‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 183 sur 295 · CLÉ · texte numérisé non relu

CLÉ

| La machine soufflante est mise en inouvement par une machine à vapeur oscillante,

quels sont soudés des tubes ouverts par les | dont la disposition bien connue nous dispense

2 bouts; les espaces compris entre ces bases intérieures et les extrémités du cylindre sont donc en communication par le moyen des tubes; c’est là le chemin que parcourt la vapeur. Tandis que l'air est jeté par la machine soufflante dans le corps du même cylindre, entre les tubes qui l’échauffent par leur contact, au sortir du chauffoir, il arrive dans les 3 colonnes qui s'élèvent verticalement au-dessus du fond supérieur de chaque chaudière, pour se répandre ensuite dans l'intervalle qui a été ménagé entre ce fond supérieur et le fond inférieur ; arrivé là avec l’augmentation de pression qu'il a reçue de la machine soufflante, l'air est forcé de s'échapper par une foule de trous très fins, dont est percé le fond de la chaudière sur lequel repose le sirop ; il se divise donc en bulles très petites pour traverser de bas en haut l'épaisseur du liquide, et se trouve ainsi dans des conditions favorables pour se saturer de vapeur autant que le permet la nature de la dissolution.

d'en donner la description. Les cylindres à air DD de cette machine soufflante sont à double effet; l’air est aspiré par des ouvertures, et refoulé par des ouvertures analogues situées de l’autre côté des cylindres, et qui viennent aboutir à un conduit; c’est dans ce dernier conduit que les tuyaux D prennent l’air pour le porter au chauffoir.

Le chauffoir est un grand faisceau de tubes e, ouverts par les 2 bouts; très près de leurs extrémités , ces tubes traversent des espèces de plaques ou platines E, dans lesquelles ils sont exactement soudés (fig. 317); à la partie supérieure du faisceau, un peu au-dessous de la platine supérieure, se trouve encore un diaphragme, percé d’un grand nombre de petits trous, et destiné seulement à dévier le mouvement de l’air pour le mettre mieux en contact avec les tubes du faisceau qu'il enveloppe de toutes parts; une enveloppe cylindrique F, exactement fixée sun le pourtour des ? platines E, vient clore hermétiquement

caaAP, 15°

TRAITEMENT DU JUS

Fig. 320.

l’espace qui reste libre entre les tubes à vapeur e, et c’est dans cet espace que les 2? grands tubes à air D introduisent l’air poussé par la machiae soufflante ; les espaces réservés aux 2 extrémités du chauffoir sont destinés, l’un à donner la vapeur aux tubes e, l’autre à recevoir l’eau de condensation de la vapeur qui a servi.

L'air convenablement chauffé dans cet appareil en sort, vers la partie supérieure, par les ? tubes horizontaux G (fig. 320) pour se rendre dans le tube G, qui n’en est que le prolongement, et ensuite dans G”, aussi horizontal, mais perpendiculaire à G. À chacune de ses extrémités le tube G” se recourbe de haut en bas, comme on le voit dans la fig. 319, et se termine par une boîte destinée à recevoir les 2 tubes coudés H, qui doivent être mobiles dans cette boite, de manière à y prendre au besoin un mouvement de rotation autour du boulon gg, qui les tient serrés pour qu'il n’y ait pas de fuite d'air; les tubes H sont pareïllement coudés à leur partie inférieure pour s'adapter dans une 2° boite k, semblable à la 1re, et dans laquelle ils peuvent aussi tourner. L écartement des tubes H est empêché par la pince » h’; la boîte k porte un robinet H° (fig. 317) qui arrête l’air quand il est fermé, et qui lui permet de passer dans le grand tube H; l’air descend par les 3 colonnes L pour se répandre dans l’espace compris entre les 2 fonds L et L’, d'ou il ne peut plus s'échapper que par la multitude de petits trous dont le fond supérieur se trouve percé, comme nous allons le voir.

Les deux chaudières étant tout-à-fait pareilles , nous décrirons seulement l’une d’entre elles; le plan (fig. 320) en fait voir la forme extérieure, et, pour avoir une idée de son ajustement. il suffit de jeter les yeux sur la coupe (fig. 317). On voit qu’elle se compose du fond inférieur L’, du fond supérieur L, criblé d’une foule de trous très petits, et

d’un rebord d’environ 15 pouces de hauteur, qui porte une large bride d’assemblage à sa partie inférieure; on réunit solidement ces 3 pièces après avoir séparé les 2 fonds sur ieur pourtour par une épaisseur convenable. La fig. 317 montre clairement aussi la disposition du robinet de vidange J, qui se manœuvre au moyen de la clef j.

La chaudière étant à bascule, il importe d’indiquer comment ellepeutse mouvoir. A cet effet elleest entourée par un bâti à 4 pieds M, liés entre eux par des traverses diagonales dans le sens de la longueur de la chaudière, et par des traverses horizontales dans le sens de 5a largeur; les deux pieds qui sont opposés au robinet de vidange se bifurquent vers le haut, et donnent nalssance à des appendices sur les-

uels reposent les 2 extrémités arrondies dut axe m, solidement boulonné sur le bord de la chaudière; cet axe seul porte le bout dont il s’agit; l’autre bout, celui du robinet de vidange , est porté par une traverse semblable »’, par 2 tiges verticales , et par le double levier N, mobile autour de l'axe n' N’; chacune des tiges est articulée à l'une des extrémités de la traverse »’, et à l'extrémité de l’un des leviers N; les axes n’ de rotation du levier sont fixés sur les pieds correspondans du bâti. Le poids de la chaudière et du sirop tend à faire descendre le petit bras du levier N et à relever le grand bras du même levier, mais une traverse, qui s’ajuste dans la rainure # des pieds du bäti, arrête le mouvement, et permet par la même raison de niveler exactement le fond L de la chaudière.

Quand la cuite est finie, on soulève cette traverse; le double levier N la suit, et la chaudière s'incline du côté du robinet de vidange, que l’on ouvre en même temps pour donner issue au liquide. Ce mouvement de bascule fait bien comprendre les motifs d’ajustement des tuyaux H dans les boîtes g” et k,

car il est évident que les colonnes 1, boulonnées sur le fond L, se déplacent avec lui, et entrainent par conséqueut le tube H”, qui ne peut suivre qu’en déplaçant les tuyaux H, et en les faisant tourner d’abord dans la boîte k, et ensuite dans la boîte g”.

Comme les grilles à vapeur ne pourraient participer au mouvement de bascule de la chaudière sans une assez grande complication d'ajustemens , on a préféré les laisser immobiles; elles sont soutenues à 2 pouces du fond L par des tiges { (fig. 317), qui sont ellesmèmes attachées aux 2 grandes et fortes traverses TT (fig. 317 et320); les extrémités de ces traverses reposent sur les sommets des pieds M du bâti; on peut donc, sans faire éprouver à la grille le moindre dérangement , manœuvrer la chaudière au moyen du levier N, et la faire tourner autour de son axe m’ jusqu'à ce que le fond L vienne rencontrer le fond des boites S.

On peut remarquer que, pour laisser voir plus complètement le fond L et la disposition des trous, on a enlevé sur l’une des chaudières de la fig. 320 le système des grilles et des tuyaux qui conduisent la vapeur.

Jeu de l'appareil. La chaudière étant remplie, le sirop, même peu concentré et très fluide, ne peut pas couler par les trous du fond L; ces trous, qui sont assez grands pour laisser passer l'air, sont trop petits pour laisser passer le sirop, à moins qu’il n’y ait une aspiration entre les 2 fonds, ce qui m'arrive pas; le liquide est donc à peu près comme s’il était sur une toile sans pouvoir passer au travers. On donne à la fois la chaleur et l'air pour concentrer; la vapeur, en secondensant, communique au travers des parois des grilles tubulaires sa chaleur constituante, qui, échan-

ée ainsi en faveur de l’eau du sirop, transorme celle-ci en vapeur, et l'air, arrivant au travers des trous , et se formant en bulles qui se renouvellent sans cesse, ouvre dans la masse sirupeuse des espaces où la vapeur se répand et s’exhale librement. Le sirop lui-même, recevant par les grilles, intérieurement chauffées à 150°, autant de chaleur qu'il en perd par l’évaporation , reste à la température de 75 ou 80° centésimaux. On conçoit que, physiquement , il serait facile de l’évaporer à 50 ou 60; mais en pratique il n’y a pas d’avantage à le faire.

$ VIE. — De la cristallisation et de la recuite des sirops.

Les appareils de cuite que nous venons de décrire sont nombreux , tous sont employés dans des fabriques différentes, et il n’est pas impossible que de la comparaison de leurs effets il ne naisse encore quelque nouvelle combinaison plus avantageuse.

Les degrés de rapprochement que nousavons indiqués s'appliquent au mode de cristallisation dite confuse, ou en masse; c’est celui dont nous allons d’abord nous occuper.

Nous donnerons ensuite la description de la cuite applicable à la cristallisation régulière ou lente, afin de compléter la description de ce mode d'opérer jusqu’à la confection du sucre brut livrable au commerce.

Empli. On désigne sous ce nom la pièce où

sont contenus les rafraichissoirs et les cristallisoirs; cette pièce doit être à proximité des chaudières à cuire, et entretenue à une température douce, afin que le sirop conserve la fluidité utile à la cristallisation.

Cristallisoirs. Lorsque les diverses cuites opérées au nombre de 6, 8 ou 10, sont réunies comme nous l'avons dit dans les rafraichissoirs, on laisse leur température s’abaisser jusqu'à 50 à 55°; alors la cristallisation commence à s’opérer lorsque le jusétant d’ailleurs d’une bonne qualité, toutes les opérations ont été bien conduites.

On agite avec une grande spatule en bois, en râclant les parois afin d’en détacher les cristaux adhérens et de les répandre dans la masse ; on porte aussitôt après tout ce sirop cuit dans les cristallisoirs, à l’aide de puisoirs (pucheux) et de bassins à anses. Les cristaliisoirs peuvent avoir différentes formes. Lorsqu’ils présentent le sirop sur une assez grande surface, en contact avec l’air atmosphérique, la cristallisation marche plus vite. C’est en effet ordinairement à cette superficie qu'elle commence. Il semble que l'action de l'air ait une influence marquée dans cet effet; toutefois, on se contente des grandes formes, dites bätardes, dans la plupart des fabriques. La fig. 321 indique ces vases en terre cuite; on bouche avec un linge tamponné le trou dont leur fond est percé, et on le pose sur ce fond pour les emplir, et, lorsque la cristallisation est achevée, on les débouche, puis on les place sur des pots (fig. 322). J'ai employé avec succès des cristallisoirs en forme de trémies en bois doublé de cuivre ou de plomb. Les fig. 323 et 324 montrent ces vases. Une lameou

Fig. 321. Fig. 324. Fig. 323.

Fig. 322.

faux-fond mobile en cuivre, perforée comme une écumoire, est posée en À avant d’emplir ; elle sert à soutenir les cristaux.

Quelle que soit ia forme des cristallisoirs, il conviendrait que le sirop non cristallisé pût s’en écouler: dans un réservoir commun. Trois dispositions concourent à faciliter cet effet.

1° Les cristallisoirs précités ont, à la partie basse et antérieure, un ajutage B, ou bout de tuyau que l’on débouche lorsque la cristallisation est achevée. On facilite encore l’écoulement, s’il s'arrête, en enfonçant une broche ou tarrière dans l'épaisseur des cristaux , et jusqu’au bout de la rigole, sous le faux-fond.

2 Les cristallisoirs sont posés sur 3 chantiers, en sorte que celui de l’un des bouts

étant enlevé, le cristallisoir bascule sur le chantier du milieu; c’est dans cette position qu’on place chacun d’eux pour achever l’égouttage. L

3° Une rigole ou gouttière en cuivre étamé C, disposée sous les ajutages de tous les cristallisoirs, conduit par une pente suffisante le sirop qui y tombe jusque dans un réservoir inférieur. On obtient des résultats analogues en implantant les anciennes formes bâtardes dans les trous, sur un plancher percé, sous lequel des gouttières en cuivre étamé reçoivent le sirop et le conduisent vers un réservoir commun.

Recuite des 1°: sirops. Les sirops égouttés et rassemblés en quantité suffisante pour emplir un cristallisoir, peuvent quelquefois être rapprochés, afin de produire une 2°, et même une 3° cristallisation.

Ainsi, l’on obtient Li Le 4 cristallisations des jus traités sans clarification et par 3 filtrations; les recuites m’offrent rien de particulier, si ce n’est qu’elles exigent plus de précautions encore pour éviter d’altérer le sucre cristallisable qui y existe en moindre proportion; les mêmes procédés lui sont applicables , et ceux qui opèrent le plus rapidement présentent, pour ces sirops de qualité inférieure, des avantages bien plus marqués encore. En effet, on parvient à rapprocher et à faire cristalliser ensuite des sirops trop visqueux pour être rapprochés dans la chaudière à bascule sans une forte altération, en se servant des chaudières ROTH, DEGRAND, ou des appareils d’insufflation de M. Brame-CnevALLIER. Ces deniers ont surtout une grande efficacité lorsqu'il s’agit de sirops trop alcalins qui éprouvent difficilement l’ébullition et qu'on nomme pour cette raison immobiles.

uite relative à la cristallisation lente. Ce procédé, d’abord le plus généralement suivi, d’après M. CRESPEL DE L’ISLE , et qui a rendu des services signalés à cette industrie, est à son tour remplacé peu à peu dans les fabriques, et fort avantageusement, par la cristalhsation en masse; il pourra cependant encore étre utile relativement aux sirops de 2° ou 3° cuites , trop impurs pour cristalliser promptement.

Les sirops que l’on veut faire cristalliser à l’étuve ne doivent être rapprochés que jusqu’à 32° Baumé environ;.on peut les obtenir ainsi directement , en clarifiant et filtrant à ce degré, qui a été reconnu le plus convenable pour soumettre les sirops à l’étuve; au-dessous. ils resteraient assez long-temps étendus d’eau pour s’altérer sensiblement et perdre en partie la propriété de cristalliser; au-dessus de ce terme, le sirop est plus coloré, la cristallisation se fait plus confusément ; par suite , les cristaux sont plus petits, la mélasse plus adhérente, plus épaisse, et difficile à expulser.

Cristallisation lente. Lorsque le sirop à 32° aréométriques est refroidi à 55 ou 60° centésimaux , il est porté à l’étuve, où des cristallisoirs en tôle étamée, ayant environ 22 po. de long, 14 po. de large et 4 po. de profondeur, contenant environ 20 litres, sont disposés pour le recevoir sur des bâtis régnant autour de la pièce.

L'éluve est ordinairement construite en maçonuerie de moellons durs ou briques bien

TRAITEMENT DU JUS

cuites, et voûtée, afin de mieux résister à l’action constante de l'air chaud, chargé d’humidité; elle a de 9 à 10 pieds de hauteur, Dans la partie supérieure, sous les voûtes.

sont pratiqués plusieurs vasistas que l’on ouvre à volonté, afin de laisser des issues à la vapeur dont se charge l'air en passant sur les sirops. Le poële ou calorifère en fonte, placé au bas de létuve, doit suffire pour y entretenir, à 430 environ dans le bas et 50, dars le haut, la température de l'air qui s’y renouvelle constamment , et d’autant plus lentement que les sirops très rapproches sont en plus grande proportion. Le calorifère doit être revêtu d'une double enveloppe en briques qui, laissant circuler l'air, s'oppose cependant au rayonnement direct des surfaces métalliques sur les cristallisoirs les plus rapprochés , et par conséquent prévient un échauffement trop fort, capable de s'opposer à la cristallisation.

Tous les jours on casse avec un outil en bois la croûte cristalline formée à la superficie, qui s’opposerait à l’évaporation ultérieure. Peut-être aussi que la petite quantité de potasse libre retenue dans le sirop, soit par suite de l’action de la chaux sur le malate de potasse, soit parce que le lait de chaux employé à la défécation en conteuait, se carbonatant à l'air, s'oppose moins à la cristallisation; le développement remarquable que prend tou- Jours la cristallisation , dans les surfaces en contact avec l'air, permet de le supposer.

$ VIIL. — Égouttage du sucre.

Les sucres cristallisés à l’étuve exigent, pour être mis sous la forme commerciale de sucre brut, quelques manipulations particulières. Lorsque la plus grande partie (de 50 à 60 centièmes) de la masse est cristallisée , et en suivant l’ordre de la plus grande ancienneté des cristallisoirs placés à l’étuve, on porte ceux-ci dans la chambre à égoutter; on les renverse sur les trémies, où ils s’égouttent, et toute la portion fluide ainsi extraite est reportée à l’étuve dans des cristallisoirs formant une > série, que l’on marque d’une lettre où d'un numéro d'ordre.

On emplit des sacs en fort coutil avec le sucre solide extrait des cristallisoirs, dont on a brisé les plus grosses agglomérations ; puis on soumet, en lits alternatifs avec des claies n lattes, ces sacs à l’action d’une forte presse hydraulique ou à vis en fer. La plus grande partie du sirop, engagé entre les cristaux , est ainsi expulsée. Afin d'achever cette opération, on relève le plateau de la presse, on refoule le sucre dans les sacs; ils sont ensuite remis sous la même presse, et soumis graduellement à une forte pression pendant 10 à 12 heures.

On retire alors le sucre pressé, on le porte sur la presse à cylindres; là, entrainé par leur mouvement de rotation, il s'écrase entre eux. On Fy repasse 4 ou 5 fois, et par la division ainsi obtenue la nuance, de brune qu’elle était, devient blonde. On recharge ce sucre pâteux dans des sacs en toile forte plus serrée que celle des 1ers sacs, et on les soumet à la même pression. On conçoit que la division des cristaux, laissant de moins grands interstices, force l'issue d’une partie du sirop resté inter-

posé. Après 10 ou 12 heures de cette dernière pression, on retire les sacs contenant environ 10 kilog. de sucre. Celui-ci émotté est livrable au commerce ou an raffinage. Si on l’emmagasine en tas , on doit de temps à autre le remuer à la pelle, comme on ferait du grain, afin d'empêcher qu'il ne s’agglomère en grosses masses dans l’intérieur desquelles se développe un mouvement de fermentation aitérant le sucre et lui donnant une odeur particulière.

Le sirop obtenu par expression, et reporté comme nous l'avons dit aux ceristallisoirs, marque à l’aréomètre Baumé de 350 1/2 à 360 1/2. Lorsque la cristallisation est assez avancée, on fraîte cette 2° série comme la f'e; la mélasse qui s’en égoutte, soit spontanément, soit à la presse, marque 38° environ; le sucre qu’on en obtient est de qualité un peu inférieure au 1er.

Les mélasses sont encore reportées à l’étuve comme les 2es sirops, et donnent une 3e cristallisation, que l’on traite comme ceux des 2 1res cristallisations; on a le soin de marquer cette 3e série. Le sucre cristallisé est sensiblement plus coloré et plus gras.

Lorsque les mélasses extraites marquent jusques à 429, elles sont à peu près incristallisables.

Quelquefoisles sucres de la 3 cristallisation sont trop colorés et trop visqueux pour être vendus avantageusement ; il convient dans ce cas de les étendre, de les imprégner d’un peu d’eau par des aspersions. puis de les soumeitre successivement à la presse à cylindre et à la presse à vis ou hydraulique ; ils deviennent alors d’une nuance à peu près égale à celle des sucres obtenus en 1re cristallisation; le déchet qu’ils ont éprouvé est ordinairement de 18 à 21 p. 0/0. Les sirops exprimés, résultant de cette manipulation, marquent de 34 à 360; ils peuvent être réunis aux mélasses de 2e cristallisation, dans les cristallisoirs de la 3e série.

Tous les sacs employés à ces expressions doivent être fortement secoués, et même ratissés, pour en extraire la plus grande partie du grain adhérent, puis lavés chaque fois dans plusieurs eaux, dont les plus chargées successivement sont rapprochées dès qu’elles marquent de 20 à 21°; ensuite portées par l’évaporation à 32; elles sont alors mises à l’étuve et donnent une cristallisation de sucre commun.

Tous les sirops qui refusent de cristalliser, amenés au degré de la mélasse ordinaire , 450 environ, se vendent sous cette forme aux distillateurs.

Une grande quantité de ces mélasses restait invendue, lorsqu'on lui trouva us nouveau dé-

bouche; elles servent actuellement à préparer, par fermentation dite alcoolique et acétique, une sorte de viNAIGRE très commun, dont le mauvais goût ne nuit en rien à son application spéciale, car il sert à remplacer, au fond des pots à fabriquer la céruse, les vinaigres ordinaires. On sait d’ailleurs que la mélasse sert à la fabrication de l’alcool et peut être avantageusement mêlée, en petite proportion, aux alimens des bestiaux (1).

Le sucre brut, obtenu par l’un des 2 procédés dont nous avons donné les détails, est destiné au raffinage. On remarque qu'à nuance et siccités égales, et pour un même grain, il produit plus au raffinage que le sucre tiré des colonies. La principale, et peut-être la seule cause, parait tenir à l’altération que subit la dernière sorte durant la traversée.

Secrion IV. — Disposition d’une nouvelle fabrique.

La vue d'ensemble ci-dessous indique les dispositions générales prises dans une des fabriques le plus récemment montées à Melun, et mises en activité seulement depuis un mois.

Au rez-de-chaussée en À on voit le laveur mécanique employé lorsque les betteraves arrivent trop chargées de terre; en A’ un homme charge les godets d’une chaîne sans fin A’ B mue aussi par machine; en C un erfant dirige vers les coulisses de la râpe les betteraves qui tombent sur le plan incliné; un homme D est sans cesse occupé à pousser alternativement de chaque main les pet rabots qui pressent dans la coulisse les betteraves contre le cylindre dévorateur.

Un aide prend à la pelle la pulpe sous la râpe et la verse dans le sac posé sur une claie reposant elle-même sur des tasseaux qui laissent écouler le jus sur la table creuse doublée en cuivre; une femme E aplatit et égalise au rouleau l'épaisseur (réglée à 12 ou 15 lig.).

Chaque claie ainsi garnie est portée à l’une des presses hydrauliques F, que l’on charge ainsi, tandis que les trois autres fonctionnent.

La pulpe pressée est livrée directement aux nourrisseurs à un prix qui permet de négliger d’en extraire une nouvellequantité de jus; var les moyens que nous avons indiqués, on obtient ainsi 70 à 72 de jus pour 100 de betterave.

Le jus coule directement dans celle des 4 chaudières à défécation et qui se trouve vide; un homme surveille attentivement chaque opération avec les soins précités; il soutire le jus déféqué à laide du robinet G G’; les premières portions troubles coulent par une gout-

(1) On a tout récemment annencé un procédé à l'aide duquel il ne resterait plus de mélasse, et tout le sucre

serait obtenu à l'etat cristallisé.

Ce moyen consiste à reverser dans le jus d’une opération subséquente, et avant la défécation , la première mélasse égouttée du sucre brut, puis à continuer la fabrication comme à l'ordinaire.

On conçoit qu’il se peut faire qu'on obtienne ainsi plus de sucre, par la raison que l’on compense un excès ou un défaut de chaux d’une opération sur l’autre, et qu’on évite l'altération plus profonde qui en serait résultée dans le rapprochement de la mélasse; il y aura donc lieu d'essayer, et probablement d'employer ce moyen en

grand.

Mais il n'est pas moins évident que l'on ne devra y recourir qu’un nombre très limité de fois, pas plus sans doute que 2 ou 3, car les substances solubles étrangères au sucre, notamment les sels, la portion de sucre altéré et rendu incristallisable, les matières azotées non précipitables par la chaux s’accumuleraient bientôt au point de s’opposer à la cristallisation des produits du jus auquel on aurait à tort mélangé cette mélasse,

cnaP. 15°. DISPOSITION D'UNE FABRIQUE. 303

tière H dans un filtre à poche ou taylor; dès | clos en cuivre, dont la partie supérieure comque le liquide coule clair on le dirige dans | munique à volonté lorsqu'on en ouvre un la conduite H’, d’où il se rend dans le réser- | robinet avec la calotte supérieure de la chauvoir I; celui-ci alimente une rangée de filtres | dière; si alors on ouvre un second robinet, le Dumonr K à l’aide des robinets à flotteur. | liquide de la chaudière coulera dans le tube ; Ces filtres alimentent le réservoir L qui des- | fermant alors les deux robinets, le dernier sert le serpentin évaporateur M de l’appareil | mettra de plus le tube en communication DEGranD, précédemment décrit, et qui est | avec l'air extérieur; il ne reste alors qu'à construit actuellement par MM. Deroswe et | ouvrir un robinet inférieur pour faire écou- Carr; la hotte N enlève les vapeurs et en dé- | ler et recevoir dans une éprouvette le libarrasse l'atelier ; le jus marquant à froid 7° à | quide tiré de la chaudière, puis en observer le 7°,5, et seulement 4,5 après la défécation et | degré en y plongeant un aréomètre.

première filtration, arrive au bas de ce serpen- Ce liquide étant à 25°, on le tire de la chautin marquant de 9 à 10°(1);il coule dans le ré- | diere par les moyens indiqués pag. 297; puis servoir O, d’où l’ouvrier surveillant de la chau- | on le fait couler dans le réservoir Q des dière P le fait aspirer à volonté pour le con- | deuxièmes filtres Dumonr ; au sortir de ceux-ci centrer jusques à 25°. Nous avons indiqué le | il coule dans le réservoirS, d’où on le reprend jeu des diverses pièces de cette chaudière opé- | à la fin de la journée pour terminer la cuite rant dans le vide; mais il nous reste à décrire | dans la chaudière P ; les cuites tirées dans le un petit ajutage propre à faciliter la vérifica- | réservoir sont portées dansle rafraîchissoir U, tion du degré de concentration du liquide ; on | puis mises dans les formes V. }

voit par la fig. 325 qu'il se compose d’un tube La chaudière à vapeur Y met en jeu la ma-

Fig. 225.

(De

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