FILAGE DES MATIÈRES TEXTILES
: soins et de la dextérité de l’ouvrière, et la fi-
lasse la mieux choisie produit des fils de différens prix, suivant l’habileté de la fileuse. La finesse, la force et l’uni constituent la perfection dans ce genre.
Afin dene pasaccumuler trop de fil au même endroit sur la bobine, ce qui ferait changer son degré de tors et sa force, on a cherché à le distribuer également sur toute la longueur de la bobine. Le moyen employé depuis longtemps consistait à garnir l’ailette sur les côtes de crochetsen laiton ou épinglierssur lesquels on rejetait successivement le fil,à mesure que les tours ou rangées formaient sur le point correspondant de la bobine un bourrelet ou
‘renvidage suffisant. Ce moyen, comme on le
voit, est imparfait, eton doit préférer pour cet objet le rouet continu anglais de SrPENCE, où le fil se roule également sur la bobine à mesure que la fileuse le produit, sans qu’elle ait besoin de s'arrêter pour changer le fil de crochet ou d’épinette.
Voicila description de ce rouet (fig.338 et 339):
Fig. 338.
Fig. 339.
AB plateau horizontal en bois sur lequel sont fixés les 2 montars C, E, D,F, qui portent vers le milieu laxe à manivelle PV de la roue GH, et vers leur sommet la broche CD qui tourne dans des oreilles de cuir. I, poulie fixée sur la broche dans le même plan vertical que la roue GH. K, bobine placée librement sur la broche, dont une des têtes porte une gorge comme la poulie, mais d’un diamètre plus petit d'environ un quart. Une même corde les embrasse l’une et l’autre, et. d’après leur diamètre, la bobine tourne un quart plus vite que la broche. L’ailette a la faculté, tout en tournant avec la broche, de se mouvoir dans le sens de sa longueur, de manière à distribuer le fil sur toute la longueur de la bobine. A cet effet, le levier N,articulé au
oint O et embrassant à fourchette la tête de Éailettes recoit un mouvement de va et vient, au moyen de l’excentrique M, attaché à une roue d’engrenage que mène la vis sans fin Q.
Un ressort R tient toujours le levier N appliqué contre l’excentrique. Les têtes de la broche et de l’ailette sont forées, et c'est par ce
trou que le fil passe et arrive sur la bobine où il s’enveloppe par l'effet de la différence de vitesse qui existe entre la broche et cette bobine. S est la pédale avec laquelle on fait tourner la roue, ét T la quenouille.
On doit à M. Læsec, de Nantes, un nouveau système de filature du lin et du chanvre avec ur rouet à volant età ressorts élastiques, et au moyen d’une poupée volante, qui offre le triple Res de faciliter le travail, d’augmenter le produit et surtout de donner un fil d’une qualité supérieure. Commençons par décrire le rouet nouveau.
On sait que lerenvidage du filsur les rouets ordinaires se fait au moyen d’une pression lé-
ère qu’on exerce sur l’un des côtés de la bopi pour ralentirson mouvement; cette pression, qui est continue, a inconvénient d’occasionner deux frottemens : ceiui de la bobine contre la petite corde, et celui de cétte bobine sur la broche. Ce double frottement, qui produit la rupture des fils fins, ne permet qu'’avec difficulté de les obtenir sur le rouet ordipaire mù par le pied. Le rouet de M. LerEc résout ce problème.Ce rouet est vu en élévation et de côté dans la fig. 340, par derrière dans la fig. 341. La fig. 342 est le plan de la partie supé-
Fig. 340. Fig. 341.
GTHIEBAULT
Fig. 343.
ARTS AGPRICOLES : PRÉPARATION DES PLANTES TEXTILES
LIEV,. IVo
rieure du rouet , et la /ig. 343, la bobine montée sur Ja broche, vue séparément. AA sont 4 montans assemblés par des traverses BCDE.
Entre les montans est disposée une roue verticale J, dont l’axe porte une manivelle à laquelle estattachée d’une part une corde L, communiquant avec la pédale H que le pied de la fileuse fait mouvoir, et de l’autre un ressort à boudin élastique N, qui fait agir 2 leviers cintrés à bascule K, dont on verra plus Das l’usage. La roue J est entourée d’une corde O qui passe sur la poulie P, montée sur la broche vw, et lui imprime un mouvement rapide de rotation. La pression de cette poulie contre la bobine y, au lieu d’être continue, est intermittente; elle s'exerce par 2 ressorts élastiques q, cnNeeReRes une virole polie, faisant corps avec la bobine, l’un audessus et l’autre en dessous (fig.342 et 343).L'intermittence se fait par la tige à bascule o , en acier, placéehorizontalement et parallèlement à la broche; elle offre à la partie postérieure 2 petits ieviers cintrés kk ; un plus court à droite Jour soutenir un contre-poids {, quiconcourt a faire remonter la tige 0; l’autre plus long auquel est attaché le ressort élastique N (fig. 340 et 341). La tige à bascule o est munie d’un petit crochet auquel sont attachés les ressorts élastiques g, et de 2 coussinets pour la porter et la maintenir en place. En faisant tourner la roue J, on imprime à la tige à basculeo, et conséquemment à son crochet, des mouvemens d'élévation et d’abaissement qui se communiquent aux ressorts g, lesquels, étant alternalivement tendus et relâchés, exercent unepression intermittente sur la virole de la bobine y. Les ressorts g étantréunis à leur autre extrémité à un cordon passant sur une cheville s, on peut les tendre au degré convenable en tournant cette cheville. Il en est de même du grand ressort N, auquel est attaché le ressort w, muni également d’un cordon enveloppé sur une cheville s’. La pression sur la bobine étant très faible, au moyen de cette disposition, on peut filer les fils les plus fins. Le roueta toute la soliditéet la fixité nécessaires pour ne pas éprouver de vibrations pendant le filage. Pour adoucir et régler les mouvemens, un volant est placé sur la tête de la broche v; il se compose de 4 petites masses, dont 2 sont munies de tiges, servant, au moyen du crochet glissant 0, d’épinglier. Les montans A sont implantés sur un plateau F, réuni au marche-pied G par une colonne I, au moyen d’un écrou.
La poupée volante est représentée en élévaton et vue de profil dans la fig. 344, et pardessus dans la fig. 345. La fig. 346 est un-peigne circulaire vu de face et ouvert, et la fig. 347, les 2 brosses vues de face et fermées. Elle se compose d’une planchette inclinée B, le long de laquelle monte et descend un chariot E, porté par de petits galets a a. Cette planchette, solidement fixée sur le socle A, lequel est assemblé avec les montans de gauche du rouet, est soutenue par un support C et munie à sa partie supérieure d’une traverse portant 2 poulies D F, sur lesquelles passent les cordons I et t. Le chariot E, ou la poupée volaute proprement dite, est formé d'une petite
lanchette moins épaisse et moins longue que e plan B et portant de chaque côté des gui-
Fig. 347. Fig. 344.
A THIFB AULT.
Fig. 345.
des G, pour diriger son mouvement. Sur ce chariot sont fixés 4 peignes, dont un droit L est composé de 3 rangées d’aiguilles verticales et- longues; les 3 autres peignes K sont circulaires et formés d’un certain nombre d’aiguilles de diverses grosseurs d, dont lestêtes sont attachées à une garniture et dont les pointes convergent toutes au centre. Ces peignes sont destinés à séparer , étaler et même diviser au besoin les brins de lin. Pour cet effet , on fait entrer d’abord la filasse N sur le peigne droit L; puis, après avoir ouvert les petites portes c des peignes circulaires K, onla pose sur les aiguilles de ces peignes; on ferme les petites portes, et on les attache au moyen d’un petit cordon f; le lin se trouve alors saisi entre les aiguilles. Deux petites brosses M, fixées sur la base du chariot E, sont destinées à tenir le lin écarté et à l'empêcher de se tasser. La brosse supérieure est montée dans une garniture mobile à charnière qu’on ouvre pour donner passage au lin; après l'avoir rabattue, on l’attache au moyen du cordon g, s’enroulant sur une cheville k. Pour faire glisser le chariot le long du plan incliné, on attache à un crochet b, dont il est mum, 2 cordons, un plus court I qui passe sur une poulie verticale F et auquel est suspendu un contre-poids H un peu moins lourd que la poupée volante, afin qu'elle retombe toujours dralleierties Le cordon ft, après avoir passé sur la poulie D, se termine par une boucleOque l’ouvrière passe sur le poignet gauche. À mesure qu’elle tire le lin avec cette même main gauche pour fabriquer le fil de la main droite, elle fait remonter la poupée volante et le chariot E. On obtient par cette manœuvre 2 longueurs de fils en même temps au lieu d'une seule. Les brins de lin, tirés par les 2 bouts, s'étendent également et se placent à côté les uns des autres ; ils se trouvent ainsi dans la condition la plus favorable pour faire le fil le plus égal et le plus uni, tandis que, quand on fait le fil par les procédés ordinaires , le mouvement de torsion imprimé à chaque brin se continue Jusqu'à sa pointe, ordinairement divisée en plusieurs filamens ; ceux-cise prennent à leurs voisins, et la filasse vient mal et en trop