‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 139 sur 295 · HET · texte numérisé non relu

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être introduite à sa place par la partie où devrait être cette tête. On pourrait percer des mortaises dans la vis pour y passer des clavettes; mais cette disposition, d’ailleurs plus. difficile, offrirait moins de solidité. MN est la ligne de terre. O est une espèce de cave nécessaire pour pouvoir placer les barres et boulons c. La pièce de bois L est supportée par la maçonnerie jusqu’à ce que la vis soit placée. Alors on peut caler le bout de la vis, qui ne tend au reste à descendre que par son poids et celui de l’équipage; car, quand ‘on serre, la pression se fait de bas en haut sur la pièce L. Le mécanisme proprement dit consiste d’a

bord dans la vis et l’écrou, et ensuite dans les roues et pignons qui font mouvoir l’écrou, et dans les barres droites ou courbes qui leur servent de support. Le mouton G est supporté par la tête de l’écrou, au moyen d’une barre courbe qui est fixée à ce mouton par les boulons e’ quiletraversent. Quand les chevilles a, que l’on voit en place dans la figure, sont ôtées, le mouton devient libre et on peut lui imprimerun mouvement circulaire sans qu'au-

cune autre pièce change de place. En effet, la

barre e, qui embrasse un collet rond pratiqué

sur l’écrou immédiatement au-dessus de la

tête, peut tourner tout autour de cet écrou,

(4) Ce pressoir est construit d'une manière très solide à Brissac, près Angers, par M. Hery, forgeron mécanicien, qui en est l'inventeur; il en a déjà établi un grand nombre chez différens propriétaires du déparment de la Mayenne. 1l vend 2 fr. le kilog. de fer, fonte de fer et cuivre, et les pressoirs à tirer 11 à 42 pièces de vin (de chacune228 lit.) pèsent 350 à 400 kilog. Tous ceux qu’il a placés depuis dix ans sont encore en très bon élat et n'ont exigé aucune réparation. Si l'on voulait que la vis füt horizontale, le mécanisme pourrail encore ètre employé; mais alors il faudrait fixer les engrenages sur la vis qui serait mobile, au lieu de les appliquer à l'écrou qui deviendrait fixe. M. Héry a construit de ces pressoirs à vis horizontale et il y met ou

une seule vis ou une à chaque bout de la caisse, à la volonté de l'acheteur.

AGR. 2° IIL.— 26.

qui reste immobile, et entrainer le mouton avec elle. Le moüvement circulaire du mouton n’a pour objet que de faciliter aux hommes du pressoir l’arrangement de la vendange sur le plafond. Pour qu'ils soient moins gênés dans le travail, il faut de plus que le mouton et tout le mécanisme soient relevés jusqu’au haut de la vis, c’est-à-dire jusqu’à ce que l’écrou touche la barre ff, fixée d’une manière invariable sur le haut de la vis. Comme il n’y a besoin que d’une très petite force pour remonter tout l'équipage, il est inutile de se servir de l’engrenage. Dans ce cas, on ôte les chevilles a’, et, empoignant l’une des barres ir'r, on fait tourner circulairement l’écrou et toutes les pièces qui l’accompagnent. Lorsque la vendange est arrangée, que les madriers et les belineaux sont placés , on fait descendre de la même manière tout l'appareil, jusqu’à ce que le mouton soit prêt de porter sur les be- Lneaux. Alors on met en place les chevilles a et d et on se sert des manivelles.

Les choses ainsi disposées, les pignons g mènent les roues h sur lesquellés sont fixés les pignons ?, qui font tourner la grande roue ou couronne , dans laquelle est monté l’écrou d’une manière invariable. Cette couronne est fixée sur un plateau circulaire en bois plein, qui fait corps avec elle. Pour que les barres qui supportent les roues et les pignons n’empêchent point l’écrou de tourner, il faut que ces barres aient dans leur milieu un collet rond qui embrasse l’écrou, lequel, lui-même, doit être arrondi dans les endroits où passent les collets.

La couronne, en entraînant l’écrou et le faisant descendre sur la vis, fait tourner et presser la tête sur une pièce en fonte p entaillée sur le mouton et vide dans son milieu pour laisser passer la vis. Comme l’action des pignoes sur la couronne tend à la soulever, on l’arrête avec des goupilles sur les quatre angles de l’écrou. Les barres ir’r portent sur leur plat, de ren r’, une entaille pour laisser descendre les chevilles & à mesure que l’écrou et tout lemécanisme mobile descendent.

Les chevilles a ne remuent pas de place et ne servent qu'à maintenir la partie inférieure des barres, qui pourraient fléchir sur leur champ , si elles n’étaient fixées au mouton par les chevilles a. Quand celles 4 sont descendues en r’ le pressoir ne peut plus serrer , et si on veut que les madriers F descendent davantage, il faut renverser le mécanisme et mettre des calles sur les belineaux E. Ce cas doit arriver rarement, parce que de r enr’ la course est de 2 pieds, ce qui est pour l’ordipaire plus que suffisant. On pourrait d’ailleurs donner ques de course si la longueur des barres ir’r ne devait point gêner.

La vis H a 3 po. 9 lig. de diam. et 1 po. de hauteur de pas; le gros pignon à 2 po. de rayon et 5 dents; la couronne à 17 po. et 56 dents ; la roue dentée k à 6 po. et 26 dents; le pignon de l’arbre g à 1 po. et 4 dents. Pour un tour de la vis la manivelle fait 72 à 73 tours.

« En admettant, dit M.SemiLre, 120liv. pour l'effort des deux hommes appliqués aux manivelles de l'arbre, l'effort total est de 578 milliers de liv. Si on admet que les frottemens en consomment environ moitié, il peut rester

de force utile 300 milliers; si on admet enfin ie le sac C a 8 pi. en carré, ou 64 pi. carrés

e surface, la pression utile par pied carré est de 4700 liv. En supposant la résistance 1, Ja force est 4800; dans les pressoirs à casse-col cette force est comme 1 est à 1100,et dans nos pressoirs à vis en bois, avec roue sur la vis et roue de renvoie, comme 1 est à 4600, ce qui est a peu près le même rapport que celui de notre pressoir.

$ IL. — Du mode de pressurage.

Le décuvage étant terminé et tout le marc porté avec des baquets ou sapines en sapin, munies d’une ou deux douves percées qui dépassent les autres et servent à les manier commodément, les ouvriers se réunissent pour faconner le marc, qu’on nomme sac; on l’équarrit aussi bien que possible avec une pelle et un balai, pour former un parallélipipède rectangle, et l’on place toutes les pièces de bois nécessaires pour le couvrir et parvenir au pressurage. Pour cela on glisse dans le marc, aux quatre angles, un morceau de bois pointu et arrondi que l’on fait saillir d'environ un ou deux pieds et qui s’appelle servante; on place ensuite des planches échancrées à leurs extrémités pour être maniées plus aisément; sur ces planches nommées as ou ais, on dispose trois rangs croisés de 3 madriers chacun, qui portent différens noms suivant les pays, on fait ensuite descendre la vis et on presse fortement. Le vin de cette 1" pressée est considéré comme moût et mêlé avec celui de la cuve. Le vin que le marc retient encore forme presque un quart de la cuvée ; quand le tout est distribué dansles tonneaux aux trois quarts plein, on revient épuiser le sac.

On desserre la vis, on ôte les madriers et les planches, on coupe sur le marc environ huit pouces qu’on éparpille et arrange sur le sac, on replace les ais et les madriers, et on serre; c’est ce que l’on nomme la 1re coupée. On en pratique une 2e et une 3° en suivant le même procédé, quine peut différer quelle que soit la construction du pressoir dont on fait usage. On attend pour renouveler le coupage quele vin ne coule plus, et on serre à plusieurs reprises jusqu'à ce que la vis ne puisse plus descendre. Le pressoir à percussion paraît être celui qui laisse le moins de liquide dans le marc.

Le vin de pressurage, et surtout celui de la dernière coupe, est plus ou moins acerbe et désagréable au goût; il est quelquefois aïgre ou a fréquemment une saveur acéteuse, si la fermentation a été longue, mal conduite et le chapeau exposé à l’air. Dans ce cas il est pru: dent de ne pas le mêler avec le vin de la cuve; mais, s’il n’est qu'acerbe, il.contient alors du tannin de la grappe et il est quelquefois utile de l'ajouter au vin de la cuvée pour assurer sa conservation. Si la fermentation a eu lieu en vase ou cuve fermée, si l’égrappage a été convenablement exécuté, si le moût conserve un peu de douceur, il n’y a point d’inconvénient de faire ce mélange et à distribuer aussi également que possible le vin de pressurage dans les tonneaux que l’on achève de remplir.

On laissait jadis les tonneaux ouverts plus ou moins long-temps jusqu’à ce que le vin

cHaP. 9°.

fût refroidi; c'est un usage vicieux que l’on doit proscrire. C’est le cas de poser seulement la bonde ou bondon sur le‘trou, ou, ce qui vaut mieux, de placer une des bondes hydrauliques dont nous donnerons plus bas la description. Tous ceux qui ont adopté cet appareil simple et commode se félicitent de son usage, et cette modique dépense une fois faite est bien compensée par les avantages qu’elle procure.

Secrion VIIL — De la fabrication des vins blancs.

La fabrication des vins blancs diffère sous plusieurs rapports de celle des vins rouges.

On recherche dans ces derniers de la force et de la couleur, tandis que dans les qutres on désire une blancheur ou limpidité absolue et de la douceur, qui fait le mérite de ces vins dans certains pays. Nous citerons comme exemple ceux d'Anjou qui, sans être liquoreux proprement dit, conservent cependant une saveur légèrement sucrée.

Pour fabriquer des vins blancs, on coupe les raisins blancs après l’évaporation de la rosée, par un temps sec et chaud; on les apporte avec précaution , au fur et à mesure de la récolte, et on les dépose sur la maie du pressoir: deux hommes, dont les pieds sont chaussés de gros sabots, écrasent les raisins dont le suc coule dans une cuve placée sous le goulot. On suspend à celui-ci un panier à vendange pour arrêter les pellicules, les rafles et les pepins

ue le jus entraine. Le foulage,avecla fouloire

e M. LomEnIt (v0y. pag. 183), nous paraîtrait plus expéditif et bien préférable, A mesure que la cuve-récipient se remplit, on enlève le moût qu'on verse dans des tonneaux jusque près de la bonde; on arrange ensuitele marc, comme pour le vin rouge, et on fait 3 serrées au lieu de 4. Quelques vignerons mettent fermenter à part le vin de pressurage, mais le plus grand nombre le distribue dans les tonneaux avec le moût vierge, en ayant soin de laisser du vide lors de la 1° entonnaison pour l'introduction de ce vin de pressurage. La fermentation a lieu dans les tonneaux comme celle de la bière, et on laisse le vin sur la lie jusqu’au 1‘ soutirage, que l’on opère au commencement du printemps ou dans les premiers jours de mars. Telle est la méthode suivie pour le vin blanc sec, ou du moins celle que j'ai toujours vu pratiquer en Bourgogne. M. Lenorr conseille de faire fermenter le moût en grande masse dans une cuve ou foudre et de soutirer après la fermentalion tumullueuse. Je ne sais si ce procédé offrirait de bons résultats. Les vins blancs meltent plus de temps à s’éclaircir que les rouges, et leur séjour sur la lie n’a peut-être pas autant d’inconvéniens qu'on le pense. Au reste, c’est un essai qu'on peut tenter et qui donnera sans doute de bons résultats dans quelques occasions, surtout s’il est fait par un œnologue instruit.

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