‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre BixioChapitre 228 sur 295 · SE · texte numérisé non relu

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dière en les tenant dans la position de l’ouvrier O( fig. 420). Lorsque la précipitation estabondante, on laisse plonger dans la chaudière une capsule en tôle , suspendue comme l'indique la figure, par deux poulies et une corde attachée à un bout de chaineen fer, qui s'adapte à l’anneau réunissant les trois tringles.

Cette capsule est percée vers ses bords de 4 rangées de trous ; ainsi disposée, elle reçoit la plus grande partie des sels que l’ébullition agite dans les autres parties du liquide tandis qu’elle leur cffre un repos relatif. Lorsqu'elle est suffisamment chargée, l’ouvrier l’enlève à laide de la corde, puis la laisse suspendue s’égoutter; il passe le ringard fortement dans le fond de la chaudière et retire la plus grande partie de ce qui reste de sel en suspension , en couvrant un instant le feu pour faire cesser l’ébullition, ajoutant même un seau de liquide froid et pêchant au fond avec une large écumoire (ayant de 10 à 12 po. de diamètre). il remplit alors avec de la solution prise dans la chaudière B, décharge la capsule dans une trémie en bois doublée de plomb, et ainsi de suite; à la fin de la concentration, on dessèche avec précaution le liquide et le salin dans la même chaudière en agitant sans cesse à l’aide du rin-

ard.

Il s’agit alors de calciner le salin ainsiobtenu. Cette opération se fait dans un four, de forme articulière( fig. 423). 11 a deux foyers A, dont la flamme pénètre jusqu’au fond B, du four,

mm rm eo 2: 4.

jus 2

on introduit le salin. On chauffe le four au rouge, puis on le charge en salin. Celui-ci se dessèche peu à peu et sans changer d'état, quand il ne contient pas trop d’eau; mais s'il était trop humide, il fondrait et ne serait retenu qu'avec peine sur la sole. Au commencement de l’opération le salin décrépite, ce qui provient de la présence des chlorures alcalins; ensuite il fond un peu et se boursouffle. II contracie de l’adhérence avec la sole; mais en repoussant là croûte supérieure du gâteau, à l’aide d’un rable A (fig. 424 ) tantôt sur le de-

Fr NX B| D — Ne

(Je | vant, tantôt sur le derrière du four, la flamme qui agit sur la croûte inférieure la fait boursouffler à son tour, et la force bientôt à se détacher d'elle-même.

Au bout d’une heure environ, l'acide ulmique et les autres matières organiques contenues dars le salin prennent feu. Les surfaces exposées à la flamme noircissent, puis blanchissent, en retournant la matière avec un large ringard B et une ratissoire C (fig. 424) de temps à autre, le salin se trouve converti en potasse. Quoique cette opération semble fort simple, il arrive souvent que le salin étant très riche en chlorures, ceux-ci fondent avant que la combustion soit terminée. En ce cas, les morceaux de potasse présentent au centre des parties brunes qui ne sont point dépouillées de matière organique. Pour éviter cet inconvénient, il faut conduire la calcination très lentement, et faire en sorte que la combustion soit complète avant que la fusion s'effectue. La sole des fours doit être en grès ou en fonte. Les soles en briques peuvent servir, mais elles sont trop promptement corrodées par ia potasse.

Pour calciner 1200 kilog. de salin, on consomme 2 stères de bois. Celui-ci doit être choisi sec et donnant une longue flamme. Le salin perd de 10 à 20 pour 0/0 à la calcination.

Des essais nombreux ont été faits pour apprécier le rendement en potasse de divers plantes ou bois. On a remarqué que, toutes choses égales d’ailleurs, les plus jeunes branches des arbres, les arbustes et plus encore les feuilles, les plantes herbacées, sèches et incinérées à temps, donnent plus de potasse que les vieux bois et toutes les parties très ligneuses ; mais ces résultats sontentreeux varlables

cuAP. 21°.

suivant les saisons, les terrains et les engrais.

D'après les expériences de VAUQUELIN, DarcET et PERTUIS, On vOIl que :

100 kil. bois de chêne, hêtre, trembie charme donnent en salin de. . 160 à 200 gram.

100 kil. sureau, faux -ébénier, noiselier. . + +. .

100 kil. orties, chardons des rains,fougère, glayeuls

100 kil. de marrons d'Inde.

Secrion II. —Cendres gravelées.

Sous le nom de cendre gravelée, on désigne

lus spécialement la potasse qui provient de a combustion des lies de vin. Cette opération peut se pratiquer avec avantage dans tous les

ays vignobles ; ellerepose sur l'existence du nie de potasse dans lalie. Ce sel yexiste en assez grande quantité, mais il y est mêlé de diverses matières organiques, de sulfate de potasse et de quelques autres sels. Quand on peut le faire, il vaut mieux en extraire le bilartrate de potasse, qui a bien plus de valeur que la potasse qu'il peut fournir, et il suffit pour cela de dissoudre à chaud , laisser déposer et cristalliser : toutefois, si les dépôts sont pauyres en tartrate,on les traite de la manière suivante :

Quand le vin est soutiré, on rassemble les lies qui en proviennent dans des tonneaux, où on les laisse en repos. Au bout de quelques jours, on soutire le vin qui s’est séparé du dé pôt épais, et on place celui-ci dans des sacs, que l’on met sous presse. Dans chaque sac on met 18 kilog. de lie décantée; quand la matière est suffisamment pressée, on la sort des sacs sans briser le pain qu’elle forme, puis on termine la dessiccation à l’air. Chaque pain est ceurbé en forme de tuile faitière , et posé debout sur un plancher ou un sol battu, pendant quelques jours. On peut exposer au soleil à cette époque tous les pains essorés, et les sécher ainsi, au point de pouvoir être cassés net et avec bruit; chaque pain doit peser environ 3 kilog.

La lie est alors bonne à bruler. On opère cette combustion au dehors, sur une aire bien battue, que l’on a ertourée d’un mur ou abri de 2 mètres de diamètre sur 25 centimètres de hauteur. Ce mur est fait en briques ou tuiles, saus mortier. À u milieu de cetie enceinte, on dispose un fagot de menu bois, que l’on entoure d’une vingtaine de pains de lie pour commencer la combustion. Dès que ceux-ci sont bien enflammés, on en ajoute de nouveaux. On continue de la sorte, en élevant le petit mur à mesure que l’on accroît le tas. On s'arrête quand on a mis environ mille pains de lie dans le four. La combustion doit se faire de manière à n'être ni trop lente ni trop active. On a observé qu’elle s’opérait mieux avec les lies récentes qu'avec celles qui avaient éprouvé une fermentation dégageant des gaz putrides.

3000 kilog. de lies ainsi brûlées fournissent 500 kilog. ED cendres gravelées. Celles-ci sont ordinairement blanches et parsemées de morceaux tachetés de bleu ou de vert; leur saveur est brülante, elles donnent environ la moitié de leur poids de potasse de bonne qualité.

SOUDE DE WARECB.

Les diverses cendres dont on a extrait des sels solubles par les moyens ci-dessus indiqués eu retiennent toujours quelques traces; elles contiennent d’ailleurs plus ou moins de carbonate de chaux. Par ces deux raisons elles peuvent être employées sur lés terres en culture comme de bons amendemens calcaires, doués d’une légère action stimulante, capables d’ailleurs d’alléger graduellement la couche arable des sols argileux et compactes.

Certaines cendresneuves, trop pauvresenalcali pour être employées à l’extraction de la potasse ou même au lessivage et blanchissage du linge, comme celles de la tourbe et du bois flotté, peuvent être utilement appliquées à l’absorption de divers liquides ch de matières azotées (sang, urine, etc. ) ei servir ensuite d'engrais. Nous indiquerons, à la fin de cet article, la composition et les usages communs et spéciaux des diverses potasses et soudes commerciales.

Secrion III. — Soude de warech.

On connaît dans le commerce sous le nom de soude de warech un produit que sa composition range en réalité parmi les potasses.

Cette substance se prépare sur les côles de la Normandie, au moyen de plantes marines connues sous le nom de goëmon ou fucus, qui peuveni flotter sur l’eau. Cette propriété permet d'en former des radeaux que l’on fait arriver aisément aux endroits où ils doivent être desséchés et brülés.

La combustion du goëmon se fait dans une fosse, et à mesure que le résidu de l’incinération entre en fusion ii se rassemble en masses; c’est la soude brute qu’emploient les verreries à bouteilles. Pour en extraire les sels de warech, on lessive cette soude et on évapore la liqueur par des moyens analogues à ceux que nous avons décrits ci-dessus. Les eaux-mères retiennent les combinaisons d’iode; c’est de là qu’on extrait ce corps simple employé notamment en médecine pour le traitement des goîtres, dans les arts pour la préparation de l’iodure de mercure, et dans les laboratoires pour déceler la présence de l’amidone, eic. Les sels qu’on extrait des soudes brutes de warech par le lessivage contiennent en poids:

Sulfate de potasse. . . 19 Chlorure de potassium 25 DÉBATS 1... 50

M. Gay-Lussac a donné cette composition comme la moyenne de plusieurs essais.Ces sels sont d’un grand intérêt par leur richesse en potasse. qui permet de les appliquer à la fabricalion de j’alun et à celle du salpêtre. On reconnaît les sels de warech à la présenee de quelques traces d’iodure de potassium ; on peut en séparer une grande partie du sel marin par précipitation à chaud; les autres sels cristallisent par refroidissement. Le sel marin ainsi obtenu peut servir aux bestiaux ou être employé dans les mélanges réfrigérans.

Le carbonate de soude, qui constitue Ja substance utile des sondes naturelles, s’extrait, en France, en fon etc., des plantes qui croissent sur le bord de la mer. Celles-ci contiennent de l'oxalate de soude qu’on trans-

Sur 100 parties

forme en carbonate par la calcination et qu’on débarrasse des matières étrangères par lessivage et précipitation.

Secrion IV. — Soudes naturelles.

Ou désigne sous cette dénomination les soudes brutes qui sont un résidu à demi fondu de l'incinération de divers végétaux.

Pour extraire la soude des plantes marines, on coupe celles-ci et on les fait sécher à l'air; on les brûle ensuite dans des fosses dont la profondeur est d'environ 1 mètre et le diamètre de 1 mètre 3 décimètres. Cette combustion se fait en plein air, sur un sol bien sec, et dure plusieurs jours. Elle procure, au lieu de cendres, une masse saline, dure et compacte, à demi fondue et un peu boursoufflée que l’on amasse et qu’on verse dans le commerce sous le nom de:soude. Les diverses soudes se distinguent par le nom du pays d’où elles sont tirées ou par celui de la plante qui les fournit.

Ces soudes brutes renferment, en proportions diverses du carbonate et du sulfate de soude, du sulfure de sodium, du sel marin, du carbonate de chaux, de lalumine, de la silice, de l’oxide de fer et enfin du charbon échappé à l’incinération. Elles contiennent

uelquefois du sulfate de potasse, du chlorure de potassium, de l’iodure et du bromure de calcium.

La plus estiméeest la barille ou soude dEspagne, connue dans le commerce sous le nom de soude d’ Alicante, de Carthagène, de Malaga; on l'extrait de plusieurs plantes, mais particulièrement de la barille, espèce de salsola cultivée avec soin sur les côtes d’Espagne.

Cette soude contient de 25 à 35 p. 0/0 de carbonate de soude sec.

Les soudes qu'on récolte en France sont loin d'offrir cette richesse ; on en distingue de 3 sortes.

Le salicor ou soude de Narbonne, qui provient de la combustion du salicornia annua cultivé aux environs de Narbonne. Cette plante est semée et récoltée dans la même année. On la coupe après l’époque de la fructification; la soude qui en provient contient de 13 à 15 p. 0/0 de carbonate de soude; on l'emploie dans la fabrication du verre vert.

La blanquetle où soude d’Aigues-Mortes, qui s’extrait entre Frontignan et Aigues-Mortes de toutes les plantes salées qui croissent sur les bords de la mer. Ces plantes sont le salicornia europæa, le salsola tragus, l'atriplex portulacoïdes, le salsola kali et le statice limonium. C’est la première de ces plantes qui donne le plus de soude et la deraière qui en donne le moins. Toutes abondent en sel marin, que l’on en extrayait autrefois pour éviter de payer sur ce produit la taxe du sel. La blanquette ne contient que 3 à 8 p. 100 de carbonate de soude.

Le warech ou soude de Normandie, dont nous avons parlé ci-dessus en la classant parmi les potasses, ne donne que de 1 à 2 degrés alcalimétriques, et n’est par conséquent utile que par le sulfate de potasse, le chlorure de

potassium et de sodium ainsi que l'iodure de polassrum.

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