RIE. PL
Une fois entré sous les meules, le blé s’ouvre en plusieurs parties, la farine se détache de l'écorce du blé, et, poussée par la force centrifuge, s'échappe pêle-mêle avec le son (on appelle ce mélange mouture) par une issue désignée par le nom d’anche. De là cette mouture tombe dans des réservoirs qui la versent dans des sacs, ou mieux encore elle tombe dans un récipient circulaire qui la transporte dans un réservoir commun eu des élévateurs (fig. 476) la reprennent et la lransportent à leur tour Fig. 476.
dans une chambre commune appeléerefroidisseur. Là, au moyen d'un réteau (fig. 477), elle est mélangée, remuée, refroidie et conduite par une ou deux issues dans des bluteriescylindriques qui séparent la farine en différentes qualités et en retirent enlièrement le son, qui, à son tour, est reporté dans des bluteries spéciales, où il se divise en différenies grosseurs appelées gros et petit son , recoupes où recoupeltes, fines et
eHaAP. 23e,
Fig. 477.
grosses, et remoulayes de diverses blancheurs. Chaque division des bluteries à son correspond à des cases placées dans une chambre au-dessous, qui reçoivent séparément chacune des espèces de sons ci-dessus désignées.
$ IL. — Des bluteries à farine.
Il y a quelques années on se servait encore, pour bluter les farines, d’une espèce de sas en étamine ou en soie, de 7 à 8 pieds de longueur, appelé bluteau et placé dans une huche ou grand coffre en bois qui recevait la mouture au sortir de l’anche; le bluteau était secoué dans cette huche au moyen d’un appareil nommé babillard, qui portait à la fois une batte et une baguette; la première recevait une secousse régulière en frappant sur une croisée à 3ou 4 branches montée sur le grosfer de la meule courante; cesont les coups de cette batte qui déterminaient le fameux tic-tac du moulin.
Ce mouvement de la batte faisait agir la ba-
uette qui tenait au bluteau par des attaches Es cuir, et celui-ci éprouvait alors les secousses au moyen desquelles la farine était blutée. De ce 1°" blnteau, les résidus descendaient dans un second appeié dodinage placé dans la partie inférieure de la huche; ce dodivage, presque toujours fait et monté comme le EEE bluteau, séparait les marchandises à re-
moudre en gruaux de différentes grosseurs.
La fig. 478 donne la position du babillard par
Fig. 478. s
rapport à la huche et à la lanterne du moulin. À, babillard ; B, batte; C, baguette; D, croisées
DE LA MOUTURE
à plusieurs branches;E, lanterne; G, gros fer; H, anche; !, huche supérieure; K, hucheinférieure où est placé le dodinage où 2° bluteau qui étail mis en mouvement de la même manière que le bluteau, à l'exception que si le grand babillard était àmont-l’eau, celui du dodinage devait être avalant et posé en sens contraire du précédent. Quelquefois le dodinage était de forme cylindrique; il s’appelait alors bluterte, au lieu de bakillard; c'était un engrenage ou une poulie qui lui donnait le mouvement.
Il était extrémement difficile de mettre d’accord fes meules et le biutage, lorsque celui-ci était commandé ou bien commandait le moulin. Si le bluteau ne tamisait pas aussi vite que le moulin, il fallait retirer du blé aux meules, et alors celles-ci, n'ayant plus leur nourriture suffisante, faisaient de la farine rouge en broyant trop le son. Siau contraire le bluteau travaillait plus vite que le moulin ne fournissait, il tamisait mal et laissait passer du son avec la fleur.
D’autres difficultés existaient encore pour monter les bluteaux de manière à éviier leurs trop fréquentes fractures.
On conçoit facilement, dès lors, les motifs qui ont fait répudier dodinages, bluteaux, nuches et babillards. On ne tamise aujourd’hui les farines id dans des bluteries cylindriques indépendantes du mouvement des
meules, et ce système a été adopté par tous les moulins anciens et modernes.
La forme la plus ordiuaire de ces bluteries est hexagonale (à six pans) ( fig. 479); leur
Fig. 479.
longueur varie de 12 à 24 pi. Les meilleurs faiseurs aiment mieux deux longueurs de 12 pi. qu'une de 24; le diamètre est de 90 à 92 centim. (33 à 34 po.); leur vitesse de 25 à 30 tours à la minute; la pente est d'environ quatre lignes par pied.
Les soies les plus généralement employées pour ces bluteries sont des soies de Zurich.
Ces soies se divisent jusqu'ici en différentes finesses distinguées par des numéros, depuis le double (0 jusqu’au ne 11. Le double 00 a 24 fils au po., le n° 11 120. La largeur de cette soie est de 38 po. ; les trois premiers lés de la bluterie sont ordinairement composés des n°* 10 et 11, le u° 10 en têis, puis des nes 9 à 7.
Use bluterie de 24 pieds, et mieux encore deux bluteries de 12 pi., suffisent au travail de 4 à 5 paires de meules.
Sous la bluterie un rdteau ou toile sans fin
| ramène continuellement la farine à une issue commune daus la chambre dile à mélange.
de laquelle elle est extraiteau moyen de conduits dits ensacheurs. Ê )
Après la farine, les derniers compartimens de la bluterie donnent des gruaux à remoudre. Ces marchandises à remoudre sont ordinairement avec la farine dans la proportion du 6+ au 8e.
A l'extrémité de la bluterie, tombent les résidus qui n’ont pu traverser les soies ; une chaine à godets les enlève el les conduit dans une bluterie particulière couverte d’un tissu de laine appelé quintin, d'ouvertures différentes destinées à séparer les diverses grosseurs de son qu'ils contiennent. Ces issues, suivant la grosseur, la blancheur et le poids, se nomment gros son, pelit son, recoupettes et remoulages.
Le gros son, lorsque la mouture est bien faite, ne doit pas peser plus de 18 à 18 1/2 kilog. l’hectolitre comble ; le petit son, 20 kilog. ; les recoupettes, 27 à 30 ; le poids des remoulages ne peut guère être fixé.
6 III. — Mouture économique.
La mouture, telle que nous venons de la décrire, est celle usitée le plus généralement aujourd’hui dans le rayon d’approvisionnement de Paris. Bien que tous les moulins de ce rayon n'aient pas encore adopté les petites meules, la plupart cependant ont modifié l’ancienne mouture dite à la française, ou mouture économique, de telle sorte qu’ils ont beaucoup moins de marchandises à remoudre ; c’est un progrès. Néanmoins, comme la mouture dite économique a été long-temps regardée comme la meilleure, et qu’elle est encore employée dans plusieurs de nos départemens, nous allons, en peu de mots, la décrire.
Le blé étant épuré et conduit dans les meules, la mouture tombait par l’anche dans le bluteau enfermé dans la huche (voy. fig. 478). Là se tamisait une première farine dite farine de blé. Le dodinage, placé dans l'étage inférieur de la huche, laissait passer les gruaux à remoudre. Ces gruaux étaient remoulus et donnaient une farine de qualité supérieure dite farine de 1* gruau. Cette 2° opération fournissait encore des gruaux à remoudre, lesquels, soumis à la meule, donnaient une farine moins bonne que les 2 premières dite farine de 2° gruau. Puis on obtenait encore de cette opération des gruaux bis qui, étant soumis à la meule, donnaient une farine bise dite farine de 3° gruau. Puis enfin celle-ci fournissait encore un dernier résidu qui, remoulu, faisait une farine encore plus bise, dite farine de 4° gruau. Ainsila mouture dite économique se faisait par 5 opérations successives qui donnaient un produit proportionné comme suit :
Soit 1,000 kilog. de blé épuré mis en mouture , lesquels ont donné :
kil. kil ire opération. Farine de blé. . . 380 :
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A reporter. . . 751