CES NAN
PrALDER
chine X qui communique le mouvement aux | données positives sur les produits de ses diflaveur, chaîne sans fin, râpes , presses ,et une | férentes variétés, lorsque je me suis proposé deuxième chaudière Y’ fournit toute la vapeur | de remplir ces lacunes par une analyse dont utile au service des chaudières et évapora- | voici les principaux résultats. tons. On établit en ce moment une autre Tous les principes contenus dans les bettegrande usine dans les environs de Paris (à Mon- | raves varient en proportions , suivant les vatesson, près Saint-Germain); les défécations | riétés, les terrains, les saisons, les soins de la et concentrations y seront opérées à l’aide des | culture, etc. C’est ainsi que, dans une terre fuappareils BRAME CnevALLier. (Voy. leur des- | mée avec les boues de Paris, j'ai trouvé des cription, page 298). betteraves donnant une égale quantité de sucre et de nitrates, tandis que généralement, SECTION V.— Analyse des betteraves et théorie | la proportion du sucre est au moins vingt de leur traitement. fois plus considérable que celle des nitrates ; quelquefois même à peine trouve-t-on On fabriquait depuis plusieurs années en | des traces de ces sels. Au reste, le plus ordigrand le sucre de betteraves chez nous et | nairement, les substances qui constituent la cependant on ignorait encore la composition | betterave sont dans l’ordre suivant, rangées chimique de la betterave; on n’avait pas de |! d’après leurs plus fortes proportions. 1° Eau
(4) Le suc dépose sur les tubes des sels calcaires qu’il importe d'enlever en brossant fortement tous les jours une fois les surfaces métalliques ; faute de ce soin l’évaporation serait considérablement ralentie.
(de 85, environ, à 90 centièmes). 2° Sucre eréstallisable, identique avec celui des cannes (de 11 à 6 pour 100). 3° Sucre incristallisavle. D'après mes expériences, que celles de M. PE- LOUzE ont confirmées, il est démontré que ce sucre ne préexiste pas dans la betterave, mais qu'il est le résultat d’une altération du sucre cristallisable, soit dansles betteraves gardées, soit par les agens de la fabrication ou même de l'analyse. 4° Albumine, coagulable par la chaleur, etc. 5° Acide pectique (1) ou pectine. 6° Ligneux, en fibres fortes et en utricules excessivement minces. 7° Substance azolée, soluble dans l'alcool . aralogue à l’osmazone.
8° Matière colorante brune, et quelquefois rouge ou jaune. 9° Substance aromatique, offrant une odeur analogue à celle de la vaniile. 10° Matières grasses, Y'une fluide à 10°, l’autre consistante à cette température. 11° Malates, acides de potasse, d’ammoniaque et de chaux.
12° Chlorure de potassium. 13° Nitrates de potasse et de chaux. 14° Oxalate de chaux.
15° Phosphate de chaux. 16° Chlorophile. Cette substance n'existe en proportion sensible que dans le tissu fibreux sous l’épiderme, et seulement dans les parties des racines sorties hors de terre, colorées en vert. 17° Huile essentielle, principe de l'odeur vireuse des betteraves, en partie soluble dans l’eau, à laquelle elle communique un goût désagréable et son odeur forte. 18° Silice, soufre, etc.
La pulpe sèche des betteraves incinérée laisse un résidu de 0,05 à 0,07 de son poids, blanc grisâtre, qui, lessivé et la solution rapprochée, donne en salin de 0,5 à 0,6 du poids des cendres, blanc, riche en sous-carbonate de potasse, employant 0,68 à 0,72 d'acide sulfurique à 66° (1845, poids spécifique) pour être complètement saturé. Les résultats variables entre les limites indiquées ci-dessus ont été obtenus de diverses variétés venues dans différens terrains.
Les betteraves sont composées physiquement, savoir : au centre, d’un cordon de fibres dures, longitudinales, formant un double faisceau de vaisseaux séveux contournés en hélice, auquel viennent se rattacher les fibres ou vaisseaux des petites racines latérales. Ce faisceau reçoit donc les fibres ou canaux divergens; il est enveloppé d’une couche épaisse, fusiforme, d’une substance charnue ou tissu cellulaire composé d’une multitude d’utricules remplies de suc. À cette couche succèdent alternativement une enveloppe de vaisseaux fibreux et une couche excentrique charnue, ordinairement au nombre de quatre des premiers, dont deux contournés en hélice, et trois des secondes ; viennent ensuite trois enveloppes fibreuses de plus en plus colorées, et enfin la dernière, très mince, de couleur grisâtre sur toutes les betteraves et qui forme leur épiderme.
Le suc contenu dans les vaisseaux fibreux est incolore, d’une saveur faible, douce, et ve contient que des proportions excessive-
ment faibles des substances renfermées dans les autres parties de la racme.
Les betteraves offrent, près de leur soinmité, une sorte d’alvéole remplie d’une masse cellulaire demi-transparentie, qui diffère de texture avec le reste de la racine, par l’absence totale de vaisseaux fibreux et de grosses fibres, et dont la composition chimique est différente surtout par le manque de sucre et par une plus forte proportion de sels ; elle se rapproche par cette composition des pétioles des feuilles à leur origine. Il convient de séparer cette alvéole avec la sommité ligneuse de la fête, dans l’épluchage.
Des expériences faites sur plusieurs variétés de betteraves venues la même année dans le même terrain, semées etrécoltées à la fois, etc., ont offert des résultats variables, sous le rapport du sucre cristallisé que l’on a obtenu, depuis 0,05 jusqu’à 0,09; cependant elles ont sensiblement conservé le même ordre, placées suivant les plus grandes proportions de sucr c obtenu.
1° Betterave blanche (beta alba); c’est aussi celle qui contient les plus fortes fibres ligneuses, le plus d'acide pectique, et qui est la plus dure. Elle ne donne que la matière colorante brune.
2° Betterave jaune (lutea major), de graine de Castelnaudary (2).
3° Betterave rouge (rubra romana), de graine de Castelnaudary.
Viennent ensuite les betteraves jaunes et rouges communes, puis enfin la disette ( beta silvestris),
La densité du suc de toutes ces betteraves est d'autant moindre que la proportion d1 sucre est moins considérable; elle diminue dans les parties voisines de la tête; la densité du jus extrait de ces parties est moindre aussi; enfin la densité et la proportion du sucre y sont moindres encore lorsque la partie supérieure sortie de terre est restée exposée à la lumière et a pris une teinte verte prononcée. On peut conclure de ces faits que la densité du jus est (toutes circonstances égales d’ailleurs) un indice de la richesse relative en sucre, et qu’en relevant la terre près des betteraves sorties en partie on évite la déperdition du sucre.
Si l’on applique la connaissance des produits immédiats contenus dans les betteraves à la discussion des procédés mis en usage par les fabricans de sucre indigène, on fera les observations suivantes. D’après le procédé analogue à celui des colonies, la chaux, ajoutée dans le jus au moment où la température est près de l’ébullition, sépare l’acide pectique (en formant du pectate de chaux), et avec l’aide de la chaleur une partie de l’albumine, qui viennent en écumes abondantes ; l’oxalate, le phosphate et le malate de chaux, la silice et quelques matières terreuses sont en partie entraînés dans ces écumes; le liquide retient de l’albumine, un excès de chaux et de
(1) Cette substance gélatiniforme est capable de donner une gelée consistante avec 400 fois son poids d’eau. Je Vai trouvée dans la partie corticale, sous l’épiderme de l’aylanthus glandulosa, et j'ai constaté ses propriétés caractéristiques dans un mémoire à la société Philomatique, le 17 avril 4824.
(2) Des expériences antérieures faites sur les betteraves cultivées dans les mêmes circonstances, m'ont démontré qu'après, ou entre les deux variétés ci-dessus, on peut placer la betterave blanche à peau rose (sous va-
ricté de la première), puis la betterave panachte.
eHaP. 15°.
la potasse, provenant de la décomposition du malate de potasse, ete. Le charbon animal que l'on ajoute dans le suc décanté enlève la chaux ; il reste un peu de potasse libre, qui, dans le cours de l’évaporation, altère le sucre et en rend une partie incristallisable, plus de l’'albumine qui communique, en s’altérant, un mauvais goût aux sirops, sucres et mélasses. Une partie du malate de chaux, les sels solubles et les autres substances non éliminées restent dans les mélasses.
Quelques fabricans avaient l'habitude d’ajouter une petite quantité d'acide sulfurique après la défécation: ils saturaient ainsi la chaux et la potasse; mais un très léger excès de cet acide rendait une grande quantité de sucre incristallisable. On a généralement abandonné ce mode d'opérer.
Nous terminerons cet article par quelques détails sur le clairçage, sorte de raffinage opéré aujourd’hui dans presque toutes les fabriques de sucre indigène, et enfin nous présenterons le compte des prix coùtans du sucre brut dans quelques localités en France,
SEcriON VI.— Du claircage.
On nomme clairçage une épuration par filtration d’un sirop saturé de sucre à la température où l’on agit. Celui-ci, incapable de dissoudre du sucre, chasse au contraire, en le déplaçant, le sirop plus coloré qui salit les cristaux de sucre à leur superficie; il se substitue dans les interstices, s’égoutte à son tour, et laisse le sucre bien moins coloré.
Les conditions essentielles du succès sont :
1° que la clairce soit assez chargée de sucre cristalisable pour n’en dissoudre que très peu ou point dans sa filtration ; 2° que la densité de la clairce soit à peu près la même, ou très peu moindre, que celle du sirop à déplacer ; la clairce trop dense coulerait mal; trop étendue, elle glisserait sans entrainer le sirop ou mélasse adhérent aux cristaux. On doit donc employer à la préparation de la clairce des sucres d'autant plus impurs que les sucres à claircer le sont davantage; car les sirops saturés de sucre cristallisable sont d’autant plus denses et visqueux qu’ils contiennent en outre davantage de sucre incristallisable et d’autres substances solubles ; 3° que la cristallisation dans les formes soit régulière et
eu serrée; elle doit commencer et finir dans e même vase; 4° que la température du lieu où se fait le clairgage ne varie pas trop et soit au moins de 15°.
Voici comment on opère :
1° Pour les sucres bruts de premier jet, la cristallisation opérée toute dans la forme est terminée en 15 ou 20 heures. Alors on enlève avec une racloire la couche superficielle lisse qui recouvre chaque base des pains, on rivelle bien la superficie.
Ces grattures (ou plutôt celles d’une opération précédente) et les sucres empâtés de sirop ont servi à préparer une clairce que l’on a filtrée à 28 ou 30° bouillant, sur un filtre Dumonr, ou que l’on a rapprochée à 32° bouillant, ce qui répond à 36° et demi, envirop, à 11° de température.
DU CLAIRÇAGE.
On verse à la fois 3 kilog. de cette clairce sur chaque forme égouttée, contenant en sucre cristallisé environ 35 kilog. si la cuite qu'on y a versée pesait 56 à 60 kilog. On renouvelle cette addition trois fois à 12 heures d'intervalle, et on laisse égoutter pendant 3 ou 4 jours. Au bout de ce temps, le sucre peut être embarrillé; il est bien plus sec et moins altérable que le sucre brut ordinaire.
2° Les sucres de deuxième cristallisation sont trailés de même. La clairce que l’on y consacre doit être plus dense, 33 à 33°,5 bouillant, ou 37 à 370,5 froid. Elle est préparée avec des sucres plus communs, dont la so!ution est filtrée et rapprochée comme il est dit ci-dessus.
Si l’on clairçait des sucres raffinés, il faudrait y employer des sirops de sucres presque purs, qui, saturés, ne marqueraient guère que 33° froids. C’est en effet à peu près le degré des sirops couverts du sucre raffiné.
SECTION VII. — Révivification du noir animal.
Toutes les tentatives faites jusqu’à ces dernlers Lemps, pour rendre au noir animal son énergie décolorante. avaient été infructueuses ou peu avantageuses, parce qu’empioyant cet agent réduit en poudre fine, l’on y ajoutait du sang pour le séparer du liquide et cette substance donnait un charbon brillant, inertie qui enveloppait une partie du noir décolorant.
Depuis que la plus grande partie äu noir animal est employée en grains dans les filtres Dumoxr, cet inconvénient n’a plus lieu et plnsieurs appareils à calcination ont réussi à faire servir un grand nombre de fois le même noir.
Ceux que lon a employés généralement se composaient de cylindres d’un petit diamètre, (4 à 8 po.), chauffés au rouge dans des fours analogues ou même tout-à-fait semblables à ceux usités dans la fabrication du noir animal neuf.
Dernièrement un procédé plus simple et breveté a été employé par M. DEROSNE dans la belle fabrique de sucre de betteraves sise à Melun dont nous venons de parler; il consiste à sécher et calciner à l'air libre sur des plaques en fonte le noir lavé à l'eau (1).
La fig. 326 en donne par une coupe longitu-
dinale une idée suffisante. On voit que le foyer À chauffe directement la plaque en fonte B C sur laquelle s'opère la calcination; cette opération est facililée par une agitation continuelle à l’aide d’une racloire, et lorsque
(1) Un lavage préalable à l'acide chlorohydrique (muriatique ou bydrochlorique ) étendu, en touillant le noir dans un baquet, améliore le noir en enlevant la plus grande partie des sels calcaires dénosés à sa superticie.
AGRICULTURE
l'ouvrier chargé de ce soin a observé que toutes les parties se sont trouvées à la température du rouge cerise, il retire tout le noir qui chargeait la plaque et attire sur celle-ci les parties voisines qui sur la suite des plaques (de C en D) sont échauffées et desséchées; cette dernière portion du fourneau réçoit la chaleur des produits de la combustion échappée du même foyer A dans leur trajet jusqu’à la cheminée E; on recharge d’ailleurs près de l'extrémité D le noir le plus humide afin que, rapproché peu à peu de la plaque la plus chaude B C, où la calcination s'achève, il soit préparé en utilisant, autant que possible, la chaleur que la fumée entraîne.
Au fur et à mesure que les portions assez calcinées sont mises en 1as etencore chaudes, on les agite fortement sur un tamis de toile métallique en fer, afin de détacher les plus fines particules contenant le plus desubstances étrangères déposées à leur superficie.
Un ie à analogue, opérant d’une manière continue, fait partie d’un brevet d’invention obtenu par MM. Payen, Bour- Lier et PLUVINET frères; la fig. 327 indique
Fig. 327.
par une coupe la disposition de cet appareil.
Il se compose de deux disques convexes en fonte À et B; l’un inférieur fixe est muni à son centre d’un mamelon élevé C qui supporte une sorte d’anil D et fe maintient ainsi soulevé plus ou moins à l’aide d’une vis; le plateau soulevé pivote sur ce memelon; il est d’ailleurs percé comme la meule touruante d’un moulin, d’une ouverture centrale d'environ 4 à 5 po. de diamètre sur laquelle est fixé un rebord circulaire, et dans ce dernier est introduit librement la douille d’une courte trémie ou entonnoir F.
Un foyer G chauffe au rouge brun le disque inférieur, et la fumée utilise une partie de la chaleur qu’elle emporte, en desséchant sur la suite des plaques HI le noir en grains lavé et disposé comme il est dit ci-dessus.
Le noir calciné tombe spontanément autour des disques par le mouvement lent, giratoire imprimé à l’un d’eux par la force centrifuge, il se recueille soit sur le sol autour du fourneau, soit dans un étouffoir circulaire ; on voit que la calcination peut facilement ainsi être régularisé.
Secrion VINI.-—Des frais de fabrication du sucre de betteraves.
Nous présenterons ici un extrait de l’un des comptes dressés ta les fabricans de sucre indigène qui ont obtenu des médailles an concours de la Société d'encouragement (décembre 1831).
kilog. de betteraves, d’après M. DARDANT- Masamsosr, fabricant à Limoges.
Dépenses.
Betteraves, 500,000 kilog. à 16 fr.
(c’est le prix auquel elles reviennent, y compris un bénéfice de 75 à 100 fr. l’hectare).
Dans cette usine on travaille 5,500 a 6,000 kïlog. par jour.
Il faut 91 jours pour terminer l'opération.
Main d'œuvre. On emploie 18 hommes à 1 fr., 5 femmes à 30 c., 4 enfans à 25 c. Ensemble 22 fr., et environ 6 fr. de veillées pour une partie des ouvriers ; en tout 28 fr. par jour, ou pour 91 jours.
Combustible. I1 s'agit de concentrer 39 hectolitres de jus jusqu’au point de cuite, c’est-a-dire de 5° BaumÉ à 40° environ. On peut compter sur la consommation de 190 kilog. de bois sec pour 3 hectolitres de jus, soit 1,300 kilog.
de bois par jour. Le mètre cube pèse 487 kilog. environ, et vaut. rendu à la fabrique, 6 fr. 50 c.; il en faudrait donc deux mètres 2/3 par jour. Mais comme 1l n’est pas toujours très sec, on porte la dépense à 4 mètres par Jour, en y
fr. c.
| comprenant les recuits, ce qui
fait 26 fr. par jour, et pour 91 jours.
Charbon animal, environ 100 kilog. par jour à 38 fr., 1/3 neuf 2/3 vevivifie.
Bœufs, 18, dont la nourriture est évaluée à 18 fr. par Jour, coùteront, pour le temps qu'on les emploie au manége.
Menus frais, chaux, sang, entretien des bacs et claies, éclairage, etc.
Intéréts des capitaux etentretien.
Pour 20,000 fr. en mouvement dans la fabrique pendant 6 mois, à 5 p- 0/0.
Entretien et intérêts du mobilier à 10 p. 0/0.
Directeur. Le chef remplissant seul cet emploi (sauf ceux de contre-maîtres, exercés par des ouvriers qui ont une hauté-paie comprise dans les journées ci-dessus), cet article est ici porté pour mémoire.
Il convient d'ajouter, pour emmagasinemens, extractions des silos, transports à la fabrique.
Pour loyer des bâtimens, cours, etc.
Produits.
M. Danrpanr dit avoir toujours obtenu environ 5 kilog. et demi de sucre pour 0/0 du poids des racines; mais comme généralement on n’en obtient encore que 5,
Voici les résultats du traitement de 500,000 | nous n’admettons à ce taux que
cHAP. Î5°.
25,000 kilog. pour 500,000 kilog.
de betteraves, dont 18,000 kilog. à 1fr. 50 c. à cause de sa belle qualité. 27,000 »
Et 7,000 kilog. à1fr.desecondjet. 7,000 »
125,000 kilog. de pulpe con-
sommée dans la propriété, évaluée
à 16 fr. les 1,000 kilog. 2,000 »
Vente des mélasses et résidus 1,800 »
À déduire le montant des frais 23,401 »
On voit qu’il reste en bénéfice 14,399 »
oo —
Lors même que l’on ne compterait le prix de tout le sucre qu’à 1 fr., le bénéfice serait encore de 5,000 fr.; et, en y ajoutant celui d'exploitations nécessaires, telles que la distillation des mélasses , la fabrication du cidre et l'extraction de la fécule de pommes de terre, comme l’a fait M. MagamBosr, il ne serait pas difficile d’en obtenir un surcroît de bénéfices montant à 3,500 fr., dans des circonstances assez peu favorables.
Si nous substituons aux données précédentes celles relatives aux départemens du Nord, nous obtiendrons des résultats aussi avantageux; en effet, les betteraves reviennent là à 14 fr. (1), ce qui, pour 500,000 kilog., porte le prix à 7,000; en y ajoutant pour tous frais 15,400, la dépense totale s'élève à 22,400 fr.; déduisant les pulpe et mélasse portées à 3,800 fr., il reste 18,600, et si l’on obtient, à 5 p. 0/0, 25,000 kilog., qui coûtent 18,600 fr., on voit que 100 kilog. coûteront 74 fr. 40 c.; à 6 p. 0/0, 30,000 kilog., coùtent 18,600 fr., on voit que 100 kilog. coùteront 62 fr.; à 7 p. 0/0, 35,000 kilog. coûtent 18,600, il en résulte que 100 kilog. coûteront 53 fr.
D’après la commission du Havre, on arriverait encore à des conclusions à peu près égales en effet, admettant le prix de 14 fr.
pour 1,000 kilog. de betteraves, et les frais 20 fr., tares et escomptes, 4 fr. total, 38 fr., si l’on suppose un rendement de 6 p. 0/0, on voit que 60 kilog. coûtant 38 fr., 100 kilog. coùteraient 63 fr. 34 c., ou, à 7 p.0/0, 70 kilog. coutant 30 fr. 100 coûteraient 54 fr.
Mais les plus grands avantages que l’on
FRAIS DE FAPRICATION.
doit recueillir, etsur lesquels on pourra compter à tout événement, en annexant la fabri cauon du sucre des betteraves à une grande exploitation agricole, sont :
1° De nettoyer, d'ameublir une étendue de terrain 4 ou 5 fois plus considérable que celle nécessaire à la production annuelle des betteraves, en réglant les assolemens de manière à bonifier ainsi périodiquement chacune des parties du domaine; 2 d'augmenter la proportion des engrais par les résidus des défécations et clarifications, mêlés à leur volume de terre sèche et semés sur le sol, ce qui constitue une deuxième cause de fertilité des terres; M. DaARDANT a même très bien utilisé, sous ce rapport, les vinasses résidus de la distillation des mélasses, en les faisant servir à l'irrigation ou arrosage, et à l’engrais des terres emblavées ; 3° de créer des industries productives et consommations nouvelles dans les contrées qui en étaient privées ; 4° enfin de multiplier les bestiaux, en rendant à la fois profitables leur engraissement et jeur travail, ce qui augmente les engrais dans la même proportion, et par suite la fertilité des terres. Tous ces avantages concourent en même temps à accroître de beaucoup la valeur des propriétés et à répandre l’aisance chez les travailleurs. Il est juste, toutefois, d'ajouter que les dispendieuses améliorations dans les appareils évaporatoires, macérateurs, presses et râpes, ont absorbé jusqu'ici la plus grande partie des bénéfices.
Déjà l’an dernier la fabrication du sucre de betterave en France a produit 20 millions de kilog. de sucre brut, c’est-à-dire plus du cinquième de la consommation; tout annonce que cette année on obtiendra, par l’intervention de 50 nouvelles usines, 30 millions de kilog., qu’enfin l’accroissement de la consommation, pour peu que les prix s’abaissent.
assurera un vaste débouché aux fabriques nombreuses dont la création est encore en projet. Quant à la consommation générale, qui n’était en 1815 que de 17 millions de kilog., elle est aujourd’hui déjà de 94,680,000 kilog. PAYEx.
CHAPITRE XVI.—DE LA PRÉPARATION DES PLANTES TEXTILES ET DE LEUR CONVERSION EN FILS ET EN TISSUS.
Nous sommes déjà entrés (liv. II, p. 16) dans des détails étendus sur la culture et la récolte des plantes textiles ; nous allons nous occuper maintenant des préparations qu’on leur fait subir pour les transformer en filasse, et pour en faire des cordes, des fils de toute finesseet destissus depuis lä batiste la plus fine jusqu’à Ja toile d'emballage la plus grossière.
Plusieurs opérations sont nécessaires pour former avec la partie filamenteuse des plantes textiles de la filasse, des fils et des tissus. Ces opérations sont le rouissage, le broyage, le
(2) Lôyer de un hectare. . + . . . . .
D A hNermpes. . 0 ME UNE, Semence 10, ensemencement 8. . . . .
DISRICIg RER DinAges, : . MS Ur 0 ANTACHARMEMMANSPOrES, - . ‘. . Un 0e Fumier, moitié pour céréale. . . . . + + .
PDP ICO GE ER En . 0 LI NS EN 30,000 kilog. coùtent. . . ,
ou 4090 kilog. coûtent 14 fr,
peignage, le filage et le tissage. Nous les décrirous successivement, en prenant pour exemple le lin et le chanvre, produits naturels de notre agriculture.
SECTION 1". — De la préparation du lin.
6 Ier. — Du rouissage du lin.
Le rouissage du lin est une opération délicate, qui est encore eXécutée presque partout d'une mauière imparfaite et routinière; souvent un fort beau lin perd toute sa valeur par un
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roussage mal entendu et n’est plus propre qu'à la fabrication des toiles grossières. Il serait à désirer que des savans se chargeassent de faire l'analyse exacte de cetie plante et que des gens instruits fissent avec soin l’essai comparatif des diverses méthodes en usage, afin de détérminer celles auxqueiles on doit donner ja préférence et les améliorations ou modifications dont eiles sont susceptibles pour obtenir des résultats déterminés et consfans.
La tige du lin se compose principalement :
1° d’un épiderme de la nature de Ja résine ou de la gomme, étendu sur toute sa surface comme une sorte de vernis et anquel on a donné le nom de principe gomma-résineux ; 2° d’une couche de fibres textiles agglutinés par une substance de la même nature que celle de j'épiderme, ou qui est peut-être différente; 3° enfin du dois ou fibre végétale cassante qui constitue la partie intérieure ou la masse de cette tige.
Le rouissage a pour but de détruire et d’enlever au moyen de la fermentation le vernis gommo-résineux qui recouvre les tiges du lin, la matière qui agglutine ses fibres textiles, afin de détacher ceux-ci du bois et de les séparer entre eux pour en former une filasse.
Le rouissage est une opération toute chimique et consiste principalement à exposer le lin à la rosée et à la pluie, cu à le plonger dans des fosses remplies d’eau. Dans cette opération, surtout dans celle qui se donne dans Peau, où lon peut suivre plus aisément la marche des phénomènes, voici se qui se passe : 1° l’eau commence par se troubler; 20 il se dégage ensuite des bulles d'air qui se comportent comme le gaz acide carbonique; 3° l’eau se colore ; 4 elle acquiert une réaction acide et rougit le papier de tournesol; 5 l'acide disparaîl et 1] se dégage de rouveau des bulles d'air qui ont une odeur forte, cadavereuse et qui mêlées avec l’air atmosphérique peuvent s’enflammer par l'approche d’un corps en ignition, 6° enfin l’eau rétablit la couleur bleue du papier de tournesoi rougi par les acides et manifeste des traces d’un aicali libre de la nature de l’ammoniaque. Aïnsi il y a 3 périodes de fermentation : la 1'e insensible, la 2e acéteuse et la 3° putride et alcaline.
Dans l’état actuel de nos connaissances sur es phénomènes chimiques que présente le rouissage, ous n'oserions pas hasarder une explication théorique de cette opération et déierminer 4 priori comment elie doit être conduite ou pratiquée; nous pensons qu’il vaut mieux en appeler aux résultats de l'expérience et suivre les indications qu’une pratique éclairée à pu faire connaître. C’est à quoi nous allons nous attacher dans les détails où nous allons entrer.
Avant de procéder au rouissage il faut preudre en considération l'état du lin qu’on veut iravailler; ses tiges doivent présenter les conditions suivantes :
1° Le lin doit avoir été récolté et rentré par un temps sec, autrement 1 se couvre de taches qu'ilest imposible de faire disparaître an blanchiment.
2° Toutes les tiges doivent en être de la même couleur. Un lin dont la conteur s'est pas uni:
ARTS AGRICOLES : PREPARATION DES PLANTES TEXTILES
forme, est difficile à travailler au rouissage et contracte souvent des taches qu’on a peine à enlever.
3° Le lin doit avoir été récolté à l’état de maturité. Dans la Flandre on considère le lin comme arrivé à sa maturité lorsque la floraison a cessé, quand les capsules se referment et lorsque le bas de la tige a jauni. Les avis au reste paraissent partagés sur la question de savoir à queile époque cette plante doit être récoltée pour fournir ja filasse la plus fine et la plus nerveuse. Des expériences faites avec soin résoudraient ce problème intéressant pour l’industrie agricoie.
4 Toutes les tiges doivent étre également mûres. Une différence dans le degré de maturité amène des inégalités dans le rouissage, le blanchiment et la teinture. Quand on a des lins mélangés ainsi, il vaudrait mieux, si on voulait obtenir une filasse fine, avoir recours à un triage pour faire rouirensemble les tiges parvenues au même degré de maturité.
5° Les tiges doivent étre droites, sans mélange de plantes parasites, non brouillées et entières, la rupture de latige nuisant à la qualité de la filasse.
6° Enfin ces tiges seront égales dans leur longueur et leur grosseur, afin d'obtenir un rouissage uniforme. Les plus longues et les plus fortes exigeant en général un séjour plus prolongé dans le routoir et sur le pré que celles qui sont plus courtes et plus menues, ces dernières sont exposées à être pourries sl elles séjournent autant de temps que les autres dans le routoir. D'ailleurs, avec des filamens de longueur uniforme on éprouve infiniment moins de déchets dans le travail ultérieur des plantes textiles. } “e
Nous supposerons donc que le Jin choisi remplit les conditions précédentes, qu'il a été trié et nettoyé, et qu'il ne reste plus qu’à lui faire subir l’opération du rouissage.
Le rouissage peut se donner de plusieurs manières ; ies 2 méthodes les plus en usage sont : 1° le rorage, 2° le rouissage proprement dit ou rouissage à l’eau.
À. Du rorage.
Le rorage ou sereinage consiste à exposer le lin dans un champ pendant plusieurs semaines à l’action simultanée de la rosée, de la pluie, de l'air et du soleil; ce mode de rouissage est employé en France dans la Normandie , le Maine, l’Anjou, le Languedoc, etc., et en Bohème, en Moravie, dans le Wurtemberg, les Alpes, etc.
Pour soumettre le lin au rorage, an létend en couches minces où ondins de peu d’épaisseur sur un gazon court au sur une prairie fauchée et bien propre. Là il est abandonné à l'influence des agens atmosphériques, en ayant soin de le retourner quand il esttombé de la pluie, jusqu'à ce qu'il soit suffisamment roui du côté inférieur, ce qu'on reconnait en ce que les tiges ont perdu leur élasticité, qu’elles se brisent nettement. et que la couche fibreuse se détache avec facilité. À cette époque on le retourne pour le faire rouir de Fantre côté, jusqu'à ce que la fermentation insensible et la décomposition des principes qui
| recouvrent et agglutinent les fils permettent
aussi sur ce côté de détacher facilement la flasse du bois. Cette opération, suivant l’abondance de la rosée ou de la pluie, la température, la sérénité du ciel, la force ou l’absence du vent, peut durer, dans les circonstances favorables, de 3 à 5 semaines et de 6 à 9 dans les temps secs et froids. Parvenue au point convenable, on s’empresse d'enlever le lin après le 1° beau jour et lorsqu'il est bien sec, et d’en former de pet tes javelles qu'on trans-
orte dans un grenier ou une grange aérés où il reste jusqu’au broyage.
Le rorage n’est pas exécuté de la même manière dans tous les pays, et nous croyons inutile de rapporter les méthodes diverses qu’on suit à cet égard. D'ailleurs elles ont pour la plupart été essayées et répétées pendant 4 années consécutives à l’Institut agronomique d’Hohenheim et soumises à des épreuves répétées; les résultats de ces épreuves ont été consignés dans un excellent ouvrage que M. FRÉD. BREUNLIN à publié sur la culture et le travail du lin, à la suite de nombreux voyages entrepris dans ce but par ordre du roi de Wurtemberg, et dans lequel nous voyons que les conditions les plus favorables pour je rorage sont les suivantes :
1° Un gazon, une pelouse et surtout une prairie bien fauchée et très propre, exposée aux rayons solaires, plutôt sèche que marécageuse, sont ce qu’il y a de plus convenable pour étendre le lin. À défaut d’une prairie de cette nature, on peut faire usage d’un chaume dru, court, surtout celui d'orge et d’avoine sur lequel on étend facilement le lin, sans qu’il touche à nu sur le sol.
2° Les tiges de lin doivent être rangées à plat en ondins, les racines tournées vers le vent dominant et autant que possible en couches minces. Il est avantageux, aussitôt après la stratification, qu’il tombe de la pluie, ou d’arroser le lin avec de l’eau, soit pour favoriser son rouissage, soit pour le rendre plus pesant, pour l’affaisser uniformément et l’empêcher d’être enlevé et brouillé par le vent.
3° Le lin étant roui plus promptement du côté tourné vers le sol que du côté de la face supérieure , il faut, lorsqu'il approche par le 1er côté du point où le rouissage est terminé , et autant que possible un peu avant une pluie et par un temps calme, le soulever par la tête avec des râteaux et lui faire faire une demirévolution sur la racine, de manière à ce que la face qui était par-dessus se trouve alors en dessous. Ce travail doit être exécuté avec attention pour que les tiges de lin retombent dans la même position respective où elles étaient auparavant. On doit même les rétablir à la main dans tous les endroits où elles seraient un peu brouillées.
Quand le rouissage est terminé, ce qu’on reconnait en froissant quelques tiges entre les mains, ou mieux lorsqu'en les soumettant à l’action de la broye, le bois, surtout à l’extrémité des tiges, se brise aisément, que les fils se séparent bien entre eux, ou que la couche fibreuse se détache d'elle-même de ia tige, on profite d’un temps favorable, et on prend le lin à poignées par l'extrémité des tiges, on le retourne; mais au lieu de l’étendre de nouveau sur le pré, on en forme sur le sol des gerbes coniques (fig. 328), dont toutes les