TISSAGE DES MATIERES TEXTILES
liquide qui s’en écoule soit insipide au goût. C’est alors qu’en le fait bouillir avec l’eau pour en former Ja gelée sans couleur qui sert à préparer le parement fondamental. Si on ne veut pas faire usage immédiatement de ce lichen, on l’étale sur le tamis où on le laisse sécher.
Quant aux fils qui doivent former la trame de la toile, 1ls sont dévidés sur de petits tuyaux de roseaux appelés canettes, qu’on place ensuite dans la poche de la navette. Ce dévidage est fait au moyen de rouets à ca nettes ou de cantres.
Nous ne nous arrêterons pas à décrire les différentes opérations, ni les machines oû instrumens qui servent à l’ourdissage et à faire : les canettes, parce que la plupart du temps elles sont exécutées par des ouvriers particuliers et dans des ateliers spéciaux qui livrent aux tisserands les chaînes toutes ourdies et encollées, et les fils de trame dévidés sur ces canettes. Nous n’insisterons pas non plus sur la manière de monter la chaine sur le métier, de passer les fils dans les lisses ou dans les peignes, parce que cette description, qui nous mènerait fort loin, serait encore incomplète et n’équivaudrait jamais aux notions précises que fait acquérir la pratique.
Le métier de tisserand pour la toile ordinaire est très simple dans sa construction et est généralement à deux marches; nous allons décrire un métier de ce genre, à navette volante, et où un seul ouvrier peut fabriquer des toiles de la plus grande largeur.
La fig. 348 est une vue de face de ce métier et la fig. 349 une coupe verticale par un plan
Fig. 349
perpendiculaire à la largeur. À, bâtis en bois, d'une largeur proportionnée à l'étoffe qu’on veut fabriquer ; B, banquette sur laquelle le tisserand s’assied; C, 1" ensouple qui porte la chaîne; elle est fixée au moyen d’une roue à crochet et d’un arrêt a, que le tisserand, sans se déranger, läche à mesure qu'il confectionne la toile, en tirant la corde b. D, 2° ensouple sur laquelle s’enveloppe la toile. A l’aide d’une clef on peut la faire tourner sur son axe. E, lisses qui opèrent le croisement des fils de la chaine, pour le passage de la navette; F, pédales où marches à l'aide desquelles le tisserand fait jouer alternativement
les lisses assujéties l’une à l’autre par des cordes qui passent sur les poulies de renvoi G ; H, battant du métier. C’est avec cette pièce oscillante que le tisserand bat ou serre la duite, après chaque passage de la navette.
I peigne ou ros maintenu dans des rainures entre les 2 pièces de bois e f placées au bas du battant. La pièce inférieure se prolonge à droite et à gauche des montans du battant d’une quantité suffisante pour recevoir la navette comme on le voit fig. 350 , où elle se place pendant que le tisserand bat la toile. Une planchette, mise en avant, fait que le contre :coup ne la jelte pas à terre.
cs
EN
ARTS AGRICOLES : PREPARATION DES PLANTES TEXTILES
J, petits tasseaux fourchus garnis de cuir, glissant librement le long de la tringle À un cordon un peu lâche dont les bouts sont attachés aux branches inférieures des tasseaux J et qui est muni d’un manche I à son milieu, sert au tisserand à chasser la navette tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, en faisant un mouvement léger, maïs assez brusque pour que la navette, après avoir traversé la chaîne dans | toute sa largeur, ait encore assez de force pour faire reculer jusqu’au bout le tasseau opposé.