DES PIECES DES MOULINS
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pierre même de la meule. Au juste milieu de cette anille est une cavité semi-circulaire qui recoit le bout du gros fer T, qui forme boule en O, et qu'on nomme pointal.
L'assemblage se fait au moyen d’un manchon en fonte composé de 2 pièces ajustées l’une sur l’autre d’une manière fixe. La pièce inférieure P’ se monte sur le bout du fer ; elle est percée latéralement d’une ouverture traversée par l’anille, dont une partie s'engage en même temps dans Ja pièce supérieure P?.
La fig. 471 représente une autre forme d’anille.
Fig. 471.
Une condition essentielle, c’est que la meule courante soit en équilibre parfait sur le gros fer. Cette condition n’est pas très difficile à atteindre quarid la meule est en repos, mais il en est tout autrement quand elle tourne. On peut même avancer qu'avec les grandes meules de 6 pi. 2 po. cet équilibre parfait n’a jamais été obtenu, du moins de manière à durer 24 heures; on étail obligé de donner à la meule courante ce qu’on appelait de la pente de fer, afin de soutenir la poussée. Le bout du fer ou papillon entrait dans le trou de l’anille, puis on se servait de 4 pipes ou petits coins de fer d’à peu près 3 lignes d’épais sur 1/2 po. de long, que l’on serrait à coups de masse entre le papillon et l’anille. Ces pipes
! se desserraient bientôt et les meules breda-
laient, c’est-à-dire frottaient d’un côté pendant qu’elles étaient trop écartées de l’autre.
Depuis qu'on a adopté les petites meules, on est parvenu à maintenir la meule courante dans un équilibre plus constant au moyen du pointal dont nous venons de donner la description. Les constructeurs de moulins établissent à la surface supérieure de la meule courante, à égale distance, 4 trous que l’on recouvre d’une plaque de tôle et dans lesqueis on coule au pesoin du plomb fondu pour arriver au parfait équilibre de la meule sur le pointal. Ce moyen est simple et atteint assez
bien le but; mais les habiles constructeurs ue s’en contentent pas et s’attachent, dans la composition de la meule, à réunir, dans ses diverses parties, le plus possible de pierres homogènes.Sous ce rapport essentiel la construction des meules a fait de véritables progrès depuis quelques années.
La cuvette A (fig.470), qui surmonte l’anille, recoitle bléet le laisse échapper enrayonsentre les meules à travers l’œillard au moyen d’un appareil fort simple, et d'invention moderne, qu’on nomme engreneur (fig. 469). Cet engreneur G se compose d’un tuyau en cuivre ou fer-blanc, dont l’extrémilé inférieure est encastrée dans un autre tuyau mobile en forme de bague, et qui monte et descend à volonté pour agrandir ou diminuer l'issue du grain.
En effet, le bout de ce double tuyau appuie sur la cuvette A(fig. 470) placée au-dessus de l’anille N,et, en s’en éloignant ou s’en approchant, au gré du conducteur du moulin, il laisse écouler plus ou moins de blé dans les meules.
Cet engreneur a remplacé avec avantage les anciennes trémies, l’auget et le baille-blé, ap-
areil lourd et grossier qui surmontait toute a partie supérieure de la meule courante.
SECTION VI. — Du choix et du nettoyage des grains.
$ Ier. — Choix des grains.
De bonnes meules bien dressées, bien rhabillées et bien conduites, un mécanisme des mieux combinés sous tous les rapports, sont de grands élémens de succès pour un meunier; mais le choix des grains est non moins essentiel. Le mécanisme peut être confié à des mains subalternes; l’achat des grains est l’œuvre du maître. Cet art ne consiste pas à n’acheter pour la fabrication que des blés de 1r° qualité; ces sortes ne seraient pas toujours suffisamment abondantes; les blés d’ailleurs sont de diverses natures; ils sont plus ou moins bien récoltés ; 1l faut que tout s’écoule. L’habileté consite donc à savoir bien apprécier ce qu’on achète; à étudier sur les marchés que l’on fréquente les diverses natures de blés qui y sont apportés ; les qualités distinctives des blés de telle ou telle ferme, soit sous le rapport du paids, soit sous le rapport de la blancheur des produits; à connaître les bons et les mauvais livreurs; à bien stipuler ses conditions d’achat; à être sévère et juste tout à la fois dans la réception.
Quand une usine est bien administrée, il n’y entre pas un seul sac de grain qui ne soit vérifié et pesé.
Tous les blés, quelles que soient leur nature et leur qualité, étant destinés à être convertis en farine, il est inutile de s’étendre ici sur les diverses espèces de blé et sur les propriétés qui les distinguent. Il ne pu y avoir, en ce qui concerne la meunerie, d’autres principes que ceux que nous venons d’énoncer, c’est-à-direque le meunier doit s'attacher à connaître les propriétés farineuses des grains dans le rayon habituel de ses approvisionnemens.
$ IL. — Nettoyage des grains.
Une fois les blés bien achetés selon leur
qualité, il est indispensable de leur faire subir un nettoyage énergique; c'est encore une des conditions les plus essentielles de toute bonne mouture.
Le nettoyage consiste à faire disparaitre, autant que possible, du grain : 1° tous les grains, graines où corps étrangers quelconques qui peuvent s’y rencontrer; 2° les grains morts ou ceux de trop minime dimension ; 3° la poussière plus ou moins adhérente dont le blé est encrassé sur tout son corps et particulièrement à ses deux extrémités.
Il faut en outre que la ventilation soit assez énergique pour chasser le mauvais goût, quand le blé en a contracté, ce qui arrive souvent dans les greniers des fermiers, et aussi pour lui procurer un certain degré de dessiccation. Enfin on aurait atteint la perfection si, après une opération complète, on parvenait à diviser les grains de blé suivant leur volume.
La force employée à faire mouvoir le mécanisme du nettoyage, quoique perdue pour la fabrication, reçoit donc dans les moulins une application des plus utiles, et mieux vaudrait, dans bien des cas, fabriquer moins et fabriquer mieux.
Chaque moulin adopte, dans ses appareils à nettoyer, des combinaisons plus où moins diverses qui résultent, soit de la force, soit de l'emplacement dont il peut disposer.
Les instrumens les plus modernes et les plus répandus sont le cylindre vertical, le cylindre horizontal, le tarrare à plusieurs volans ou batteurs, le sas à marteaux, les cribles inertes et la disposition des courans d'air.
Le nettoyage se fait depuis l’étage le plus élevé du moulin jusqu’à l’étage des meules où il s'engrène, et, dans ce parcours, il est souvent repris et remonté par des élévateurs (chaines à godets), suivant l’ordre dans lequel il est précipité.
1e OPÉRATION. Tarrare à émotteurs, qui chasse une certaine quantité des corps légers et retient les pierres ou mottes de terre qui se trouvent mêlées avec le grain.
2 OPÉRATION. Cylindre vertical (fig. 472 et 473),armé à l’intérieur d’un système d’ailettes
Fig 472. Fig. 473.
IR DEF] VAR f î| ÉCOS=
Fete
LE
cap. 23°.
qui battent le blé avec violence sur des tôles piquées et en détachent ainsi la poussière avec énergie; au-dessus de ce cylindre, on voit dans la fig. 473 le tarrare émotteur et au-dessous le sas à marteaux et un ventilateur.
3e oPÉRATION. Sas à marteaux, dont le fond en tôle est percé de trous de formes et de dimensions différéntes, afin de laisser passer tous les grains parasites et les petits grains amaigris. Les marteaux qui frappent successivement sur la longueur de ce sas, ont pour but d'empêcher les trous du fond de se boucher.
4° OPÉRATION, Tarrare ventilateur (fig. 474),
qui chasse le peu de poussière ou de corps légers qui peuvent encore rester dans le blé.
5* OPÉRATION. Cylindre horizontal. Cette dernière opération, que beauconp de meuniers négligent avec raison, surtout s'ils sont avares de force, se fait dans un cylindre horizontal en fil de fer ou en tôle piquée. Son but est de diviser le blé par grosseurs. Jus-
wici ces sortes de diviseurs ont été bien loin
‘atteindre la perfection désirable.
Enfin, à l'issue de ce cylindre, le blé est amené dans la frémie, d’où il coule lui-même el par son propre poids dans l’engreneur.
Tout ce que nous venons de dire du nettoyage des grains s'applique au nettoyage à sec, généralement suffisant pour épurer les blés qui ne sont attaqués d'aucune maladie, carie où cloque qui rend le bout noir, piqüres de charencons, etc.
Dans ce dernier cas, surtout lorsque les blés sont boutés, il est indispensable de leur faire subir un lavage. Cette opération, assez facile dans l'été, devient impraticable dans la saison des pluies et du froid; car la difficulté n'est pas de laver, mais bien de sécher le grain humide , surtout lorsque l’on veut opérer sur des masses, comme dans nos grandes usines.
Jusqu'ici ce séchage se faisait sur des draps exposés au soleil; c’est la pratique du Midi. On conçoit combien cet usage doit étre difficile dans nos provinces du Nord; aussi le lavage des blés était-il peu employé par les meuniers eux-mêmes. Les blés noirs, délaissés sur les marchés , étaient presque toujours achetés par des blatiers ou des porle-faix, qui