DES POTASSES ET SALINS
hangar, afin de les garantir des eaux pluviales. La cendre vieillie est plus facile à laver que celle qui est récente, parce qu’elle se mouille mieux, ayant déjà absorbé de l’humidité dans l'air. Il convient de l’humecter d’avance, à l’aide de 4 à 8 pour 0/0 d’eau, lorson ne peut la laisser assez long-temps à air.
Après avoir légèrement tassé les cendres sur un filtre A (fig. 420), formé d’un tonneau
Fig. 420.
défoncé, muni d’un faux fond percé de trous,
on les soumet à 3 lavages. Le 1% fournit une lessive assez riche, le 2° une lessive plus faible , le 3° une lessive encore moins chargée ; les eaux de lavages sont repassées sur de nouvelles cendres d'un 2° tonneau B, puis après avoir traversé celui-ci, sur un 3° C, jusqu'à ce qu'on les ait amenées à 15° de l’aréomètre de BAUMÉ, environ; alors elles sont bonnes à évaporer.
Pour que ces lavages se fassent avec promptitude et pour qu'ils aient un effet assuré, il est bon d’y employer de l’eau chaude. A cet effet, on dispose une chaudière qui chauffe l’eau destinée au premierlessivage, ainsi queles lessives qu'on veut repasser sur de nouvelles cendres. Pour quele lessivage par filtration soit facile, on pose sur le double fond percé de trous une couche mince de paille avant de le charger de cendres humides. Un perfectionnement notable consiste à placer un tube vertical de 5 à 6 lig. de diamètre, qui laisse échapper Pair chassé entre les deux fonds ; enfin on doit laisser la superficie des cendres toujours couverte de liquide, en ménageant l’écoulement au robinet ; cela régularise la filtration et prévient les fausses voies. Il est bon de laisser pendant 8 ou 10 heures les cendres ainsi immergées avant de commencer le soutirage, qui peut ensuite être continu mais très lent.
On commence l'évaporation des lessives à 15° dans des chaudières de tôle; on la termine dans une chaudière en fonte. Le résidu qu'on obtient ainsi est le salin , que l’on délache à l’aide d'un ringard et que l'on emmagasine. La disposition générale d’un atelier est facile à comprendre : Un long fourneau (fig.
On met ensuite les cendres à couvert dans un } 421 )supporte trois chaudières accoiées ; deux
en lôle A, B, pour l’évaporation, une en : etvient ressortir près dela porteC, par laquelle | Fig. 423.
fonte C, pour la dessiccation du salin. La fumée passe sous une ou deux chaudières D,E, en tôle, qui sont destinées à chauffer les eaux de lessivage.
À côté de cet appareil se trouvent quinze tonneaux, partagés en trois rangées ou bändes ; ce sont les tonneaux de lessivage. De sorte que dans un travail courant, on dessèche le salin , on évapore les eaux fortes et on chauffe l'eau pure ou les eaux faibles qui doivent servir aux lessives. Au moyen de tuyaux convenablement placés, des chaudières D, E, où le liauide s’échauffe, on envoie dans les tonneaux
Voici comment où conduit l’opération : Toutes les eaux obtenues du lessivage à 15° sont versées dans la chaudière A, où elles commencent à s’évaporer, puis, au furet àmesure
ue l’évaporation laisse de fa capacité libre dans la chaudière suivante B, on y fait couler le liquide de À, que l’on remplit comme la première fois. Le liquide plus concentré en B, sert à remplir la chaudière en fonte C, sous laquelle est disposé le foyer. Une vive ébullition a ordinairement lieu dans celle-ci, et dès qu’elle a enlevé une partie de l’eau indispensable pour tenir en solution les sels solubles, ces derniers commencent à se précipiter ; il faut alors racler fortement de temps à autre les parois unis de la chaudière , à l’aide de ringards aciérés (indiqués sur plat et sur champ, fig. 422), que l’on plonge vivement dans la chau-
Fig. 422.