 2 fortes ju-

Fig. 212.

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mellesH, consolidées par des contrefiches AA et retenues dansle bas parles faux chantiers A, ainsi que par les chantiers B; dans le haut par le chapeau moisant M, scellé d’un bout dans le mur. Les faux chantiers sont reliés par des chaînes en moellons. Ces jumelles sont destinées à soutenir tout le système du pressoir, quisecomposeainsi qu'il suit : 1° d’une maîeC, espèce de table ou plancher en madriers assemblés à rainure et languette, creusée en bassin et destinée à supporter le tas de marc et en même temps à recevoir le jus qui s’en écoule et qui se rend dans un vase ordinairementi enfoncé un peu en terre, placé devant et appelé barlong, au moyen d’une rigole nommée beron; 2° de 2 rangées de madriers ou garnitures ee, placés alternativement; 3° du mouton E qui opère la pression au moyen d’une forte vis en bois L, mue par un engrenage et passant par le trou K. Le mouton glisse dans 2 coulisses, dont l’une est formée par les 2 jumelles principales H et l’autre par 2 petites jumelles d, reliées aux grandes parlestraverses f; 4 D'un engrenage qui se compose d’un hérisson F, mené par une lanterne verticale G, surmontée d’un rouetJ, ne faisant qu'unavecelle. Cette lanterne verticale est menée par une petite lanterne horizontale q, fixée à un arbre auquel est adaptée une roue à chevilles O.

Ce mécanisme simple, et qui ressemble à l’engrenage banal des moulins, peut être exécuté par tout charpentier; il n’emploie pour

exercer une bien forte pression, qu’un homme ou deux au plus qui agissent en grande partie par leur propre poids. On estime qu'avec un pressoir de cette espèce on peut faire, dans 15 heures de temps, un pressurage d'environ 20 pièces de 260 bouteilles chaque.

Le pressoir à percussion inventé par M. RÉ- VILLON est fondé sur le même principe que le balancier qui sert à frapper les monnaies, adapté à la presse à vis ordinaire. Cette manière d'appliquer la pression a déjà reçu de nombreuses applications et nous présenterons ici la figure d’un pressoir de cette espèce, dans le système vertical, comme plus conforme aux habitudes contraciées dans nos pays de vignobles, et tels que les établit aujourd’hui M. BEUGÉ, ingénieur mécanicien à Paris, rue des Vieux-Augustins, n. 64.

Ce pressoir (Âg. 213) est simplement une

Fig. 213.

Mon!

presse à vis ordinaire, formée de 2 colonnes AB d’un chapeau C et d’une semelle D, sur laquelle se place la maie; le tout fortement boulonné pour que la distance reste invariable entre ces parties qui forment le bâti de la presse. Sous le chapeau est fixé un écrou en cuivre E, dans lequel est engagéela vis F, en fer et à filets carrés. La tête de cette vis est travaillée en pivot qui appuie sur le fond d’une crapaudine fixée sur le plateau coulant ou mouton G. Sur l'arbre de la vis F on établit un volant où roue pesante horizontale, qui peut tourner librement sur cet arbre dont il est tout-à-fait indépendant. Ce volant porte en dessous un fort taquet. L’arbre de la vis est muni d’un mentonnet tellement situé, que l’un forme arrêt sur l’autre quand le volant, dans sa rotation, les amène en contact. D'après cette disposition, on voit qu'on peut se servir du volant comme d’un levier, pour forcer la

(4) Nous empruntons cette description, ainsi que la figure, au n° 25 du journal intitulé La Propriété, qui contient fréquemment de très bons articles sur les constructions rurales et les machines employées en agri-

culture,

cHAP. 9°.

vis à tourner sur son axe, ce qui fait marcher le plateau G et commence la compression du corps soumis à l'action de la machine; mais lorsque la force a atteint la limite passée laquelle elle ne peut plus faire tourner la vis, parce que la résistance est devenue trop considérable, on fait rétrograder le volant en tournant d’une portion de circonférence; en ce sens le mouvement a toute liberté et la force dépensée est insignifiante; ensuite on agit sur le volant, au moyen des chevilles qu'il porte par une action vive qui lui communique de la vitesse et ramène le taquet sur le mentonnet de la vis avec toute la quantité de mouvement qui résulte de cette vitesse et de la masse RAT anime. 11 se produit alors un choc du volant sur la vis, qui force celle-ci à tourner. On répète cette action jusqu’à refus.

Ce pressoir a une puissance très énergique; il conserve bien le degré de pression qu'on lui donne, n’exige que peu de temps, de place ou d'hommes pour le manœuvrer. Son prix est depuis 1,000 jusqu'à 3000 fr., suivant sa force.

Nous devons à lacomplaisance de M. SEBILLE- AUGER , de Saumur, la description d’un nouveau pressoir en fonte (1) qui ne revient pas à un prix plus élevé que beaucoup d’autres qui lui sont inférieurs, qui est facile à établir dans toute localité, serre plus fortement que tous ceux employés jusqu'ici, n’exige point de cordages ni de fortes pièces de bois, et n’est presque sujet à aucune réparation. En substituaut aux manivelles des roues à chevilles, a pourraient avoir facilement cinq pieds de

iamètre , on obtiendrait avec quatre hommes une énorme pression.

La figure 214 peut être considérée comme une coupe du pressoir angevin vu de face.

AB est l’encaissement dans lequel on met la vendange C, sur laquelle on place des aiguilles ou perches de bois D, qui supportent les madriers F, sur lesquels on place les bélineaux EF, qui recoivent la pression du mouton G. Cette pression est exercée par le mouvement de l’écrou sur la vis H. Cette vis, qui est taraudée dans sa partie supérieure et carrée dans le reste de sa longueur, est immebile et solidement fixée au milieu de l’encaissement A B. A cet effet elle traverse le plafond K, qui peut être en bois ou en pierre dure ; elle traverse aussi une pièce de bois L dans laquelle sa partie carrée entre de force. La vis est scellée et calfatée dans le plafond de manière à ne permettre aucune infiltration de liquide. P est le trou par lequel s'écoule le moût provenant du pressurage. Au-dessous de la pièce de bois L le fer porte, en a, b, des entailles pour recevoir, àdemi-épaisseur, 2 barres de fer plat réunies en dehors de la partie carrée de la vis par deux boulons c. On ne peut faire une tête à la vis, parce qu’elle doit

DU PRESSURAGE. 2 Fig. 214.

Le] —…

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